Chronique de Concert
Swans
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Est-il vraiment nécessaire d'écrire, une bonne semaine après, une chronique à propos d'un concert qu'on a pas vraiment aimé, et peut-être, en fait, pas vraiment compris non plus ? Bah, seulement si on veut laisser une trace pour nous, pour nos amis, pour la salle qui l'a organisé donc : oui... Parlons donc un peu de ce concert de Swans au Trabendo ! Ce qu'on savait avant d'y aller : qu'on y accompagnait un ami récemment cinquantenaire (cadeau collectif), qu'on allait en tout cas bien rigoler avant et après avec 7 copains d'amour, en tant que "provinciaux" en goguette dans Paris... Ce qui fut bien fait, merci, les agapes ayant commencé tout à côté de la Gare de l'Est, dès le débarquement et la jonction depuis nos trains respectifs arrivant de Strasbourg, Bruxelles et Marseille...
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On savait aussi qu'on allait pour la plupart découvrir le Trabendo - auquel on est quand même allés à pied, hein, plus de 3 kilomètres avec juste une pause rafraichissements sur une péniche du Bassin de la Villette... Le Trabendo donc, soit une jolie salle au design moderne, posée dans un cadre agréable (le Parc de la Villette), à la forme bien pensée en hémicycle (il y en a d'autres à Paris : le New Morning, la Maroquinerie ont globalement la même, dans notre souvenir). Ce qui permet de ne jamais être très loin de la scène, placée au centre... Une salle très tolérante au bruit, par ailleurs, puisqu'elle n'impose pas de limite en décibels - ce qui explique que le groupe Swans l'ait choisi ce soir. Un peu allumés et retardés par notre virée pédestre, avouons qu'on a entendu que les toutes dernières notes de la première partie, Jessica Moss... Désolé Madame.
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Swans est un projet un peu déconcertant, qui a beaucoup évolué dans le temps, porté par l'historique et réputé caractériel Michael Gira ("No videos or phones tonight, please !", d'entrée, mais demandé plutôt gentiment). Le style du groupe, difficile à aborder, a pu être qualifié par exemple de rock "expérimental, folk et indus" (il va en effet sonner comme ces trois choses, au fil de la soirée), mais il est surtout bruitiste, noisy au sens premier du terme : ils sont à ce point réputés jouer fort, que le port de bouchons d'oreilles est recommandé partout dans et autour de la salle ! C'est donc d'abord lent mais en effet très, très sonore (même pour des quinquas metalleux et donc déjà partiellement sourds comme nous), et on en portera donc, bien obligés dès qu'on descendra dans la fosse, des bouchons d'oreille !
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Le rythme monte peu à peu et certains sont en extasee dans la salle presque dès le départ (ce sont des aficionados, à l'évidence), mais l'effet bouchons en mousse (que je déteste !) rend le mix un peu confus à mon goût. 2 batteries, 2 basses, forcément, ça produit un gros volume même sans pousser les potards, surtout en y ajoutant le chant psalmodié et nasal du leader (qui tourne le dos au public) ! Le groupe ne semble globalement pas forcer, à l'exception d'un bassiste apoplectique du début jusqu'à la fin, habité par un démon non identifié... Devant cette transe à détonation plutôt lente, perdre connaissance ou aller faire pipi devient rapidement l'alternative la plus envisageable. Ô surprise, de l'extérieur de la salle, ça sonne plutôt très bien et nettement plus mélodieux - comme une belle ballade triste... Alors pourquoi tant de décibels ? Mystère. Mais bon, si c'est trop fort, c'est que vous êtes trop vieux, pas vrai ?
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Je passerai donc la suite du concert à me balader un peu partout pour évaluer la possibilité de faire une photo présentable (eh oh, y'a au moins un mec qui a filmé TOUT le concert), tout en allant chercher des bières pour moi, et parfois pour les autres. De certains points raisonnablement éloignés de la scène, le son est mieux et on y décolle, disons à 30 ou 40 % du temps, avec le groupe. Musique répétitive mais trippante à la longue, c'est un fait, on se prend à onduler comme toute la salle dans les meilleurs moments - celle-ci est clairement prise d'une épiphanie collective dans sa partie basse ! Mais pour ma part, je trouve quand même les chansons souvent semblables à l'oreille - je pourrais jurer, même si c'est sans doute à tort, qu'au moins une d'entre elles a été jouée 2 fois dans le set ! Après, c'est sûr, je ne suis pas très "drone"... et pire, je n'aime pas du tout le chant.
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C'est donc de dehors, avec deux amis qui ont déjà renoncé, que j'entendrai toute la dernière partie dans les meilleures conditions : comme déjà précisé, c'est bien de là que le son est finalement le plus agréable, pour ne pas dire le plus propre... Cela permet aussi de débriefer et se rendre compte qu'eux non plus n'ont pas trop compris ce qui leur arrivait... Alors que ce sont des amateurs de concert rock qualifiés et chevronnés, en mesure d'apprécier la douceur tout comme la brutalité en musique, précisons-le ! Les derniers de la bande à sortir, eux, ont heureusement mieux apprécié le spectacle. Pour notre part, ce fut un moment disons, intéressant, mais on ne réécoutera sans doute pas les loooongues plages de Swans à la maison...
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C'est quand même rigolo de se dire qu'on a trouvé du death metal pas assez fort il y a quelques semaines à Paris (Der Weg Einer Freiheit), et du rock folk, par contre, insoutenablement bruyant ce soir ! Anecdotiquement à la sortie, on est rattrapés par un autre bruit, celui de la fureur du monde : l'intrusion de militants pro-palestiniens dans un concert de l'Orchestre National d'Israël, tout à côté du Trabendo à la Philharmonie de Paris, a mis une grosse ambiance CRS et gyrophares dans le quartier ! Tout cela ne gâchera pas notre belle humeur et notre bel appétit dans un accueillant restaurant turc, pour la suite de cette virée très réussie, même si ce concert n'en aura pas été notre partie préférée...
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PS : Chronique écrite le 13 novembre 2025, 10 ans jour pour jour après les funestes attentats de Paris, avec une pensée pour leurs victimes, et notamment pour celles du Bataclan. Finalement, à bien y réfléchir, même ce fumigène allumé et ces trois beignes échangées il y a une semaine à la Philharmonie - et qui nous ont presque fait sourire sur le moment - restent fondamentalement cette même violence venue d'ailleurs, d'un monde extérieur de plus en plus brutal et consternant... Cette même violence qui sera toujours particulièrement inacceptable et révoltante, aussi bien dans l'enceinte d'une salle de concert en France, que dans celle d'un festival de plein air en Israël...
Critique écrite le 13 novembre 2025 par Philippe
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