Critique de concert Madjo + Brune

Public hétéroclite ce soir au Passagers du Zinc ... tellement hétéroclite qu'à un moment, je me demande si je ne me suis pas planté de date, de soirée, de lieu... La boulette quoi... Mais non, c'est bien le moment et le lieu. Et ce père de famille accompagné de (ses ?) deux fillettes dans la file d'attente à côté de ce grand gaillard à dreadlocks blondes, dans le couloir du Passagers, à se plier aux contraintes des remplissages de formulaires adhésions avec les bénévoles de l'asso locale... ben c'est normal.
La salle est encore un peu clairsemée quand Brune, petit bout de fille, charmante au demeurant, entre en scène, accompagné de son acolyte, présenté comme Valentin, LE gars qui a participé à la réalisation de l'album, yeah. Mais Valentin est malade, le pôvre... soyez indulgent. Il carburera d'ailleurs visiblement au thé citron (?) le reste de la soirée afin de repousser le virus... Ok.
Brune est installée la majeure partie de son set derrière son clavier (alors que je m'attendais plutôt à une chanteuse à guitare... les images, allez savoir...). Elle entame assez rapidement par ses tubes ("Rupture Song"), comme histoire de s'en débarrasser rapidement et entrer le plus vite possible dans le feu de l'action.
Un set assez court (8 morceaux ?), voir même très court, d'une pop assez rythmée, agrémentée d'arrangements pilotés par son acolyte, arrangements assez electro, percutant et décalés parfois, à l'image de l'album ("Tout ça", "Elea", ...), marque de fabrique que l'on a pu également connaître chez d'autres chanteuses françaises en vogue récemment.
C'est pas mal foutu, Valentin, homme orchestre virtuel (à l'exception de la guitare) a l'air assez fier de ses boucles et déclenchement en direct sur les accords de Brune. Cela fait cependant un peu trop performance techniques, à quelques reprises, plutôt qu'accompagnement. Mais les deux acolytes s'entendent visiblement parfaitement et reprennent à la volée les quelques ratages techniques avec humour.
Les textes sont des textes de filles (sans être péjoratif), amour, vie, jeunesse, ... "j'ai un cheveu blanc sur moi.... et ... tout va mal" (Un cheveu blanc). On pense à Jeanne Cherhal, textes terre-à-terres, la vraie vie d'une fille de notre temps. C'est pas désagréable, assez touchants par moment, mais assez cantonné à ce style précis, et peut-être trop sage pour moi. La demoiselle a cependant visiblement une réserve ou une timidité, étonnante compte tenu des textes présentés, mais qui rendent les transitions entre les morceaux assez plan-plan malheureusement ("la prochaine chanson s'appelle..."). Mais la bonne volonté est réelle et Brune est dotée d'une très belle voix ainsi que d'un sens de la mélodie ("L'Araignée") et de la pop ("John") indéniable.
Un set court, trop court peut-être pour entrer vraiment dans le bain, autant pour l'artiste que pour le public ? un goût de trop peu, trop vite. A revoir selon moi et à suivre.
Set list :
de mémoire, tous les morceaux de l'album "Brune", exceptés "Toutes les Roses" et "Je N'oublie Pas"
Le changement de plateau est assez long, mais le temps ne semble pas compter aux Passagers. Les soirées commencent tard et ça se prolongent indéfiniment avec un réel plaisir.
Changement d'atmosphère avec Madjo. Mais j'ai visiblement raté un épisode entre les deux sets, sans doute déconcentré par le verre de vin blanc que je sirote peinard : la salle s'est remplie miraculeusement ; attaque par derrière du chroniqueur-photographe de LiM ? pris par surprise, effet de nombre. Ahhh ! C'est comme ça ? Madjo a des fidèles ! Dreadlocks-man et compagnie en chef de file ... Ok.
Madjo entre en scène avec ses 3 compères : un BeatBox et deux choristes-bruiteurs-percus. Et compère n'est pas une expression au hasard. Les quatre forment un véritable clan, une petite famille resserrée le temps d'un album et d'une tournée. Une homogénéité parfaite.
L'entrée est timide, Madjo très réservée et en retrait en début de set, n'est pas encore dans le bain. Mais ça ne durera pas ! A l'image de Brune, elle se débarrassera également très très vite de ses deux morceaux qui semblent être les tubes de l'album ("Leaving My heart", "Le Nid des 100 Soucis").
Madjo en impose rapidement et naturellement par une voix fantastique, un soupçon de rauque et de profond, teintée de soul. Des rythmes vocaux / guitare, folk, soul, parfois tribaux, qu'on aime battre de tout son corps, de sa tête, de ses pieds, comme marteler le sol ("Mad Mind", "Je Claque des Doigts"...). Le tout est malicieusement souligné par les voix des deux choristes, tantôt délicates - à la limite du souffle - tantôt extrêmement soul, percutantes. Un ensemble de voix (Madjo + choristes + human beatbox) véritablement fantastique ("Heading for Trouble", "Cracheur de Feu"...).
Ca sonne comme un voyage, tant dans l'espace que dans le temps. Un voyage coloré, pleins d'images difficilement identifiables si votre maîtrise de la langue anglaise (sur la majeure partie des morceaux) est comme la mienne, sinon spartiate, du moins flemmarde. Des images lointaines, d'ailleurs, troublantes, des danses de personnages, de figures, d'océans, de nuits étoilées, de couleurs, de sons ou d'odeurs. ("Le Coeur Hibou", ...).
"Âme de bois fissure / Femme caméléon / Les nuits tombent une à une / Quelle bétise, Cupidon ("Cracheur de Feu")".
"Le Hibou est Mort / Abîmé, il sort du Jeu / ... ("Le Coeur Hibou")".
Si Madjo est officiellement passionnée par Lewis Carroll, je ne l'apprendrai que plus tard, au retour. Mais on ressort de la soirée avec un sentiment de voyage immobile coloré, effectué pendant l'heure et demi du set. Une parenthèse délicieuse.
Le public entre très rapidement en résonance avec Madjo et sa formation, un public en pleine euphorie par instant. Les deux choristes, chauffeurs de salles, se déchaîneront au fur et à mesure de la soirée, portant littéralement Madjo, et harangueront l'audience, le public avignonnais ne se faisant pas prier pour répondre. Une ambiance fantastique, qui ne cessera d'aller crescendo jusqu'à la fin des deux rappels, dont le second sera a priori improvisé, en tout cas non prévu à la set list initiale. Le summum sera atteint avec la reprise, par les quatre membres, en rang sur le devant de la scène, de "Leaving My Heart" a capella, rythmé par notre human beatbox.
Tout ce petit monde se retrouvera dans la salle à venir boire un verre avec le public restant (exit les artistes faisant patienter infiniment leur fans "aaaahhh-il-faut-que-je-décompresse-voyez-vous-que-je-redescende-sur-terre-aaaahhh"...), les quatre complices ne perdront pas de temps pour se joindre à nous, les deux choristes en tête en guise de public-relations !
Une très très bon moment.
Quelques jours plus tard ils se retrouveront à Marseille au Poste à Galène : lire la chronique
Madjo sur scène, c'est :
Beat-box / choeurs / Percussions : Julien Vasnier
Choeurs / Percussions : Claire Pastor
Choeurs / basse : Joro Andriamiadanarivo
Chant lead / Guitare acoustique et électrique : Madjo
(Son FOH : Julien Bar)
Set List :
1-My Neighbour's Bed
2-Leaving My heart
3-Le Nid des 100 Soucis
4-Heading for Trouble
5-Cracheur de Feu
6-Mad Mind
7-Je Claque des Doigts
8-Insomnia
9-Where Did you Sleep
10-Another Day
11-Coeur Hibou
12-Catch The Bed
13-Trapdoor In A Wall
rappels 1 :
14-Sea Line
15-Lion & Monkey
rappels 2 :
trois autres morceaux non prévus à la set list initiale, dont un dernier morceau a capella.
Remerciements à Niko Papillon pour son accueil et son aide.
La salle est encore un peu clairsemée quand Brune, petit bout de fille, charmante au demeurant, entre en scène, accompagné de son acolyte, présenté comme Valentin, LE gars qui a participé à la réalisation de l'album, yeah. Mais Valentin est malade, le pôvre... soyez indulgent. Il carburera d'ailleurs visiblement au thé citron (?) le reste de la soirée afin de repousser le virus... Ok.
Brune est installée la majeure partie de son set derrière son clavier (alors que je m'attendais plutôt à une chanteuse à guitare... les images, allez savoir...). Elle entame assez rapidement par ses tubes ("Rupture Song"), comme histoire de s'en débarrasser rapidement et entrer le plus vite possible dans le feu de l'action.
Un set assez court (8 morceaux ?), voir même très court, d'une pop assez rythmée, agrémentée d'arrangements pilotés par son acolyte, arrangements assez electro, percutant et décalés parfois, à l'image de l'album ("Tout ça", "Elea", ...), marque de fabrique que l'on a pu également connaître chez d'autres chanteuses françaises en vogue récemment.
C'est pas mal foutu, Valentin, homme orchestre virtuel (à l'exception de la guitare) a l'air assez fier de ses boucles et déclenchement en direct sur les accords de Brune. Cela fait cependant un peu trop performance techniques, à quelques reprises, plutôt qu'accompagnement. Mais les deux acolytes s'entendent visiblement parfaitement et reprennent à la volée les quelques ratages techniques avec humour.
Les textes sont des textes de filles (sans être péjoratif), amour, vie, jeunesse, ... "j'ai un cheveu blanc sur moi.... et ... tout va mal" (Un cheveu blanc). On pense à Jeanne Cherhal, textes terre-à-terres, la vraie vie d'une fille de notre temps. C'est pas désagréable, assez touchants par moment, mais assez cantonné à ce style précis, et peut-être trop sage pour moi. La demoiselle a cependant visiblement une réserve ou une timidité, étonnante compte tenu des textes présentés, mais qui rendent les transitions entre les morceaux assez plan-plan malheureusement ("la prochaine chanson s'appelle..."). Mais la bonne volonté est réelle et Brune est dotée d'une très belle voix ainsi que d'un sens de la mélodie ("L'Araignée") et de la pop ("John") indéniable.
Un set court, trop court peut-être pour entrer vraiment dans le bain, autant pour l'artiste que pour le public ? un goût de trop peu, trop vite. A revoir selon moi et à suivre.
Set list :
de mémoire, tous les morceaux de l'album "Brune", exceptés "Toutes les Roses" et "Je N'oublie Pas"
Le changement de plateau est assez long, mais le temps ne semble pas compter aux Passagers. Les soirées commencent tard et ça se prolongent indéfiniment avec un réel plaisir.
Changement d'atmosphère avec Madjo. Mais j'ai visiblement raté un épisode entre les deux sets, sans doute déconcentré par le verre de vin blanc que je sirote peinard : la salle s'est remplie miraculeusement ; attaque par derrière du chroniqueur-photographe de LiM ? pris par surprise, effet de nombre. Ahhh ! C'est comme ça ? Madjo a des fidèles ! Dreadlocks-man et compagnie en chef de file ... Ok.
Madjo entre en scène avec ses 3 compères : un BeatBox et deux choristes-bruiteurs-percus. Et compère n'est pas une expression au hasard. Les quatre forment un véritable clan, une petite famille resserrée le temps d'un album et d'une tournée. Une homogénéité parfaite.
L'entrée est timide, Madjo très réservée et en retrait en début de set, n'est pas encore dans le bain. Mais ça ne durera pas ! A l'image de Brune, elle se débarrassera également très très vite de ses deux morceaux qui semblent être les tubes de l'album ("Leaving My heart", "Le Nid des 100 Soucis").
Madjo en impose rapidement et naturellement par une voix fantastique, un soupçon de rauque et de profond, teintée de soul. Des rythmes vocaux / guitare, folk, soul, parfois tribaux, qu'on aime battre de tout son corps, de sa tête, de ses pieds, comme marteler le sol ("Mad Mind", "Je Claque des Doigts"...). Le tout est malicieusement souligné par les voix des deux choristes, tantôt délicates - à la limite du souffle - tantôt extrêmement soul, percutantes. Un ensemble de voix (Madjo + choristes + human beatbox) véritablement fantastique ("Heading for Trouble", "Cracheur de Feu"...).
Ca sonne comme un voyage, tant dans l'espace que dans le temps. Un voyage coloré, pleins d'images difficilement identifiables si votre maîtrise de la langue anglaise (sur la majeure partie des morceaux) est comme la mienne, sinon spartiate, du moins flemmarde. Des images lointaines, d'ailleurs, troublantes, des danses de personnages, de figures, d'océans, de nuits étoilées, de couleurs, de sons ou d'odeurs. ("Le Coeur Hibou", ...).
"Âme de bois fissure / Femme caméléon / Les nuits tombent une à une / Quelle bétise, Cupidon ("Cracheur de Feu")".
"Le Hibou est Mort / Abîmé, il sort du Jeu / ... ("Le Coeur Hibou")".
Si Madjo est officiellement passionnée par Lewis Carroll, je ne l'apprendrai que plus tard, au retour. Mais on ressort de la soirée avec un sentiment de voyage immobile coloré, effectué pendant l'heure et demi du set. Une parenthèse délicieuse.
Le public entre très rapidement en résonance avec Madjo et sa formation, un public en pleine euphorie par instant. Les deux choristes, chauffeurs de salles, se déchaîneront au fur et à mesure de la soirée, portant littéralement Madjo, et harangueront l'audience, le public avignonnais ne se faisant pas prier pour répondre. Une ambiance fantastique, qui ne cessera d'aller crescendo jusqu'à la fin des deux rappels, dont le second sera a priori improvisé, en tout cas non prévu à la set list initiale. Le summum sera atteint avec la reprise, par les quatre membres, en rang sur le devant de la scène, de "Leaving My Heart" a capella, rythmé par notre human beatbox.
Tout ce petit monde se retrouvera dans la salle à venir boire un verre avec le public restant (exit les artistes faisant patienter infiniment leur fans "aaaahhh-il-faut-que-je-décompresse-voyez-vous-que-je-redescende-sur-terre-aaaahhh"...), les quatre complices ne perdront pas de temps pour se joindre à nous, les deux choristes en tête en guise de public-relations !
Une très très bon moment.
Quelques jours plus tard ils se retrouveront à Marseille au Poste à Galène : lire la chronique
Madjo sur scène, c'est :
Beat-box / choeurs / Percussions : Julien Vasnier
Choeurs / Percussions : Claire Pastor
Choeurs / basse : Joro Andriamiadanarivo
Chant lead / Guitare acoustique et électrique : Madjo
(Son FOH : Julien Bar)
Set List :
1-My Neighbour's Bed
2-Leaving My heart
3-Le Nid des 100 Soucis
4-Heading for Trouble
5-Cracheur de Feu
6-Mad Mind
7-Je Claque des Doigts
8-Insomnia
9-Where Did you Sleep
10-Another Day
11-Coeur Hibou
12-Catch The Bed
13-Trapdoor In A Wall
rappels 1 :
14-Sea Line
15-Lion & Monkey
rappels 2 :
trois autres morceaux non prévus à la set list initiale, dont un dernier morceau a capella.
Remerciements à Niko Papillon pour son accueil et son aide.
Signature : flagle 20/11/2010
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