Accueil Chronique de concert The Touré-Raichel Collective
Samedi 16 janvier 2021 : 11352 concerts, 25885 chroniques de concert, 5284 critiques d'album.

Chronique de Concert

The Touré-Raichel Collective

The Touré-Raichel Collective en concert

Espace Julien -Marseille 13 Novembre 2012

Critique écrite le par

Belle rencontre entre le Mali et Israël, voilà ce qu'est The Touré-Raichel Collective.

Le groupe démarre par un morceau instrumental, puis Idan Raichel explique au public en anglais les circonstances de la rencontre avec Vieux Farka Touré. Le hasard des aéroports les a fait se rencontrer. S'est ensuivi une session d'enregistrement à Tel Aviv en 2010,et Raichel, désirant faire une pause avec son groupe de l'époque, s'est finalement investi auprès de Touré.



S'ensuivent deux ou trois morceaux d'un blues mélangé. On reconnaît dans le doigté de Vieux Farka Touré, celui du blues malien de son père Ali Farka Touré, ainsi que la reverb pour le son, bien que son jeu se dirige également vers un folk délicat. Raichel au piano complète le morceau d'un jazz harmonieux, tandis que je suis émerveillé par la finesse du jeu de Souleymane Kané qui caresse presque sa calebasse avec des baguettes.




Idan Raichel entame un morceau tout seul au piano. Les notes semblent aussi fragiles que les silences qui les séparent, on sent le public ému. Pour notre surprise, les autres instruments explosent alors pour transformer cette émotion contenue en feu d'artifice. Vieux Farka Touré et Idan Raichel ne cessent de se jeter des regards. Leur complicité est belle à voir!

Yankele Segal, qui était précédemment à la basse se met à jouer du oud et prend le devant avec de belles harmonies orientales accompagnées en arrière par des nappes bien chaudes de piano électrique. Je suis de nouveau fasciné par Souleymane Kané qui sort des sons graves puissants de la calebasse à l'aide des paumes de ses mains.



Le piano devient plus lourd, mais on arrive à sentir la finesse qui lie le tout. Un groove endiablé digne d'un Dave Brubeck moderne emporte la salle. Raichel remercie "Funcky Yankele" qui s'est enflammé à la basse. Tout se mélange, je ne sais plus l'ordre des évènements. Souleymane Kané, à un moment, a l'air de savourer et d'être négligemment affalé, mais je réalise alors qu'il continue à gérer le rythme cette fois avec le talon de son pied droit, toujours sur la calebasse, qui se transforme en vraie batterie de par la richesse des sons.



Idan Raichel précise le prochain morceau au sujet d'"Excited", Vieux Farka Touré rebondit dessus et tente en anglais de faire une blague, mais se noie au milieu de sa phrase, et finit par éclater de rire. La bonne humeur est communicative. Finalement, l'histoire sera en français avec un Raichel aux yeux ronds qui ne comprend rien. Touré nous raconte donc à quel point il a galéré pour le visa en Israel et se marre en repensant au froid qu'il a dû subir en attendant.



On sent vraiment un concert en deux parties, la première avec des morceaux calmes, avec les musiciens et le public assis. Une certaine émotion retenue, voire une sérénité presque spirituelle. Et une seconde où les musiciens montrent de quoi ils sont capables pour faire exulter ses émotions et surtout celles du public. En particulier quand Vieux Farka Touré se lève enfin et pousse le public à en faire de même et à danser. Il semblerait que la salle, très sage, n'attendait que ce consentement pour se lâcher et profiter des festivités sans inhibition.



Moi qui était venu spécifiquement pour voir Vieux Farka Touré sur scène et évidemment découvrir ses nouveaux projets, je suis surpris par le morceau suivant. C'est Raichel qui est mis en avant cette fois et qui chante en hébreu. La surprise, pour moi, vient en fait du public qui reprend en coeur les paroles. Je réalise alors que les gens sont essentiellement venus pour lui. J'apprendrai après qu'il s'agît du titre Bo'ee (Viens) qui a eu un fort succès en Israël en 2002.




Les musiciens partent et le rappel ensuite ne concerne que les deux têtes d'affiche. Bien que le concert était riche à la fois en finesse, émotion, complicité, chaleur... pour ce titre, on sent la fatigue sur le visage des deux compères. Raichel précise en anglais que ce dernier morceau est également le dernier de leur tournée. Malheureusement ce dernier ne me convainc pas. j'ai l'impression qu'ils se sont forcés à le jouer pour contenter le public et le au revoir est bref. C'est dommage, auraient-ils dû s'arrêter un morceau plus tôt, quand le plaisir était encore là? De toute façon cela ne gâche en rien le reste du concert et gardé chaleureusement en mémoire.

Vieux Farka Touré : les dernières chroniques concerts

Henry's Funeral Shoe + Vieux Farka Touré + The Agitator + Honkeyfinger (Les Nuits de l'Alligator 2010) en concert

Henry's Funeral Shoe + Vieux Farka Touré + The Agitator + Honkeyfinger (Les Nuits de l'Alligator 2010) par Pierre Andrieu
La Coopérative de mai, Clermont-Ferrand, le 27/02/2010
Avis de tempête blues rock 'n roll world sur l'Auvergne en ce samedi soir, après un vendredi plutôt chaud avec Araban & Friends... Pour le passage de la caravane 2010 de... La suite

Espace Julien -Marseille : les dernières chroniques concerts

Skip The Use + Parade en concert

Skip The Use + Parade par Zulone
Espace Julien, Marseille, le 04/03/2020
Mercredi 4 Mars 2020, l'espace Julien est plein à craquer... Petits et grands de tous âges confondus sont là ce soir pour voir et re re revoir les Skip The Use. Le groupe a plus de... La suite

EPMD en concert

EPMD par Sami
Espace Julien, Marseille, le 26/02/2020
Les amateurs de rap US sont gâtés ces dernières semaines avec les passages de Havoc de Mobb Deep, Talib Kweli dans cette même salle, et à quelques jours d'intervalle Das Efx à... La suite

Charlélie Couture en concert

Charlélie Couture par G Borgogno
Espace Julien, Marseille, le 14/12/2019
C'était la troisième fois où je voyais CharlÉlie. Je l'avais vu à l'époque de "Comme un avion sans ailes" (Poèmes Rock, 1981, donc). Et au moment de la tournée "Solo Boys &... La suite

Toy Dolls en concert

Toy Dolls par Griffu
Espace Julien, Marseille, le 03/12/2019
"Marseille ville rock" ? ça fait doucement rigoler... Mercredi 3 décembre, à peine 500 métalleux se pressaient au Silo - pouvant en contenir plus de 2200 - pour accueillir... La suite