" Gang On The Run "
(Ils ont marché sur le Rockstore…)
Invité à ouvrir pour les Lonely Astronauts , le Montpelliérain Olle aura fait le show : beaucoup donné, joué, tenté en vain de chauffer une salle plutôt amorphe, quoique manifestement concentrée et respectueuse, vis-à-vis des efforts fournis.
Inquiet, je me lance dans un examen .../...
" Gang On The Run "
(Ils ont marché sur le Rockstore…)
Invité à ouvrir pour les
Lonely Astronauts , le Montpelliérain
Olle aura fait le show : beaucoup donné, joué, tenté en vain de chauffer une salle plutôt amorphe, quoique manifestement concentrée et respectueuse, vis-à-vis des efforts fournis.
Inquiet, je me lance dans un examen détaillé des forces en présence et traverse la salle en tous sens : tentant d’évaluer ou soupeser le nombre exact de mes compagnons du soir ; ainsi que leurs diverses attentes, leurs motivations respectives, mais doit m’interrompre au plus vite. La rumeur enfle, mon épine dorsale se tend, toute de sueur froide gainée. Je case maladroitement mon verre de bière à la va-vite, sur le côté de la scène encombrée de fils et pieds.
Cette fois, c’est l’harmonica qui donne le ton, d’entrée. Comme surgi du néant, de l’obscurité faite salle, le sieur
Arthur ouvre les vannes du passé avec l’un de ses morceaux phares,
Mercedes (issu de l’inégalé
Big City Secrets ). Une suite d’accords plaqués et d’ondulations vocales jouissives plus loin – marquant la fin de
When I Was Runnin’ Out Of Time – il se laisse néanmoins rattraper par l’indolence de la salle, le temps d’un court
Could We Survive (extrait du EP du même nom) puis observe la fosse l’observer en retour…
Un dixième de seconde d’hésitation plus loin,
Famous Friends Along The Coast se charge de réveiller ses aiguës et de mettre son apparente fragilité en exergue, en pleine lumière. Une aura, un halo " tour de tête ", une posture quasi christique, des doigts qui tirent bien haut les cordes vers un tout autre ailleurs (higher ?) fait d’instruments qui hurlent, de bois qui tapent, d’amis retrouvés, de
Lonely Astronauts enfin installés à ses côtés…
Manifestement rasséréné par cette " gang " présence, il fonce immédiatement vers les berges du Rock’n’roll le plus proche et enchaîne avec deux extraits de
Nuclear Daydream (2006) :
Black Lexus et
Too Much To Hide . Deux approches nouvelles, en rupture de voix, qui annoncent une sacrée montée en puissance, adoubée par un petit trésor de solo à la " Arthur ", plus proche du " Loner " dépenaillé en chef (
Neil Young ) que du tricotage de doigts à la
Steve Vai ou
Satriani . Tandis qu’il tire ou astique consciencieusement le manche, que la tension monte, monte, monte, un jeune " barbu chevelu " se concentre (lui) sur les rondeurs apparentes et la croupe callipyge de
Sybil Buck , toute " collée serrée " de tissu quasi transparent…
Ça y est, c’est le moment de l’habituel happy Hour " Fargo " : deux morceaux du sublime dernier opus, composé sur les terres mêmes de
Blonde On Blonde (
Dylan ) ou de
Music From Big Pink (
The Band ) et qui aurait déjà dû l’installer logiquement tout en haut des " charts ", des tops des ventes, si ce monde était bien fait et tous les
Britney Madonna Rhianna Céline Mylène Mahé Michael du monde, sous clefs…
Si
Faith produit toujours son (légitime) petit effet,
Temporary People s’avère désormais incontournable sur scène ; c’est un pic, une péninsule, un sommet musical à gravir en apnée, une poire pour la soif… D’aventures en devenir !
Une fois encore,
In The Sun fait se pâmer les humains présents, tous, toutes, sans exception notable ou exemption. Enregistré puis gravé de postérité sur
Come To Where I’m From , il suffirait presque à décrire ou définir l’homme à lui seul, sans pour autant paraître réducteur, c’est dire… Il a tout pour séduire, séduit, emballe (même) et place la barre un peu plus haut à chaque fois. Je suis même certain qu’une écoute quotidienne de ce titre peut éloigner à jamais tout risque de maladie, de dépression, d’ennui. C’est la sortie de crise assurée, la truffe dans le gras foie, une
Katherine Keener ou une
Scarlett Johanson installée langoureusement sur l’oreiller d’à côté, qui soupire doucement, comblée…
" Chantez avec nous ! ". Le problème, quand Joseph parle Français au milieu d’un morceau, c’est qu’on en oublie presque la beauté de celui-ci. Il en va ainsi pour
September Baby qui avance et se transforme littéralement sous nos yeux. Tant pis, puisque l’accorte
Jennifer Turner (guitares, claviers voix) n’est pas sur la tournée, c’est notre ami qui s’y colle, passant d’une pédale de son à l’autre, comme le gouvernement d’un projet à son suivant : au pas de charge, sans chercher à mesurer quoi que ce soit côté conséquences, dommages collatéraux, ou avenir…
L’après-midi, sur un coin de sofa défoncé, l’homme se confiait et (m’)expliquait combien le fait d’amener sans cesse de nouvelles chansons au monde lui était " important ! ", " obligatoire ! ", " vital ! " : pas de best of ou de dernier album joué en quasi-intégralité ici, non, c’est du vécu, du vrai, du " live " ; rien n’est préparé ou (set)" listé " à l’avance, que nenni !
" On va jouer des nouvelles chansons, on enregistre le concert et on le vend après ! " (dixit
Sybil ) : comme il est donc doux d’entendre de nouveau cette phrase, après l’échec cuisant de la veille à
Toulon . " On aurait dû l’enregistrer quand même, passer outre, mais bon… On aurait dû… Mais, on ne l’a pas fait ! " (Aux dires du sieur Joseph, déçu, frustré et autant énervé par la réaction de l’Omega, que par son propre renoncement).
Premier constat,
Missy Baba s’avérera bientôt irremplaçable : c’est mon tout nouvel antidépresseur, ma fenêtre sur l’Orient et l’Occident réunis, ma
Route des Indes – sans les molles niaiseries signées
David Lean – , mon Amérique à lui…
Ce soir, c’est la fête au label, car un TROISIÈME extrait de l’album (
Turn You On ) se présente et défile sous nos yeux, d’harmonica enluminé. J’ai reçu une goutte dans l’œil et d’autres dégoulinent lentement le long de mes tempes, c’est ma faute, j’aurais dû reculer lorsqu’il a décidé d’arroser ses semblables. Il l’a bue à même le goulot, s’il a un putain de virus chiadé, j’suis cuit, c’est forcé. C’est le moment choisi par
Woman pour se pointer et lancer son " glam " à l’assaut de la salle.
Greg Wiz est en folie et tape sur ses fûts à grands renforts de mouvements de tête saccadés, cherchant en vain un Pogo ou un mouvement de foule endiablé. Cette fois encore, le spectateur l’est véritablement et se contente de goûter et d’applaudir, point barre.
Joseph , lui, est désormais accroupi aux pieds de
Sybil , celle-ci ondulant des hanches en séquence, visiblement séduite.
À l’écouter ainsi transfigurer
Take Me Home pour nous emporter au loin, au large, le doute n’est plus permis : cet homme est LE rock, c’est un des héritiers du genre, quoi qu’on en dise : le digne pendant des
Springsteen ,
Dylan ,
Stones ,
Lennon ,
Prince , ou
Stooges réunis ; à l’image de ce râpeux
TV Eye envoyé de rage, mâtiné de stupre, de sueur, de noire tension exhalée. Un grand show qui nous fait sans cesse se demander, pourquoi il n’est pas au sommet, aux yeux de tous et toutes, exposé…
Comme la veille à
Toulon , il s’est pointé au stand et a joué, se fendant même, pour l’occasion, de l’un de ses plus beaux morceaux :
Chicago , et puis il a signé, signé, donné, signé, parlé et parlé, signé, donné, signé et donné, signé ET charmé, quittant les lieux aux alentours des 1 h 30 du matin… Respect !
Setlist :
Mercedes (solo)
When I Was Running Out Of Time
Could We Survive
Famous Friends Along The Coast (solo)
Black Lexus
Too Much To Hide
Temporary People
Faith
Call Out
In The Sun
September Baby
Slide Away
Spacemen
Need It Right Away
Missy Baba
Turn You On
Woman
TV Eye
Take Me Home
After " Stand " :
You Are Free
Chicago
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