Accueil Chronique de concert The Cure & The Twilight Sad (The Cure Lost World Tour 2022)
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Chronique de Concert

The Cure & The Twilight Sad (The Cure Lost World Tour 2022)

The Cure & The Twilight Sad (The Cure Lost World Tour 2022) en concert

Accor Arena, Paris Bercy 28 novembre 2022

Critique écrite le par



Concert épique de 2h45 signé The Cure à Paris Bercy le 28 novembre pour la dernière date de la tournée française du cultissime groupe anglais, toujours emmené par un Robert Smith en très grande forme, 3 semaines après la Halle Tony Garnier. 20 000 fans bien chauds, set list de rêve, belle communion entre les musiciens et le public, gros son, que demander de plus ? Être très bien placé, avoir comme partenaires de concert des gens cool ? C'était le cas ! Donc, après avoir vécu un super moment à Lyon le 7 novembre, ça valait vraiment le coup de faire un aller-retour Clermont-Fd - Paris en train pour cette soirée d'anthologie avec comme seuls bagages une brosse à dents et un t-shirt de rechange.


The Twilight Sad

Arrivé à la (sinistre) gare de Bercy peu après 17h, on fait un petit tour à l'extérieur de la salle pour repérer le guichet où on doit retirer notre précieux sésame (concert complet depuis des lustres, mais notre nom est sur la guest list grâce à un certain Eric qui nous a passé le contact du management anglais... Merci !), puis on discute avec Mauro, le sympathique (et doué) photographe qui signe les très belles illustrations de cette chronique et on nous offre un badge The Cure (merci William !). On se lance alors dans une mini tournée des bars situés en face de l'Accor Arena, qui diffusent tous un best of des Cure et sont blindés de fans bienveillants et réjouis. On retrouve une copine, Coline, et ses potes, grands fans de Robert Smith, on s'enquille trois pintes cul sec et on pénètre dans le saint des saints dès 19h15.



Résultat, on est bien mieux placé qu'à Lyon (où on n'était déjà pas loin de la scène), et on peut voir la première partie, The Twilight Sad, qui attaque à 19h30 et qu'on a loupée dans la capitale des Gaules. Vu à Lyon en 2016, ce groupe écossais méconnu ne nous avait pas bouleversé, contrairement au fameux groupe de Crawley qui passait juste après. Mais ce soir, bien calé dans les premiers rangs avec un son énorme, il faut avouer que malgré la voix un peu maniérée du chanteur et son jeu de scène très théâtral, The Twilight Sad nous a fait passer 45 minutes idéales pour se mettre en jambes pour la suite. Car le combo, qui se présente de manière discrète et humble, balance des titres de post punk gothique marqués au fer rouge par The Cure et Joy Division, mais aussi par le post rock de Mogwai et le shoegaze de My Bloody Valentine. Au cours du show, le chanteur se donne vraiment à fond et finit par être touchant sur des morceaux qui sont joliment sombres et ornés d'un mur du son de guitares assez jouissif. Bref, tout cela fait plutôt bonne impression et donne envie de suivre de plus près le groupe à l'avenir.


The Cure

Le premier concert de la tournée, à la Halle Tony Garnier, était tellement classe, que depuis début novembre on cherchait à refaire une date du "The Cure Lost World Tour 2022". Pour avoir la chance d'écouter en live pas mal de titres différents et surtout de pouvoir communier sur "Charlotte Sometimes", "Faith" ou encore "The Figurehead", autant de titres cultes non joués en terres lyonnaises. Toujours très bien placé en fosse (on n'a pas bougé), on a droit au même début de set, impeccable, avec un joli mélange de nouveaux titres ("Alone", "And Nothing Is Forever"), excellents et mélancoliques, et de morceaux légendaires : "Pictures of You", "A Night Like This" et "Lovesong", toujours aussi émouvants, évocateurs et percutants. Le son est massif, Robert Smith est très en voix et hyper content d'être là, le groupe est au taquet, le public est à fond, c'est le pied total.



Au bout d'une demi-heure, il y un petit ventre mou, avec des titres un peu moins passionnants, à notre humble avis, "The Last Day of Summer" et "Want". Puis un nouveau titre, "A Fragile Thing", enveloppé de spleen (et probablement extrait du futur nouvel album, nommé "Songs of a lost world") saisit à nouveau et le suivant, "Burn", électrise avec ses atours très percussifs et rock. Et puis, là c'est le choc orgasmique : The Cure décide de régaler ses fans les plus "dark" avec de grandes lampées de cold wave millésimée "années 80". Bercy se retrouve donc embringué dans l'enchaînement de la (petite) mort qui tue : "At Night" (belle à se damner), "Charlotte Sometimes" (notre petite préférée, ouiiiiiiiiiiiiii !), "The Figurehead" (ouch !), "A Strange Day" (deux fois en deux concerts, le bonheur... ), "Push" (sur lequel la foule chante en chœur : début des frissons), "Play for Today" (tout le stade, heu l'aréna, s'époumone sur les hohoho, on en chialerait) et "Shake Dog Shake" (malaisant, agressif et sombre à souhait).



Juste après ça, la fin du set normal se fait sur l'immense "From the Edge of the Deep Green Sea" (l'un des meilleurs titres de l'album "Wish", qui fête ses 30 ans avec une copieuse réédition ces jours-ci) et "Endsong", encore un nouveau morceau, dans la lignée de ceux de "Disintegration". On en est à presque deux heures de show et ça pourrait s'arrêter là tellement c'était intense. Quel plaisir de voir de près Robert Smith, aka le prince des ténèbres, sourire au public, interagir avec Simon Gallup (en forme olympique lui-aussi), Reeves Gabrels (au top à la deuxième guitare), Roger O'Donnell (impeccable aux claviers), vivre les morceaux à fond et parler en français bricolé. Pour fêter ça, tout le monde allume la lampe torche de son portable et recrée la sensation d'une pluie d'étoiles filantes en rappelant bruyamment le groupe. Ça a l'air de plaire au leader de la tête d'affiche du jour qui se fend d'un "Merci, c'est joli !" en français, avant de blaguer dans sa langue sur le fait que les téléphones n'auront plus de batterie quand on en aura besoin.



Le premier rappel débute avec la très poignante et prenante "I Can Never Say Goodbye", dédiée au frère de Robert, récemment disparu. Puis c'est un autre titre ardemment attendu qu'on accueille, l'inoubliable et iconique, "Faith", qui avait conclu notre premier concert de Cure le 20 octobre 1992, au Zénith de Paris. En lieu et place de "A Forest" ce soir-là, c'est une plage qui arrive juste après en ce jour béni du 28 novembre 2022. On peut dire qu'on est gâtés : conformément à leur légende, Smith & Co sont généreux et à l'écoute de leurs dévoués aficionados. 30 ans après avoir vu le mythique combo anglais pour la toute, toute première fois et avoir effectué notre première escapade parisienne pour aller voir un concert (en loupant quelques jours de cours vains et inutiles à la fac), on assiste à un set impeccable de Robert (dont la voix n'a pas changé d'un iota), Simon et les autres. Merci, merci, merci !



Le dernier rappel est identique à celui de Lyon, et ça nous va très bien, car il permet d'avoir un panorama complet sur le versant pop de The Cure avec les jubilatoires et sexy "Lullaby", "The Walk", "Friday I'm in Love", "Close to Me", "In Between Days" et "Just Like Heaven". Peu de groupes actuels ont signé autant de tubes intemporels ! Et en plus de tout ça, qui peut conclure avec un hit entré dans l'imaginaire collectif nommé "Boys Don't Cry" ? The Cure ! Le groupe britannique met un point final à son show parisien de presque 3 heures avec cette perle... Mister Smith salue longuement et glisse un "Thank you, it's fucking excellent !" qui résume parfaitement cette soirée qui restera dans les annales.





Photos : Mauro Melis (série complète ici, www.facebook.com/MauroMelis.Photographer, www.instagram.com/mauromelisphotography_paris/)





> Réponse le 03 décembre 2022, par Seb Lopez

Merci mon Pierre pour cette jolie critique. Je te rejoins sur le bonheur éprouvé. S'agissant du petit ventre mou, un excès de bières pourrait être à l'origine de la chose. Car un titre des Cure ne peut ni être mou ni ramollir quoi que ce soit 😜  Réagir


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