Critique de concert New York Dolls

Retour sur l'un des bons moments de l'année 2008 : le concert des mythiques New York Dolls (reformés depuis 2004 sous l'impulsion salutaire d'un fan nommé Morrissey) dans une petite salle de Copenhague au Danemark, le Club Vega... Pas de première partie, une salle de 400 places bien remplie par une majorité de quadras bien portants et par une poignée de jeunes lookés glam, le show des légendaires Dolls peut commencer presque à l'heure dite, en toute simplicité...
David Johansen est visiblement content d'être là (il fera son Mick Jagger punk shaman pendant tout le concert, en singeant vocalement son idole, mais sans faire son jogging sur scène ce qui est appréciable), Sylvain Sylvain est facétieux et très souriant, le reste du groupe - Steve Conte, guitare, Brian Delaney, batterie, Sami Yaffa, basse - est en forme et, enfin, le public est plutôt chaud... Au milieu de leur tournée européenne estivale, les Dolls semblent ravis de se produire dans un club à taille humaine alors que leurs shows se déroulent en général dans des festivals assez gigantesques (Benicassim est au programme quelques jours plus tard)

Emmenées par David Johansen et Sylvain Sylvain, les deux seuls survivants du groupe qui révolutionna le rock en 1973 avec son furieux mélange influencé par le quatuor magique Stones/Stooges/Bowie/Berry, les poupées new yorkaises version 2008 ont encore de bien beaux restes ; les visages sont burinés, les années ont passé mais l'envie de jouer semble bel et bien là, le son punk/glam/rock est tranchant (normal, ils l'ont inventé ce son !) et la set list fait la part belle aux titres incontournables de la discographie du combo... Looking For A kiss, Personality Crisis, Jet boy, Trash, Pills, Puss N Boots, plus une reprise très émouvante de Johnny Thunders (You can't put your arms around a memory, dediée à ce dernier) et une cover superbement bien envoyée de Janis Joplin, Piece of my heart... La plupart des titres donne envie de danser comme un singe (à part une ou deux nouvelles compositions un peu vaines), voire d'imiter le simiesque David Johansen avec sa moue lippue à la Jagger ; tout le monde semble donc passer une soirée de fort bon aloi, la tonalité - méchamment rock - du show étant franchement réjouissante. Il est vrai que le style "sex and drugs and rock 'n roll" est indémodable... et toujours efficace sur les planches !

Après le rappel, accordé généreusement et sans chichi, tout le monde regagne ses quartiers d'été en ayant la délicieuse impression d'avoir croisé la route - parsemée d'embûches : trois morts au compteur quand même - d'une légende du rock dont les titres sont tout simplement inoxydables. Qu'il est réconfortant de voir ce combo gagner un peu d'argent aujourd'hui ! Car en son temps, il était complètement passé à côté du succès commercial, laissant les très dispensables Guns 'n Roses et Motley Crue récolter les fruits de son travail au corps, longtemps après la déflagration provoquée par l'album New York Dolls.

Sites Internet : www.nydolls.org, www.myspace.com/newyorkdolls, www.youtube.com, www.vega.dk.
Photo en début de chronique : Mario Sughi
Signature : pierre andrieule 03/01/2009
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le 14 aout 2004 - Randall's Island - New York (par Pirlouiiiit)
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