Accueil Chronique album : Elliott Murphy - Poetic Justice/a Soundtrack, par Jacques 2 Chabannes
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Critique d'album

Elliott Murphy : "Poetic Justice/a Soundtrack"

Elliott Murphy :

Pop - Rock

Critique écrite le 05 mars 2015 par Jacques 2 Chabannes

Rendre Justice À La Poésie...

À la veille de ses traditionnels Birthday Shows (concerts anniversaires), donnés chaque année au mythique New Morning de Paris en compagnie du trio des Normandy All Stars, le plus Parisien des songwriters New Yorkais, Elliott James Murphy, se fend de deux nouvelles sorties/publications : un EP, tout d'abord, puis une passionnante réécriture, à venir, de son séminal et génialissime Aquashow(1973).

En premier lieu, et à l'occasion de la sortie d'une réédition/traduction Espagnole (Miguel Marquès/Tropo Editores) de son western très personnel et poétique, nommé Poetic Justice (Hachette Littératures/2005), notre homme en profite pour accompagner celui-ci d'un EP d'un genre (musical) nouveau... et passionnant (malicieusement intitulé : "Une Bande-son Encore En Attente De Film !", au cas où cela pourrait tenter le milieu cinématographique, en termes d'adaptation).
En effet, outre les trois morceaux inédits enregistrés - sur lesquels nous reviendrons plus loin - celui-ci nous propose une longue piste (19 minutes) contenant l'intégralité du premier chapitre de Poetic Justice lu par son auteur de musicien et habillée par ses soins d'une musique en tout point conforme à l'univers initialement décrit, 270 pages, durant.
Un Far West univers empreint de conquête, drames intimes, immigration, appât du gain, fines gâchettes, indiens parqués d'humiliantes réserves, violence, vengeance, amour et... poésie (l'omniprésence, tout du long, des mots et images extraits de l'œuvre de Walt Whitman). L'itinéraire chaotique de Petit Jean - né de mère Française et d'un militaire de l'Union devenu fermier en Oklahoma, froidement abattu par un pseudo juge confédéré louche, cruel et magouilleur, nommé Durand - qui bâtira lentement son lourd projet de vengeance entre le bordel New Yorkais familial, la découverte de la poésie (Feuilles d'Herbes, de Walt Whitman) l'apprentissage du métier de tueur sur gages/chasseur de primes et les multiples revirements et hésitations liées à cette quête personnelle initiatique et antique.
"La loi du passé ne peut être éludée. La loi du présent et de l'avenir ne peut être éludée, la loi des vivants ne peut être éludée, elle est éternelle (Feuilles d'herbes/Walt Whitman).


Devenu John Little, et avant tout désireux de châtier le meurtrier confédéré et le prêtre défroqué ayant asservi sa mère, puis sa sœur, celui-ci incarnera au mieux cette soif de vengeance et de pureté présente tout du long dans la plupart des grands westerns Américains, tels : Winchester 73 (Anthony Man), L'Ange des Maudits (Fritz Lang), Il Était Une Fois Dans L'ouest (Sergio Leone), La Chevauchée de la Vengeance (Budd Botticher), Josey Wales Hors-la-loi (Clint Eastwood), et... tant et tant d'autres réussites cinématographiques majeures, encore. Un art de (sur)vivre dans l'ouest d'alors (quoique, malheureusement indissociable de l'être humain, avant toute chose, suffit pour cela de jeter un regard autour de nous...) qui peut aisément se résumer, du lapidaire et sibyllin : "Grande est la cruauté... Je me surprends souvent à l'admirer autant que la bonté !" (Feuilles d'herbes/Walt Whitman). Un livre de haut vol et une idée originale que les anglicistes pourront goûter au mieux à l'écoute de ce premier chapitre lu et mis ici en musique pour le meilleur ; d'autant que le gars Elliott semble avoir pris un plaisir plus qu'évident à se livrer à cet exercice particulier, qui, s'il est mal maitrisé ou mal équilibré entre puissance évocatrice des mots et background musical très présent (mais pas trop, non plus) peut rapidement tourner à la purge pure et simple. Écueil majeur magistralement évité, céans.
Hormis ce moment fiché hors du temps, les trois morceaux restants sont plutôt de facture classique, pour notre homme, bien dans la lignée de ses récentes livraisons (It Takes A Worried Man & Intime).
Un beau Poetic Theme nappé de claviers et slide, chœurs célestes et douceur, le très acoustique (et un rien Morriconien de l'harmonica) The Ballad of Petit Jean, ainsi qu'une relecture "Rock", plutôt réussie, de l'un de ses plus beaux morceaux If Poets Were Kings (1991).

La bande-son rêvée pour (re)découvrir le roman qu'il accompagne ou se replonger plus avant dans l'œuvre pléthorique et accomplie (35 albums & EP, 6 romans et recueils de nouvelles, de nombreux articles et notes d'albums) de cet auteur de grand talent trop peu souvent exposé de medias, invité ou cité par le milieu journalistique spécialisé, mais que ses fans de longue date chérissent sans retenue comme une œuvre d'art à part entière... eux !

 Critique écrite le 05 mars 2015 par Jacques 2 Chabannes
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