Chronique de Concert
Bruce Springsteen and the E Street Band

Comme la quasi-totalité du public de ce soir, c'est bien la 2e fois que nous nous déplaçons pour cette date puisque le concert prévu le 25 mai 2024 a été annulé au moment de l'ouverture des portes. Passé l'énorme déception, nous avons bien conservé nos places pour cette seconde chance, malgré les 500 km aller-retour effectués pour la seconde année consécutive. J'avais tenu à être présent en pelouse or, pour éviter les écueils des précédents concerts de 2012 à Montpellier et de 2023 dans une autre Arena, celle de Nanterre, cette fois ci, tous deux passés en tribunes sur le côté, trop loin de la scène, voyant le groupe de biais et avec un son moyen (surtout il y a 2 ans).

Un peu d'attente avant l'ouverture des portes et le début du concert, mais je ne regrette absolument pas mon choix. Nous sommes 5 et situés à une petite trentaine de mètres de la scène. On voit plutôt bien, même si le Boss se tiendra majoritairement à droite et nous à gauche. Peu importe, la vue est appréciable.
L'ambiance monte et le concert débute à 19h30 passés comme prévu. Le son n'est pas top, mais moins mauvais que lors des 2 précédentes expériences, même si les protections auditives sont les bienvenues. Il s'améliorera au fil de la soirée et je me doute qu'il doit être bien compliqué de sonoriser un tel stade, qui, maintenant qu'il est quasi-fermé doit bien résonner.
Les titres s'enchaînent plus de 2H50 durant, parfois entrecoupés de paroles anti-Trump prononcées avec conviction par le patron. Certaines d'entre elles et quelques titres bénéficient même d'une traduction en français sur les écrans du stade, ce qui est fort appréciable.

Je trouve Bruce super en forme et comme d'habitude, il se donne sans compter. Sa voix n'est pas éraillée, mais vraiment puissante et constante. Il m'impressionne véritablement par son endurance et sa prestance. Nous assistons ce soir à ce qui sera notre concert préféré depuis des années et le meilleur que nous ayons vu du E Street Band. Le son est meilleur, notre présence en pelouse nous plonge complètement dans l'ambiance (et pas à regarder un écran au loin) et Bruce nous semble plus en forme qu'il y a 2 ans physiquement et vocalement.
Ce qui frappe c'est la complicité et la complémentarité entre les musiciens. Ils sont une petite vingtaine, mais chacun occupe son espace sur scène et soniquement : 2 guitaristes en plus de Bruce, bassiste, batteur, clavier/accordéon, violon/guitare, piano, choeurs, section de cuivres + saxophone évidemment, percussionniste. Quel régal de profiter de cet orchestre rock ! Jetez une oreille aux enregistrements lives disponibles en ligne, c'est assez dingue.

Nous avons également la confirmation que le groupe fait partie des immenses formations dont la qualité de la production a assez peu varié au fil des décennies. La setlist en atteste, se composant de morceaux des classiques des années 70/80 (Darkness on the edge of town dont le titre éponyme sera joué ce soir, tout comme The River, Born in The USA et Born to run), mais également d'albums plus récents qui prouvent leur excellence par la présence tournée après tournée de plusieurs de leurs titres lors de chaque concert (The Rising, Wrecking ball et même Letter to you sorti il y a 5 ans). Il ne s'agit pas comme beaucoup d'autre formations de resservir un concert best of agrémenté ici et là d'une ou deux chansons du dernier album. Le répertoire est vaste, de grande valeur et cela transparaît également ce soir, toujours d'actualité un paquet d'année après son enregistrement.
En effet, on retrouve des thèmes communs à beaucoup de titres : les difficultés des plus fragiles, les abus et dégâts causés par les plus puissants et riches, la solidarité et le sens des valeurs. En défenseur de la veuve, de l'orphelin et de SON Amérique, Bruce Springsteen assène ses vérités sans jamais paraître ridicule, et c'est un bel exploit !

L'ensemble du public boit ses mots et se délecte du flot de décibels qui lui est servi. L'expérience de la pelouse nous permet de véritablement vivre cette expérience avec tous ces fans qui scandent chaque parole et sont juste heureux de partager ce moment. De nombreuses personnes filmées ont les larmes aux yeux, toutes générations confondues. Cela va au-delà de l'idole de sa jeunesse et voir assister à cette messe du rock n roll par des adolescents, des parents et grands-parents est très émouvant. C'est je pense ce qui nous a le plus frappés: le public aime Bruce et son groupe; cet amour et l'immense respect est réciproque.
La performance passe à vitesse grand V, on n'arrête pas de chanter de de danser. On s'extasie devant la puissance rythmique de Max Weinberg à la batterie et de Garry Tallent à la basse. De notre position, la basse était sensiblement en avant et quel groove ! On avait parfois l'impression d'entendre des morceaux de rnb (à l'ancienne) : quelle version de My city of ruins notamment ! Nils Lofgren reste un immense guitariste avec des soli plus qu'inspirés, Youngstown en tête. Les duos à la guitare s'enchaînent également avec Steven Van Zandt ou Bruce. Ecoutez son solo sur Rainmaker véritable appel à la pluie et ode contre les démagogues et vous vous rendrez compte qu'il n'a pas à rougir devant ses 2 acolytes.
On réalise qu'on connaît (quasiment) tous les titres, preuve supplémentaire de leur efficacité. Tantôt hymnes, tantôt pamphlet, tantôt tranche de vie ultra réaliste, appel à passer un bon moment ou balade belle à pleurer - House of thousand guitars en tête, voire plusieurs de tout ça, The river par exemple ; le répertoire est vaste et varié.

Le rappel passe à la moulinette plusieurs classiques que tout le monde connaît par coeur et les habituelles reprises de la tournée, Chimes of freedom de Dylan, l'immuable Because the night composé par Bob pour Patti et un Twist and shout endiablé. Ce soir, le Boss joue un peu plus longtemps qu'à Lille, sans doute pour se faire pardonner de son faux bond de l'an dernier, mais ça n'est tout de même pas assez pour le public.
De l'ensemble transpire toujours les mêmes valeurs de respect et d'esprit de camaraderie/famille. Et oui, ce soir, on se sent tous membres de cette immense confrérie (même la pénible de devant avec son carton levé une trop grande partie du concert qui gâchait la vue de ceux de derrière).
Ce fût une soirée inoubliable avec une performance extraordinaire, de bonnes vibrations à n'en plus finir et des étoiles plein les yeux. Merci donc à tous et qui sait, peut être aurons nous encore la chance de revoir tout ce beau monde une autre fois.
Setlist:
Land of Hope and Dreams
No Surrender
Death to My Hometown
Lonesome Day
My Love Will Not Let You Down
Rainmaker
Darkness on the Edge of Town
The Promised Land
Hungry Heart
The River
Youngstown
Murder Incorporated
Long Walk Home
House of a Thousand Guitars
My City of Ruins
Because the Night
Wrecking Ball
The Rising
Badlands
Thunder Road
Encore:
Born in the U.S.A.
Born to Run
Bobby Jean
Dancing in the Dark
Tenth Avenue Freeze-Out
Twist and Shout
Chimes of Freedom
Critique écrite le 04 juin 2025 par Cabask
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