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Chronique de Concert

Age tendre et Tête de bois (Saison 6)

Age tendre et Tête de bois (Saison 6) en concert

Le Dôme - Marseille 31 mars 2011

Critique écrite le par

Pour cette sixième édition d'Age tendre et tête de bois, dont je deviens un fervent habitué vu que c'est ma cinquième participation (qui a dit "forcée" ?!), je ne peux que constater le chemin parcouru depuis les tous débuts...
En effet, on est à des années-lumière du premier show, qui relevait de la kermesse-retrouvailles entre vieux des sixties, avec bandes-son pour chaque artiste, dont aucun ne passait en dessous de la barre de la soixantaine bien sonnée... Si j'ai vu évoluer le spectacle au fil du temps, force m'est d'avouer qu'en 2011, ca ne boxe plus dans la même catégorie plutôt "amateur", au contraire, on assiste à une grosse machine qui en donne pour son argent ! Avec à présent une majorité de chanteurs ayant connu leurs heures de gloire dans les 70-80s, et surtout, surtout, un véritable orchestre symphonique en plus du (très bon) groupe habituel de Guy Mattéoni !

Ce ne sont pas moins de 34 cordes, 13 instrumentistes à vent, un tambour et leur chef d'orchestre, qui vont tout du long souligner, transformer, exalter, nombre de morceaux connus, prenant une toute autre dimension pour certains ("Et maintenant", "Je suis malade", "Le blues du businessman", "Reviens", "Le géant de papier"...).
Ajoutez à cela, cinq superbes paires de... euh... cinq belles choristes gâtées vocalement, et bien mises en valeur la majorité du show (avec en point d'orgue leurs prestations sur les deux titres de Julie PIetri), et nous avons un concert de trois heure trente (entracte inclus) qui m'a fait passer de très bons moments !

Autant j'avais considéré l'édition précédente comme la moins passionnante, autant j'ai trouvé celle ci stimulante, emplie d'excellents moments, et même de quelques éclats de génie.
Je ne sais pas si le fait d'enregistrer le dvd du tour à Marseille (en filmant les trois représentations sur deux jours) y a contribué, mais belle soirée, sans ennui ou moments de faiblesse (si ce n'est une chanson mollassonne horrible de Patrick Juvet que personne connaissait...). De plus, pour l'anecdote, j'ai reconnu dans les choristes, Magali, une copine du passé qui déjà à l'époque des mi-90s mettait à genoux les clients des Karaoké que j'ai pu faire avec elle ! A l'entracte j'ai pu la revoir brièvement, ca m'a fait bien plaisir, tout comme son duo avec Christian Morin à la clarinette, nous démontrant toute la puissance et la clarté de son organe.

Ce que j'aime avec ce spectacle (oui, même si je ronchonne à chaque fois avant d'y aller, j'avoue !), c'est que ca se renouvelle sans cesse dans le casting. Ça me permet donc de connaitre encore et toujours de nouvelles têtes, d'entendre certains dont j'avais les 45 tours très jeunes et que je n'aurai jamais pensé voir un jour live, vingt cinq ans après, d'apprécier des personnages, et même de prendre une ou deux claques inattendues ! Et cette fois, j'ai pas été déçu, puisque c'était un peu tout ca en même temps !

Il n'y a que Patrick Juvet et Julie Pietri que je n'ai pas trouvé à leur place, le premier paraissant sous je ne sais quelle substance le rendant stone, interprétant un titre chiantissime puis expédiant ses trois classiques entrecoupés, la deuxième faisant sa total star en descendant du fond du Dôme (pour "Magdalena"), haranguant un public qui ne lui réservait pas un accueil aussi enjoué que d'autres gloires passées, mettant des plombes à quitter la scène alors même que Christian Morin (animateur de la soirée, très bon car sobre et concis à chaque intervention) l'y invitait galamment, bref en en faisant des tonnes pour rien... Ça cadrait vraiment pas avec l'ambiance du soir, avec le naturel des autres artistes.
Par contre, tout le monde aura remarqué qu'ils devaient avoir le même chirurgien esthétique, tellement ils étaient botoxés, tirés, figés... J'ai pas pu m'empêcher de m'esclaffer bruyamment lorsque deux spectatrices derrière nous se sont exclamées, à l'apparition de Juvet sur les planches, qu'on aurait pu visuellement le confondre avec Pietri, qui était passée un peu avant !

Pour Catherine Lara, même si comme je l'ai dit l'an dernier, elle n'a plus un brin de voix et qu'elle chante assez faux (merci les choristes pour le soutien !), au moins elle y met du coeur, elle nous offre le moment le plus "rock" (pour la mise en place du groupe et le gros son) avec son "La rockeuse de diamant", et elle a le mérite de juste être venue remplacée Annie Cordy sur quelques dates, cette dernière s'étant blessée au genou il y a quelques jours.
Demis Roussos n'est guère mieux en ouverture du show, chantant deux compos, dont un Sirtaki de sa Grèce natale, un peu poussivement, mais gardant une prestance certaine, ainsi que l'adoration du public.

Après lui, on verse dans les 80s grâce à un beau "Le géant de papier" de Jean Jacques Lafon, et la bonne humeur communicative de Peter et Sloane, nous balançant leurs deux hits que sont "Besoin de rien, envie de toi" et "C'est la vie d'chateau avec toi" dans une salle plus qu'à moitié vide, mais survoltée ! Ils nous donnent la banane ces deux là, y a pas à tortiller du cul pour chier droit !
Dans la même veine notons l'ovni Charlotte Julian (aussi actrice, dans "P.R.O.F.S" notamment), qui avec ses chansonnettes improbables ("Tout le monde à la campagne" et "Fleur de province"), et son petit laïus rigolo, donne de la bonne humeur naïve et fait souffler une fraicheur inattendue !

L'autre "ovni" de la soirée, c'est Claude Dubois ! Alors lui, personne ou presque ne le connaissait, et pourtant, avec son air un peu ahuri et son apparence bonhomme, il va scotcher l'assistance lors d'une version puissante du "Blues du businessman"... qu'il interprétait dans le Starmania original ! En effet, ce québécois très connu chez lui, jouait Zero Janvier dans la comédie musicale suscitée. Quand il pousse sa voix, elle remplit totalement l'espace, et avec un orchestre symphonique derrière, c'est franchement beau.

Puisqu'on en est aux grands moments du soir, impossible de ne pas citer Alice Dona. Grande compositrice (elle a écrit pour Dassin, Cloclo, Vilard, Dalida... et surtout Lama), c'est aussi une chanteuse assez extraordinaire dans l'émotion et la puissance qu'elle dégage. Sa version de "Je suis malade" a donné le frisson au public, et pour une fois, j'ai participé à la standing ovation qui a suivi, tant j'ai trouvé ça mérité. En voilà une que j'aimerai revoir un peu plus longuement que deux petits morceaux... Elle me fait penser à Michelle Torr, croisée à Veronique Sanson au piano (mais sans le bêêêêlement que je ne supporte pas chez cette dernière !). Chapeau.

Puisqu'on parle de standing ovation, j'ai pu noter que la côte de popularité la plus forte allait à Hervé Vilard, qui, en se fendant de quatre titres archi connus avant l'entracte ("Mediterranéenne", "Mourir ou vivre", "Reviens", Capri c'est fini"), faisait quasiment se pâmer les spectatrices alentours ! Sérieusement il assure le type, surjouant légèrement de temps en temps, mais ca fait partie de sa prestation.
Autre gros succès avec Michel Delpech, quatre chansons lui aussi au compteur, que j'aimerai également revoir en solo, car avec tous les classiques que contient son répertoire, c'etait un peu frustrant de n'avoir que "Pour un flirt", "Que Mariane etait jolie", "Chez Laurette" et "Quand j'étais chanteur" (il me semble). Ben ouais, je voulais aussi "Le loir et cher", "Les divorcés", "Wight is wight" ou "Le chasseur" ! Bonne surprise en tous cas ce mec zen et naturel.

Autre énorme ovation pour les (Magic) Platters, qui en quatre compos eux aussi, vont enflammer la salle marseillaise ! C'est rare d'entendre de l'anglais dans ce show, mais ca a fait son petit effet !
Quatre tubes intemporels, dont "The great pretender" et "Only you", qui, encore une fois grâce à l'orchestre symphonique, prennent une dimension terrible, et touchent au coeur. Des standards entendus et ré-entendus, mais qui transportent toujours les auditeurs présents.
Je ne sais pas exactement quel est le rapport du quatuor (s'il y a un rapport) avec leurs illustres prédécesseurs, mais ils ne rougissent pas face aux interprétations originales.

On continue dans les langues étrangères, avec Bobby Solo, l'italien qui imite Elvis, déjà là l'an dernier. En entamant son set par le fameux "Una lacrima sul viso", qui en a vu des couples se former durant les 60s, il etait sûr de son coup et en enchainant avec le "Jailhouse rock" d'Elvis, il fait danser les fans.

Enfin, les Forbans achèvent une foule conquise, et personnellement je reste fan ultime de ce combo qui ne bouge pas d'un iota malgré les années. Entendre "Dans la vie faut pas s'en faire", suivi du mix ultime de leurs plus grands tubes (rhaaaaa "Chante", "Flip flap", "Tape des mains", "Lève ton ful"....), et enfin un "La Bamba" endiablé, ca me rend tout chose ! Mes pieds bougent tout seuls, ma tête revient en arrière, les mélodies me gonflent le coeur de joie ! L'effet Forban est immédiat chez moi ! Vivement qu'ils tournent dans le coin, c'est inratable !

Mais que serait "Age tendre et tête de bois" sans Michel Orso, seul survivant de toutes les éditions, qui a toujours une patate d'enfer à son age, et qui malgré un "Angélique" bien trop court, ravira une fois de plus ma mère et les autres avec ses covers de Bécaud, dont un "Et maintenant" rageur, sans oublier un "Qui a volé l'orange" sympathiquement mis en scène avec les choristes. Grand respect à ce mec plein de sincérité, emblème de cette tournée qui ne cesse de se bonifier avec le temps.

Chaque pays a sa variétoche populaire je suppose, et franchement je pense que la nôtre n'a pas à rougir de son passé, au contraire, elle est devenue intemporelle pour nombre d'artistes et de chansons prenant racine dans les 60s.

See you next year !

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