Il ne fait aucun doute que si j'avais eu de l'argent, je me serai rué comme les quelques 97000 festivaliers au Rock en Seine pour apprécier une programmation banale, ressemblant à la majorité des festivals. Cependant je n'avais ni l'argent ni l'envie de débourser ce que je n'avais pas pour voir (hyperbole ?) Oasis ou entendre l'inaudible soupe .../...
Il ne fait aucun doute que si j'avais eu de l'argent, je me serai rué comme les quelques 97000 festivaliers au
Rock en Seine pour apprécier une programmation banale, ressemblant à la majorité des festivals. Cependant je n'avais ni l'argent ni l'envie de débourser ce que je n'avais pas pour voir (hyperbole ?)
Oasis ou entendre l'inaudible soupe de
Faith No More, par conséquent je me suis rabattu sur un festival que nous qualifierons de seconde main, un de ces petits festivals qui préfèrent miser sur l'originalité plutôt que sur les grosses machines commerciales. Outre une programmation qui sort des sentiers battus, ce qui fait la force de cette 11 édition de
Woodstower c'est la pérennisation de son engagement pour un festival propre et respectueux de l'environnement, et à la vue des efforts déployés (toilettes sèches artisanales, gobelets réutilisables, recyclage des déchets...), il n'y a aucun doute ; le
Parc de Miribel n'a pas d'inquiétude à avoir pour son écosystème.
Arrivé sur place il faut avouer que le cadre est tout simplement magnifique, espaces verts abondants, doux chants d'oiseaux, et même un lac, bref la pochette idéale pour un magazine touristique. Loin du brouhaha urbain, l'ambiance, même en fin de vacances, est des plus décontractée, bénévoles souriants, retard sur l'emploi du temps ou encore agent de sécurité amicaux c'est un peu le Club Med de Lyon. En ce début de soirée,
Dadi et son fidèle acolyte
Charlie inaugure la grande scène en jetant des cartons à l'image du duo sur le public. Après une majestueuse introduction alliant quiproquo, proses et diverses figures de style,
Charlie prend enfin sa guitare. Textes engagés, partiellement hédonistes ou encore romantiques, peu de sujet passe entre les mailles du filet des deux poètes-slameurs.
Quelques proses plus tard une violoncelliste vient rejoindre le duo qui se transforme logiquement en trio. Avec un humour qui, bien que divertissent, ne casserait pas trois pattes à un canard, amuse le public qui ne cesse de s'accroitre au fil du temps. Après plus d'une heure de spectacle théatromusical il est l'heure pour nos deux poètes de quitter la scène, un simple adieu aurait été trop simple, alors c'est après une simulation d'explosion que les deux compères font mine d être projetés par une déflagration imaginaire, de vrais Mc Gyver dans l'âme !
Entre le changement de plateau quoi de plus naturel qu'une bière ? Je prends mon petit gobelet à 1euro (festival écolo oblige) pour acheter ma mousse à 2.50. Sur le coup je me sens légèrement arnaqué, plus de mousse que de bière, quantité qui ne dépasse pas le demi... Amèrement, je savoure ma boisson avant de suivre le public s'amassant pour rejoindre la grande scène. Le public a considérablement augmenté, c'est à
Dub Inc –la tête d'affiche du jour- de se produire. Sur le plateau les silhouettes des musiciens se dessinent a travers les lumières, soudain toute la scène est éclairée d'une lumière vive, les deux chanteurs accourent, le public acclame. Les stéphanois de
Dub Inc sont connus pour être de bons musiciens mais aussi pour être engagés ; "Ce morceaux est pour une association que l'on soutient depuis longtemps, Survie" dit l'un des deux chanteurs. En même temps que l'ambiance monte, d'étranges nuages odorants s'élèvent. Le public est survolté, j'ai assisté à des concerts de punk où le public passerait pour des bisounours vis-à-vis des spectateurs de
Woodstower !
Apriori rien ne peut entamer l'enthousiasme du public, pas même les quelques ratés sur "
My Freestyle " ou "
Métissage". Malgré un froid hivernal – pour nous pauvres marseillais – l'ambiance ne refroidit pas, tel un brassier, chaque chanson est synonyme d'une buche de bois dans le feu, même le groupe semble sidéré par l'engouement. Puis vient enfin "
Rude Boy ", difficile de dissocier
Dub Inc du single phare, lorsque l'intro retentit les mains se lèvent,
Aurélien –un des chanteurs- demande au public de s'assoir. De son côté l'autre chanteur commence un décompte avant de donner le signaler pour que tout le monde saute en même temps. La symbiose opère qui s'agisse du groupe ou du public tout le monde chante en cœur. Malheureusement, toutes les bonnes choses ont une fin, c'est après avoir remercié chaleureusement le public, majoritairement lyonnais, que le groupe se retire. Une chose est certaine, fan ou pas le talent de
Dub Inc pour mettre l'ambiance est indéniable.
Sans transition aucune,
Mardi Gras Brass Band prend le relais sur la scène du Lac. Rapidement la petite fanfare allemande investie les lieux sur une musique digne des plus grandes corridas. Barrière de la langue oblige ce n'est pas en allemand mais en anglais que le groupe se présente à l'assemblée.
Influencé par la musique jazz noire américaine des années vingt le
Brass Band se détache habilement du courant grâce aux prouesses de leur DJ. Cependant d'un morceau à un autre l'univers change, de
Ray Charles à
Bob Dylan l'extraordinaire voix du chanteur nous transporte loin dans le temps. Malgré une musique sur vitaminée et déjantée, rien n'y fait le public qui était il y a tout juste une demie heure entrain de déambuler se
Dub Inc se retire petit à petit. Cela est d'autant plus dommage que le groupe mérite à être connu avec des productions originales et universelles il y en a pour tous les gouts, malheureusement le groupe ne jouit pas de la même renommée que
Dub Inc, par conséquent le "public rasta" - venu en grand nombre pour les stéphanois- démontre une fermeture d'esprit des plus tristes, pour moi qui croyais que la dite communauté était ouverte d'esprit je suis pour le moins déçu. Mais revenons au principal, au
MGBB. Peu d'échange avec le public certes mais une musique riche et généreuse qui comble sans problème le vide. Les morceaux s'enchainent, et même si le set se termine assez rapidement, le public qui est resté ne l'a certainement pas regretté.
Il se fait tard et le festival accumule le retard lorsque
Sporto Kantès débarque sur scène. Chapeau, Chemise classe, Cigare à la bouche, en outre ambiance chic. Néanmoins c'est au même moment que j'ai l'occasion de faire une interview d'
Aurélien "Komlan" et
Grégory "Zigo" respectivement chanteur et batteur de
Dub Inc. Ce n'est que par brefs coups d'œil que j'entraperçois le concert de
S-K. Du coup je ne pourrai qu'en dire que l'ambiance semblait avoir redescendue au même titre que le nombre de spectateurs, que le groupe était de qualité, et que même si le chanteur a fait tombé la chemise l'ambiance n'est pas remontée – sauf au moment où ils ont joué "
Whistle" (morceau pour une publicité), où tout le monde s'amusait à siffloter le refrain- . Par conséquent je ne puis m'étaler plus sur le concert de
Sporto Kantès qui malgré tout semblait bien, même de loin.
Bien que le festival ait fait l'effort de jouer la carte de l'éclectisme, ce dernier ne déroge pas à certaines règles. La première étant que le public vient en priorité pour les têtes d'affiches,
Mardi Gras Brass Band et
Sporto Kantès, en auront fait les frais à leur dépend. Cependant il semble important de souligner cet effort, même si la différence ne paye pas toujours, elle rend, généralement les chroniqueurs un peu fou fou dans leur tête, très heureux ! En bref et sans image, cette première soirée au
Woodstower Festival fût – hormis le froid hivernal et la biére trop chére – une très bonne soirée.
-BOBY -
Plus de photos sur : http://www.flickr.com/photos/boby_allin/sets/72157622209577304/
Plus de photos sur : http://www.flickr.com/photos/42102684@N02/sets/72157622101317307/
Réagir à cette critique