Chronique de Concert
Queens of the Stone Age - Alive in the Catacombs Tour (+ Laura-Mary Carter)
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Alors donc il était à Londres pile le jour où y passaient les Queens of the Stone Age, et sans avoir fait exprès, ce mec (votre serviteur) qui les a déjà chroniqués 12 fois ici ? Certes, ça pourrait vous paraître cousu de fil blanc... On peut pourtant attester sur l'honneur qu'on ne cherchait "que" un concert à inclure dans un séjour à Londres (cadeau cinquantenaire à une certaine dame de nos pensées), et que notre idée initiale était : "N'importe quoi de cool mais dans une salle prestigieuse, et si possible au Royal Albert Hall". Si, si : on y serait aussi allé pour le Lac des Cygnes, vraiment ! Maintenant, si le destin (qui nous a déjà permis il n'y a pas si longtemps de parler au grand Josh Homme au Hellfest), continue à nous pousser dans les bras de son groupe, alors qu'on en est tous les deux fans, pourquoi lutter contre cette 13ième rencontre inespérée ?
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Nous étions donc bien ce 29 octobre 2025 vers 19 heures devant l'impressionnant bâtiment du Royal Albert Hall (un endroit inauguré le 19 mars 1871... par la Reine Victoria !). Superbe demi-sphère orangée dont les 5 300 places assises (c'est la plus grande salle de la ville !) ont vu défiler... absolument tous les artistes anglophones les plus grandioses que vous puissiez nommer, notamment au cours des fameuses BBC Proms, en plus de divers autres quidams en photos sur ses murs (Albert Einstein, par exemple). Un peu trempés par une traversée humide et nocturne des Kensington Gardens, nous sommes donc dans nos petits souliers en entrant dans la prestigieuse venue... dans laquelle on va pourtant se sentir instantanément bien ! Accueil très courtois, circulation fluide, bars et commodités accessibles à tous les étages... Et on peut entrer dans la salle avec sa bière et ses chips ! C'en est presque trop beau pour être vrai...
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Nous avons hélas deux places séparées (merci à la loterie du site du RAH !), toutes deux dans les Rausing Circles, 5ième et avant-dernier étage de public (déjà à bien plus de dix mètres au dessus de la fosse) - au dessus, il ne reste plus que les places debout, en promenade... Qu'à cela ne tienne, on se fera signe de loin pendant la première partie, Laura-Mary Carter, une chanteuse à jolie voix façon Lana del Rey, avec un guitariste et une boite à rythmes... un peu cheap pour le lieu ! Harmonies pop countrysantes, à l'oreille on l'aurait jugée américaine - en fait c'est une anglaise pur jus, la moitié des Blood Red Shoes ! Agréable à l'oreille, vraiment, mais qui laisse le cerveau divaguer, et le french tourist admirer cet endroit assez incroyable... et notamment son orgue, qui fait la hauteur des gradins de la salle (4 étages, au bas mot), et doit bien péter - on y reviendra !
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Dernier coup de pouce du destin, vraiment à 5 minutes du spectacle principal et alors que le concert est archi sold-out, je réalise en l'écoutant parler que ma voisine de gauche a finalement du venir sans son amie (oh, que je suis content d'être plutôt fluent en anglais dans ce genre de cas !) et donc, que nous allons pouvoir récupérer une place inoccupée... et voir le concert ensemble, mon Amoureuse et moi ! Puisque je vous dis qu'on a une bonne étoile avec ce groupe ! Celui-ci a donc sorti il y a quelques temps un (très court) Alive in the Catacombs et a réalisé qu'il mériterait d'être porté à la scène, pour prolonger le plaisir de jouer en acoustique, et pourquoi pas dans des salles "un peu" classieuses - ce qui les changerait de la joie d'agiter de la viande saoûle en festivals, depuis une trentaine d'années !
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Par contre s'il y a une chose à quoi ce concert ne va pas ressembler du tout... c'est aux 12 précédents ! Quelqu'un qui serait venu en connaissant seulement les 10 ou même les 20 plus grands tubes du groupe (c'est quand même souvent le cas, quand on va à un concert...), n'en aura pas entendu un seul ce soir ! Après quelques bruits de nuit sous les étoiles (grillons, etc), la première partie du show se fait dans une faible lueur bleutée, d'où ressort fortement la lampe de chantier tenue à la main par Josh Homme. Dans le même ordre qu'aux Catacombes de Paris et dans le même dénuement, tout en acoustique et avec juste trois instruments à corde en renfort. Ces 5 chansons, pas complètement cultes jusque-là, y prennent une couleur insoupçonnée ! Mention spéciale à Kalopsia et surtout à Villains of Circumstance, qui soulève ici les poils ...
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Josh Homme, en costume élégant quoiqu'un peu dépoitraillé, profite de n'avoir le plus souvent pas de guitare ce soir, pour aller se balader dans le public et si possible l'effrayer un peu (comme ce malheureux retardataire, pris dans son phare et parti s'asseoir piteusement). Tout en jouant au crooner et en dansant volontiers, avec une voix absolument au top et en profitant du son sublime, forcément sublime, de cette salle incroyable. Suture up your future est en encore plus petit comité, I Never came se remuscle un peu de cordes... et tout ça est vraiment très beau ! Après ce premier mouvement, un orchestre de chambre (8 ou 9 personnes en plus) vient en renfort, et Someone's in the Wolf y prend une coloration Elfmanienne inattendue et splendide, notamment grâce à un puissant tuba, en évoluant ensuite vers d'autres titres...
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Désormais également armé d'une feuille de boucher qu'il agite sous le nez des privilégiés de la fosse, pas fiers, le chanteur s'adresse enfin à la foule, saluant notamment ses parents qui sont dans la salle. Il aura pas mal de choses à raconter ce soir et, il faut bien le constater, il parle notoirement plus vite et avec des mots plus compliqués que quand il se produit en France, ou même quand il parle en conférence de presse... On ne comprendra pas forcément tout, c'est un euphémisme ! Qu'à cela ne tienne, avec cette orchestration non-rock, l'occasion est belle de mettre en avant des ballades, comme la splendide Mosquito Song, et sa fin précisément orchestrale comme sur album - assurément jamais entendue en live !
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De toutes façons même les titres un peu plus connus restent déconcertants, à l'image de Keep Your Eyes Peeled qu'on mettra un moment à identifier - boostée à coups de tuba, on dirait ici du Kurt Weill ! La setlist se complexifie (même pour le connaisseur qu'on pensait être du groupe !) : Spinning in the Daffodils reste assez facile (sauf que c'est du Them Crooked Vultures, bien sûr), mais avouons qu'on a pas le titre du blues qui arrive, ni de la ballade pop qui suit : titres méconnus (et issus d'albums mineurs) d'une part, et puis très transformés d'autre part (La setlist est en bas)... On reprend pied sur notre chère The Vampyre of Time & Memory, ce slow sublime issu de la meilleure époque récente du groupe (... donc l'album Like Clockwork, bien sûr !)
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Pour Autopilot, ballade toxique du siècle dernier (si, si, en l'an 2000 on était encore au 20ième siècle !) et qu'on pensait ne jamais voir sur scène, c'est Michael Schuman qui se colle au chant (pour cause de défaillance de Mark Lanegan, hélas). Tout de cuir vêtu, toujours aussi discret et marquant à la fois : on sait que sa voix est aussi belle et précise que celle du leader (qu'elle seconde d'ailleurs la plupart du temps). C'est magnifique ! La suivante nous a perdu en route et c'est normal : Easy Street est une nouveauté, avec du clapping, dont l'utilité restera à démontrer... D'ailleurs même leur titre que j'aime le moins au monde (après Make it with Chu) est convoqué ce soir, alors que le grand Josh prend enfin une guitare : l'anodine et presque cucul Fortress passe pourtant bien, avec cet habillage orchestral.
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Mais c'est ... Like Clockwork (une de nos toutes favorites, au contraire) qui nous fera vraiment vibrer pour finir, faisant des 5 300 heureux attenders, autant de fleurs frémissantes au vent d'un piano déchirant. Le groupe et son leader n'ont alors plus qu'à saluer triomphalement, blaguer un peu, présenter les musiciens habituels et ceux de cette occasion (pas tous connus, certains sont des locaux de l'étape). Ou encore pour Joshua Homme, de rappeler à son papa qu'il lui avait promis dans sa jeunesse de jouer un jour ici... Emouvant ! Après un show de près de deux heures, le rappel sera forcément assez rapide, avec toutefois une dernière belle surprise : le grand orgue est bien convoqué pour Long Slow Goodbye et, en effet, son volume sonore hénaurme vous soulève le cul du siège !
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Déjà debout, c'est donc parfait pour saluer cette audacieuse tournée, dont c'était la dernière date ce soir, par une standing ovation bien méritée (où l'on prend quand même garde de ne pas tomber dans le vide...). Difficile en cet instant d'imaginer que c'est ce même gang, ici élégant et parfaitement sobre, qu'on a vu déclencher un wall of death au Hellfest l'an dernier, eux et nous étant alors dans un état notoirement plus allumé. On songe qu'on a bien de la chance d'arriver à suivre de si près la carrière de ce groupe de rock décidément exceptionnel, tandis que l'immense salle se vide, déjà nostalgique de ce concert, au son d'une belle chanson de Mark Lanegan...
Long Live the King ?... Long live the Queens !
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Peut-être de meilleurs photos à venir - une autorisation demandée pour des officielles...
Setlist :
Running Joke / Paper Machete
Kalopsia
Villains of Circumstance
Suture Up Your Future
I Never Came
Someone's in the Wolf / A Song for the Deaf / Straight Jacket Fitting
Mosquito Song
Keep Your Eyes Peeled
Spinning in Daffodils (Them Crooked Vultures)
"You Got a Killer Scene There, Man..."
Hideaway
The Vampyre of Time and Memory
Auto Pilot
Easy Street
Fortress
...Like Clockwork
Encore : Long Slow Goodbye
Critique écrite le 31 octobre 2025 par Philippe
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