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Dimanche 27 mai 2012 : 9162 concerts, 20891 critiques de concert, 4719 critiques de CD.

Critique de concert Festival Faveurs de Printemps : Sébastien Schuller + Jim Yamouridis


Festival Faveurs de Printemps : Sébastien Schuller + Jim Yamouridis en concert


4 étoiles, bon concert

Jaime

Je n’étais pas là pour la deuxième soirée de Faveurs de Printemps. Le nom de Sammy Decoster est sur toutes les bouches. Il a paraît-il fait un malheur hier soir.

Pour clore le festival, après Tatiana Sauvage à l’église anglicane, deux personnages qui promettent.



Je suis venu pour Sébastien Schuller mais Jim Yamouridis a excellente presse. Télérama parle de lui en ces termes : "le magnifique Leonard Cohen australien du Massif Central". Pas facile à comprendre au premier abord (c’est Télérama, hein !), surtout quand comme moi on croit qu’il est Grec. Il est en fait Australien d’origine grecque émigré en France.



La ressemblance avec Leonard Cohen saute aux oreilles avant même qu’il ne chante. Une voix nous dit "Bonsoir mes amis, je voudrais commencer par une prière". Ce timbre si particulier nous fait penser au divin Canadien. C’est confirmé par le chant sur la prière en question. La voix est grave et ensorceleuse, l’accompagnement à la guitare simple et charmeur. Une bien belle mise en bouche.
Il enchaîne avec un morceau plus rythmé Travelling Man sur lequel on apprécie Fab Barré à la clarinette, Seb Martel (déjà venu dans ce festival en solo voilà 2 ans) à la guitare et Sarah Murcia à la contrebasse. Pas de percussions, de temps en temps, Sébastien bat la mesure avec son pied sur sa housse de guitare.



Jim, assis derrière son micro, introduit ses morceaux avec des phrases quelquefois énigmatiques : "Parfois, dans notre vie, on a le choix", "une chanson sur l’amitié et le soutien de l’un envers l’autre dans toute la fragilité", "où je veux être : to be est le mot clé", "les nuages jaunes qui vont être gris"... J’essaie de comprendre le message en m’accrochant aux paroles pendant la première minute du morceau, puis j’abandonne et me laisse bercer par la musique. C’est le week-end, je n’ai plus envie de réfléchir.



Ne connaissant pas du tout le répertoire de Yamouridis, je ne peux sortir un morceau en particulier. Celui qui parle d’amour me va bien ce soir (Sébastien Martel à l’harmonica), tout comme Yellow Clouds qui se termine par de merveilleux chœurs de Sarah et Seb derrière la voix toujours leonardienne de Jim.



Toutefois, un sentiment de déjà entendu se produit dès le milieu du set. Les mélodies sont soignées mais pas impérissables, les solos trop rares (on aurait aimé davantage de clarinette et de contrebasse), pas de pic d’intensité.



Les pics d’intensité, on sait qu’il y en aura chez Sébastien Schuller. Son album Happiness (sorti depuis déjà quatre ans) recèle quelques pépites dont ma préférée, le Jay-Jay-Johansonien Tears Coming Home. Ce soir, il présente son nouveau projet : Evenfall. Début en solo sur le piano mal éclairé au fond de la scène. L’éclairage sera d’ailleurs le point noir (c’est le cas de le dire) de la soirée. Peut-être à dessein, pour parfaire l’ambiance ténébreuse des compositions ?
Rejoint par un guitariste, un bassiste, un batteur et un claviériste (désolé de ne pas vous donner leur nom, ils n’ont jamais été présentés…), Sébastien prend place derrière son pupitre (clavier + Mac). Les cinq premiers titres sont des nouveautés. La performance du groupe est correcte, faisant penser aux concerts d’Archive, avec d’excellents arrangements et une interprétation musclée. Mais les compositions semblent moins abouties que celles de Happiness, peut-être méritent-elles plusieurs écoutes pour être mieux appréciées. Sébastien chante beaucoup (plus que sur son premier album) et se permet souvent de tenir son micro : il lui suffit quelquefois de sa main droite pour pianoter, d’un doigt pour appuyer sur Entrée, de sa main gauche pour bidouiller (le micro a changé de main). Je me surprends à bâiller.



Et puis, pour la plus grande joie du public résonnent les premières notes de Sleeping Song pour laquelle Sébastien Schuller a regagné le fond de la scène (les deux claviers sont dos à dos). L’interprétation est prenante, le rythme est plus rapide que sur le disque, la rythmique s’en donne à cœur joie et le guitariste est épanoui. La salle aussi, l’ovation reçue par ce titre pourrait faire réviser les plans de Sébastien sur la dose d’anciens morceaux à insérer dans son spectacle. Me voilà définitivement réveillé, d’autant que sur le morceau suivant, la basse est anormalement forte (un curseur bloqué ?). Certains murs de la vieille ville ont dû se lézarder !



Après un morceau un peu plus rock’n roll, suivi de Donkey Boy et d’encore un nouveau titre, les musiciens nous disent au revoir pour de faux.

Le rappel sera le meilleur moment, puisqu’ils jouent Weeping Willow, une des pépites de Happiness. Les deux claviers sont à nouveau dos à dos et construisent la plus belle mélodie de la soirée. Lorsque le guitariste commence son solo et que la rythmique se densifie, on est aux anges. Tout simplement énorme.



Une dernière nouveauté viendra conclure le set. A la sortie, le sentiment des spectateurs semble général : pas assez d’anciens titres, pas assez de lumière. Et déception pour moi que Tears Coming Home n’ait pas été jouée.

Deux moments d’anthologie toutefois et un festival qui a, encore cette année, été de grande qualité. Merci aux membres de Tandem pour la perspicacité de leurs choix, leur organisation, leur accueil et leur disponibilité. A l’année prochaine.

Bonus vidéo (sombre) : Sleeping Song


 


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