Initialement prévu dans le théâtre des salins à Martigues, le concert de Miossec et Tiersen a finalement eu lieu quelques mètres plus loin, dans la halle, qui a l'avantage de contenir deux fois plus de monde (1200 places). Le concert de samedi, le dernier de la mini tournée des deux Bretons, affiche donc complet. Complet... et assis.
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Initialement prévu dans le théâtre des salins à Martigues, le concert de Miossec et Tiersen a finalement eu lieu quelques mètres plus loin, dans la halle, qui a l'avantage de contenir deux fois plus de monde (1200 places). Le concert de samedi, le dernier de la mini tournée des deux Bretons, affiche donc complet. Complet... et assis.
Car si les scènes nationales, comme le théâtre des salins, s'aventurent de temps en temps sur des contrées « osées » du rock, elles n'arrivent quand même pas à se séparer une sorte de protocole un rien suranné. Enorme vigile à l'entrée, stand avec galette bretonne, cidre et bière de rigueur, hôtesses d'accueil qui déchire délicatement votre billet et vous donne en échange un fascicule de présentation où l'on présente les artistes et on donne même la durée du spectacle (!) et donc, finalement une fois dans la salle, la découverte que toutes les places sont assises.
Un quart d'heure passe dans une ambiance très surprenante. Personne ne crie, personne n'applaudit, personne ne parle vraiment fort, personne vient se placer devant la scène.
20H15, on entre dans le vif du sujet avec l'arrivée sur scène de
Tiersen et Miossec suivis de 4 musiciens (Arnaud Dierterlen à la batterie, Christine Ott aux clavier, Marc Sens à la guitare et Stéphane Bouvier à la basse).
Tiersen empoigne une guitare et Miossec le micro, puis le pied de micro. Ils sont les 6 alignés tout le long de la scène. Et, à part quelques éclairs, ce concert va être un long calvaire pour tout le monde.
D'abord pour
Miossec, chargé à bloc. Il chantera faux durant tout le concert, manifestement plus concentré pour ne pas perdre l'équilibre (merci le pied de micro) qu'autre chose. Sur plusieurs chansons, il sera même obligé de se baisser pour lire les paroles de ses chansons. De nouvelles chansons, qui, hélas, n'apportent aucune nouveauté à l'univers tourmenté du Breton.
Comme sur ses précédents albums, il parle de souffrance, de trahison, de perte d'illusions. Il utilise de façon quasiment systématique des formes interrogatives du genre « Est ce qu'il faut se sentir à bout pour se sentir bien ? » ou « Comment ça commence, comment ça finit, comment ça se détruit ».
Ça fait plus de 10 ans qu'il fait la même chose et franchement, qu'est ce que c'est chiant. Car à force de capitaliser sur son personnage de poète maudit, il finit par être pathétique. Quand il a sorti Boire, son premier album, ses concerts étaient tout autant ratés, mais le gars sur scène avait vraiment l'air de souffrir et ça restait cohérent.
Mais, quand il balance des « De peur que tout s'écroule, je me suis effacé » ou « Je me suis anéanti sans un seul mot d'esprit » ou encore des « Je t'aime quand même même si tu m'as laissé au bord de la Seine » et qu'entre deux morceaux, il se marre avec son pote Yann, qu'il sort des blagues à deux balles, on constate avec une certaine amertume que notre homme roule tranquillement sur son petit artisanat de merde.
Dans ce ratage complet,
Tiersen tient la baraque comme il peut. S'il n'est pas aussi chargé de
Miossec, puisqu'il continue à picoler sur scène, il a à peu près la même attitude que son copain breton : l'air d'en avoir rien à foutre. La plupart du temps, il joue de la guitare, quelques morceaux seulement au piano.
Il a juste l'air un peu empâté et comme Miossec le chantait sur « Baiser », il a fait de la « mauvaise graisse », aussi bien physiquement que musicalement. Celui qui promettait à Miossec de réaliser un retour au source, avec une production moins ampoulée n'a pas vraiment l'air de tenir ses promesses. Seuls les morceaux sans chant (3 instrumentaux) surprennent un peu avec cette volonté de s'aventurer sur les déluges soniques de Mogwai.
Seul Miossec semble complètement largué avec sa guitare qu'on lui met dans les mains et dont il frappe le manche pour essayer de créer des larsens. Mais le roadie est obligé de venir 2 fois sur scène pour... la brancher.
Le public, lui est le plus héroïque. Malgré la prestation vraiment nulle du groupe, certains se lèvent et s'approchent de la scène. Mais là, un vigile veille et les renvoie directement s'assoir.
De toute façon, c'était quand même la meilleur position pour supporter ce concert (on aurait aussi pu s'allonger par terre ou se barrer). A la fin du 1er rappel, une vingtaine de personnes tentent à nouveau de s'approcher de la scène et reste sur la droite, un peu coincé.
La délivrance aura lieu sur le morceau suivant, où toute la salle finalement décidera de se rebeller pour venir enfin envahir le pied de la scène.
Miossec et Tiersen, surpris par cette ferveur, reviendront quand même faire un second rappel, un morceau intitulé « La perceuse », peut être le meilleur morceau (où est-ce parce que c'était le dernier ?), avec Marc Sens qui collera sur sa gratte une perceuse électrique.
C'est toujours douloureux de constater que d'anciens amours ont si mal vieilli.
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