Accueil Chronique de concert Keziah Jones + Archie Sylvester
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Chronique de Concert

Keziah Jones + Archie Sylvester

Keziah Jones + Archie Sylvester en concert

Espace Julien - Marseille 6 Décembre 2013

Critique écrite le par

Il fait un tel froid et un tel vent surtout dehors, qu'ils ont pitié de nous à L'Espace Julien et qu'ils nous laissent entrer un peu avant l'heure ... Juste avant que nous ne nous transformions en petits glaçons !!

Et pour la première partie de Keziah Jones, ce ne sera qu'une demi salle qui va avoir le plaisir de découvrir Archie Sylvester, un ch'tit bonhomme tout seul et tout droit débarqué de Londres (même un très charmant ch'tit bonhomme, il faut bien le dire !), qui entre en scène armé d'une guitare sèche, sur un "Bonsoir Marseille ..." teinté d'un adorable accent anglo-saxon.



C'est du pur acoustique, joué au médiator pour commencer. Cordes un peu saccadées et voix Rock-Bluesy, avec de bien jolis jeux de nuances, tout en maîtrise, et émaillés de belles accélérations. Un son bien brut que j'aime beaucoup et un bel exercice de style pour l'artiste.

Sur Queen Of The Night, il se donne à fond le garçon ! Avec une drôle de musicalité par moment et de petits jeux de dissonances. Il est tout seul, droit dans la lumière, et pourtant on peut dire qu'il fait tout à fait le job. Avec même un petit côté à la Elvis dans la posture, mais en version 2013 et sobre ;)



Par contre, niveau scénographie ... Comment dire ?... Plus épuré, tu meurs ! Mais pas grave, il branche le public présent et lui demande s'il veut du Blues ?!? Et comment qu'on en veut ! Mais ce sera à sa façon, comme ce qu'il nous a proposé depuis le début, avec une guitare qui ne l'est presque plus, mais qui est plutôt devenue un instrument à percussion. Le tout donnant d'ailleurs un contraste avec sa voix pas inintéressant du tout. C'est ainsi que l'intro de Woman va nous conduire vers d'autres contrées, sa guitare devenant plus espagnole que Blues par moment.



"Merci beaucoup Marseille !" - "Merci Archie !!" lui répond-on. Il sourit en nous murmurant : "De rien". Mais on est déjà arrivé à la dernière (très rapide comme première partie et c'est presque dommage). Petite auto-promo franco-anglaise amusante et Surreptitious pour terminer ce mini Set. Définitivement une très belle voix et perso, plus fan de ce dernier jeu de guitare (il en a changé), grattée aux doigts. Une chanson très enlevée, avec un petit pont qui entraine le public à le soutenir par une sympathique clappe, et un au revoir lancé sur les derniers accords ... Une belle rencontre, vraiment, pour commencer cette soirée.



Archie Silvester : Chant & Guitare

Setlist
1 - Whish You Knew
2 - Queen Of The Night
3 - She's Walking Away
4 - Woman
5 - Yellow Dress
6 - Surreptitious

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Archie Sylvester, notre poor lonesome cowboy de la première partie de soirée, quitte la scène ... Et, après un "Oh Keziah bouge !!", Mister Jones fait son entrée : Tee-shirt blanc, feutre noir et lunettes de soleil. Grosse intro à la guitare, hyper efficace. Et pourtant, me vient le sentiment que cela commence un peu dans la facilité ... A voir.

Chaque intro est une sorte de démonstration à la guitare. Le son est très très fort et cela semble mettre en transe le public, qui crie à chaque changement de rythme. Il est clair que la part est faite belle à la musique. Lui est déjà en nage et la salle déjà dansante. Il prend la pose et tourne sur lui-même, pour le plus grand plaisir des filles semble-t-il, et se retrouve au final super statique comparé à la vitesse des déplacements de sa main. Le bassiste répond à Keziah Jones en seconde voix, tout en zénitude flegmatique. Quant au batteur : C'est un vrai bon laborieux !



Lorsque la guitare n'est pas jouée, elle est frappée et accompagnée de déhanchements et autres marches dans le vide, toujours le sourire aux lèvres. Et quand les paroles se font onomatopées, que la musique se fait digression, le public est aux anges.

" Marseille est cool, Marseille est funky ! " Il introduit même un " People of Marseille " dans sa chanson, tout en faisant éclairer la salle (et forcément, cela fonctionne du tonnerre !) Et puis, guitare en bandoulière dans le dos, il se met à danser tout en chantant, avec effet garanti encore une fois.

Sixième morceau. Troisième serviette éponge. Il revisse son chapeau sur le sommet de son crane. Ses mélodies, d'inspiration Blues du Monde, nous baladent à travers la planète musique. Ses bras dégoulinent ... Il fait une chaleur infernale (et je ne peux m'empêcher de penser qu'on va prendre cher en sortant dans le vent glacial de ce mois de Décembre).



On peut entendre les cris de plaisir des premiers rangs, pourtant je me demande où est le Funk ce soir ... Tout ça est un peu plan-plan, même si techniquement il n'y a absolument rien à redire. Mais mon avis est sans doute très personnel, aux vues de la grand messe dansante que j'ai devant les yeux ! Ses messages de paix et d'amour sont salués par la salle. On entend " RIP Mandela ... " Mais juste une question au passage : Pourquoi ne peut-on pas aller à un concert sur Marseille sans avoir droit à un " Allééééé " de stade de foot ?!?



Vers le milieu du set, il nous offre un petit passage solo, avec un très beau Million Miles From Home qui va s'avérer justement dans l'esprit Funk que je cherchais depuis le début (ce qui semble bien paradoxale finalement, puisque c'est au moment où il se retrouve seul en scène). Puis enchaine avec The Invisible Ladder, qui voit les deux autres musiciens revenir sur ses derniers accords. Lui fait une petite pause assise, la guitare mi-percu, mi-cordes. Un rythme très enlevé et un peu latino du plus bel effet, mais avec un Keziah Jones qui ne dégage pas des tonnes, étonnamment.

Il nous raconte le pitch de Nollywoodoo en rigolant, puis sort changer de tee-shirt (ce qui donne au batteur l'occasion d'un sympathique solo). Au final, il revient torse nu, drapé d'une sorte de cape rouge et une clope à la main, pour lancer une choré mains levées de gauche à droite et faire vibrer sa guitare comme jamais. Mais il ne semble pas satisfait du son de celle-ci et il la lâche pour nous faire son numéro micro en main, avec une voix de robot. Pour finir en duo avec la batterie !



Mais cette jolie pirouette va être, hélas, le point de départ d'un long moment de flottement pour cause de problèmes techniques. Lui plaisante avec le public, pendant que les petites mains s'affairent sur ses branchements. Plus de blabla, plus de cape et c'est reparti mon kiki ... Enfin on veut y croire ... Mais non, la guitare ne lui convient toujours pas et il finit par préférer s'en servir encore une fois comme d'une percu. Jolie digression tout de même (mais franchement un peu longue), pour pallier à ces problèmes ... Ceci étant, toujours gérés avec le sourire.

Il enchaine pour meubler, mais ça commence à être longuet ces histoires de guitare, même si je dois reconnaitre qu'il assure comme un chef. Maintenant, il faut qu'on lui apprenne une chanson marseillaise (il ne sait plus quoi inventer) ... Mais c'est trop compliqué ! Il joue avec sa guitare dans le dos et donne dans le grand n'importe quoi, à nous faire répéter tout ce qui lui passe par la tête ... Alors c'est sympa comme tout et amusant, mais vraiment très très long comme intermède !



Enfin, le set reprend enfin avec Beautiful Emily et un public qui ne se fait pas prier pour continuer à chanter, comme il l'a fait durant cette petite récréation forcée. Et puis on continue sur ce son plus Rock, qui ne semble pas lui plaire plus que ça mais que, perso, j'apprécie beaucoup plus en fait ... Comme quoi ;) !

Et puis voilà qu'il recommence avec cette guitare dont il ne veut plus ... Et franchement, moi je commence à en avoir raz le cul, parce que cela ne fait que casser le rythme et nous empêche d'entrer une fois pour toute dans le set. Mais lui, cela ne le dérange pas : Il en profite pour nous causer ! Bon, Ok. Mais ça commence à franchement tourner en rond. Petit laïus sur son dernier album sorti en édition spéciale, sous forme d'une BD. Tout semble enfin rentrer dans l'ordre pour All Along The Watchtower (cover de Bob Dylan) ... Et il serait temps, vu que ce sera la dernière du set ! Il prend la pose pour la photo et fait le beau avant de quitter la scène ... Et nous revient pour les rappels torse nu, bien sûr !!



Lunettes de soleil et cigarette sont également de retour (tout à fait dans le ton pour Pass The Joint !) ... Mais toujours pas cette p***** de guitare !! Avec numéro de danse pour compenser tout ça (je vais le tuer !). Puis l'instrument tant attendu et repoussé à la fois ce soir semble revenir en grâce pour Rhythm Is Love (Ouf !) Le public ravi reprend en chœur, sans oublier de danser et de profiter d'une fin bondissante et rebondissante. Il remercie encore une fois le public, qui lui répond criant et bras levés. Petit message de paix, d'amour et d'encouragement à continuer de vivre tous ensemble ... Jolie fin, mais pour un concert trop inégal et chaotique à mon goût ...

Keziah Jones : Chant & Guitare
Arthur Williams : Basse
Nathan Allen : Batterie



Setlist
1 - Funk'n'circumstance
2 - Dear Mr Cooper
3 - Liquid Sunshine
4 - Hello Heavenly
5 - All Praises
6 - Where's Life
7 - The Wisdow Behind The Smile (Cash)
8 - Kpafuca
9 - Splash
10 - Million Miles From Home
11 - The Invisible Ladder
12 -Femiliarise
13 - Lunar
14 - Memory
15 - Nollywoodoo
16 - Utopia
17 - Rugged
18 - Afronewave
19 - Funderlying Undermentals
20 - Secret Thoughts
21 - Blufunk Is A Fact
22 - Beautiful Emily
23 - I'm Known
24 - All Along The Watchtower (Bob Dylan)
––––––––––––––––––––––––
25 - Pass The Joint
26 - Rhythm Is Love

Chronique réalisée par l'équipe de Concerts en Boîte

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