Accueil Chronique de concert Joseph Arthur
Mardi 16 janvier 2018 : 12594 concerts, 24811 chroniques de concert, 5192 critiques d'album.

Chronique de Concert

Joseph Arthur

Joseph Arthur en concert

Le Rockstore Montpellier 13 mars 2009

Critique écrite le par

" Gang On The Run "
(Ils ont marché sur le Rockstore...)

Invité à ouvrir pour les Lonely Astronauts , le Montpelliérain Olle aura fait le show : beaucoup donné, joué, tenté en vain de chauffer une salle plutôt amorphe, quoique manifestement concentrée et respectueuse, vis-à-vis des efforts fournis.
Inquiet, je me lance dans un examen détaillé des forces en présence et traverse la salle en tous sens : tentant d'évaluer ou soupeser le nombre exact de mes compagnons du soir ; ainsi que leurs diverses attentes, leurs motivations respectives, mais doit m'interrompre au plus vite. La rumeur enfle, mon épine dorsale se tend, toute de sueur froide gainée. Je case maladroitement mon verre de bière à la va-vite, sur le côté de la scène encombrée de fils et pieds.



Cette fois, c'est l'harmonica qui donne le ton, d'entrée. Comme surgi du néant, de l'obscurité faite salle, le sieur Arthur ouvre les vannes du passé avec l'un de ses morceaux phares, Mercedes (issu de l'inégalé Big City Secrets ). Une suite d'accords plaqués et d'ondulations vocales jouissives plus loin - marquant la fin de When I Was Runnin' Out Of Time - il se laisse néanmoins rattraper par l'indolence de la salle, le temps d'un court Could We Survive (extrait du EP du même nom) puis observe la fosse l'observer en retour...



Un dixième de seconde d'hésitation plus loin, Famous Friends Along The Coast se charge de réveiller ses aiguës et de mettre son apparente fragilité en exergue, en pleine lumière. Une aura, un halo " tour de tête ", une posture quasi christique, des doigts qui tirent bien haut les cordes vers un tout autre ailleurs (higher ?) fait d'instruments qui hurlent, de bois qui tapent, d'amis retrouvés, de Lonely Astronauts enfin installés à ses côtés...
Manifestement rasséréné par cette " gang " présence, il fonce immédiatement vers les berges du Rock'n'roll le plus proche et enchaîne avec deux extraits de Nuclear Daydream (2006) : Black Lexus et Too Much To Hide . Deux approches nouvelles, en rupture de voix, qui annoncent une sacrée montée en puissance, adoubée par un petit trésor de solo à la " Arthur ", plus proche du " Loner " dépenaillé en chef ( Neil Young ) que du tricotage de doigts à la Steve Vai ou Satriani . Tandis qu'il tire ou astique consciencieusement le manche, que la tension monte, monte, monte, un jeune " barbu chevelu " se concentre (lui) sur les rondeurs apparentes et la croupe callipyge de Sybil Buck , toute " collée serrée " de tissu quasi transparent...
Ça y est, c'est le moment de l'habituel happy Hour " Fargo " : deux morceaux du sublime dernier opus, composé sur les terres mêmes de Blonde On Blonde ( Dylan ) ou de Music From Big Pink ( The Band ) et qui aurait déjà dû l'installer logiquement tout en haut des " charts ", des tops des ventes, si ce monde était bien fait et tous les Britney Madonna Rhianna Céline Mylène Mahé Michael du monde, sous clefs...



Si Faith produit toujours son (légitime) petit effet, Temporary People s'avère désormais incontournable sur scène ; c'est un pic, une péninsule, un sommet musical à gravir en apnée, une poire pour la soif... D'aventures en devenir !
Une fois encore, In The Sun fait se pâmer les humains présents, tous, toutes, sans exception notable ou exemption. Enregistré puis gravé de postérité sur Come To Where I'm From , il suffirait presque à décrire ou définir l'homme à lui seul, sans pour autant paraître réducteur, c'est dire... Il a tout pour séduire, séduit, emballe (même) et place la barre un peu plus haut à chaque fois. Je suis même certain qu'une écoute quotidienne de ce titre peut éloigner à jamais tout risque de maladie, de dépression, d'ennui. C'est la sortie de crise assurée, la truffe dans le gras foie, une Katherine Keener ou une Scarlett Johanson installée langoureusement sur l'oreiller d'à côté, qui soupire doucement, comblée...



" Chantez avec nous ! ". Le problème, quand Joseph parle Français au milieu d'un morceau, c'est qu'on en oublie presque la beauté de celui-ci. Il en va ainsi pour September Baby qui avance et se transforme littéralement sous nos yeux. Tant pis, puisque l'accorte Jennifer Turner (guitares, claviers voix) n'est pas sur la tournée, c'est notre ami qui s'y colle, passant d'une pédale de son à l'autre, comme le gouvernement d'un projet à son suivant : au pas de charge, sans chercher à mesurer quoi que ce soit côté conséquences, dommages collatéraux, ou avenir...
L'après-midi, sur un coin de sofa défoncé, l'homme se confiait et (m')expliquait combien le fait d'amener sans cesse de nouvelles chansons au monde lui était " important ! ", " obligatoire ! ", " vital ! " : pas de best of ou de dernier album joué en quasi-intégralité ici, non, c'est du vécu, du vrai, du " live " ; rien n'est préparé ou (set)" listé " à l'avance, que nenni !



" On va jouer des nouvelles chansons, on enregistre le concert et on le vend après ! " (dixit Sybil ) : comme il est donc doux d'entendre de nouveau cette phrase, après l'échec cuisant de la veille à Toulon . " On aurait dû l'enregistrer quand même, passer outre, mais bon... On aurait dû... Mais, on ne l'a pas fait ! " (Aux dires du sieur Joseph, déçu, frustré et autant énervé par la réaction de l'Omega, que par son propre renoncement).
Premier constat, Missy Baba s'avérera bientôt irremplaçable : c'est mon tout nouvel antidépresseur, ma fenêtre sur l'Orient et l'Occident réunis, ma Route des Indes - sans les molles niaiseries signées David Lean - , mon Amérique à lui...



Ce soir, c'est la fête au label, car un TROISIÈME extrait de l'album ( Turn You On ) se présente et défile sous nos yeux, d'harmonica enluminé. J'ai reçu une goutte dans l'œil et d'autres dégoulinent lentement le long de mes tempes, c'est ma faute, j'aurais dû reculer lorsqu'il a décidé d'arroser ses semblables. Il l'a bue à même le goulot, s'il a un putain de virus chiadé, j'suis cuit, c'est forcé. C'est le moment choisi par Woman pour se pointer et lancer son " glam " à l'assaut de la salle. Greg Wiz est en folie et tape sur ses fûts à grands renforts de mouvements de tête saccadés, cherchant en vain un Pogo ou un mouvement de foule endiablé. Cette fois encore, le spectateur l'est véritablement et se contente de goûter et d'applaudir, point barre. Joseph , lui, est désormais accroupi aux pieds de Sybil , celle-ci ondulant des hanches en séquence, visiblement séduite.
À l'écouter ainsi transfigurer Take Me Home pour nous emporter au loin, au large, le doute n'est plus permis : cet homme est LE rock, c'est un des héritiers du genre, quoi qu'on en dise : le digne pendant des Springsteen , Dylan , Stones , Lennon , Prince , ou Stooges réunis ; à l'image de ce râpeux TV Eye envoyé de rage, mâtiné de stupre, de sueur, de noire tension exhalée. Un grand show qui nous fait sans cesse se demander, pourquoi il n'est pas au sommet, aux yeux de tous et toutes, exposé...



Comme la veille à Toulon , il s'est pointé au stand et a joué, se fendant même, pour l'occasion, de l'un de ses plus beaux morceaux : Chicago , et puis il a signé, signé, donné, signé, parlé et parlé, signé, donné, signé et donné, signé ET charmé, quittant les lieux aux alentours des 1 h 30 du matin... Respect !

Setlist :
Mercedes (solo)
When I Was Running Out Of Time
Could We Survive
Famous Friends Along The Coast (solo)
Black Lexus
Too Much To Hide
Temporary People
Faith
Call Out
In The Sun
September Baby
Slide Away
Spacemen
Need It Right Away
Missy Baba
Turn You On
Woman
TV Eye
Take Me Home

After " Stand " :
You Are Free
Chicago


Joseph Arthur : les dernières chroniques concerts

Concert hommage à David Bowie (avec Michael Stipe de R.E.M, Karen Elson, TV On The Radio, The Flaming Lips, Debbie Harry, Robyn Hitchcock, Pixies, Tony Visconti, Amanda Palmer, Anna Calvi, Kronos Quartet, Joseph Arthur etc)  en concert

Concert hommage à David Bowie (avec Michael Stipe de R.E.M, Karen Elson, TV On The Radio, The Flaming Lips, Debbie Harry, Robyn Hitchcock, Pixies, Tony Visconti, Amanda Palmer, Anna Calvi, Kronos Quartet, Joseph Arthur etc) par Demi Playmobil
Carnegie Hall, New York, le 01/04/2016
Soirée hommage à David Bowie au Radio City Hall, à New York, hier soir... Le groupe de Mc Caslin qui joue sur le dernier album de du Thin White Duke Blackstar a composé une... La suite

Joseph Arthur / The New Professionals en concert

Joseph Arthur / The New Professionals par Jacques 2 Chabannes
Le Trabendo - Paris, le 27/05/2014
Dans la Gueule du LOU ! Seule certitude, au moment de pénétrer dans le cadre bucolique, légèrement venté et frais du Trabendo : le show à venir sera beau et passionné (comme à... La suite

Joseph Arthur + Rene Lopez en concert

Joseph Arthur + Rene Lopez par Jacques 2 Chabannes
Le Poste à Galène - Marseille, le 19/10/2013
Mise en Bouche / The Boom Boom King... Avant de laisser le Boogie Christ s'affairer à évangéliser d'envie le pékin, un duo atypique - formé de Rene Lopez (guitare + voix +... La suite

Festival Mama 2013 : Joseph Arthur + Helena Noguerra en concert

Festival Mama 2013 : Joseph Arthur + Helena Noguerra par Lebonair
Le Divan du Monde, Paris, le 16/10/2013
Ce fut un réel plaisir de participer cette année au Mama Festival qui s'est déroulé les 16, 17 et 18 octobre 2013 dans les salles parisiennes et les cafés/pub du quartier... La suite

Le Rockstore Montpellier : les dernières chroniques concerts

Qúetzal Snåkes + Black Lips en concert

Qúetzal Snåkes + Black Lips par odliz
Le Rockstore, Montpellier, le 30/05/2016
Je ne prenais pourtant pas spécialement de risques avec ce concert à 168 petits kilomètres de chez moi. Le billet de train n'était pas de contrebande et l'intercités me faisait... La suite

CocoRosie en concert

CocoRosie par Ysabel
Rockstore - Montpellier, le 21/07/2012
Un RockStore plein à craquer pour accueillir les deux sœurs de CocoRosie, qui se sont associées à Rajasthan Roots, groupe que je ne connais absolument pas. Alors donc... La suite

The Stranglers + Mike Marlin en concert

The Stranglers + Mike Marlin par Sylvain Cabaret
Le Rockstore - Montpellier, le 09/04/2012
A LA RECHERCHE DE JET BLACK C'est à la surprise générale que nous débuterons cette soirée non pas à 19h30 (comme indiqué sur le site du Rockstore) mais à 20h ; et surtout pour... La suite

Sizzla and the Firehouse crew en concert

Sizzla and the Firehouse crew par bertrand
Rockstore Montpellier, le 11/04/2012
Le Rockstore souffle cette année ces 25 bougies, et je n'avais toujours pas fait l'effort de pousser jusqu'à Montpel pour voir ce lieu de renommée incontestable. L'occasion est... La suite