Chronique de Concert
The Infadels
On le voyait depuis le haut de la rue, mais oui : le groupe de ce soir a bien garé un putain de bus, un vrai, un énorme bazar noir, devant le Poste à Galène, et ça a du être du sport ! Quand les Infadels commencent pépères vers 22 h et sans avant-groupe, on se dit qu'on a bien fait d'arriver tranquillement en retard.

De toutes façons une écoute au casque et une autre en streaming nous ont déjà convaincu qu'on allait probablement pas ni avoir la chair de poule ni sauter au plafond : l'album We are not the Infadels parait plutôt banal voire dispensable... Mais après tout sait-on jamais à l'avance qui peut faire une prestation explosive en live ?

Y'a pas la grande foule mais c'est pas dramatique quand même : dans le genre groupe émergent, au moins autant de monde qu'aux plaisants Lords of Altamont et qu'aux énormes Hollywood Porn Stars qui restent honteusement méconnus...

The Infadels se présentent à 5, quand même, autant dire avec ceinture et bretelles (que certains portent aussi en vrai d'ailleurs), look gentiment excentrique assez porté sur le noir, le blanc et le rose fluo. Ils semblent sincèrement contents d'être là (il faut dire que leur 20 fans locaux font un boucan d'enfer et dansent avec enthousiasme).

Musicalement c'est du genre pop mais un peu trop rock (ou le contraire), disco mais un peu trop punk (ou le contraire), noisy mais un peu trop sage, arty mais un peu trop ringard, indé mais un peu trop FM (etc.), bref c'est du genre attrape-tout et sans originalité. Il est même très difficile de trouver un single pétaradant (c'est pourtant le moins qu'on demande à un tel groupe ; même les plutôt consternants Killers ont composé la bombe Somebody told me).

Il y a généralement un gros boum boum (matérialisé par un grand garçon aux cheveux longs dont c'est à peu près l'unique rôle avec quelques parties au mélodica ou au synthé), sur lequel se greffe un riff de guitare lambda, deux ou trois bruitages à l'avenant (synthé, mélodica) et une voix assez faiblarde et sans réelle personnalité (dire qu'elle ressemble à celle de Mick Jagger est le maximum qu'on puisse faire, et uniquement sur album !).

On ne peut pas vraiment dire qu'on s'emmerde, certaines chansons sont assez plaisantes mais surtout d'un point de vue visuel : clairement c'est un groupe qui s'amuse sur scène et transmet de l'énergie. Mais est-ce mieux qu'un groupe qui s'emmerde sur scène en faisant de la belle musique (comme par exemple Girls in Hawaïï) ? Ca se discute...

Parce que même sous la torture je serais bien en peine de dire quelle chanson est meilleure (ou simplement différente des autres). Dans le même genre groupe-pour-faire-danser-et-rigoler-des-anglais-saouls, les seconds couteaux de Kaisers Chiefs, eux, ont au moins réussi à écrire 2 à 3 bonnes chansons qui doivent tuer en live !

Alors qu'ici, on ne fait au fond que masquer des compositions assez indigentes avec force bruitages, on tape dans les mains, on saute partout mais on brasse de l'air ! Finalement deux passages solo du chanteur, à la gratte sèche au moments des rappels (avant que ses potes arrivent) seraient presque les meilleurs moments : sa voix quand elle n'est pas trop poussée est pas mal et il assure bien sa rythmique...

Hélas les branquignols qui l'accompagnent arrivent à chaque fois trop vite et on retombe dans le brouhaha musical et la vacuité la plus sidérale, aussi sec. N'en déplaise à la critique et à notre propre annonce sur LiveinMarseille, même ces pauvres Happy mondays n'ont pas mérité d'être comparés au présent combo et encore moins, non d'un staracadémicien empalé, les fabuleux Gang of Four !!

A noter que le groupe en finit rapido, après un concert pas vraiment généreux : une heure avec 2 rappels, faut le faire mais en l'occurence c'était bien suffisant, une chanson a même été jouée deux fois (à moins que ce soit 3 ou 4 ?). The Infadels, recherchent ensuite encore un peu le contact avec le public (surtout les filles mais quand même), pas avare en discussion et dédicaces, un point pour eux : ils ont l'air sympas.

En conclusion, espérant ne pas me griller auprès du PàG qui m'a invité, je dois dire par honnêteté que ça ne cassait pas trois cordes à une guitare quand même - de toutes façons dire le contraire me grillerait tout autant je pense !
.jpg)
Setlist (recopiée, sans les rappels) :
Semtex
Jagger
Topboy
Sunday
Reality
Girl
Murder
CGE
Jellyfish

Critique écrite le 11 mars 2006 par Philippe
Envoyer un message à Philippe
Voir toutes les critiques de concerts rédigées par Philippe
Infadels : les dernières chroniques concerts
Carbon Silicon + The Rakes + Kaizers Orchestra + Power Solo + Hush Puppies + Gomm + The Infadels + The Trachtenburg Familly Slideshow Players + Rodolphe Burger & Erik Marchand (Trans Musicales 2004) par Pierre Andrieu
Parc des Expositions, Rennes , le 02/12/2004
Première journée des 26èmes rencontres Trans Musicales de Rennes
Les Trans Musicales fêtaient cette année leur 26ème édition, et honte à nous, nous n'y étions encore jamais allés. Fort heureusement, cette énorme lacune allait être réparée cette année avec trois jours de concerts idylliques passés dans la belle ville de... La suite
Poste à Galène, Marseille : les dernières chroniques concerts

Angine de Poitrine par Pirlouiiiit
Makeda, Marseille, le 20/02/2026
Après Télécastré qui affichait quasiment complet au Lollipop (voir chronique par ici) je me dépêche craignant que le concert ait commencé à l'heure annoncée (20h) je suis... La suite

Jon Spencer - Sasha Vaughan par Fred Boyer
Le Makeda - Marseille, le 09/11/2025
Message de Bison Futé : 9 novembre 2025 : 10h00 du matinBonjour, aujourd'hui dimanche, contre toute attente, attendez-vous à des bouchons au niveau du 103 rue Ferrari dans le... La suite

Zombie Zombie par GammaGT
Makeda, Marseille, le 30/05/2025
De suite, tout clignote dans les cerveaux, le temps s'arrête pour les ultimes réglages du sous-marin, une combinaison rouille pour notre timonier en caquette, du sombre pour les... La suite

Undertones + Sovox par Gilles Borgogno
Makeda, Marseille, le 03/04/2025
THE UNDERTONES. Ce fut une déflagration sonique. Ou comment vieillir avec dignité. Aucune concession, aucune complaisance. Je les avais vus, il y a onze ans au Cabaret aléatoire... La suite





