Accueil Chronique de concert Brendan Perry
Lundi 20 mai 2019 : 8923 concerts, 25479 chroniques de concert, 5256 critiques d'album.

Chronique de Concert

Brendan Perry

Brendan Perry en concert

Espace Julien, Marseille 12 Février 2019

Critique écrite le par

La venue ce soir à l'Espace Julien de Brendan Perry moitié masculine de Dead Can Dance est un petit événement tant les prestations de l'homme et de son groupe, qui vient de sortir un album, sont plutôt rares. Certains parlent encore avec des frissons dans la voix du concert qu'avait donné Dead Can Dance dans la même salle il y a plus de trente ans. Assimilé à ses débuts au rock gothique ou à la " dark wave ", le groupe a connu un succès croissant et créé un style unique en allant puiser de manière savante dans les musiques du monde, classiques ou même médiévales. Brendan Perry, qui est lancé sur une tournée française, est également l'auteur de deux albums solo très recommandables, dans un genre plus folk et intimiste.

DSC01489_Full_Export_v2

Les places sont assises ; rien de bien gênant puisque la musique solennelle et introspective de Brendan Perry ne porte pas (malgré le patronyme de son groupe) à la danse ou au défoulement. l'Espace Julien est quasiment plein, bon nombre de quadras et de quinquagénaires, vêtus de noir, se sont déplacés en masse. Mais la musique de Dead Can Dance a toujours plu à un cercle très large de personnes qui va bien au-delà des amateurs du rock " gothique ". On aperçoit même quelques metalleux dans la salle, dont un qui porte un tee-shirt Venom, c'est dire...

DSC01865_Full_Export

Brendan Perry tiendra la guitare, le plus souvent une folk, plus rarement une électrique, sur la quasi totalité des titres. Il est accompagné de deux musiciens qui ont souvent joué dans Dead Can Dance : le bassiste Richard Yale et la pianiste-claviériste, Astrid Williamson, chargée également des programmations. Les trois musiciens jouent assis.

DSC01673_Full_Export

Le set débute par un des premiers titres de Dead Can Dance, Labour of Love, qui captive aussitôt et impose tout de suite un silence presque recueilli dans la salle : notre homme, en plus d'avoir un charisme indéniable, n'a rien perdu de cette voix de baryton, puissante et profonde, à la fois sobre et expressive. Les cordes et les percussions, qui sont assurées par l'ordinateur posé à côté des claviers, ne sonnent absolument pas toc ou artificielles. En plus, les deux accompagnateurs font preuve d'une grande maîtrise instrumentale.

DSC01761_Full_Export

Beaucoup de titres joués ont une couleur assez folk comme Happy Time, un titre de Tim Buckley sur lequel Brendan Perry part dans des aigus assez inattendus. Même quand il est en voix de tête, le chanteur n'a rien perdu de sa puissance et de son expressivité. Il jouera deux autres chansons de Tim Buckley, Chase the blues, sur lequel la claviériste Astrid Williamson assure les choeurs et tient la guitare électrique, et Song of the Siren, qui avait été déjà repris et popularisé par le " super groupe " du label 4AD This Mortal Coil (auquel avait justement participé les membres de Dead Can Dance) et qui est ici magnifiquement interprété. Vient ensuite une très belle version de The Carnival is Over, une autre chanson de Dead Can Dance.

DSC01831_Full_Export

Le public est donc en terrain relativement connu, et là surprise, le trio enchaîne alors avec deux standards de la musique brésilienne : Berimbau de Vinicius de Moraes et Baden Powell, aux accords de guitare tout de suite identifiables, et Carolina Bela de Jorge Ben. Ceci en a effectivement étonné plus d'un (je me suis demandé si le monsieur avec le tee-shirt Venom avait apprécié). Mais Brendan Perry s'approprie ces titres naturellement et de manière toute personnelle, cela sonne un peu comme si Scott Walker se mettait d'un coup à faire de la samba. Il n'y a finalement ici rien de réellement étonnant, les deux membres de Dead Can Dance ont souvent puisé dans les musiques du monde, orientales et sud-américaines.

Après ces reprises, Brendan Perry présente un nouveau titre de très haute tenue, Killing the Dream sur lequel il tient la guitare électrique. La fin du concert approchant, il ne manque pas de présenter alors ses deux acolytes, sans oublier de mentionner respectueusement le musicien phocéen Nicolas Dick qui s'occupe ce soir du son, ce qui est une élégante façon de le remercier. Le set se termine donc par un des titres les plus emblématiques de Dead Can Dance, le superbe Severance que l'on peut considérer désormais comme un classique.

DSC01911_Full_Export

Le chanteur nous gratifiera d'un rappel avec Medusa, The Captive Heart deux titres de son premier album solo, Eye of the Hunter et Don't fade away, un titre très folk de Dead Can Dance. L'accueil a été plus qu'enthousiaste, tout a été magistralement joué et chanté ; Brendan Perry a ici interprété, en dehors des reprises, des titres de toutes les périodes de sa carrière, faisant sonner chacun d'eux de manière totalement unique et intemporelle, ce qui est montre à quel point ce chanteur, en plus d'avoir une forte personnalité, a réellement l'envergure des grands songwriters solitaires comme Scott Walker, Leonard Cohen ou encore Tim Buckley.


Brendan Perry : les dernières chroniques concerts

Brendan Perry (Dead Can Dance) en concert

Brendan Perry (Dead Can Dance) par Pierre Andrieu
La Coopérative de Mai, Clermont-Ferrand, le 19/02/2019
Quel privilège d'assister au concert - à la fois envoûtant et surprenant - de Brendan Perry dans le cadre idéal pour communier avec un artiste du club de La Coopé ! En ce mardi... La suite

Brendan Perry en concert

Brendan Perry par Ylxao
Ninkasi Kao - Lyon, le 13/02/2019
Mercredi soir sur Lyon, Direction Gerland pour une date soulignée et surlignée dans l'agenda : Brendan Perry au Ninkasi Kao. Arrivée à 20h lorsque je me rends au guichet, peu... La suite

Brendan Perry  en concert

Brendan Perry par lol
Petit Bain, Paris, le 06/02/2019
Pour les non-initiés, Brendan Perry est le leader et la voix masculine du groupe iconique du courant Cold Wave, Dead Can Dance. Pour les fans de DCD, la perspective de pouvoir voir... La suite

Dead Can Dance  en concert

Dead Can Dance par lol
Le Grand Rex, Paris, le 11/05/2019
Fondé en 1980, Dead Can Dance est sans contestation possible le groupe mythique du courant Cold Wave depuis bientôt 40 ans. Pourtant, son terrain d'expression est en réalité... La suite

Espace Julien, Marseille : les dernières chroniques concerts

Alborosie + Marcus Gad en concert

Alborosie + Marcus Gad par Sami
Espace Julien, Marseille, le 07/04/2019
Ce dimanche de printemps fait la part belle au reggae avec un export du Molotov à qui on remerciera jamais assez la venue l'an dernier de l'exquise Hollie Cook à l'Espace Julien,... La suite

Ana Popovic en concert

Ana Popovic par Vincentluer
Espace Julien Marseille, le 04/04/2019
C'est mon troisième concert d'Ana Popovic à Marseille ce soir-même, Jeudi 4 Avril 2019 et mon cœur bat déjà très fort! La première fois remonte à l'année 2004 où je l'ai... La suite

Flavien Berger + Malik Djoudi + Muddy Monk (Festival Avec Le Temps) en concert

Flavien Berger + Malik Djoudi + Muddy Monk (Festival Avec Le Temps) par Sami
Espace Julien, Marseille, le 15/03/2019
Soirée sold out encore une fois pour le festival "Avec Le Temps", après les affiches à guichets fermés de la semaine (Clara Luciani mercredi, Bertrand Belin jeudi, raté avec... La suite

Pomme + Minuit + Clara Luciani (festival Avec le Temps) en concert

Pomme + Minuit + Clara Luciani (festival Avec le Temps) par Pirlouiiiit
Espace Julien, Marseille, le 13/03/2019
Quand j'ai vu que Pomme était programmée au festival Avec le Temps j'ai fait un bon ! Enfin ! J'ai donc bloqué la date sur mon agenda, celle-ci et celle de Bertrand Belin. Puis... La suite