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Les
Weepers Circus ont beau sillonner l'hexagone depuis une dizaine d'années, ils ne passent pas si souvent par ici, et même dans ce cas on les rate régulièrement. Sur la base de ce constat problématique et frustrant - c'est l'un des meilleurs groupes de chanson rock en France et je les ai vus seulement 2 fois en dix ans - chaque fois à la Gare de Coustellet - je veux bien mettre en place un invraisemblable trajet pour y aller (de la marche, un bus, de la marche, une navette), au risque de dormir à Aix s'ils font un rappel de trop (le bus pour Marseille se transformant en citrouille après 23 h 30).
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D'autant qu'ils ont sorti il y a peu un très bon
live et accessoirement, deux albums depuis notre dernière rencontre : le plutôt sombre
La monstrueuse parade et le forcément plus gai
Tout n'est plus si Noir. Autant de motivations qui me permettront de passer outre, le lieu un peu compliqué à atteindre, la salle trop grande pour eux, l'interdiction d'y boire un coup ou pire, le public assis. Soit la meilleure façon de tuer une ambiance, selon le principe du paratonnerre : toute la bonne énergie n'est reçue que par la tête du spectateur et descend directement dans le sol au lieu de lui agiter les jambes et les bras..
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Bref, retour au Cirque des Gens qui Pleurent, enfin ! Intro orientale au saxo droit, tandis les jeunes gens en costard, haut de forme et cravate rouge (ils ont toujours la classe même si certains mettent parfois des robes par erreur) viennent prendre la température dans la salle et prennent place peu à peu sur scène. Le chanteur
Alex George entre en dernier et entame Ma Dame aux Camélias, qui sonne assez rock en live, tout comme Sans vous aimer, revue en version java-punk très entrainante. Le groupe est parfaitement en place et le son est correct vu la salle, on note simplement que le batteur
Goulec, sans doute retenu dans une autre collaboration, est remplacé par un type qui a des cheveux (
Frédéric Guérin après enquête), et moqué par les strasbourgeois comme étant le régional de l'étape (il est d'Arles). Evidemment il y a probablement quelques jalousies capillaires derrière tout ça...
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Le groupe nous souhaite la bienvenue avant Liverpool, plus pop, qui est un hommage francophone aux Beatles, truffé de bouts de texte et d'allusions aux Fab Four en VF, bien enchaînée avec la mélancolique Reste un Peu, moins jazzy que dans mon souvenir. De même l'effet "déclamatoire" sur Le Coupable est moins marqué que sur disque - c'est donc plutôt mieux en vrai, en somme ! J'avoue que j'avais oublié la suivante, Le Parvenu même si le refrain me disait quelque chose ('si tu ne m'obéis plus, je te tue...', charmant !)
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Mais voilà déjà la chanson titre et anthem du groupe comme on dit aux States, Le Cirque des Gens qui Pleurent, qui monte en douceur d'un couplet triste à un refrain endiablé à la russe, à reprendre en choeur - l'ambiance commence à décoller dans la salle où l'on tape dans les mains - il faut reconnaître que le public (qui n'a pourtant pas l'air entièrement composé de spécialistes du groupe), est d'assez bonne volonté pour participer. La chanson me touche toujours autant, par sa célébration simple par un groupe de potes d'être ensemble sur scène, et elle me met en joie, comme mes voisins, par son final pétaradant.
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Plus calme, le Petit Homme, ode à un nouveau-né, reste charmant, même sans la Dona Ruiz et son troll sauteur chéri, avec à la place ici une boîte à musique minuscule, un violoncelle et un saxo géant. La Chronique de la fin des temps, décrivant une apocalypse militaire, est assez noire, représentative du côté sombre des
Weepers circus, et elle se finit dans une batterie martiale qui augure de mauvais jours... Carrément rock, Apprends-moi développe un son assez Noir Désir (avec en bonus une certaine parenté vocale), et dépote pas mal sur scène : clarinette toxique, chant hurlé, frappe de mule sur la batterie et hurlements de saxo torturé à la Akosh, c'est vraiment bon !
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Le batteur se livre ensuite à un petit solo (comme l'aurait sûrement fait le Goulec) avant un final explosif de tout le groupe - là, on est clairement plus dans la chanson mais dans du rock français bien contondant ! La suite s'enchaîne pratiquement comme sur le live : le funky Le K, un peu ska, où le groupe se livre à des mimiques amusantes, jusqu'à ce que le souffleur du groupe annonce son caprice : il va jouer de Sophie, sa flute à bec de 6ième, idéale pour donner la réplique au chanteur sur Tout le monde chante, mi-drôle mi-cynique. On peut comprendre qu'un vrai groupe tournant depuis si longtemps l'ait un peu saumâtre en voyant émerger des tâcherons de la télé-réalité toutes les 5 minutes...
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Mais enfin sur la longueur, on sait bien qui pourra vivre de sa musique et s'y épanouir, et qui retournera à une simple anonymat, pas vrai ? En tout cas ça va très bien avec la précédente, tout aussi groovy, et puis la salle d'"Aix en Pseu" comme ils disent pour se moquer de nos panneaux autoroutiers, peut chanter avec, donnant un joli résultat (à signaler aussi, un joli travail sur les lumières de leur éclairagiste). Pour une fois, on acceptera bien volontiers de se faire traiter d'Aixois (ce qui peut dans certains contextes être une insulte, à Marseille...).
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La fille et le Loup serait idéale pour des enfants, par son côté clownesque, dommage, il n'y en a pas beaucoup ce soir, on nous refait chanter en choeur et ça se fait bien, sans forcer - je ne suis pas complètement fan, on se croirait un peu chez Tryo quand même. Heureusement, retour à une chanson Weeperissime, L'Ombre et la Demoiselle, qui me rappelle agréablement ma dernière année étudiante, et qui sonne toujours aussi bien alors qu'elle va, hélas... sur ses dix ans ! Toute aussi "vieille", la chanson du Premier Pas aux accents slaves, et qui finit par attirer des gens devant pour se trémousser et applaudir, tandis que le groupe enchaîne sur un medley marrant d'extraits revisités de chansons craignos (Johnny and co). C'est officiel, Salle du Bois de l'Aune, on danse ce soir ! Et le groupe récolte une belle ovation quand il sort de scène.
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Pour le rappel,
Alexandre George revient seul pour interpréter à la guitare la toujours délicate La Renarde, dont on ne dira jamais assez à quel point sa version originale avec
Olivia Ruiz est une des plus belles choses composées en langue française au 21 ième siècle... Même tout seul, il en fait quelque chose de très beau et très doux. La chanson fait en outre penser, bien sûr, à un passage du Petit Prince, celui avec le renard, qu'à 30 ans bien passés, j'ai encore du mal à lire sans avoir les larmes aux yeux (ça vous étonne ? réessayez, vous verrez). Bref, c'est magnifique ! Il la dédicace à la tourneuse
Emma, que j'en profite pour remercier en passant pour sa disponibilité et sa sympathie.
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Viennent enfin une Légion qu'avait réclamé certains fans, où le chanteur tonne sur fond de grosses guitares et basses d'
Eric guerrier et
Franck George, avant des échanges de choristes mâles - décidément cet album, celui à la fille nue, vieillit vraiment bien, et cette chanson-là aussi est méchamment punchy en concert. Le chanteur annonce en passant que le groupe travaille sur un livre-disque pour enfants, avec moult collaborations - à suivre. J'aurais quand même bien aimé entendre et voir leur reprise efficace de Kashmir sur scène, au risque de rater le bus. Une autre fois peut-être ? Mais le groupe choisit de finir sur la très enlevée Maurice, et c'est quand même une bien belle conclusion, réalisée tous devant en dansant, presque à capella... Ils récoltent donc des applaudissements chaleureux et mérités.
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Au final, en dix ans, les
Weepers Circus ont bien vieilli (qualitativement), ont peut-être perdu quelques illusions (ils ne semblent certes pas partis pour finir milliardaires exilés en Suisse), quelques cheveux (ils n'en avaient déjà pas beaucoup au départ), mais ils ont gagné une expérience à toute épreuve (ils savent indubitablement réveiller une salle !) et surtout, ils tiennent bon la barre dans une démarche intègre, solide et motivée, pour répandre encore et toujours leurs belles et bonnes chansons, fidèles à la route comme les troubadours des temps anciens.
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Bonne continuation à eux, en espérant les recroiser dans moins de trois albums... Et s'ils passent par chez vous, j'espère vous avoir convaincu d'aller les découvrir ou les re-découvrir, que vous soyez plutôt chanson ou rock français ! Un petit mot encore pour féliciter l'organisation du
Festival de la Chanson Français d'Aix en Provence : cette histoire de navettes, avec voiture en plus pour rattraper les retardataires, et qui se donne du mal pour nous ramener à l'heure à bon port, c'est vraiment très sympa. A l'an prochain peut-être ?
Illustrations par Philippe (pas de photographe pour Liveinmarseille ce soir-là, hélas), quelques
vidéos-souvenir par
ici !
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Setlist :
Ma Dame aux Camélias
Sans vous Aimer
Liverpool
Restes un peu
Le coupable
Le Parvenu
Le Cirque des gens qui pleurent
Petit Homme
Chronique de la fin des Temps
Apprends moi
Le K
Tout le monde chante
La Fille et le Loup
L'ombre et la demoiselle
Premier pas
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La Renarde
Legion
Maurice
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