Critique de concert L'Enfance Rouge


On trace du concert des Sales Majestés au Cabaret pour arriver pil-poil au début du concert de L'Enfance Rouge (dommage d'avoir manqué Chien mouillé que j'adore et Feromil qui a paraît-il était bloquant). L'Embobineuse est bien remplie mais vu l'intensité du concert qu'on va se prendre dans la gueule, il va y avoir des absents, qui en plus d'avoir tort, vont le regretter longtemps.

Coupons court au suspens, ce fut une claque. Une de celles qui te fait prédire que tu as assisté à un des meilleurs concerts depuis longtemps (The Ex au Poste à Galène en Novembre par exemple). L'Enfance Rouge c'est un trio franco-italien de rock bruitiste (mais pas que) composé de François R. Cambuzat (chant, guitares), Chiara Locardi (voix, basse) et Jacopo Andreini (batterie).

Leur discographie n'est pas facile d'accès, morceaux destructurés, dissonance, errances, audaces, ce n'est pas vraiment le style de disque que l'on écoute peinard à la maison. Par contre sur scène, le côté cérébral disparaît totalement pour titiller le côté reptilien du cortex, dans un déluge sonique totalement jouissif.

Groupe chaudement recommandé par Thurston Moore, l'Enfance Rouge marie à merveille une violence électrique à une transe qui n'est pas sans rappeler No Means No parfois. Physiquement le groupe en impose. La froideur de Chiara que ce soit par son chant, susurré d'outre-tombe, ou son attitude distante, ailleurs, s'oppose à celle de François, possédé, hurlant d'une voix écorché, se tordant sur sa guitare pour en arracher des dissonances stridentes.

Loin de s'anhiler, la glace et le feu nous bouscule sans cesse. Ce soir je serais aussi totalement fasciné par le jeu de Jacopo à la batterie. En plus d'être un putain de musicien, il est hypnotique. Ses mouvements sont fluides, décomposés, joués au ralenti. Une chorégraphie qui me happera un bon moment. Ses bras s'élèvent, retombent lentement sur les fûts, entre ballet et martellement chamanique.

On passe de psalmodies envoûtantes, d'hurlements enragés, à des instrumentaux qui prennent le temps de la montée et des digressions soniques. La batterie roule, la basse se fait plombée, le chant est incantatoire, avant que la guitare pénètre progressivement dans tout cela, tordant nos tripes jusqu'à l'explosion finale dans un orgasme collectif.

Y a pas à dire, le groupe fait définitivement partie de ceux qui te farfouille le dedans, l'âme, les tripes, te retourne, te possède. Leur musique est à la fois d'une violence physique, que tu prends dans la gueule, où tu ne peux éviter le choc, prendre du recul. Mais elle s'immisce aussi ailleurs, le je ne sais quoi mystique qui t'entraîne dans la transe.

D'ailleurs, à un moment où j'étais bien parti, un morceau justement où la batterie est lente, répétitives, tribale, où le chant est possédé, j'entends des voix. Enfin LA voix. Celle de Bertrand Cantat sur Tostaky. Putain, musicalement le morceaux n'a rien à voir, je me laisse porter me me demande d'où mon inconscient à fait le lien. Sur scène le groupe est en transe dans ce putain d'instrumental chamanique. Cantat ne cesse pas. Je me dis un moment que le dj du lieu a envoyer un skeud, mais vu les intégristes, ils doivent pas aimé Noir Désir (un de mes groupes préféré).

Tant pis, je ne cherche pas l'explication, me laisse chevauché par le loa, le mariage est fabuleux. En pleine redescente, j'aperçois le visage heureux du Pirlouiiiit et me dit que mon trip est contagieux... En fait, il s'agit d'une bande-son, un morceau de leur dernier album Bar<->Bariqui vient de sortir où ils jouent sur la voix du Cantat. Une claque.

La fin du concert sera à l'unisson. Le groupe prenant son pied à jouer, il va nous accompagner un moment , un set d'une intensité rare, qui nous laissera exsangue, à hurler notre bonheur. Et cerise sur le gâteau, ils sont des plus sympathique, le batteur passant un moment à tchatcher avec nous à la fin du concert. Sans hésitation, un groupe majeur, une putain de Ko debout, où l'abandon amène à la transe, où on se laisse bousculer, posséder. Un concert bouleversant.
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Signature : mystic punk pinguinle 10/03/2011
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Photographe : pirlouiiiit
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le 13 mars 2003 - Pocoloco, Clermont-Ferrand (par Pierre Andrieu)
L'Embobineuse - Marseille


le 19 avril 2012 - Embobineuse - Marseille (par Pirlouiiiit)

le 23 Mars 2012 - Embobineuse - Marseille (par Mystic Punk Pinguin)
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