Style :
Pop - Rock / Folk Ensoleillé, léger comme l’air, délicatement nostalgique, joliment contrasté, le premier album d’Herman Düne sur une major est un petit bijou de folk/pop sixties mâtiné de soul/jazz. Si les conditions d’enregistrement ont permis de passer plus de temps en studio pour peaufiner les arrangements (chœurs féminins, percussions, section de cuivres, saxophone alto, marimba… ), on retrouve sur Giant ce qui nous avait plu il y a quelque temps déjà chez ce groupe aussi doué qu’insaisissable : le songwriting poignant et les voix émouvantes de David-Ivar et André Herman Düne. Malgré cette continuité dans la qualité de l’écriture et des parties vocales, il y a une nette rupture par rapport au disque précédent ; le son est moins lo-fi, roots et rock que sur l’excellent Not on top. Alors qu’on pensait souvent au Velvet Underground, à Neil Young, Leonard Cohen et Dylan sur le dernier album et sur la tournée avec Julie Doiron à la basse, sur Giant, on a la délicieuse impression d’écouter (en plus des quatre artistes cités plus haut), Jonathan Richman, les Mountain Goats, Calexico (pour les trompettes mariachi), Harry Nilsson, Fred Neil et les Ronettes de Phil Spector (pour les voix féminines de Lisa Li-Lund et des Baby Skins) en train de jouer ensemble. Certains titres - ceux de David-Ivar - sont enlevés et donnent envie de batifoler sur une plage en été, d’autres - ceux composés par André - sont plus lancinants, mélancoliques et insidieux. L’auditeur navigue entre ces deux atmosphères - en fait pas si éloignées que ça l’un de l’autre -, qui au final forment l’univers d’Herman Düne. Une sorte de paradis musical période 60/70 où l’on aimerait passer un sacré bout de temps, voire la vie entière...
Herman Düne, Turner Cody et The Baby Skins sont actuellement en tournée
16 octobre 2006 (Source etc. / EMI) Signature :Pierre Andrieu
Artiste :
V/a Titre :
Folks Pop In At The Waterhouse
Style :
Pop - Rock / Folk Folks Pop In At The Waterhouse est une compilation regroupant 20 artistes pop/folk ayant participé – à l’invitation de David-Ivar Herman Düne – aux soirées Open Mic, les dimanche soirs, au Pop In, à Paris. Débuté avec un impeccable titre de David-Ivar, le disque permet de découvrir de nombreux musiciens sacrément doués pour écrire des folk songs poignantes. Les morceaux – tous enregistrés dans les studios analogiques de Waterhouse Records, précise-t-on dans la bio – bénéficient de la participation amicale des autres invités. Dans ces conditions idéales, Folks Pop In At The Waterhouse dégage une ambiance chaleureuse, qui sied bien à cette musique venant du cœur, et du vécu. S’il serait fastidieux de détailler chaque titre, on ressortira du lot les excellents titres de Julie Doiron, Oly Arkle, Wilfried, HitchcockGoHome!, Lisa-Li Lund, El Boy Die, Cyann & Ben et Paloma… Mais toutes les compositions sont marquées du sceau de la classe sur ce disque réalisé à la main, par de vrais gens. Une manière de faire rafraîchissante alors que déboulent dans les grandes surfaces les nouveaux disques aseptisés de Placebo et Ben Harper, les dernières places hors de prix pour les Rolling Stones ou Guns n’ Roses, et autres produits destinés à une désespérante consommation de masse.
16 mars 2006 (Waterhouse Records / Musicast) Signature :Pierre Andrieu
Artiste :
HERMAN DüNE Titre :
MAS CAMBIOS
Style :
Rock Enregistré à Brooklyn en septembre 2002 et publié en octobre 2003, Mas Cambios d’Herman Düne est une véritable réussite dans le style folk/pop. Les chansons écrites tour à tour par David-Ivar Herman Düne et André Herman Düne sont d’un tel niveau et d’une telle richesse qu’ont peut les écouter toute la journée sans se lasser…
Les deux frangins francosuédois sont secondés par leur frère Néman Herman Düne à la batterie et aux bongos. Cela leur permet de se concentrer sur leur ribambelle d’instruments Lo Fi : d’antiques guitares en bois, un banjo aigrelet, une flûte, un piano jouet, un viel orgue ou un clavinet. Ainsi armés jusqu’aux dents avec de dangereuses machines à tuer les fascistes (selon Woody Guthrie, l’inspirateur de Bob Dylan), André et David-Ivar peuvent chanter leurs morceaux respectifs avec une voix tantôt lasse, bouleversante ou aérienne. Herman Düne peut ainsi évoluer en toute liberté d’un style à l’autre avec l’aide d’une réjouissante chorale volontairement bancale dont quelques membres viennent ensuite pousser la chansonnette en duo : Jack Lewis, Turner Cody, Laura Hoch… Les trois frères Herman Düne se lancent donc aussi bien dans des ballades folk à reprendre en chœur (Show me the roof, Sunny sunny cold cold day) que dans des morceaux de pop mélancolique à la Belle & Sebastian (In august, At your luau night) en passant par la case « country rock apocalyptique » dans la lignée de Neil Young (Winners lose, So not what I want) ou « pop/rock enlevé » (My friends kill my folks, Red blue eyes), avec le même succès.
Après une telle démonstration de classe en douze leçons, on reste tout simplement sans voix.
A consulter également sur ConcertAndCo.com : les chroniques de Switzerland Heritage d’Herman Düne et de 33 de Red où André et David Ivar Herman Düne apparaissent.
2003 (Track & Field / Heat 16 / Chronowax) Signature :Pierre Andrieu Page Web Conseillée : www.foutraque.com
Artiste :
HERMAN DüNE Titre :
SWITZERLAND HERITAGE
Style :
Pop - Rock Une pochette énigmatique, un nom bizarre, des chansons folk surprenantes : comme c’est étrange… De prime abord, on ne peut pas dire que les deux zigotos d’Herman Düne fassent tout leur possible pour être accessibles et consensuels ! Puis, on introduit la galette dans un lecteur prévu à cet effet, on lit les paroles et on se laisse transporter par cet album délicatement hors du temps et des modes. C’est un festival de vieilles guitares en bois, d’harmonicas usés, de synthés rafistolés, de violons désaccordés et de voix à faire se hérisser les poils. David et André, les deux chanteurs, ont des voix troublantes : elles chevrotent un peu, dérapent dans les aigus. C’est à la limite du faux mais grâce à leur naturel, ils réussissent à faire partager leurs émotions.
Le fantôme de Neil Young plane au-dessus de ce disque : voix adolescentes aiguës, folk songs minimalistes, sensibilité à fleur de peau. S’il y a un côté dissonant et répétitif dans leur musique (ils parlent de Sonic Youth et du Velvet Underground dans leurs paroles, c’est normal), les deux faux frères introduisent souvent dans leurs chansons une part bienvenue de pop mélodique comme sur le titre Going to everglades.
On se voit bien fredonner, en s’accompagnant avec une guitare achetée aux puces, ces paroles évoquant meurtres, amours contrariés, non-consommation, cookies au hashish et films indés. L’univers d’Herman Düne est très proche de celui de Bonnie « Prince » Billy ; de rares lueurs d’espoir percent au travers d’histoires apocalyptiques.
Si on ne peut aller dans le Far West, il est conseillé d’écouter ce disque autour d’une imitation électrique de feu de bois en buvant un jus d’ananas 10 ans d’âge tout en fumant une cigarette à l’eucalyptus. Après avoir attaché son poney, on déposera son chapeau et son flingue (tous deux en plastique) et on se fera griller des saucisses achetées dans un supermarché en écoutant ce disque qui, lui, est authentique.