Lydia Lunch 13 Février 2008- Espace Montevideo - Marseille Lydia Lunch au Montevideo
30 ans après sa première apparition au côté de Teenage Jesus and the Jerks dans les prémices turbulentes du mouvement ‘no wave’, Lydia Lunch et ses 49 ans nous font face ce soir sur la scène du Montevideo .../...
30 ans après sa première apparition au côté de Teenage Jesus and the Jerks dans les prémices turbulentes du mouvement ‘no wave’, Lydia Lunch et ses 49 ans nous font face ce soir sur la scène du Montevideo pour un concert expérimental de spoken word.
Affublée d’une traductrice française évaporée, d’un batteur en transe et d’une boite noire avec sons enregistrés, Lydia Lunch en talons et robe noire scintillante nous livre un opus cathartique sur fond de vidéo-projection d’abstractions psycho-apocalyptiques (n’est-ce pas).
L’égérie du mouvement Underground new-yorkais nous scande de sa voix rauque et fiévreuse des thématiques brutes suintant la folie et la violence : « I am still searching for the drug » rugit-t–elle, oscillant d’un micro à un autre, entre une gorgée de bière et un chasse-démons en forme d’éventail rouge. Elle envoûte et crispe les nerfs, sur un fond percussivement déstructuré, saturé par des riffs évanescents de didgeridoo, de sax ou de guitare mal famée.
A mi-chemin entre une Marianne Faithfull, classe et poétique, et un Jim Morisson extatique dans ses incantations de ‘Lizard King’, Lydia Lunch nous délivre « a tribute of my own survival to the sickest ».
On regrettera cependant de ne pouvoir entrer dans cette ronde hypnotique ; on se voyait bien absorber la mélodie grinçante de Lydia Lunch en fin de soirée, noyés dans une salle flouée de fumée névrotique. Non, dommage. Ici, nous sommes debout dans une salle criblée de bobos parfumés à l’eau de Cologne, simulant la trash attitude. Le show se termine, 50 minutes plus tard, et nous n’avons pas du tout envie de squatter une minute de plus la superficielle atmosphère… « You’d better believe in ghosts »..
James Chance & the Contortions 09 mai 2007- Le Montévidéo, Marseille
James Chance passe sous mon nez, ventrou engoncé dans son costard orange, banane Eddymitchellienne posé sur gros crane vieilli. Il porte le poids du rock sur ses épaules. Quel fardeau pour un type qui insultait les gens aux Bains Douches en leur .../...
James Chance passe sous mon nez, ventrou engoncé dans son costard orange, banane Eddymitchellienne posé sur gros crane vieilli. Il porte le poids du rock sur ses épaules. Quel fardeau pour un type qui insultait les gens aux Bains Douches en leur reprochant d'être idiots d'écouter toujours la même merde. Faut le comprendre. James Chance est comme un anti pape.
Prophète de la no-wave, non musique, fatigué par la selle et le licol des genres codifiés, rejeté par les parrains du jazz, je me demande une bière à la main si cette carcasse en veut toujours autant aux poncifs et au mainstream. J'espère que sa personalité de James Brown blanc n'a pas déteint au profit d'un funk jazz propet et bobozifiant. On se pose souvent des questions connes avec un verre a la main. Comment ça ça change rien ?
Dans le montevideo la plupart des gens sont assis, vautré sur le tatami de la salle propette. Mal barré pour le gonze qui exhorte à la contortion. Pourtant des leur entrée sur scène, les musiciens invitent gentiment l'audience à se lever, ce qu'elle fait de bon coeur.
Voilà ça commence, James bastonne calmement son piano avec une étrange violence contenue. La zicmu essentiellement rythmique cataclope sur des riffs repetitivo-disco-funky. Ici point de pont, point de refrain accrocheurs, juste un tagadum poum tshi qui groove comme une bande de chats de gouttière épiléptiques spécialisés dans l'hypnotisme de masse.
C'est ça qui a de chouettos avec les rengaines de James Chance, ça tourne en rond et en rond et en rond, ça hoquete, ça titube, ça cafouille, ça vrille. La musique se régénére dans le dégénéré. Se saisissant de son sax à tortures, James se mets à égrainer ce qui sera sa signature tout le long du concert, de longs soli écorchés vifs qui mitraillent les morceaux pseudo happy funk de l'intérieur. Le malsain s'installe sur l'apparent moelleux sofa de notes.
Entre deux débouchages d'evier en cuivre le bougre s'enrage sur le micro et excecute quelques pas d'une danse décatie qui n'est pas s'en rappeller les dehanchements d'un elvis precieux et grabataire ou autres vieux rois du rythm & blues. Parodie ou hommage ? On sent une colère retenue.
Parfois une femme étrange monte sur scene et esquisse quelques pas de danses, miaule des cochoncetés. Sa muse ? James la fuit, l'enlace, l'embrasse, puis s'enfuit encore pendant un solo fanatique sur une des dernières chansons, contort yourself justement. Il vient le brailler dans l'oreille du public son mantra no wave: reduisez vous en zéro, contortionnez vous, bande de %$# ! Puis il s'en va bien vite après un rapide rappel.
Sauvé. James Chance est toujours aussi hargneux sous son flegme de vieux bonze tibétain. Ouf.
Blurt 08 février 2007- Espace Montévidéo – Marseille
A peine remis de la soirée de la veille je me fais violence pour enfourcher mon vélo alors qu’il fait un temps qui encouragerait plutôt à rester chez soi. Et pendant que la Pinguin lit des BD dans son bain tout en buvant du vin rouge je remonte .../...
A peine remis de la soirée de la veille je me fais violence pour enfourcher mon vélo alors qu’il fait un temps qui encouragerait plutôt à rester chez soi. Et pendant que la Pinguin lit des BD dans son bain tout en buvant du vin rouge je remonte péniblement al cote vers l’Espace Montevideo, pour aller découvrir sur scène ce Blurt dont j’ignorais l’existence il y a quelques jours encore mais dont j’entends dire le plus grand bien.
Prévoyant j’ai appelé pour savoir a quelle heure ça allait vraiment commencer. Comme il pleuvait a moitie on m’a dit que pour attendre le public, le concert commencerait a 21h-21h15. J’arrive a 21h20 il n’a pas encore commencé. Je rentre et pose mes affaires devant la scène alors que Ted Milton va entre et sort se demandant (comme moi) quand cela va commencer.
Les trois musiciens prennent alors place sur scène. Il s’agit d’un trio composé de Ted Milton au saxophone, aux grimaces et au chant, de Steve Eagles a la guitare et Bob Leithz a la batterie. C’est clairement Ted Milton qui assure le spectacle, ne serait ce que physiquement. Cette coupe de cheveux, ce regard halluciné, ces grimaces (je me répète), …
Ils attaqueront assez rapidement posant l’ambiance, pour ceux qui comme moi ne connaissaient que les 4 morceaux de leur page myspace (dont je reconnaîtrai le Eat Up Your House, et peut être Machina Machina). Je ne suis pas tout a fait sur des termes a employer pour décrire leur musique (free rock ? jazz ?), mais ce qui est sur c’est que ça m’a fait pensé a beaucoup de choses.
J’ai ainsi pensé a The Ex (pour le chant, sûrement), a Morphine (pour le saxo) mais aussi a James Brown a un moment ou a Zop Hophop.
Assez entraînant et hypnotique leur musique donne envie de danser … sans être forcement obligé de se déchaîner comme les gars de l’Embobineuse. Morceaux chantés, parlés, ou purement instrumentaux (dans ce cas le chant est assuré par le saxo), les morceaux s’écoutent avec beaucoup de plaisir et sans lassitude. Il faut dire qu’ils balaient un large spectre de genres, car si je me souviens bien il y a même eu un morceau que l’on pouvait qualifier de ska !
D’ailleurs leur musique s’écoute mais elle se regarde aussi. En dehors du très scénique Ted Milton, le batteur Bob Leithz est lui aussi assez sympa a regarder. Très concentré, le regard en général braqué sur Ted il ne se ménage pas. Le concert durera une bonne heure et vingt minutes ce qui était parfait pour moi.
Encore une belle découverte grâce au GRIM et sa série de concerts One Shot (en général un peu plus accessible que ce qu’ils programment habituellement).
Enfance Rouge + Justin Broadrick 15 mars 2006- Espace Montevideo - Marseille
en attendant un Philippe pour la chronique
L'Enfance Rouge avec a la guitare et chant le grand cousin du guitariste chanteur d'Ulan Bator (pour l'anecdote)
Justin Broadrick (ex Godflesh, Napalm Death ..) pendant le .../...
L'Enfance Rouge avec a la guitare et chant le grand cousin du guitariste chanteur d'Ulan Bator (pour l'anecdote)
Justin Broadrick (ex Godflesh, Napalm Death ..) pendant le set duquel j'ai dormi (la bouche ouverte parait il) pendant plus de 30 minutes ...
Site de l'Enfance Rouge : http://www.enfancerouge.org/
Site de Justin Broadrick : http://justinkbroadrick.blogspot.com/ Réagir à cette critique
satanicporncultshop 30 nov 2005- montévidéo, marseille
Dernier concert de la série des oneshots orchestrés par Montévidéo (merci à eux pour faire venir des groupes (extremement) rares en France et à marseille, comme Melt Banana), foule des grands soirs, mais plus hétéroclite (et alternative) que .../...
Dernier concert de la série des oneshots orchestrés par Montévidéo (merci à eux pour faire venir des groupes (extremement) rares en France et à marseille, comme Melt Banana), foule des grands soirs, mais plus hétéroclite (et alternative) que d'habitude.
Au programme deux sets du collectif japonais SPCS, plutôt habitué au clubbing déjanté, entrecoupé par un spectacle de marionnettes(?), voyons voir ... ça commence par un DJ set en solo, soutenu par un VJ.
Ambiance tranquille au départ pour chauffer, puis, rapidemment, on rentre dans un truc plus cassé, rythmes bancals superposés, voix broyées, un peu dans la veine du dernier excellent album de Mr Oizo. Zapping arbitraire sophistiqué et brut, servi par un japonais au petit sourire en coin figé.
Ca fuse, le son est très bon, ça aurait mérité un quart d'heure de plus; on sent que le public a envie de faire la fête, mais on se retient, on est dans un auditorium quand même, faut pas déconner.
On enchaine avec les marionnettes du même collectif, et là, stupeur: manips à vue à l'arrache, drap qui se casse la gueule, histoire plutôt classique (un perso avec un nez-bite entreprend un voyage initiatique, combat des monstres, et finit écrabouillé par une comète à la sankukai).
OK. pourquoi pas? le problème c'est qu'on était à mi-chemin entre un happening volontairement foireux et une véritable histoire de marionnettes.
Après un petit break, le collectif arrive en force avec un dj-ordi masqué, un mec aux platines, un deuxième aux platines mais cagoulé avec une fleur dans la bouche, une chanteuse bien rangée, et un VJ belle des champs. A partir de là, les passages purement electro vont alterner avec des chansons chantées à la limite du faux (Gainsbourg (?), Nancy Sinatra, et une hilarante reprise de Abba).
Un joyeux bordel en forme de karaoke passé au napalm; drum'n'bass, house, scratch digital, rap laconique et old school en japonais, bribes de soli de flute hystériques, une chanteuse qui chante faux tranquillement (certainement elle qui chante du Kylie Minogue sur un de leurs albums), et VJ belle des champs qui s'évertue à jouer d'une multitude d'instruments acoustiques absolument inaudibles au milieu de ce foutoir organisé, tout en mixant les images subtilement avec son orteil gauche.
Tout est passé au mixer, look stupeflip, et une prouesse: ils réussissent à faire chanter pas mal de monde sur "i was made for lovin' you baby", plutôt étonnant et jubilatoire (apparemment une bonne partie du public n'était pas venue là à jeun).
Au final une bonne soirée, mais les performances de Satanicporncultshop auraient pu être plus folles sur un vrai dancefloor. A suivre...
Melt Banana 28 octobre 2005- Montévidéo, Marseille
Fan du quatuor japonais de longue date, ayant eu la chance que KK Null de Zeni Geva m'envoie leur premier album sorti en 94 sur son label Nux Organisation je peux dire que j'ésperais, rêvais leur venue dans le Sud et commençait à croire que le .../...
Fan du quatuor japonais de longue date, ayant eu la chance que KK Null de Zeni Geva m'envoie leur premier album sorti en 94 sur son label Nux Organisation je peux dire que j'ésperais, rêvais leur venue dans le Sud et commençait à croire que le miracle n'arriverait jamais. Ce ne fut pourtant pas faute d'essayer mais au cours des années rien n'y fit, à tel point qu'en 1999 nous prenions la route pour aller les voir au Pezner (à jamais la meilleure salle de France) à Lyon. Date spéciale puisque nous célébrions la sortie de leur single sur Pandemonium et c'était donc l'occase d'enfin se rencontrer après tant d'années d'échanges épistolaires. Ce concert à Lyon reste un souvenir exceptionnel, tant le groupe domina la scène, l'envahit, la possèda et nous submergea d'un mur sonique basse/batterie, horizontal/vertical, attirant/repoussant, surplombé par les cris hystériques de yasuko avec en fond cet élégant jeu de batterie à l'allure (et seulement l'apparence) calme et reposé ... en comparaison de l'ouragan au premier plan.
Hier soir c'était la même chose mais encore plus poussé, on sent que le groupe tourne énormément, alignant plus de 200 dates par an, chevauchant toutes les scènes du monde, les domptant mais demeurant indomptés.
Magnifiques ! Seuls des groupes de la trempe de Minor Threat, Minutemen ou Black Flag furent capables en leur temps d'asséner un Hardcore aussi pur et efficace, viscéral et frénétique. Comme souvent dans la culture japonaise, éponge qui s'imbibe de nos experiences occidentales tout en les poussant à leur paroxysme, Melt Banana à su tirer le meilleur du passé et le coupler à la folie moderne d'un Naked City, concassant les rhythmiques, pulvérisant les structures, les tournant, retournant à une allure vertigineuse, faisant virevolter têtes et corps de leurs auditeurs/spectateurs. On osera dire que Mike Patton leur à tout volé pour son Fantomas, ce n'est d'ailleurs pas coincidence si les deux partagent un split 45t ...
Trêve de digressions le concert hier fut d'une rare intensité, un vent de folie nous fit tanguer, alternant les vieux morceaux courts et incisifs, témoignage de leur turbulente jeunesse et les titres plus récents, plus construits, absolument imprévisibles dans leur structure, hachés à la tronçonneuse-guitare d'Agata, feu follet mystérieux monté sur ressorts, dont les riffs traversent nos corps, atomisent nos oreilles et se télescopent dans les basses marteau-piqueur (un peu à la Big Black) de Rika, sacré petit bout de femme.
Un concert énorme, et surtout un groupe authentique à l'opposé des clowns hype qui se la jouent punk, ou des quelques has-been punk qui se reforment et qu'il vaut mieux éviter. L'avenir et le présent du Punk était hier soir devant nous et on n'est pas prêt de l'oublier.