Critique de concert Antonionian + Saul Williams + General Elektriks

Il me reste un sentiment mitigé de cette soirée du 10 novembre. J'aime bien l'Espace Malraux, on y est super bien accueillis, on est proches de la grande scène, c'est vraiment sympa pour voir de gros groupes de très près.
La première partie était assurée ce soir par Antonionian dont j'ai écouté la musique avant de venir. Sur disque, ça se laisse écouter, de l'électro gentillette, pas mal. Par contre sur scène j'ai trouvé que ça ne le faisait pas du tout. Déjà au niveau des lumières, quasi inexistantes, pour ne pas dire affreuses, sur de l'électro, ça craint. Au départ on devait être quarante dans la salle, ça faisait peu. Tellement peu que lorsqu'ils ont lâché les basses, autant dire qu'au premier rang on a cru perdre nos tympans. Basses saturées, pourries, mais bien pourries qui n'auront pas été corrigées en cours de set, l'ingé son avait peut-être compté sur une salle comble.

Toujours est-il que ceci ajouté à un chanteur au charisme incertain, à une musique abstraite, reposant essentiellement sur des loops, j'ai eu franchement du mal à garder patience. Je ne remettrai pas en cause l'investissement des musiciens, mais tout de même, ils seront restés très statiques tout le long du set... Eric Starczan m'a semblé très en retrait, ses lignes de guitares n'étant pas, en plus, captivantes, j'en suis venue à me dire que j'aurais préféré entendre un groupe local. Mais je suppose que le plateau a dû être vendu tel quel. Le public, pas très attentif, a tout de même applaudi un peu plus joyeusement les deux derniers morceaux, mais attention je n'ai pas dit fébrilement, heing. Pas de mélodie qui reste en tête après, ce n'est franchement pas bon signe en ce qui me concerne.
On patientera 25 minutes pour l'installation du set suivant. Alors que tous les instruments étaient déjà en place, j'ai trouvé cela étonnant.
Saul Williams arrivera discrètement en scène, dans la pénombre et le silence, suivi ensuite de ses musiciens aux looks disparates et improbables.

Il entame le set a capella avec un "in the name of", longue liste de personnages illustres qu'il enchaîne avec "Patience". Le rythme est speed, punky, le texte est crié. Il efface tout de suite l'impression fade que m'a laissé Antonionian. Il exsude de l'homme un charme félin extraordinaire, beaucoup de classe, une star.
Je ne suis pas convaincue par le son mat et creux de son tambour, mais force est d'admettre que cela enfonce le clou quant à l'impact des mots.
"Explain My Heart" confirme l'accent très rock du son âpre. Je préfère de loin cette version live à celle de l'album. Le batteur attire d'ailleurs mon attention à ce moment-là.
Je suis agréablement étonnée par le côté rock de ce début de set qui revisite entièrement l'album. Ce qui me rend doublement heureuse d'être là, au premier rang. Quel bain d'énergie!
Certi de "Surrender" qui prend naturellement place, le set conquiert le public qui entame un headbang collectif. Saul Williams délivre du beau, le saxo hurle, c'est très bon. Un gros riff introduit "Grippo", dépouillé du groove loufoque qui le caractérise, l'interprétation aussi change bien. Je pense à David Bowie, il a la même flamme dans le regard, sans doute aussi pour son aptitude à tordre ses morceaux sur scène afin de proposer autre chose, imposer sa dimension de star du rock en ce qui me concerne.

Il revient sur "Look To The Sun" incantatoire dont la rythmique fait danser le public. Plus accessible ce morceau, peut-être. Fédérateur, ça c'est sûr.
Les morceaux s'enchaînent à toute vitesse."Diagram" perd son côté glitter des nappes de synthé, il est plus axé sur la guitare. On est quelque part entre Radiohead, Trent Reznor avec en sus la rythmique du Volcanic Sunlight. Le saxo a remplacé le synthé, c'est plus organique et au final, mieux encore comme ça.
"Triumph" et "Volcanic Sunlight" seront plus nus, crus, centrés sur la batterie. "Give It Up" nous sera livré, plus enlevé, psychédélique seventies. Puis il nous invite à "Occupy Wall Street/ Occupy All Streets", s'en prenant ensuite à DSK et tout ce qu'il incarne. Double discours politique dont la symbolique pourrait se résumer par la thématique du viol, du rapport de maître à servant qui mène selon lui à voir le destin de cette femme noire violée par le FMI, celui de tous. Ce qui l'amène à lâcher un "F... the master" "Unplan the masterplan, make new plans". Tout le monde n'a pas compris, ça se lit sur les visages, mais bon, ce fut dit.
Il enchaînera sur "Black Stacey" à capella dont il ne chantera que le premier couplet "faute de temps", dit-il. Je regarde ma montre et je verdis. Il ne joue que depuis 45mn, combien de temps va durer son set?!
Ben j'aurai ma réponse très rapidement. Il conclut avec "I Wanna Be Your Dog" qu'il a réécrite et dopée version hardcore.
Et c'est rideau! Pas de rappel. Les gens hurlent c'est nul. Rien à faire. Douche froide me concernant. C'est tellement évident que c'est lui la véritable star de la soirée que j'en suis outrée.
On n'est pas à un festival, 50 mn c'est juste n'importe quoi.

Trente longues minutes plus tard, hallucinante soirée, General Elekriks montent sur scène. Le public s'est considérablement étoffé. Au taquet, et à l'évidence conquis d'avance, ils claquent des mains à l'intro de "The Spark". La configuration de la scène m'empêchera de voir son côté gauche où jouera comme d'habitude Jessie Chaton. Deux synthés mis dos-à-dos avec une enceinte de retour en plus constitueront un mur infranchissable. Je ne verrai pas du tout Jordan Dalrympe.

Je ne serai pas du tout convaincue par ce set pour une raison simple. Je venais pour entendre le nouvel album et je n'en aurai entendu que trois. Sur un set de treize titres, j'appelle cela vivre sur ses acquis. Et si encore ils étaient tubuesques, comme beaucoup du précédent, mais ce n'est pas le cas. Revoir en concert ce que j'ai vu en festival un an et demi auparavant, cela me gave. Bon il y a du taf du côté du jeu de scène d'Eric Staczan, il occupe carrément bien l'espace maintenant ce qui équilibre bien les choses avec la présence extraordinaire de Jessie.

Je m'interroge par contre sur la pertinence de sauter sur place en permanence. Je m'y attendais de la part d'RV qui semble avoir les mains scotchées au clavier, ce qui en fait pour moi le virtuose français des claviers sportifs, mais pas des chanteurs. Car oui, il chante faux sur "Summer is Here" et ce ne sera pas la dernière fois de la soirée.
La musique est groovy, punchy mais à force de tout saturer, jusqu'aux couleurs, on perd forcément de la finesse et des nuances, dans le ressenti, comme dans le jeu.
Même les impros ne trouveront pas grâce à mes yeux, ce soir. J'aime celle de Norbert Lucarain, mais celle de Jordan me fera un peu pitié. D'ailleurs, RV l'interrompra...

"Raid The Radio" continue de galvaniser la foule, les General Elektriks sont vraiment faits pour les grosses scènes, c'est du grand show, les gens dansent et sont contents. A la limite, c'est l'essentiel. Au rappel, ils joueront "Tu m'intrigues" et merci bonne nuit. Au moins ils ont joué 1h15, eux. Une chanson de rappel, c'est trop généreux. "On espère vous revoir bientôt" nous dit le RV, oui oui...

Moi j'ai vu Saul Williams, la soirée n'a pas été complètement perdue...
La première partie était assurée ce soir par Antonionian dont j'ai écouté la musique avant de venir. Sur disque, ça se laisse écouter, de l'électro gentillette, pas mal. Par contre sur scène j'ai trouvé que ça ne le faisait pas du tout. Déjà au niveau des lumières, quasi inexistantes, pour ne pas dire affreuses, sur de l'électro, ça craint. Au départ on devait être quarante dans la salle, ça faisait peu. Tellement peu que lorsqu'ils ont lâché les basses, autant dire qu'au premier rang on a cru perdre nos tympans. Basses saturées, pourries, mais bien pourries qui n'auront pas été corrigées en cours de set, l'ingé son avait peut-être compté sur une salle comble.

Toujours est-il que ceci ajouté à un chanteur au charisme incertain, à une musique abstraite, reposant essentiellement sur des loops, j'ai eu franchement du mal à garder patience. Je ne remettrai pas en cause l'investissement des musiciens, mais tout de même, ils seront restés très statiques tout le long du set... Eric Starczan m'a semblé très en retrait, ses lignes de guitares n'étant pas, en plus, captivantes, j'en suis venue à me dire que j'aurais préféré entendre un groupe local. Mais je suppose que le plateau a dû être vendu tel quel. Le public, pas très attentif, a tout de même applaudi un peu plus joyeusement les deux derniers morceaux, mais attention je n'ai pas dit fébrilement, heing. Pas de mélodie qui reste en tête après, ce n'est franchement pas bon signe en ce qui me concerne.
On patientera 25 minutes pour l'installation du set suivant. Alors que tous les instruments étaient déjà en place, j'ai trouvé cela étonnant.
Saul Williams arrivera discrètement en scène, dans la pénombre et le silence, suivi ensuite de ses musiciens aux looks disparates et improbables.

Il entame le set a capella avec un "in the name of", longue liste de personnages illustres qu'il enchaîne avec "Patience". Le rythme est speed, punky, le texte est crié. Il efface tout de suite l'impression fade que m'a laissé Antonionian. Il exsude de l'homme un charme félin extraordinaire, beaucoup de classe, une star.
Je ne suis pas convaincue par le son mat et creux de son tambour, mais force est d'admettre que cela enfonce le clou quant à l'impact des mots.
"Explain My Heart" confirme l'accent très rock du son âpre. Je préfère de loin cette version live à celle de l'album. Le batteur attire d'ailleurs mon attention à ce moment-là.
Je suis agréablement étonnée par le côté rock de ce début de set qui revisite entièrement l'album. Ce qui me rend doublement heureuse d'être là, au premier rang. Quel bain d'énergie!
Certi de "Surrender" qui prend naturellement place, le set conquiert le public qui entame un headbang collectif. Saul Williams délivre du beau, le saxo hurle, c'est très bon. Un gros riff introduit "Grippo", dépouillé du groove loufoque qui le caractérise, l'interprétation aussi change bien. Je pense à David Bowie, il a la même flamme dans le regard, sans doute aussi pour son aptitude à tordre ses morceaux sur scène afin de proposer autre chose, imposer sa dimension de star du rock en ce qui me concerne.

Il revient sur "Look To The Sun" incantatoire dont la rythmique fait danser le public. Plus accessible ce morceau, peut-être. Fédérateur, ça c'est sûr.
Les morceaux s'enchaînent à toute vitesse."Diagram" perd son côté glitter des nappes de synthé, il est plus axé sur la guitare. On est quelque part entre Radiohead, Trent Reznor avec en sus la rythmique du Volcanic Sunlight. Le saxo a remplacé le synthé, c'est plus organique et au final, mieux encore comme ça.
"Triumph" et "Volcanic Sunlight" seront plus nus, crus, centrés sur la batterie. "Give It Up" nous sera livré, plus enlevé, psychédélique seventies. Puis il nous invite à "Occupy Wall Street/ Occupy All Streets", s'en prenant ensuite à DSK et tout ce qu'il incarne. Double discours politique dont la symbolique pourrait se résumer par la thématique du viol, du rapport de maître à servant qui mène selon lui à voir le destin de cette femme noire violée par le FMI, celui de tous. Ce qui l'amène à lâcher un "F... the master" "Unplan the masterplan, make new plans". Tout le monde n'a pas compris, ça se lit sur les visages, mais bon, ce fut dit.
Il enchaînera sur "Black Stacey" à capella dont il ne chantera que le premier couplet "faute de temps", dit-il. Je regarde ma montre et je verdis. Il ne joue que depuis 45mn, combien de temps va durer son set?!
Ben j'aurai ma réponse très rapidement. Il conclut avec "I Wanna Be Your Dog" qu'il a réécrite et dopée version hardcore.
Et c'est rideau! Pas de rappel. Les gens hurlent c'est nul. Rien à faire. Douche froide me concernant. C'est tellement évident que c'est lui la véritable star de la soirée que j'en suis outrée.
On n'est pas à un festival, 50 mn c'est juste n'importe quoi.

Trente longues minutes plus tard, hallucinante soirée, General Elekriks montent sur scène. Le public s'est considérablement étoffé. Au taquet, et à l'évidence conquis d'avance, ils claquent des mains à l'intro de "The Spark". La configuration de la scène m'empêchera de voir son côté gauche où jouera comme d'habitude Jessie Chaton. Deux synthés mis dos-à-dos avec une enceinte de retour en plus constitueront un mur infranchissable. Je ne verrai pas du tout Jordan Dalrympe.

Je ne serai pas du tout convaincue par ce set pour une raison simple. Je venais pour entendre le nouvel album et je n'en aurai entendu que trois. Sur un set de treize titres, j'appelle cela vivre sur ses acquis. Et si encore ils étaient tubuesques, comme beaucoup du précédent, mais ce n'est pas le cas. Revoir en concert ce que j'ai vu en festival un an et demi auparavant, cela me gave. Bon il y a du taf du côté du jeu de scène d'Eric Staczan, il occupe carrément bien l'espace maintenant ce qui équilibre bien les choses avec la présence extraordinaire de Jessie.

Je m'interroge par contre sur la pertinence de sauter sur place en permanence. Je m'y attendais de la part d'RV qui semble avoir les mains scotchées au clavier, ce qui en fait pour moi le virtuose français des claviers sportifs, mais pas des chanteurs. Car oui, il chante faux sur "Summer is Here" et ce ne sera pas la dernière fois de la soirée.
La musique est groovy, punchy mais à force de tout saturer, jusqu'aux couleurs, on perd forcément de la finesse et des nuances, dans le ressenti, comme dans le jeu.
Même les impros ne trouveront pas grâce à mes yeux, ce soir. J'aime celle de Norbert Lucarain, mais celle de Jordan me fera un peu pitié. D'ailleurs, RV l'interrompra...

"Raid The Radio" continue de galvaniser la foule, les General Elektriks sont vraiment faits pour les grosses scènes, c'est du grand show, les gens dansent et sont contents. A la limite, c'est l'essentiel. Au rappel, ils joueront "Tu m'intrigues" et merci bonne nuit. Au moins ils ont joué 1h15, eux. Une chanson de rappel, c'est trop généreux. "On espère vous revoir bientôt" nous dit le RV, oui oui...

Moi j'ai vu Saul Williams, la soirée n'a pas été complètement perdue...
Signature : mylo
le 23/11/2011
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le 23/11/2011
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Photographe : lartsenic
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le 26 août 2011 - Domaine National de Saint-Cloud (par Fredc)

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