Chronique de Concert
David Lafore + Giedré
En effet quand j'ai appris à l'occasion d'un texto que David faisait partie de Giedré je n'ai pas hésité une seconde malgré une soirée déjà chargée. Vous connaissez mon attachement pour la musique de David Lafore qui est desormais l'artiste que j'ai vu le plus de fois dans ma vie (il semblerait que ce concert soit mon 42ème !!!). D'ailleurs à fort on a fini par faire connaissance et ce soir c'est à la maison qu'il dort. Le programme de la soirée était ambitieux, mais une fois n'est pas coutume a parfaitement fonctionné : après le concert dessiné de Mathilde et Boris à la Réserve à Bulles (voir chronique par ici), puis une face du concert des Cowboys From Outerspace au Lollipop Muisc Store (voir chronique par ici) me voici donc, et à l'heure, dans la grande salle de l'Espace Julien, ce soir en configuration assise. Cool.

Lorsque je rentre, je tombe d'abord sur Gilles - Meson qui a déjà programmé David plusieurs fois. Puis sur David lui-même dans la salle, en tenu de ville très colorée, en train de discuter au niveau du retour salle. Il lui reste quelques minutes avant d'entrer en scène. Du coup je me dirige au pied de la scène, juste à côté des quelques marches qui permettent, une fois n'est pas coutume d'accéder à la scène depuis le public. Sur la scène un tapis, une chaise, un verre d'eau et une guitare. Même pas de micro, la scène étant équipée de plusieurs micros destinées à capter toute la scène.

A 20h30 le noir se fait dans la salle. David attend encore un peu (alors qu'il n'a que 30 minutes de créneau) et traverse la salle tranquillement, puis monte sur la scène en prenant son temps. On ne peut pas dire qu'il arrive en terrain conquis, d'autant que son passage en première partie a un peu été rajouté au dernier moment (même s'il me semble que son nom soit sur certains billets). Il n'a qu'une demi-heure, c'est court mais comme il sait si bien faire il va le prendre son temps, tout en interagissant en silence avec le public.

Il va enlever son manteau et le poser par terre derrière sa chaise, puis ses lunettes, son manteau provoquant une première réaction du public en montrant un bout de son ventre. Va vider ses poches ... e par terre Enlève son pull montre son ventre à l'occasion vide, ses poches. Les gens ne se rendent pas compte mais ils sont déjà, pour certains, en train de tomber sous son charme. C'est évident. De là où je suis placé, je regarde beaucoup le public, notamment les premières.

Pendant que je regarde la magie opérer avec ce qu'on pourrait appeler un de ses sketchs d'accroche dont je ne dirai rien pour préserver la surprise (si ce n'est que c'est un de mes préférés et que même prévenu on tombe dedans), je ne peux m'empêcher de me demander parmi tous ses morceaux lesquels seront les heureux élus ce soir. Les morceaux les plus drôles pour coller à ce que je connais de la musique de Giedré ou son côté plus poétique surréaliste ?

La réponse arrive avec les premières notes de Incomprehensible ... accompagnées par son jeu de pieds avec ses pantoufles de scène qui glissent sur le tapis pendant qu'il joue merveilleusement bien de la guitare. Cela faisait longtemps que je ne l'avais pas vu sur une grosse scène, du coup ce qui m'a frappé le plus cette fois c'est son jeu de scène. Sa façon d'occuper l'espace en dansant discrètement mais surement alors qu'il la parcourt de long en large entre les moments où il retourne s'asseoir sur la chaise.

A la fin du morceau une bonne partie de la salle chante le final de "ou oi é mo on in om é en i" avec enthousiasme et David se comporte en star lorsqu'il est acclamé par la foule qui excitée / amusée par sa réaction redouble d'énergie dans ses applaudissements. Il ne laisse pas retomber le truc en enchainant avec sa "reprise" de Smells like teen spirit. Irrésistible. Et dont je ne dirais rien (à découvrir sur scène)

Puis ce sera Avant le soleil, magnifique chanson d'amour mystérieuse et délicate et son "chip chip, il n'y a que toi, a, a, a, aaaaaa" interprété tout en nuances, intensité, puissance ... J'ai beau l'avoir vu un paquet de fois je suis surpris à chaque fois non seulement de l'effet que me fait cette chanson en live, qui sur le papier (et même un peu sur disque) n'a l'air de rien, mais aussi de voir que je ne suis pas le seul à être touché de la sorte.

Puis David décide de se lancer a capella avec la désormais culte Petite culotte grâce à laquelle il a conquis (notamment) le Tarn. Là aussi une victoire par KO. Et des sourires et rires dans toute la salle, quel que soit l'âge et le style (suggéré par le style vestimentaire). Il retrouvera sa chaise pour prévenir que la prochaine est bizarre avant de se lancer dans l'une de mes préférées (que je n'ai là aussi compris que sur scène) : Lèche ...

Diction parfaite, jeu de guitare aussi, visage terrifiant, ... je chante en même temps que lui (en playback) ... son jeu de pantoufle s'emballe. Les yeux du public s'écarquillent et s'exécuteront quand il les invitera à chanter avec lui "est-ce que tu veux être fort comme moi fort fort fort fort". L'heure de la fin du set est proche il le sait. C'est avec 20 francs une chanson "semi-paillarde" qu'il nous donnera le coup de grâce. Ravi de la retrouver sur scène.

David a fait un tabac, et c'est sous un tonnerre d'applaudissement qu'il se rhabillera, poches à remplir, pull, lunette, manteau sous le bras, housse de guitare, oubliant au passage de donner son nom ... et de dire qu'il est venu avec des disques. La prochaine fois je suis presque prêt à m'y coller pour lui. Je ne sais pas si du fond de la scène Giedré a suivi son set mais je ne peux m'empêcher d'avoir une petite inquiétude pour elle qui passe juste après.
Set list DL : Incompréhensible, Avant le soleil, Petite culotte, Lèche, 20 francs.

Alors certes j'étais tombé sur quelques chansons plutôt chouettes lors de live à la radio et je n'avais pas gardé un mauvais souvenir du petit bout de concert d'elle entre deux scène à la Fiesta des Suds en 2010 (voir chronique par ici) mais si ça n'avait pas été pour David Lafore je ne serais sans doute pas revenu la voir à l'Espace ce soir. Et bien tuons le suspens je ne l'ai pas regretté du tout et suis même resté jusqu'au bout.

Une fois fois la scène habillée de plusieurs robes bien colorées elle fera son entrée par le fond de la scène dont elle descendra pour saluer le premier rang avant de remonter. "Ça va la ville du rock ?" ... Pas tout à fait accroché à sa façon d'interagir avec le public, mi provoque (en nous faisant part de son admiration pour vivre à Marseille) mi gnangnan dans sa façon de s'adresser à nous pour nous raconter qu'elle fêtait ses 15 ans de tournée (reconnaissant au passage que si 9 ans après être passé à l'Espace Julien elle en était encore à jouer dans la même salle c'est qu'elle avait dû "rater un coche") ...

Si entre les morceaux cette petite voix un peu niaise m'agace un peu en revanche dans les morceaux ça marche complètement. Je ne vais pas me lancer dans un descriptif de la petite vingtaine de morceaux qu'elle jouera ce soir mais je dois avouer que j'ai passé un très bon moment. Si au début j'ai un petit peu pensé à Anaïs finalement c'est plutôt avec Didier Super que je lui trouverai pas mal de point commun.

Ce côté cru. Direct. Qui nous met face à nos contradictions, défauts ou nous force à voir et entendre ce qu'on s'efforce d'ignorer. Tout y passe : la vieillesse, l'écologie, la mort les enfants, la chasse, les hommes, mais aussi (et surtout) le viol ... Certains des morceaux sont de vrais petits bijoux d'écriture comme Carpediem ou Les gens qui n'ont pas d'enfants (qui étaient les 2 morceaux que j'avais déjà entendu).

Certaines sont un peu plus agressives et pour un public conquis / acquis comme Trous de balle ou Branlez-vous, mais sur le fond pas grand-chose à redire. C'est quand même très bien écrit. A chaque début de chanson je me demandais qui allait en prendre plein la tête. C'était quand même souvent la gent masculine sous une forme ou une autre ... mention spéciale à Violer OKLM et Rho ça va jouée à la Renaud ...

De bonnes interactions avec le public, notamment ce moment où une seule personne a applaudi, ou celui où elle explique qu'elle fait exprès de trainer entre les morceaux pour pas qu'on réaliser que toutes les mélodies de ses chansons se ressemblent. D'un autre côté on ne l'a jamais reproché à Brassens.

A la moitié de son set elle nous fera un pot-pourri de certains de ses tubes. Dans les moments fort il y aura la chanson Gazaouioui ("celle-là je la fais mais j'espère bientôt l'enlever du set parce ... la fatigue") qui jettera un froid nécessaire. A la fin elle était vraiment émue. Et enchainerai sur un Rho ça va festif (bien d'chez nous).

Finalement si je fais le compte il n'y a peut-être que la chanson sur Sarkozy (en prison) qu'elle jouera en ouverture de son rappel qui était peut être un peu facile et qui m'a moins touché (mais on ne peut pas lui en vouloir non plus d'autant qu'elle était d'actualité). J'aurai au final passé un très bon moment comme tout le monde ce soir.

Si il y avait quelques différences de taille entre le micro set de David (plus poétique) et celui de Giedré (plus surjoué) il y avait quand même pas mal de points communs entre les deux comme cette façon de faire chanter des horreurs à tout le public sur Toutes des putes ou Manger du caca pour elle ou Un assassinat (qu'il n'a pas joué ce soir), cette façon de se faire acclamer plus que de raison ou encore l'intermède Nirvanaesque ... en tout cas les deux ont très bien fonctionné ensemble

A la fin j'avais retrouvé David en haut de la salle, pas mal de personnes lui ont demandé son nom ... qu'il avait oublié de dire .. tout comme il a eu la flemme de sortir ses disques (la prochaine fois c'est moi qui m'y colle) .. une autre lui proposera de venir jouer à Martigues dans une salle sur le point de fermer pour cause de changement de majorité ... Le temps d'acheter un CD de Giedré et nous traverserons un Espace Julien et une rue des Trois Rois bondée comme tous les week end (et parfois plus) depuis que Marseille est devenue la capitale du cool sinon en tout cas de la fête. Direction la maison pour manger un bout le temps que Svet et les enfants reviennent de leur concert de la Sainte Cécile ...
Set list G : Et toc, Petits secrets, Trou de balle, Taper les gens c'est pas bien, Les gens qui n'ont pas d'enfants, Branlez vous, Toutes des putes, Medley avec des bouts de Pisser debout - Jacky le nain - l'amour a l'envers - grand-mère - ode à la contraception - on fait tous caca et même un peu d' Obispo et de Bruni dedans), Intermède Nirvana, Henriette, Violer OKLM, Tu as une bite, Carpediem, Gazaouioui, Rho ça va, Quand on est mort. Rappel : The most beautiful gift, Manger du caca
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Critique écrite le 24 novembre 2025 par Pirlouiiiit
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