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Chronique de Concert

Flashing Teeth & Syd Matters

Flashing Teeth & Syd Matters en concert

Le Théâtre Denis à Hyères 15 décembre 2010

Critique écrite le par

Nous sommes enfin arrivés au très joli Théâtre Denis, tout de rouge vêtu, à Hyères dans le Var.
Les spectateurs ont pris place sur les sièges en bas ou à l'étage au balcon et même sur les sièges qui font le tour.


Entre en scène un jeune homme à la chevelure abondante et indomptable, manifestement. Il prend place assis seul en scène avec sa guitare dans un nuage de fumée.
Il s'agit de Flashing Teeth.
Je suis affairée dans mon sac quand sa voix me soulève le menton : aigüe et légèrement cassée. While foundling your glass joue sur les ½ tons dans des rythmiques vraiment particulières et Film Noir, un peu triste s'enchaine avec When you feel out off from your story. Ambiance 60ies, 70ies.
Ces premières chansons, plutôt "roady", me donnent des envies d'échappées belles. L'herbe étant toujours plus verte ailleurs, je suis prête à charger le coffre.
Retour au calme, il récupère sa voix pour nous annoncer la "reprise d'un vieux qui a les mêmes cheveux que moi". J'adore les devinettes. Ayé, j'ai trouvé !! Mika bien sûr !....oops non Dylan ...une évidence, il est à l'aise et entre dedans. Sa voix colle parfaitement à cette chanson : It's all aver now baby blues .
When you're through est nostalgique, plus courte, mais tout y est. Il retombe dans les graves en fin de phrases et nous récupère sur le fil pour nous lâcher en plein vol.
Fool for love sera la préférée de mon voisin de frère de gauche. Il a pris sa guitare électrique et brise un silence un peu pesant pour nous dire "encore une chanson gaie " : il le sait donc qu'il ne nous met pas le cœur sur un trampoline !!
C'est réussi, dès les premières phrases je farfouille dans mon sac frénétiquement à la recherche de mouchoirs. Une chanson simple et efficace avec des montées de voix fascinantes.
Il reprendra ensuite pour cet avant dernier morceau "encore un jeune homme" : Neil Young, Here we are in the years. Le public est très silencieux, intimidé autant qu'il l'est, nous n'osons même pas répondre à ses petites blagues : "ça parle de campagne et de hotdog".
Ha tiens, l'occasion de se demander encore "Pourquoi le pain est-il toujours trop court pour la saucisse ?? Damned !". J'essaierai de lui en toucher un mot avant de partir, c'est important d'avis un avis éclairé. La voix est superbe et les ruptures poignantes. Il est très à l'aise sur scène.
Year One" pour se dire au revoir. Très intense, servi par des ponts doux, des sons à la guitare frôlant l'orgue qui deviennent saturés et font vibrer le parquet. La voix éclate. Il nous laisse aussi simplement qu'il est venu après avoir annoncé : "Syd Matters".
Héé, au fait tu t'appelles comment et tu vas où là ?
Il nous a rappelé Jagger jeune, les Pink Floyd, Dylan, Nick Cave, Buckley, enfin tout ça à sa façon avec son talent d'interprète et de compositeur.
J'ai deux regrets : il me manque une chanson en français histoire de voir un peu avec des mots à nous, des émotions à moi et des idées à lui.
Et j'aurais vraiment aimé l'entendre avec d'autres instruments sur scène.

Les Syd Matters arrivent dans une fumée diffuse. Le public se manifeste déjà plus pour ceux qu'ils attendaient.
Wolf accroche au clavier et monte en puissance dans une ambiance un peu spéciale, une belle présence scénique. Les visages seuls sont éclairés et ils finissent tous debout dans un élan de gaité.
Hi Life est un morceau pure pop avec des montées de voix soutenues par la batterie façon Beatles ou encore plus récemment ce que réussit à merveille Local Natives. Ce morceau a d'ailleurs bien plus d'intérêt en live car il est vraiment physique.

Le suivant, Hallal, met en relief la rythmique, comme d'autres par la suite. Pour l'occasion le batteur est soutenu par un autre membre debout au tome bass. Tous convergent mettant en commun leur énergie. Des breaks très sympas, très bien contrôlés.

Jonathan Morali (merci Wikipedia) débute Cloud seul à la guitare rattrapé par le clavier et les voix des potes autour. En duo ou quatuor de voix, l'envolée au dernier quart est superbe. Le clavier hulule, "the ocean is mine", rentrée en force de la batterie pendant qu'ils ont la lumière dans le dos, masquant ainsi leurs visages. On plonge. Le fait d'être dans ce théâtre ajoute encore à la magie.


L'intro de My lover's On The Pier, loufoque, donne une tournure enfantine. Rythmique au souffle de la 2ème guitare et batterie jazzy. Le quatuor dans le refrain est très entrainant. On oscille entre les Beatles et Supertramp.

I might float, rythmique à la Ben Harper, a un petit côté gospel avec un chœur de voix final très chouette. Saccadée, elle fait balancer. C'est malin, j'ai envie de me lever maintenant.

Il a du le sentir car justement il demande au public de se lever pour la suivante : To All of You, c'est celle qui m'a fait découvrir Syd Matters, issue de leur 2ème album sur 5 à date, Someday we will foresee obstacles sorti en 2005. Gentiment ironique envers les américaines si parfaites, si naturelles...
On est bien contents de pouvoir nous agiter un peu.


Pour Hadrian's wall le public réagit davantage. Ils l'attendaient manifestement. Très agréable, le riff du début tient la chanson. Les notes tapées ("Hammer" et "pulling off" pour ceux qui comprennent le dialecte du frangin à ma droite) en fin de phrase donnent ce groove particulier. La rythmique est très marquée là aussi. Les notes entêtantes se répondent, sa voix nous guide et la basse nous rassure. Sa longueur me laisse sonnée.
Il faut dire qu'on se fait chahuter depuis un petit moment et je cherche mon souffle tant les enchainements entre les chansons sont rapides.
L'intro de Rest que j'aime tout particulièrement est très douce, clavier et voix. Puis on vire presque à la samba, bondissante par en dessous, entrainante, le clavier repart sur le thème et la guitare pop finit par avoir le dernier mot. La chanson finit d'un coup. Je suis épuisée.


Middle class men tarde à décoller, il garde les yeux fermés et moi aussi, puis explose entre The Verve et Muse.

La suivante, Nick, débute sur sa voix et des nappes claires qui ressemblent à de voix de femmes. "I'm not quite sure who's wrong and who's right". Le texte est dégagé et mélancolique, planant et intense, façon rengaine.

Heureusement la suivante, zoukée, va nous réveiller. Les gens applaudissent en rythme, claquent des doigts et certains dansent sur le côté. Ha oui parce que depuis qu'on avait tenté de se lever, 10 chansons plus tôt, tous ou presque nous étions rassis.


D'ailleurs ça n'a pas loupé il s'en plaint pour et annonce motivé que "toutes les personnes debout seront remboursées". Je tente de me relever sur la montée au tome bass et clavier. On applaudit à la croche, on tape des pieds.
Ok, il nous a tous remis debout pour cette 14ème chanson. (NDLR : penser à lui demander ce qu'ils prennent au petit déj, quelle pêche !). Il guide les lumières de mouvements de têtes discrets. Les basses accompagnées par les lumières au sol se lèvent progressivement comme le soleil du matin, accueillant la gaité de ce morceau. Puis le noir revient, retro-éclairage, fin en rangaine avec reprise des basses, on plane total.


Celle-ci était déjà donc un genre de rappel qui se clôt dans une sorte de chaos musical très bien contrôlé. Il y aura encore 4 chansons ensuite.
Elles finissent toutes par se ressembler.
Comment apprécier d'avantage quand on a l'impression que tout était dit à chacune d'entre elles ?
Le son reste en scène pendant qu'ils sont sortis et habille leur retour pour la 15ème chanson, triste, qui calme les esprits.

La 16ème a une intro à la Jeff Buckley type Lilac Wine, chill out.
J'ai la tête qui tourne ou c'est bien le clavier, qui a joué aussi de la guitare, nous scotche à la flûte traversière à la 17ème !?


La semaine prochaine on fête Noël et je me sens comme en fin de repas. "Merci mamie la tarte est excellente mais à l'idée de cette 18ème part...". Nous sommes soufflés par tant d'énergie et je crains que la mienne n'ait pas été à la hauteur jusqu'au bout.

Nous retrouvons nos esprits pour attraper les sets lits. Je ne suis pas surprise de ne compter "que" 15 morceaux sur celle des Syd Matters et pardonnez moi, je ne saurais pas vous dire laquelle est laquelle parmi les 5 dernières.
Quant à Flashing Teeth il nous dicte gentiment la sienne, en même temps qu'il se la remémore, contre la porte du garage d'à côté.
Nous repartons les yeux brillants de fièvre. Il doit faire -5°C, toutes les autoroutes pour partir sont fermées. Ca nous laissera le temps d'encaisser.

Set lists
Flashing Teeth :
While foudling your glass
Film noir
When you feel out off from your story
It's all over now baby blue
When you're through
Fool for love
From above
Here we are in the years
Year one.

www.myspace.com/flashingteeth


Syd Matters :
Wolf
Hi life
Hallal
Cloud
My lover's on the pier
I might float
To all of you
Hadrian's wall
Rest
Middle class men
Nick
Anytime Now
Me and my horses
------------------
End and start again
Obstacles

www.sydmatters.com/
www.myspace.com/sydmatters

> Réponse le 29 décembre 2010, par COSTIA

Hier il m'est arrivé un truc dingue, j'ai rencontré 5 extraterrestres !!! je situe: 20h30 theatre Denis à Hyères (très petit théatre !) concert du groupe Syd Matters (hommage à Syd Barrett... un des membres fondateurs de Pink Floyd) bref après 1 première partie plus que soporifique, un entracte, 3 ou 4 bières, le groupe entre en scène et là GENIAL, rien entendu comme ça auparavant, une sorte de pop psychédélique, un espèce de mélange de pink floyd et de cold play avec des mecs qui ne se la jouent pas mais qui s'échangent les instruments sur scène. Une musique inclassable mais putain! super planante et super agréable ; fin du concert, les lumières s'allument et toi tu as l'impression de sortir d'un état de transe ou d'un caisson de cryogenisation !!! A voir absolument, et pourquoi...  La suite | Réagir


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