Style :
Rock Désormais sur une Major (Mercury Universal), le Canadien francophile Hawksley Workman frappe un grand coup avec son quatrième disque ! Pourtant au début, on avait un peu tendance à tiquer sur le premier single We will still need a song ressemblant un peu trop au premier abord à une (bonne) composition du groupe U2. Sur ce titre, non seulement la guitare sonne comme celle de The Edge mais en plus Hawksley chante comme Bono... Quelques écoutes après, on faisait comme tout le monde : on sifflait cette chanson sous la douche. Hawksley Workman est décidément très fort, il l’avait déjà prouvé avec ses albums For him and the girls (2000), (Last night we were) The delicious wolves (2001) et Almost a full moon (2002) mais aussi avec ses concerts éblouissants quelque soit le lieu (La Coopérative de Mai, Le Festival de Sédières, Le Festival les Côtes du Rock).
Jeune et joli, le Monsieur est en plus doté d’un talent pour composer des morceaux entraînants, intimistes ou flamboyants en se servant de tous les instruments et de – presque – tous les styles musicaux possibles et imaginables. Pour le commun des mortels, c’est un peu énervant ! Mais celui-ci se consolera aisément en se délectant des dernières aventures d’Hawksley en studio : Lover/Fighter. Car les neufs titres (plus les bonus tracks) de cet album sont une sorte de Best Of de ce que Workman a fait de mieux. Difficile de sortir un titre du lot devant un tel étalage de talent… On ne résiste toutefois pas au plaisir de citer Even an ugly man, une vibrante réussite dans le style “ballade pop avec gimmick de guitare”, Wonderful and sad qui émeut grâce à un piano et un chant sobres, ou encore Anger as beauty, un (futur ?) single de rock ‘n’ roll énergisant. On remarque aussi le puissant et accrocheur morceau Tonight romanticize the automobile et la magistrale reprise à la sauce piano intimiste du remarquable Love will tear us apart de Joy Division…
En jouant parfaitement son rôle d’entertainer intelligent sur Lover/Fighter, Hawksley Workman réussit à combiner habillement un coté grand public et une face plus personnelle…
Artiste :
Hawksley Workman Titre :
ALMOST A FULL MOON
Style :
Rock Enregistré il y a tout juste un an, en novembre 2001, cet album d’Hawksley Workman est consacré à Noël. Ceux qui associent cette période honnie à un amoncellement de prêchi-prêcha religieux à but lucratif commencent déjà à fuir… Cet opus est, de surcroît, dédicacé par le petit Hawksley à sa chère grand-mère ; c’est un peu écœurant tous ces bons sentiments !
Passons outre ces considérations pour tenter d’appréhender ces 10 titres enregistrés par le magicien canadien responsable de quelques unes des prestations scéniques les plus enflammées de l’année 2002 (Clermont-ferrand, Vienne, Sédières etc).
Certes, on ne peut pas appliquer le sticker « sex, drugs and rock ‘n’ roll » sur ces dix chansons mais il faut reconnaître que la voix pleine de vie et la verve des compositions de Monsieur Workman sont à nouveau présentes !
Avant d’écouter ce disque on rêvait, comme dans la chanson Hexagone de Renaud, de voir crever étouffés de dinde aux marrons les participants à la mascarade de Noël… Après, on se précipite dans les bois pour couper un sapin, on prépare les décorations le sourire aux lèvres, le tout en priant le petit Jésus ! Comment ça j’exagère ?
Artiste :
Hawksley Workman Titre :
THE DELICIOUS WOLVES
Style :
Rock Quand on a découvert Hawksley Workman sur scène, la première écoute de cet album déçoit un peu car ses concerts sont de mémorables happenings. Si par un hasard fâcheux, il ne réussit pas à percer dans la musique, il pourra embrasser la carrière d’acteur sans aucun problème. En effet, lors de ses prestations scéniques, il saisit la moindre occasion pour improviser, raconter sa vie, se déshabiller (partiellement) et jouer de petits sketchs. La dimension visuelle manque forcément au disque, on ne peut pas y faire grand chose. Peut-être demander la sortie d’un DVD live ?
Après une deuxième écoute attentive, The Delicious Wolves révèle ses multiples facettes. On est séduit par la richesse des arrangements, le côté volontairement kitch, les textes généralement loufoques, la voix capable des vocalises les plus acrobatiques, comme de moments d’émotion minimalistes. Le disque de ce jeune canadien est un génial fourre-tout : il passe allègrement d’un titre glam rock rappelant Bowie à une ballade intimiste au piano, puis il enchaîne par un morceau presque New Wave et poursuit avec une folk song roots. Il faut être très doué pour réussir à aborder autant de styles différents sans se rendre ridicule !
Les chansons de cet album sont produites de manière inventive et riche, il y a beaucoup d’instruments : guitares, vieux piano, trompettes, synthés, porte voix… En général, ce genre de disque est difficilement transposable en concert. Pas pour Super Hawksley ! Il arrive parfaitement à jouer sur scène des chansons aussi riches avec une guitare et un piano, et même parfois, a capella. Le côté outrancier et démonstratif du personnage (qui pourrait énerver) est contrebalancé par un humour ravageur sur disque mais aussi sur scène, où le public est plié en deux pendant la plupart du spectacle. L’auditeur passe des éclats de rire au recueillement, et a l’impression d’être en permanence sur des montagnes russes. Dans une salle de concert ou dans un lecteur de C.D., les amateurs de pop rock trouveront leur bonheur avec Monsieur Workman.