Pour le samedi c'est par ici !
Troisième et dernière journée sans grosse pression - l'essentiel de ce qu'on voulait voir cette année est déjà passé. Cela étant, l'an dernier déjà, le dimanche avait réservé son lot de confirmations et de bonnes surprises. Une fois écartée une vague menace d'orage, c'est sous un soleil de plomb qu'on gagne le .../...
Pour le samedi c'est par
ici !
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Troisième et dernière journée sans grosse pression - l'essentiel de ce qu'on voulait voir cette année est déjà passé. Cela étant, l'an dernier déjà, le
dimanche avait réservé son lot de confirmations et de bonnes surprises. Une fois écartée une vague menace d'orage, c'est sous un soleil de plomb qu'on gagne le site, hélas trop tard pour assister au set de
Rodrigo y Gabriela, à notre désespoir : le couple mexicain de guitaristes diaboliques semble avoir fait sensation... Heureusement le volume sonore de la grande scène nous permettra d'entendre des extraits de leurs intros et reprises de Metallica, et leurs tubes
Diablo Rojo et
Tamacun, enflammés d'un duende irrésistible. Espérons qu'ils repassent un de ces jours faire saigner leurs doigts en France ...
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En tout cas on est arrivé pile à l'heure pour découvrir ce que vaut
Glasvegas sur scène, eux dont l'album n'a pas fait plus d'un tour complet sur notre platine... Il s'avère que sur scène, c'est pire encore : leur rock boursouflé et vain, est en outre assez mal interprété et lourdingue, à l'instar de la batteuse, qui joue debout avec la grâce d'un plantigrade. Nos oreilles en prennent pour leur grade avec ce groupe qui jouit d'une incroyable et presque suspecte indulgence dans les médias
(PS : voir par exemple l'involontairement hilarant compte-rendu par la très bouchée Busty dans Rock'n'Folk d'août 2009).
Le chanteur - il faut bien appeler ça comme ça, puisqu'il a le micro principal - n'a à proposer qu'une vague ressemblance avec Joe Strummer, un débardeur atroce et une voix hors de rythme comme de tonalité : dans le genre, le groupe est encore nettement pire que les Killers, un exploit ! Les écossais semblent d'ailleurs faire largement chier leur maigre public - à oublier très vite donc, c'est d'ailleurs ce qu'a fait l'ensemble des médias objectifs qu'on a eu l'occasion de consulter. Bon, disons que cela fait 4 chômeurs de moins au Royaume-Uni, quoi...
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Direction le bar de la grande scène donc, pour un Picon servi en terrasse, au son de l'ambiance afro/zouk/funky qui vient de la loggia. On va y retrouver les français metalleux engagés de
Gojira, à peine aperçus avant
Metallica à Arras. Très bien exécutée, leur musique aux accents "death" (tout le monde en noir et cheveux longs, Flying V et autres guitares pointues en bandoulière) est certes aussi légère qu'un champ de menhirs. Appuyée par un batteur qui semble avoir 3 ou peut-être même 4 pieds, elle tape en tout cas au fond du bide et sonne un peu comme par moments comme du
Young Gods... en beaucoup plus méchant.
La voix plus ou moins vocodée selon les titres, le chanteur
Joe Duplantier, son frère et ses potes, réussissent le prodige de mettre une ambiance plutôt festive, d'autant que le son est très bien réglé malgré le vent latéral. On remarque avec surprise que certains beats sont samplés - on se demande bien pourquoi. Et on finit par conclure que ce groupe, idéal pour échauffer les kids venus voir le "Noeud Coulant", sonne tout de même à la longue peu varié pour le prophane. On profitera donc de la fin de leur set pour retourner faire un tour au village pro, à la recherche des accréditeurs perdus.
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L'occasion de goûter un burrito-frites plutôt sympa et de boire un coup à la fraîche, au bord de l'étang du Malsaucy. On comprend mieux pourquoi les journalistes "pros" (type Inrock'n'Folk) semblent parfois (souvent) n'avoir fait qu'une apparition aux concerts, tant l'endroit incite à la flânerie et au flirt... Toujours pas moyen d'attraper nos deux oiseaux des relations presse mais on assistera, en consolation, à un petit bout de conférence de presse détendue de
Charlie Winston, le consensuel héros de ces dames et de France Inter. Il a beau avoir l'air d'un authentique hobo à la
Seasick Steve autant que moi d'un fan de Michel Sardou, il faut avouer qu'il est très sympathique et souriant, et qu'il affiche un amour sincère pour la chanson française (époque Gainsbourg !) dont il revendique d'ailleurs l'influence.
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Retour aux affaires sans tarder (hey, on ne s'appelle pas Basile Farkas, la chronique d'Eurockéenne est une chose sérieuse !), pour un rendez-vous sur le littoral avec le grand
Sliimy, assez prometteur sur son premier
disque. Pas encore grande bête de scène, où il semble toutefois déjà plutôt rodé et bien accompagné, il interprête un peu trop fidèlement à l'album ses chansons de pop rafraichissante comme
I'm waiting for ou
Magic Game...
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Peu après, le grand zigue sautille et minaude sur
Wake Up, cabotine sur sa britneyenne reprise de
Womanizer au fil de chorégraphies rigolotes. Au bout d'un moment on finit toutefois par être déconcentrés, aussi bien par nos grands verres que par les jolies filles en soutien-gorge qui abondent sur la plage décidément torride - tout à fait l'image du festival de Roskilde au Danemark, tel que décrit par Pierre Andrieu ! On laissera le grand avatar stéphanois de Prince jusqu'à une prochaine fois, espérant qu'il arrivera à s'y lâcher encore un peu davantage.
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C'est le moment de retrouver les
Phoenix, pas révolutionnaires mais très plaisants en
disque, qui vont jouer en premier
Lisztomania avec le son le plus fort (donc le plus désagréable !) de la journée. Mauvais point, ils sont 6 en vrai et non pas 4 (détail furieusement horripilant qui permet généralement de séparer les groupes de poseurs avec le melon, des autres). On est pas fan non plus de leur look propret et leurs coupes de popeux londoniens - finalement c'est encore le batteur rebeu inconnu qui a l'air le plus normal.
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Mais une fois passée ces premières mauvaises impressions, des bouchons dans les oreilles, le groupe s'avère agréable à écouter, dansant même, du moins quand ils ne s'égarent pas dans les titres moins efficaces de leurs anciens albums. Les titres du dernier, comme
When the Lights are coming Out ou
Die & Succeed pourraient vraiment être très efficaces avec un son mieux réglé et à la hauteur de leurs productions. On les quitte donc sans trop de regrets sur l'ancienne
Love like a Sunset : au final, le groupe propose de la bonne came, mais rien de franchement révolutionnaire. Et puis il semble que la fin a été plus orientée vers les premiers albums, qu'on avoue ne pas tous connaître.
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Pas de quoi en tout cas rater davantage de l'
Angle Mort, projet rock-rap très sombre, puisqu'on est prêt à un nouveau
coup de boule rotatif avec
Zone Libre vs Casey & Hamé. En fait ce dernier est remplacé ici (sans dommages) par un certain
B. James - Sarko aurait-il fini par réussir à le faire coffrer après tant d'années de harcèlement abusif ? En tout cas le groupe
Zone Libre composé de vrais morceaux de Noir Désir, Yann Tiersen et Sloy, était déjà formidable
tout seul - des concerts soniques instrumentaux, passionnants de la première à la dernière note.
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Il assure donc idéalement la basse rythmique et électrique furieuse dont a besoin pour s'exprimer
Casey-puisque-je-vous-dis-que-c'est-une-fille, la rappeuse la plus terrifiante de l'hexagone, une putain de gonzesse à côté de qui même Joeystarr a l'air d'un cowboy Playmobil. On ne voit objectivement qu'elle sur la scène, sa diction vociférante et féroce (
Je sais, je traîne, je sens, je gêne !), ses dents quand elle gronde et ses spasmes - c'est à peine si l'on trouve le temps de regarder l'excellent
Serge Teyssot-Gay faire des sauts de cabri en maltraitant sa gratte,
Marc Sens jouer de la sienne avec des baguettes, et le très kraftwerkien (par le look)
Cyril Bilbeaud tabasser ses futs avec constance.
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On ne les connaît qu'en live et on redécouvre leurs textes noirs, groovy et fascinants (
J'attends mon heure), scandés avec une rage puissante : le remplaçant est plus virulent encore que Hamé, et la hargne de la fille à elle toute seule aurait déjà de quoi faire fuire un bataillon de CRS en carapaces ! Le groupe termine sur un rap-metal qui ferait passer les Cypress Hill pour d'aimables crooners, et un instrumental assez mortel des rockeurs seuls. Au final, un projet très ambitieux et scotchant, autant en plein jour devant un public non fan que dans une salle pleine de supporters : assurément la claque de la journée !
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Enième retour à la plage en passant au large de Charlie Winston, pour rejoindre les anciens guerriers et aujourd'hui bluesmen touaregs de
Tinariwen, et leur musique qu'on écoute régulièrement depuis des années, en ayant toujours oublié de les chroniquer. Contrairement à ce qu'on pourrait croire, ils ne sont pas les seuls bluesmen du désert - on a découvert il y a un moment déjà leurs collègues non moins intéressants du duo
Toumast. Dans leurs beaux costumes, les messieurs enturbannés s'avèrent aussi attachants que prévu, développant un son qui a repris l'hypnose du gnawa autant que l'essence du blues. Certains d'entre eux font des petites danses, et une sorte de transe exotique et douce s'empare des jambes du public, qui les accompagne en ondulant.
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Certains morceaux plus punchy (enfin, tout est relatif !) feront même franchement danser et applaudir tout le monde en rythme, notamment quand ils s'aventurent à un morceau presque rap avec des parties en français. Au niveau des titres, impossibles à retenir d'ailleurs, je ne reconnais que la vibrante
Ahimana - on reste en tout cas intrigué et conquis par la transe qu'arrivent à développer ces musiciens modestes et doués, par leurs chansons simples et répétitives.
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C'est assis autour de quelques belles parts de vous-savez-très-bien-quoi-à-force qu'on écoutera ensuite d'une oreille la fin du concert de
Charlie Winston, sans même rater le tube
Like a Hobo, qui déclenche une tempête sous la grande tente où une foule compacte exulte. Sur scène, le garçon danse bien et fait le beau gosse, mais il ne se passe quand même rien de bien passionnant, tout comme dans sa musique finalement. Au risque de se faire des ami(e)s, on précisera qu'il ne semble pas toujours chanter très juste, et qu'on nous a cafté qu'il avait joué deux fois le même titre dans son set - la honte ! Un peu trop consensuel en somme, pour ne pas dire surestimé. Ca sent l'artiste qui va faire pschitt une fois disparu des écrans télé.
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On en a pas tout à fait fini, puisqu'il nous reste à voir les grand-guignolesques
Slipknot, dont on avait fait l'effort de chroniquer le premier
LP paru il y a tout juste 10 ans, puisqu'ils avaient été très bons en
concert ici-même il y a 5 ans. Leur set commence devant une foule survoltée (d'après les T-shirts, pas mal de jeunes gens sont là pour eux) par un atroce titre de hard FM (du Motley Crüe peut-être ?), selon la même technique que Tricky hier. Puis des lumières-poursuite illuminent joliment le public surexcité, avant que les 8 sinistres clowns masqués prennent possession des lieux, à la suite de leur batteur aux doigts crochus.
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On remarque que pas mal de masques ont changé depuis la dernière fois, et globalement en moins sinistre, comme celui, lisse et interrogatif (très Pink Floyd the Wall) du chanteur. Musicalement, c'est toujours aussi furieux et barré, selon les moments plutôt thrash ou plutôt death metal, aux accents jungle/électro (ils ont un DJ), qui pourrait fatiguer à la longue s'ils n'étaient pas aussi sympas à regarder et avec un son vraiment génial (et moins casse-tronche que Phoenix, un comble !). Le tout est en effet assez ludique, les musiciens effectuant force pitreries et autres tabassages de futs à la batte de base-ball.
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Et puis surtout, le groupe sonne vraiment bien, notamment grâce à l'apport périodique des deux percussionnistes en plus du batteur (enfin, quand ils ne sont pas occupés à se balancer comme des fous sur leurs instruments de travail), ou encore d'un guitariste (à Flying V évidemment) et d'un bassiste groovy : sales gueules ou pas, ça reste assez musical et certains titres sont même plutôt marquants, comme
Dead Memories que je découvre. Dans la veine nu-metal, la construction des titres est souvent assez surprenante, il n'y a pas de trop long soli - en somme c'est tout à fait bien, punchy et dansant, comme dans notre souvenir de 2004, voilé à travers des nappes de poussière rouge !
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Un point en amélioration tout de même : le chanteur a sans doute pris confiance et n'éprouve plus le besoin de faire aussi peur que LeatherFace, il est au contraire très sympa, nous insulte gentiment sur
Psycho Social, nous remercie, nous fait hurler avec lui (un
People = Shit ! repris en choeur) et nous félicite pour notre belle humeur... En somme un frontman tout à fait agréable, si on l'imagine sans son masque, et qui s'y entend pour mettre le feu et faire bondir 20 000 personnes - et encore, on n'ose imaginer comment ça doit vibrer et sonner dans les villages avoisinants, les dentiers doivent en sauter des tables de nuit !
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On aura d'ailleurs droit à un rappel qui se finit en faisant accroupir tout le monde afin de mieux hurler la très excitante
Jump da Fuck up !. Jump the fuck up ? Yes we can ! Et dire qu'on ne pensait pas forcément rester tout le concert, on a encore pris une bien belle gifle qui concluera idéalement ces trois jours ! On laissera en effet conclure monsieur
Laurent Garnier sans nous, lui qui ne nous a guère passionnés la dernière fois sous l'ex-chapiteau de la
Loggia. On suivra donc le mouvement massif de sortie de la foule, laissant les passionnés d'électro les plus hardcore écouter le set qui conclut cette édition.
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Rideau sur cette
21ième édition des Eurockéennes (ah... 21 ans, quel bel âge, j'étais jeune et c...), à la programmation sur le papier plus modeste que la précédente, et qui a attiré pratiquement autant de monde (plus de 31 000 personnes par jour en moyenne). Il faut croire que les gens viennent aussi par simple
fidélité pour les Eurockéennes en tant que tel : le site où l'on peut (selon les années) s'asseoir ou patauger presque partout, l'absence de police visible dans l'enceinte et une sécurité bon enfant, l'ambiance d'écoute plutôt respectueuse, l'accueil du public par les bénévoles, le professionnalisme et un très bon son offert aux petits, comme aux grands groupes... Tout ça, et puis...
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Peut-être aussi que cette année, ils étaient quand même venus pour le fute rose à
Wampas et le slip bleu à
King Khan, l'oeil noir d'
Allison Mosshart et la robe multicolore de
Karen O, les piercings de
Keith Flint et le torse chantant de
Tricky, la coupe en pétard de
Nneka et les mêches sur les yeux de la chanteuse de
Kylesa, le costard de
John Stargasm et celui de
Sliimy, la chemisette de
Yuksek et celles des
Phoenix, les casquettes des
Birdy Nam Nam et de Mlle
Ting Ting, à moins que ce soit pour les biceps de
Joe Duplantier et ceux de
Casey... Autant de personnages souvent hauts en couleur qui ont encore une fois fait de ce week-end le plus beau du mois de juillet.
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On concluera donc comme d'habitude,
Longue Vie aux Eurockéennes ! Et à l'année prochaine...
Les vraies
Photos sont par
Andy Trax et les illustrations par
Philippe !
Petites
Vidéos du dimanche en ligne par
ici !
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Flashback : Chroniques des Eurockéennes
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