Précurseur des musiques électroniques et des samples en France, Jean-Michel Jarre, fils de Maurice Jarre (compositeur de musiques de films), associe dans ses spectacles le son high tech au laser et à la pyrotechnie. Ses concerts sont souvent très impressionnants...
Jean-Michel Jarre - 25 mars 2010 - Paris - Bercy Bain de foule pour tout le monde au programme ce soir : la multitude faisant patiemment la queue sur les escaliers de Bercy, puis Jean-Michel qui traversa de part en part la gigantesque salle avant d'entrer sur scène, après avoir accepté les marques d'affection d'un paquet d'amateurs sur son chemin.
Un peu grandiloquent comme entrée, à l'instar de .../... La suite
...à l'instar de certains des morceaux choisis ce soir, mais comment ne pas se la péter quand on est un personnage pionnier, créatif et à la carrière artistique aussi impressionnante ?
Et puis bon, ça a beau être un artiste "international", Paris c'est quand même un peu chez lui, donc je comprends qu'il ait été particulièrement fier !D'ailleurs, il paraît qu'il y avait du beau monde pour l'écouter, à proximité de la scène, dont un certain Drucker mais aussi et surtout sa famille au complet, ex comprise (Charlotte Rampling). Moi je n'étais pas au 1er rang, mais j'avais aussi du beau monde à côté : mon copain David, grand connaisseur de Jarre, que je remercie encore pourson invitation (et je remercie du coup aussi, pour ce superbe cadeau d'anniversaire partagé, son ex).
Tant qu'on est dans les ex, il est temps que je qualifie ce concert : excellent, bien sûr !
J'aurais pu dire exécrable mais ce n'était nullement le cas, ou extraordinaire mais ça aurait été abuser quand même. Car il y avait quand mêmequelques soucis.
Le principal défaut, à mon goût, fut le niveau sonore trop élevé. J'ai eu l'impression que ce n'était pas le cas en début de concert (à moins que je n'aie été tellement happé par les premiers titres que je n'en aie pas remarqué le volume excessif). Ce fut surtout désagréable (à la limite du douloureux avec les aigus)sur les titres de la période Rendez-vous / Revolutions, particulièrement tapageurs et aux sons clairs, éclatants et agressifs caractéristiques des synthés de la 2e moitié des années 80. Le pire, c'est que nous étions face à la scène, mais à l'autre extrémité de la salle, donc je n'ose imaginer ce que ça devait donner plus près. Jarre setargue de minutieusement préparer ses concerts, en allant lui-même à différents endroits de la salle lors des soundchecks pour vérifier la qualité sonore, donc j'en déduis trois possibilités : soit il avait oublié le secteur U13, soit il est devenu un tel nightclubber que ses capacités auditives en ont été altérées, soit il a des actions chez levendeur de bouchons pour oreilles qui passait dans les rangs avant le concert, tel un vendeur de chocolats glacés !
Second souci, d'ordre visuel cette fois, mais moins gênant. Cette salle est vraiment immense, et voir bouger des fourmis sur un lointain plateau a quelque chose d'un peu frustrant, même si le cerveau intègre que lesditsinsectes sont des super musiciens, et qu'après tout on est là avant tout pour écouter de la musique.
La salle polyvalente de Saint-Trou l'Ambiance –ha non pardon je crois qu'il y a eu une petite confusion dans mes sources : il s'agirait en fait de Paris Bercy
Quelques visuels sur écrans géants nous permirent certes d'apercevoir de temps en temps la tête ou les mains de Jarre (qu'il filmait lui-même depuis une micro-caméra installée dans ses lunettes, amusant) en train de s'éclater sur ses instruments divers et variés, jouant, bidouillant du potentiomètre ou tapant sur des touches un peu aupifomètre pour balancer des gros bruits blancs et autres explosions. Mais dommage de n'avoir pu voir ses comparses de scène, notamment autre chose que les seules mains de Dominique Perrier, en charge de plusieurs solos (notamment celui très sympa de Chants magnétiques 2), ainsi que le mythique Francis Rimbert, un plus vieuxcompagnon de route encore de Jièmji.
De près c'est mieux, merci Beluga ! Jean-Michel Jarre et Francis Rimbert sur Chants magnétiques 1
présentation de Dominique Perrier
Un grand spécialiste de la guitare à contre-emploi ce soir : Claude Samard, à la batterie et aux sons de basse électronique (responsable des visuels aussi, je crois). Il a bossé avec Rita Marley, Midnight Oil et Jean-Jacques Goldman, entre autres.
Dernier petit regret, et j'en arrêterai là : le choix des morceaux/albums représentés. C'est bien évidemment l'aspect le plus subjectif de la critique, mais bon après tout c'est la mienne, donc autant écrire ce que je pense, et pas ce que pensait Hubert-Raoul Le Ploucpiche, le type qui était assis 3 rangées sous moi et 26places vers la gauche (celui portant des lunettes jaunes à pois roses, une cravate imprimée avec la pochette de Musique pour supermarché et un tatouage de la tête de Pierre Palmade sur le dos).
Le choix fut mis délibérément sur les deux périodes les plus connues : celle des premiers albums (du moins, les premiers connus, je faisabstraction des travaux "spéciaux" du début des années 70) : Oxygène, Equinoxe et Les Chants magnétiques. Avec en sus un petit clin d'œil aux superbes Concerts en Chine, marquant à la fois la fin de cette période -la plus empreinte de complexité sonore et musicale dans toute sa carrière- et les premiers méga concerts àl'étranger, avec le titre Souvenir de Chine. Puis celle de la fin des années 80 centrée sur l'album Rendez-vous, bien moins intéressante à mon avis même si c'est la période du méga-hit Rendez-vous 4 (dont le côté "gentil et facile" m'a toujours rebuté).
Rendez-vous 4 c'est l'éclate !
Et en dehors de ça plus rien ou presque, à part quelques naufragés des cinq ou six autres albums studio de sa discographie, certes pas fabuleux pour la plupart (sauf Zoolook) et dans l'ensemble peu adaptés au format live, mais surtout moins connus, d'où le choix de setlist à monavis. L'album Chronologie fut quand même représenté par deux titres. On put entendre également le joli Calypso 3, surprenant mais finalement bienvenu en final, et aussi Oxygène 12, titre le plus "récent" joué, à savoir de 1997 !
Ha, et j'allais oublier : il s'est quand même débrouillé pour nous resservir son Enattendant Cousteau, sans doute la plus grande supercherie musicale de sa carrière : 45mn avec trois sons et guère plus de notes différentes, occupant plus de la moitié de son album éponyme. Heureusement, ce n'était qu'un titre d'intro, ou plutôt de pré-intro, mais avec tous les titres atmosphériques-planants-fumette qu'il a écrit depuis (etnotamment dans ses albums mous des années 2000) et aurait pu valoriser, je ne comprends pas pourquoi il nous a encore ressorti ce machin. Je n'avais vu Jarre en concert qu'une seule fois avant, c'était lors de la tournée Chronologie en 1993, et bien nous y étions déjà passé. Inutile de dire que 17 ans après, ça m'a fait bizarre (et on a bieneu droit aux 45 minutes complètes, il aurait pas fallu qu'on rate une seule note !).
Le seul avantage avec ce En attendant Jarre, c'est qu'il joue parfaitement son rôle de truc tellement gonflant que quand le concert commence, on ne peut que hurler de joie !
C'est d'ailleurs ce que beaucoup de gens firent dès que detrès somptueux sons de basse électronique renvoyèrent au fond des abysses le vénérable commandant.
Un nouveau morceau ? Ma foi, oui, quoique morceau soit inapproprié : juste un puissant pattern en boucle, le temps que le héros de la soirée fende la foule à criant "Jarre à vous, jarrive !" (non, je déconne), et avant d'entamer avec le débutdu savoureux Oxygène, un peu comme s'il revenait 34 ans en arrière, au commencement de sa grande carrière de roi de l'électronique.
redécollage en douceur avec Oxygène 1
C'est donc non sans émotion que nous eûmes le loisir de redécouvrirsuccessivement les pièces les plus géniales qu'il ait pu concevoir, notamment mes favorites, les Équinoxe 5, 7 et 4, ou encore les Chants magnétiques 1, aux superbes sons analogiques et aux accrochantes mélodies, un peu intrigants aussi (quand j'écoutais ça petit, je ressentais un mélange de plaisir musical et d'inquiétude).
Parmi les morceaux plus "récents", le choix de mon titre préféré de Chronologie me fit bien plaisir : le n°6 ("je ne suis pas un numéro, je suis un homme libre" –non ceci n'est pas une référence aux paroles d'un remix rarissime avec paroles dudit morceau), avec son superbe son de basse électronique rebondissant et son passagemélancolique à l'accordéon.
Chronologie 6
Et Oxygène 12, issu de la superbe suite 20 ans après de l'album mythique, ne fut pas non plus pour me déplaire, même si la version jouée ce soir fut trop longue et répétitive à mon goût.
Néanmoins, il est à noter que tous les morceaux eurent droit à un arrangement nouveau, apportant beaucoup de variété voire d'espièglerie (via des petits ajouts marrants, en début comme avec la petite ambiance arabisante sur Chants magnétiques 2 mais surtout en fin de titres). Bref, un véritable travail d'adaptation, globalement réussimalgré quelques absences (par exemple les sympathiques cascades de voix vocoderisées de Chronologie 2) et quelques ratés, en particulier un solo à n'en plus finir à la suite d'Oxygène 5.
Oxygène 5 et variation
Il faut dire que malgré leplaisir évident et l'hilarité plaisante de Jarre lors de ces petites sorties, parfois avec l'une de ses "guitares" (notamment son fameux Moog Liberation, un clavier portatif à manche, pour se la jouer plus rock'n roll), ses talents d'improvisateur n'arrivent pas à convaincre.
Pas plus d'ailleurs que son morceau inédit sensé illustrer sapréoccupation écologique, au titre de son rôle d'ambassadeur de l'UNESCO, convaincant ni sur la forme (la musique) ni sur le fond (le message, via un slide évolutif géant mettant en regard allègrement un peu tout et n'importe quoi : la population mondiale, la consommation de drogue ou encore le nombre de mails envoyés au quotidien...).
Saperformance live sur le thérémine (ou Theremin), cet étrange ancêtre monophonique des synthés, basé sur les vibrations des ondes, et malgré la difficulté apparente à calibrer justement les notes, fut bien plus intéressante.
Un Jarre un peu fou ce soir avec un instrument des Années folles !
Et puis un concert de Jarre, c'est aussi toujours des moments visuels inoubliables. Relativement peu sous forme d'images ou séquences sur écran ou projetés, cette fois (assez déroutant, même, quand onsait ce dont il est capable). Le simple visage noir sur fond rouge des Concerts en Chine, une Terre (sans pingouins apparents) descendant lentement de l'écran pour Oxygène 4, une collection de reptiles, chouettes et autres animaux aux yeux globuleux pour accompagner Oxygène 12.
Pas de crâne non décalotté par quelque viking pour cette Terre-là !
Deux grands moments quand même : d'abord en fond d'Équinoxe 7 avec une superbe plongée dans les méandres pleins de boutons, fils et appareillages tous droits sortis de l'ère des premiers synthétiseurs analogiques, de la surface du"Digisequencer". Une gigantesque et fabuleuse machine imaginaire, comportant un clavier au nombre extravagant d'octaves (ceci dit, difficile à comptabiliser, vu qu'il manquait des séquences de do/do#/ré/ré#). Passage juste gâché dans sa partie finale par les effets de coupure d'image rappelant l'âge des premiers clips cheap.
Mesdames, messieurs, les passagers pour la "visite" du Digisequencer sont attendus en 3e minute.
Et surtout, en accompagnement d'Équinoxe 4, un bal bien flippant de ces espèces d'oiseaux innombrablesaux yeux jaunes et fixes envolés de la pochette du disque, qui contribuèrent à alimenter l'image délicieusement inquiétante que j'avais, petit, de Jean-Michel Jarre !
Merci à Michel Granger, le dessinateur, et à JMJ pour cette combinaison sublime
Par contre, le peu de visuels fut compensé par une débauche de lumières et de lasersde toutes sortes, d'une grande beauté pour beaucoup. Les lumières vertes combinées à de la fumée, dès Oxygène 5, nous offrirent un joli spectacle, créant des formes étranges loin au-dessus de nos têtes. Un mélange de lumières jaunes orangées en spirale et de fumées créa plus tard aussi une hallucination assez incroyable : c'était comme sides formes éthérées prenaient vie sous nos yeux, loin en avant de la scène et des écrans.
les fumées de la Révolution industrielle 2
La célèbre harpe laser, utilisée principalement pour jouer le triste Rendez-vous 3, avait pris également unenouvelle dimension, en propulsant dans les hauts plafonds de la salle sept à neuf faisceaux de dense lumière verte correspondant aux notes nécessaires aux différentes séquences (quel pied ça doit être le pied de jouer avec ça !).
Une vue latérale très originale de la harpe laser, où tous les faisceaux sont confondus
Enfin, avec le pétaradant Rendez-vous 2, ce furent des de rideaux aériens de lasers qui se formèrent, pour s'abaisser ensuite peu à peu et venir fendre les spectateurs. Desribambelles informelles de lumières allèrent également balayer plusieurs parties de la salle à plusieurs reprises.
Donc, in fine, 2h et quart de musique (sans compter les préludes) et de lumières, ce fut très honnête et un grand moment.
Le "nous aussi on vous aime" de Jarre au public sonnait un peu bateau et forcé –à l'instarde la plupart de ses interventions de la soirée-, mais en "retour" une chose est certaine : moi je ne peux que continuer à aimer ce que fait le bonhomme !
Merci à Beluga pour les différentes photos et la vidéo d'Équinoxe 7 (ses autres photos : http://www.bonolulu.com/_Photos/index.asp?useridalbum=Bonolulu/album/20100325JeanMichelJarreBercy).
Merci à Laurent pour les videos de Rendez-vous 3 et Theremin Piece (ses autres videos : www.youtube.com/user/ldramez).
Merci à HostofSeraphim pour la vidéo de Équinoxe 4 (ses autres videos : www.youtube.com/user/HostOfSeraphim). Réagir à cette critique
Jean Michel Jarre - 20 mars 2010 - Dôme de Marseille
Alors vous imaginez un gamin tout souriant qui ne tient pas en place, croisé avec un savant fou et génial (sans oublier une ressemblance physique et vocale frappante avec Jean Luc Lahaye, mais ca, je ne suis pas sur que ce soit une qualité !), et vous avez Jean Michel Jarre en live ! Moi qui ai toujours pensé qu'il était très sérieux, concentré .../... La suite
Alors vous imaginez un gamin tout souriant qui ne tient pas en place, croisé avec un savant fou et génial (sans oublier une ressemblance physique et vocale frappante avec Jean Luc Lahaye, mais ca, je ne suis pas sur que ce soit une qualité !), et vous avez Jean Michel Jarre en live ! Moi qui ai toujours pensé qu'il était très sérieux, concentré sur ses machines, eh ben tout faux ! Il saute derrière ses claviers, il harangue le public de longue, un sourire tantôt béat, tantôt halluciné, tantôt enthousiaste, bref un vrai gosse qui s'éclate comme c'est pas permis !
En toute sincérité, j'ai très rarement vu un artiste de sa carrure mondiale, et de son âge, prendre autant son pied, comme si c'était ses premiers lives ! Parce que mine de rien, s'il apparait vraiment bien conservé, d'une cinquantaine fringante, en réalité il a 62 piges le gars !! Et j'insiste sur le terme ARTISTE. Pionnier. Unique.
Lorsqu'il entame son set dans un Dôme tout assis quasiment complet, à 20 heures pétantes, nous partons dans un voyage multi dimensionnel, multi sensoriel, une expérience vraiment unique, dans le sens premier. Un spectacle qu'il est le seul à proposer.
Pourtant, durant le (très) long premier morceau, tout calme et s'étirant lascivement sur plusieurs minutes, je me suis dit que j'étais à la limite de l'ennui, et que si ca donnait le ton de la soirée, j'allais trouver le temps long...
Et puis pour la deuxième compo il rajoute des sons, pour le troisième, une immense toile blanche, couvrant toute la largeur et la hauteur du fond de scène se dévoile, et des images prennent vie, nous emmenant dans une course multi directionnelle à travers des circuits électriques, des jacks et des potentiomètres. Mieux qu'au Futuroscope, d'où nous étions idéalement placés au troisième rang plein centre !
Puis durant le quatrième titre, des lasers font leurs apparitions, puis au cinquième JMJ s'avance au devant ses claviers, un faisceau lumineux sort d'un appareil dans le sol, montant vers le pafond tout en se divisant en sept ou huit rayons selon sa volonté, qui produisent un son différent chaque fois qu'ils les coupent avec ses mains gantées à plat. Un genre de piano, où chaque touche de l'octave equivaut à un rayon du faisceau, donnant une note ample et parfaite. Superbe.
Et puis sur le septième morceau d'autres lasers envahissent la scène et la salle, sur le neuvième JMJ se ramène avec un clavier-guitare impressionnant, ultra perfectionné, puis sur le dixième il retourne derrière ses machines, coiffe un casque-lunettes-camera, pour nous faire vivre de très près tout ce qu'il touche, nous enfoncant dans son génie echevelé.
Puis sur le onzième le voilà qu'il se place derrière un pupitre, comme pour prêcher la bonne parole, sauf qu'il nous balance un opus tout en sons magnetiques ("Theremin piece"). Je ne sais pas comment ca marchait, mais c'etait original et fascinant.
Puis il se met au piano-synthé pour une compo assez lente, pendant que sur l'immense toile de fond, nous pouvons voir défiler en temps réel plusieurs données chiffrées, comme le nombre de personnes sur la terre, le nombre de barils de pétroles restant, le nombre d'emails envoyés, le nombre de personnes sans eau potable, et le nombre de drogues consommées à l'année. Pas de discours, juste une belle mélodie mélancolique et la réalité des chiffres. Plus efficace que tout.
Puis vient le temps d'enflammer le Dôme, qui se lève comme un seul homme aux premières notes d'un "4eme rendez vous" fantastique, avec lasers dans tous les coins, rampe de lights, une multitude de sons explosant de partout... Un vrai bonheur pour moi, car ce fût un de mes tout premiers 45 tours, qui a tourné, tourné, et tourné, dans le fameux mange-disque orange des 80s... J'avais 10 ans alors, et quand je voyais à la tv les shows énormes qu'il faisait alors partout dans le monde, j'étais émerveillé... 24 ans après j'ai pu revivre à mon échelle, grâce à cette chanson, quelque chose d'intimement magique...
Et pendant que le public restait debout, il a enchainé les classiques restant, dont un "Oxygène" exceptionnel en avant dernier rappel. C'aurait été logique qu'il finisse de cette manière, mais il est revenu une ultime fois, pour une oeuvre etrange, "Calypso 3", sorte de berceuse multicolore, se terminant par un Jarre à la guitare-clavier, plus épurée que l'autre, ayant vraiment le son d'une gratte electrique, et balancant un solo de la mort en apothéose finale ! Grandiose.
Alors oui j'ai eu un peu peur au regard du premier morceau interprété, mais vous avez compris à travers ma description allant crescendo, que l'artiste à construit son show de manière à ce que le spectateur parte d'une base calme et sereine, pour petit à petit, grâce à un savant mélange de sons, d'images, de visuel, de perceptions, de sensations, et d'émotions, incorporer un temps hors de notre temps, le menant à un big bang orgasmique, pour le laisser pantelant et quelque peu désorienté au terme de ce voyage parallèle uniquement exceptionnel.
Je m'attendais à quelque chose de bien, même si je savais qu'en simple salle, ca n'aurait pas la démesure de ses grands evenements exterieurs comme Pékin, la Défense ou Houston, mais j'ai eu bien plus qu'un bon concert, j'ai VECU 2h20 d'une experience inédite, marquante.
Imaginez, la première fois que j'ai regardé la montre pour savoir depuis quand ca avait commencé, j'ai réalisé qu'une heure vingt avait déjà filé ! Un signe qui ne trompe pas.
Et imaginez quelque chose d'encore plus fou que tout ce que j'ai pu écrire: c'est la première fois qu'au Dôme, cette salle peu réputée pour son accoustique (un doux euphémisme...), j'ai eu droit à un son PAR-FAIT. De là ou nous etions, c'etait tout simplement et incroyablement parfait ! Tous les sons etaient restitués, toutes les basses, toutes les nuances, toutes les nappes, toutes les distortions, tout, tout, tout. Ce qui a donné de l'ampleur à l'exacerbation de nos sens, evidemment.
Je ne connais pas vraiment les noms et numeros des morceaux, mais les thèmes principaux des "Chants magnétiques" etaient dantesques, "Equinoxe" hypnotiques, "Oxygène" enivrants, les "Rendez vous" sublimes, les "Chronologies" prenaient aux tripes, le "Industrial revolution" jouissivement dérangeant, le "Souvenir de Chine" tout simplement beau.
Jarre etait accompagné de trois autres musiciens electroniques, la scène etait envahie d'appareils qui semblaient sortis des années 80, avec ces cables partout, ces fiches et jacks branchés à de gros amplis ou je sais pas quoi, bref pas de miniaturisation, mais de la perfection sonore, digne de Jean Michel Jarre, l'Unique.
Un immense bonheur, partagé par tous les spectateurs en standing ovation, des plus jeunes (assez rares ce soir là), à un majorité de cinquantenaires, comprenant monsieur et madame tout le monde, ainsi que des metalleux que j'ai pu reconnaitre. Tous réunis pour un Artiste qui sait mouiller sa chemise (au sens propre !), en donnant un plaisir sans limites. Sublime.
Setlist :
Intro
Oxygène 1
Oxygène 2
Magnetic Fields 1
Equinoxe 7
Rendez-vous 3 (Laser Harp)
Magnetic Fields 2 P
Souvenir of China
Oxygène 5
Variation 3
Theremin Piece
Equinoxe V
New track played on Korg PA-500
Industrial Revolution 2
Rendez-Vous 2
Rendez-Vous 4
Chronologie 6
Chronologie 2 P
>> Réponse (le 22/03/2010 par Philippe) Eh bien merci à Gandalf d'avoir fait aussi vite, pour ma part puisque j'étais l'accrédité, je vais quand même faire mes devoirs et pouvoir ainsi nuancer un peu son enthousiasme .../...La suite
>> Réponse (le 23/03/2010) (Pirlouiiiit :) Je ne suis pas resté jusqu'au bout mais j'ai plus ressenti les choses comme Philippe (qui du coup me dispense d'une réponse) que comme Gandalf. Les animations .../...La suite
Jean-Michel Jarre - 13/12/2007 - Théatre Marigny Paris Si on m'avait dit que j'allais voir Jean michel Jarre en concert, je ne l'aurais pas cru tant jean Michel Jarre est souvent associé à une image de Has been faisant de la musique de super marché sur des sons et lumières financés par des deniers publics.
Meme si ce constat est on ne peut plus réel, il ne faut pas oublier non plus que Jean Michel .../... La suite
...Jean Michel Jarre était l'un des pionniers les plus influant de la musique éléctronique avec des groupes comme kraftwerk ou des gens comme Brian Eno.
Heritier direct de Pierre Henry, Jean-Michel Jarre faisait partie de ceux qui avaient compris avant tout le monde que les sons étaient aussi, voire sinon plus, importants que la notede musique.
En 1977, son premier album Oxygène faisait entendre au monde entier des sons et des ambiances totalement novatrices qui s'échapaient de synthétiseurs comme le moog ou le mellotron . Ce fut une véritable révolution (qui n'a pas engendré que du bon loin de là) qui fait que l'album oxygène est considéré comme une pierre angulaire dela musique électronique.
Revenons au concert. Jean Michel Jarre présentait au Théatre Marigny pour le trentième anniversaire de sa sortie l'intégralité de l'album oxygène joué avec les instruments de l'époque. C'était l'occasion d'entendre des melloton et des moog, instruments qui ne sont plus fabriqués aujourd'hui et quireprésentent le graal pour tout amateur de musique éléctronique. C'était aussi l'occasion de voir Jean Michel Jarre dans un cadre intime loin des sons et lumières auxquels il participe habituellement.
C'est devant une salle loin d'etre remplie et un décor complètement épuré que Jarre est entré sur scène avec trois autresaccolytes.
La mise en place de tous ces synthétiseurs vintage faisait ressembler la scène à la salle de commande de l'USS enterprise.
Avec beaucoup d'humilité, il a expliqué la démarche du concert puis les lumières se sont éteintes et le spectacle a commencé.
Le son était exceptionnel, le jeu de lumière très discret mettaitterriblement bien en valeur les sons organiques qui s'échappaient des instruments. Mais surtout, ce qui ressortait, c'est la complexité de l'interpretation de la musique sur de tels instruments. On sentait qu'il y avait beaucoup de travail derrière cela, contrairement à une floppée de groupes électroniques chez qui tout est préenregistré etéchantilloné et qui ne se concentre que sur des artifices musicaux (daft punk, chemical brothers...). Au final l'interprétation d'oxygène était très fidèle à l'album avec néanmoins quelques variations en plus de grande qualité.
J'ai donc passé un très bon moment et je conseille ce spectacle aux vrais amateurs de musiqueséléctroniques puristes du son et de l'album oxygene et un peu moins au grand public qui risque d'etre un peu dérouté par l'aspect solanel de la démarche qui ne ressemble pas à ce que fait Jarre habituellement.
>> Réponse (le 21/12/2007 par seb) Jean Michel Jarre nous surprend une fois de plus, OXYGENE est son album qui l'a révélé, c'est normal de le voir jouer une oeuvre du passé pour ses 31 ans de carrière !
Toujours .../...La suite