Accueil Chronique de concert Don Joe Rodéo Combo
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Chronique de Concert

Don Joe Rodéo Combo

Don Joe Rodéo Combo en concert

Lollipop Marseille 9 décembre 2016

Critique écrite le par

Soirée Toulousaine à Lollipop avec l'exposition d'Héléne Gib et pour l'occasion un showcase du Don Joe Rodéo Combo. Le Don Joe en question est chanteur -guitariste auteur compositeur, il est connu pour être aussi le leader d'Indian Ghost. Délaissant la langue de Shakespeare, espéranto des rockers du monde entier, il décide d'inscrire son projet DJRC dans une tradition francophone " Frenchy but chic ", tissant un lien qui peut sembler un tantinet incongru au départ entre Bijou, Gainsbourg, Jules Barbey d'Aurevilly, Nerval, le tout à la sauce MC5 et Bo Diddley, mais qui s'avère à l'arrivée tout à fait cohérent, pour ne pas dire excitant.


Pour le soutenir, une rythmique solide avec Laurent Olivaud à la batterie et Patrik Pelenc à la basse, et pour amener une touche féminine, aux cœurs les Rodeonettes Héléne et Mag.
Démarrage en fanfare en 2014 avec un 45t " La nuit je dors " " Le rock est mort " manifeste d'auto dérision, et un lp dans la foulée sur le label Pop Sisters Records. Quoi de mieux qu'un magasin de disque pour sensibiliser un public autour d'un LP. Le DJRC s'y emploie avec un savant mix de décontraction et d'énergie brute. Les apéros rock du vendredi soir à Lollipop sont devenus un rendez vous incontournable des aficionados. Peu à peu l'ambiance s'installe, le public est connaisseur et Don Joe est sa bande ne prennent pas les choses à la légère. Encore une fois " Frenchy but chic ". Sur une majorité de mid tempo, les paroles s'insinuent avec souplesse, la diction est claire et précise, on comprend globalement les paroles, et c'est plutôt bien, surtout que les texte sont soignés, il y a beaucoup d'ironie, l'essence du rocker.


J'ai particulièrement retenu le corrosif Tais toi je t'en prie, le swinguant Laisse moi qui revisite façon rock'n roll l'univers de Nerval, le formidable Je vivais sans cœur, un exercice de tension retenue sur un texte de Barbey d'Aurevilly, qui prend son temps et monte progressivement dans un déluge de riffs cinglants. Dans un éclair de jubilation, le bassiste grimpe sur la batterie, les Rodeonettes s'enflamment. En guise de conclusion un Gainsbourg Les Papillons noirs, filiation évidente. Et non les gars le rock n'est pas mort. On apprend qu'un nouvel lp est prévu au printemps. Vous revenez quand vous voulez.

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