Ultra prolifique, le terrifiant songwriter aux allures de psychopathe Bonnie Prince Billy publie un énième disque de country folk décharnée, saisissante et marquée par les affres de la dépression (au dessus d'un jardin peuplé d'étranges personnages presque trop normaux)... .../...

Ultra prolifique, le terrifiant songwriter aux allures de psychopathe
Bonnie Prince Billy publie un énième disque de country folk décharnée, saisissante et marquée par les affres de la dépression (au dessus d’un jardin peuplé d’étranges personnages presque trop normaux)… Toujours très « fraîcheur de vivre »,
Will Oldham se présente dessiné comme un vieillard déplumé sur la pochette de son dernier opus, le très campagnard
Beware. Cet album ancré dans la country classe de Nashville et la folk music (c’est ce que laissaient penser ses
concerts bien roots de l’été dernier… ) est une œuvre qui pourra laisser certains de marbre, effrayés par le côté un peu aride de la chose. Mais si l’on se donne – juste un peu – la peine d’écouter ce recueil de chansons marquées au fer rouge par un sens inné du songwriting entêtant, un talent indéniable pour chanter de manière habitée et une science hallucinante pour incarner véritablement des morceaux fleurant bon le vécu, c’est le « bonheur »... Dès le premier titre, ce sera une sorte d’épiphanie pour les fans du sieur Billy :
Beware your only friend rentre immédiatement dans le classement des meilleurs morceaux du monsieur. Et après ? C'est pareil ! On se laisse gentiment porter par un flot de sentiments que seule la country folk non commerciale peut procurer. Les histoires sinistres, désespérées (mais pas désespérantes, au contraire !) et agitées par des soubresauts émotionnels que raconte
Bonnie Prince Billy, on y croit à fond, et l’on se laisse prendre par ce brillant storyteller (irrémé)diablement attiré par le côté obscur. Sachant écrire des morceaux parfaits pour toucher le fond en beauté, profiter un peu de l’ivresse des profondeurs abyssales du spleen et remonter (ou pas) en meilleur état mental à la surface, l’ex
Palace se crée pas à pas une place au panthéon des plus grands musiciens country/folk/blues/rock, aux côtés de
Neil Young,
Bob Dylan,
JJ Cale et
Johnny Cash (qui a repris de manière étourdissante - et avec lui-même aux chœurs - son immense
I see a darkness). Farouchement lugubre tout en restant brillamment lumineux, l’homme s’est ici entouré d’un groupe classieux : chœurs, violon, flûte, pedal steel guitare, percussions, six cordes électriques… Sur
Beware,
Bonnie Prince Billy et ses partenaires rendent justice à des morceaux écrits avec une plume d’une richesse proprement insoupçonnable. Aussi acide, tourmentée qu’ancrée dans un réel qu’il faut vraiment se coltiner. Mouvementée et surprenante, l’expérience
Will Oldham est à poursuivre sur la route des salles de concerts…
A lire également, la
chronique du concert de Bonnie Prince Billy au Printemps de Bourges 2009.
Sites Internet :
www.bonnieprincebilly.com,
www.myspace.com/princebonniebilly,
http://dominorecordco.com,
www.youtube.com.
16 mars 2009 (Domino - PIAS)