Holden interprète des compositions teintées de jazz, de sons fifties, de rock expérimental et parfois de rythmes calypso, le tout dans une ambiance feutrée et intimiste
Belle affiche ce soir à l'espace julien avec Holden et Mademoiselle K. Pas beaucoup de points commun pourtant pour ces deux groupes qui jouent dans deux registres radicalement opposés.
C'est le groupe Holden qui débute la soirée avec sa pop aérienne. La chanteuse arrive en jupe courte (façon patinage artistique) et chaussette à pois.
J'ai eu du mal à rentrer au début dans leur concert mais à l'enchaînement de leurs meilleurs morceaux du dernier album Charlie, Rosie et moi, ce que je suis ou Madrid, j'etais enfin rentré dans leur univers.
Je m'attendais peut être à des morceaux plus dynamique que sur leur disque.
Ce groupe me rappelle beaucoup le groupe Autour de Lucie surtout pour la voix et la façon de chanter de la chanteuse (qui n'est pas sans rappeller le style de Valérie Leulliot).
Ce concert m'a permis de découvrir quelques morceaux de leurs précédents albums. Ils nous ont fait aussi une reprise sympa du jazzman Sun Ra un peu gospel.
Concert sympa mais certainement plus approprié à une petite salle intimiste.
Apres un entracte assez long : changement radical de style, on passe de la pop jazzy et planante d'Holden au rock rageur de Mademoiselle K.
Si avec Holden on voyageait loin, très loin des tracas quotidiens avec des textes poétiques, ici avec Mademoiselle K on redescend sur terre à la dure réalité et avec le besoin de tout envoyer en l'air.
Le look n'est aussi plus le même, avec notamment sa guitare Gibson SG, sa coupe garçonne et son pantalon en cuir, Mademoiselle K nous apparaît à l'état brut.
Elle enchaîne alors avec plein d'énergie les morceaux d'un 1 er album très réussi et notamment le désormais célèbre ca me vexe qui enflamme le public. Le meilleur moment constitue pour moi l'enchaînement des morceaux à l'ombre et à coté avec des riffs très rock et accrocheurs.
Sur des morceaux plus doux, elle utilise aussi sa guitare sèche (qu'elle nomme Martine). Au milieu du concert, elle se permet un petit slam-poésie sympa sur les cornichons (ou corps nichons) et joue avec le public en scandant des Mars say Yeah !
Le concert mené à toute allure s'achève bien sur par le morceau final de l'album où elle demande : est ce que ça vous a plu ? (après une intro instrumentale un peu trop longue à mon goût). Le public en redemande alors et elle reviendra finalement pour nous jouer une reprise et en profitera pour présenter ses excellents musiciens.
Au final ça nous a plu et on reviendra Mademoiselle K !
>> Réponse (le 25/03/2007 par Seba) Espace Julien - Marseille - 23 mars 2007
La finesse et la grâce des albums d'Holden étaient bien là, vendredi soir. Ce fut une agréable surprise que de voir un .../...La suite
>> Réponse (le 28/03/2007 par alice) GENIAL !!!! J'adore ce groupe ! Une super pêche, une vrai personnalité, des musiciens d'enfer, un vrai talent ! Je .../...La suite
Holden - Interview - 23 Mars 2007 - Marseille Aussi disponibles et sympathiques que leur musique est ambitieuse et sophistiquée, entretien avec la chanteuse et le guitariste, avant leur concert à l'Espace Julien dans le cadre du festival Avec le .../...
Aussi disponibles et sympathiques que leur musique est ambitieuse et sophistiquée, entretien avec la chanteuse et le guitariste, avant leur concert à l’Espace Julien dans le cadre du festival Avec le temps.
Pouvez vous vous présentez brièvement à ceux et celles qui ne vous connaîtriez pas encore ?
Armelle : Mocke et moi avons monté ce groupe, on s’est mis à écrire des chansons il y a neuf ans et on a été signé assez rapidement sur feu le label Lithium et on a sorti peu après notre premier disque « L’arrière monde » puis les choses se sont un peu précipité, on a rencontré Pierre Jean (batteur), Ludo (clavier), Cristobal (bassiste) et c’est comme ça qu’Holden est né.
Plus tard on a sorti deux autres disques sur Le Village Vert, « Pedrolira » en 2002 et « Chevrotine » l’an dernier.
Qui écrit les chansons dans le groupe ?
Armelle : C’est un travail à quatre mains entre Mocke et moi, avant de rentrer en studio on se fait un petit laboratoire musical à la maison, on s’enferme, on écrit les chansons à deux, on a un espèce de système dynamisant et agréable où lui et moi écrivons une partie, et ensuite on les emmène en répetition et on travaille avec les autres musiciens, chacun amène sa patte pour en faire un morceau ‘Holden.’
Les paroles viennent en général avant la musique ou l’inverse ?
Mocke : c’est un peu les deux en même temps, mais en général on a une mélodie en tête et les textes viennent dans la foulée.
Ce qui impressionne dans vos disques, c’est cette façon de marier la langue française avec un format pop très anglo-saxon, es ce que ça a été un postulat dès le départ ?
Mocke : à la base on a pas une culture très chanson française, on apprécie bien sûr mais on a plus écouté de la musique anglo-saxonne, par contre on a avait vraiment envie de s’exprimer en français, de dire des choses dans notre langue.
Le projet est né de là, depuis des années on essaie de faire des choses qui nous plaisent, qui nous ressemble mais dont on ait pas honte (sourire).
Armelle : on est plus influencé par la pop que par la chanson dans le sens où essaie de bosser la voix comme un instrument à part plutôt que pour délivrer des chansons à messages.
Notre façon de travailler c’est un peu des chansons en français mais qui sonnent un peu comme si elles étaient en anglais.
Au départ quand on a commencé en Irlande où on a vécu quelque temps on écrivait en anglais puis quand on a découvert un disque « La fossette » on s’est dit qu’il y avait quelque chose à faire dans ce sens là, des morceaux qui font sonner le français autrement que comme Brassens ou Ferré, avec tout le respect qu’on leur doit, pas envie de faire une musique à papa.
Ce disque ovniesque et libre de Dominique A nous aussi décomplexé par rapport avec ça, et avec le recul je trouve qu’on a eu raison de continuer dans cette voie, c’est peut etre plus dur mais le français peut sonner différemment si on cherche un peu.
Mocke : Un grand a dit : « Qui cherche trouvera » (rires)
Avez-vous été tenté de chanter en espagnol vu votre popularité au Chili ?
Armelle : Oui et en même temps je pense qu’on a la côte là bas parce qu’on chante dans cette langue, pas sûr que Holden leur plaise autant en espagnol.
J’ai fait quelques reprises pour un projet là bas.
Cette relation avec le Chili c’est un gros coup de chance, à la sortie du premier album d’Holden, un couple qui avaient un label nous a découvert par hasard et cherchait à signer un groupe Français sur leur label.
A notre surprise ça a été un gros succès notamment avec le morceau « La machine » sur les radios étudiantes et on s’est mis à faire des tournées là bas, on s’est retrouvé à jouer dans des grandes salles, alors qu’en France on était vraiment confidentiel, c’est par ce biais qu’on a rencontré Uwe Schmidt qui habite à Salvador.
« Chevrotine » est votre troisième album, et le deuxième avec Uwe Schmidt (ndr : aussi connu pour son projet Senor Coconut), qu’est ce qui vous a donné envie de travailler à nouveau avec lui, qu’est ce qu’il vous apporte ?
Mocke : Ca a été une rencontre qui dépasse vraiment le cadre artiste / producteur, on s’est rendu compte lors de l’enregistrement du précédent disque qu’on avait énormément de choses en commun, il apporte toujours le petit truc en plus qui fait sonner nos chansons autrement.
On a collaboré avec d’autres artistes et à chaque fois on se disait qu’il était essentiel à notre son, du coup il sera également de la partie pour le quatrième album.
Entre deux albums vous multipliez les chansons avec d’autres, comme le superbe « A tort où à raison » avec Prudence.
Armelle : On adore collaborer avec des super musiciens, on a toujours des idées en friche.
J’ai chanté, en anglais cette fois, sur un projet expérimental Icalma, également avec le producteur électro Pier Bucci et puis Murat qui nous a invité sur son disque « Lilith » avant de chanter un morceau sur notre album, un personnage super attachant.
Quid du prochain album ?
Mocke : On a quelques morceaux de prêts, on devrait l’enregistrer assez rapidement.
Il sera assez différent dans sa conception, pour la première foison va rentrer en studio sans maquette au préalable, histoire de changer un peu notre façon d’arranger les morceaux, faire quelque chose de nouveau.
Des morceaux comme « Madrid » font un peu penser aux B.O. de Morricone, vous-même êtes cinéphiles ?
Mocke : Je suis plus bouquin mais je conçois que notre musique a des airs cinématiques, on aime bien que notre musique évoque des images, soit un peu onirique.
Armelle : Je suis très cinéphile. On est pas si loin dans notre façon de composer de la démarche d’un cinéaste, créer une ambiance, comme le fait Lynch par exemple, sans chercher à être compris à tout prix mais plutôt à se laisser emporter par les sons.
De toute façon à moins d’écrire un truc bateau il faut accepter que tes textes t’échappent, avec une écriture à tiroirs, à métaphores, autant y aller franchement.
Mocke : Les gens peuvent interpréter ce qu’ils veulent dans nos chansons, trouver leurs propre signification, c’est comme ça que je vois les choses, j’aime bien ne pas toujours tout comprendre.
Même si vos disques ne se ressemblent pas j’ai l’impression qu’il y a un fil conducteur, les thèmes de départ, de manque, de souvenirs reviennent régulièrement. « Une fraction de seconde » qui m’avait bouleversé après une rupture trouve un écho dans « Sur le pavé », elles évoquent aussi les souvenirs de voyage, de « Tunis » à « Madrid » sur le dernier lp.
Armelle : On a tous nos obsessions, ça nous échappe à moitié à vrai dire.
Mocke : Je vois ce que tu veux dire, quelque part tu écris un peu toujours la même chose, l’art d’écrire c’est un peu de déguiser ou décliner la même formule à l’infini, c’est comme ça que je le ressens. Je me nourris de également mes lectures, des idées arrivent par la suite.
Chez Holden le visuel a son importance aussi, des dernières pochettes au très beau clip de « Ce que je suis ».
Armelle : On essaie de bosser avec des gens qu’on aime, c’est l’avantage d’être sur un label indépendant, on a peut être des budgets ridicule comparé à une major mais au moins on décide nous même de qui va s’occuper de l’image.
Joris de Prudence a réalisé notre denier clip, on aime beaucoup son travail.
Pour la pochette ce sont des amis graphistes super compétents à qui on a laissé entière liberté et qui ont apporté ce concept de balles qui allait bien avec « Chevrotine ».
Comment se passe cette tournée ?
Armelle : Super bien, on arrive à la fin, toute l’année dernière, on va repartir au Chili car le 3ème album sort bientôt la bas et en Argentine.
Et puis il y a eu cette apothéose à La Cigale en décembre, avec pas mal de monde sur scène avant Noël, comme Jp Nataf, Albin De La Simone, Bertrand Belin, c’était un peu égoiste au départ d’inviter nos amis mais toute le monde a pris du plaisir que ce soit sur scène ou dans le public.
Te sens tu proche de cette famille musicale ?
Armelle : Oui et non, certains ont été étonné de voir Vincent Delerm ou Jeanne Cherhal qui sont sur un label connoté chanson et à l’univers musical différent mais comme d’autres de cette scène là ce sont des gens qui nous aiment et nous l’ont fait savoir à la sortie du dernier album, on a eu envie de les connaître, quel lien ils pouvaient faire entre notre musique et la leur et ce sont des gens vraiment bien.
Comparé à eux Holden a une place un peu discrète, en dix ans de carrière vous n’êtes pas énormément médiatisés.
Armelle : je trouve notre position pas si naze, l’impression d’un progression permanente, aussi bien dans la presse que dans le public, on a lentement fait notre trou petit à petit.
On est plus inébranlables que d’autres groupes qui font les couvertures des magazines comme les Plasticines qui vont peut être durer mais qui risquent de disparaître du jour au lendemain.
Ca a été long pour nous mais ça dure, quand on rencontre des gens qui nous suivent depuis longtemps, les réactions sont variées et très agréables, on a réussi à avoir notre son et ça nous sert plus qu’autre chose, sans qu’on nous classe dans tel ou tel rayon.
Avec Myspace en plus on découvre qu’on a des fans un peu partout dans le monde.
Sur scène vous faites des reprises comme « Spanish bombs » des Clash
Armelle : Oui on s’amuse bien, sur la réédition de « Chevrotine » on reprend « The boy with the thorn in his side » des Smiths, et sur cette tournée on joue du Johnny Thunders (guitariste des New York Dolls), Wenda Jackson ou du Sun Ra (ndr : grand jazzman cosmique), on a toujours une ou deux reprises sous le coude.
Le mot de la fin pour vos auditeurs marseillais ?
Mocke : On est super content de jouer ici, c’est super populaire, il y a la mer…
Armelle : chaque fois je passe ici en coup de vent, et on a pas pu jouer pour le précédent album donc ça fait très plaisir.
Merci à Nicolas et à Mystic Punk Pinguin
Photos Pirlouiiiit prises lors du concert le soir meme
Holden - 28 Octobre 2006 - Cargo de Nuit (Arles) Une fois de plus, les vauclusiens que nous sommes avons pris la direction d'Arles pour arriver au Cargo de Nuit vers 21h ce Samedi 28 Octobre. Cette fois, la fort sympathique salle de la plus grande .../...
Une fois de plus, les vauclusiens que nous sommes avons pris la direction d'Arles pour arriver au Cargo de Nuit vers 21h ce Samedi 28 Octobre. Cette fois, la fort sympathique salle de la plus grande commune de France accueillait deux groupes emmenés par de charmantes voix féminines.
Première partie : Diving with Andy. Juliette chante et nous raconte ses jolies histoires (de mecs croisés la nuit). Julien et Rémy jouent de la guitare, de la batterie et du clavier. Le tout est plaisant, mais moins convaincant que sur leur très bel album. Même si le résultat n'est pas désagréable du tout (loin de là), ces trois compères manquent sans doute un peu de décontraction (et de bouteille) pour nous faire réellement décoller.Arrivent ensuite Armelle, Mocke, Pierre-Jean, Ludovic et Cristobal, les cinq membres de HOLDEN.
Holden, je connais depuis dix ans maintenant. Leur premier album parut chez Lithium (label mythique malheureusement disparu) au siècle dernier avait été pour moi un choc : des mélodies et une voix envoûtantes, un mélange d'électrique et d'acoustique et des textes intelligents. De la vraie bonne pop à la française.
Holden, c'est (seulement) trois albums depuis ce "L'arrière-Monde" de 1995, mais trois albums de qualité. J'avais une crainte pourtant : ne les aillant jamais vu sur scène, je me demandais si ils arriveraient à rendre leur musique en concert aussi prenante que (attenttion cliché) dans la chaleur d'une petite pièce chauffée par un feu de bois. Une fraction de seconde à suffit à me rassurer : HOLDEN en concert (en tout cas ce soir là), c'est rock'n roll.Armelle arrive comme une (jolie) fille, dans un magnifique maillot de bain 60's (style robe-mini) avec de magnifiques chaussettes à pois et le concert démarre illico.
La section rythmique assurée par Pierre-Jean (le batteur) et Cristobal (le bassiste) est époustouflante d'énergie et de rigueur. Ludo au clavier est à fond. Ces trois là chantent pour nous ou eux même (hors micro) la plupart des morceaux.
Les chansons des trois albums s'enchaînent sans que l'on se rende compte du temps qui passe (trop vite).. et tout est là : les mélodies qui resteront dans la tête les semaines qui suivent, la voix sublime d'Armelle, les textes touchants, la guitare magique de (Monsieur) Mocke.. Avec en bonus sur scène l'énergie et la joie (communicative) de jouer des cinq membres de Holden.
Après un concert comme celui là, c'est plus pareil du tout. Je ne serai plus tout à fait ce que je suis.. Et je n'attends pas vraiment autre chose d'un concert !Ils sont encore en tournée dans toute la métropole. Ils seront à Marseille au mois de mars prochain.. Allez les voir ! Réagir à cette critique
Festival Les Femmes S'en Mêlent 2003 - 30 avril au 3 mai - Le Café de la Danse, Paris L'édition 2003 du festival Les Femmes S'en Mêlent a été une véritable réussite ! Dans le cadre intimiste du Café de la Danse, le public a pu découvrir chaque soir trois femmes promises à un avenir .../...
L'édition 2003 du festival Les Femmes S'en Mêlent a été une véritable réussite ! Dans le cadre intimiste du Café de la Danse, le public a pu découvrir chaque soir trois femmes promises à un avenir radieux... Voici les compte-rendus de ces concerts jour par jour :
Holden + Emilie Simon - 6 mai 2003 - Botanique, Bruxelles Salut à tous !!
Hier soir 6 mai, voici donc votre serviteur en route pour le Bota où se tient un concert spécial filles, avec au programme une intéressante programmation électro-pop-rock-chanson .../...
Salut à tous !!
Hier soir 6 mai, voici donc votre serviteur en route pour le Bota où se tient un concert spécial filles, avec au programme une intéressante programmation électro-pop-rock-chanson française. J'étais donc prêt à m'enthousiasmer pour les performances vocales de ces jeunes filles quand làs, en entrant dans la salle, je découvre dans une soudaine vision d'horreur des rangées de sièges bien alignés. Un concert assis, quel crime de lèse-majesté ! Avec en plus interdiction de fumer dans la salle, le bad total... Pour un peu, ça me rappellerai un concert d'Alice Cooper à l'Olympia (à venir dans les Legend Series quand j'aurai le temps) qui s'est déroulé dans des conditions à peu près similaires, c'est à dire limite ascétiques. Je savais pertinament que je ne venais pas voir un concert de punk (ça, ce sera pour jeudi soir), mais de là à être assis... Et encore, j'eu la chance de m'asseoir sur une rangée de sièges mal fixés qui a tremblé tout au long du concert de Holden au rythme du gros tas assis à ma gauche, féru de danse sédentaire. Ah, Linda, douce suédoise souriante d'un après-midi ferroviaire de rêve, où t'es tu donc évanouie ? Pourquoi le hasard ne fait-il pas toujours bien les choses...
Mais laissons-là ces considérations philosophique pour en revenir au sujet qui nous préoccupe, Holden, puisque ce sont eux qui ouvrent les hostilités. Je m'excuse par avance auprès des filles qui liront cette critique ainsi qu'aux plus progressistes d'entre vous, mais ça fait toujours bizarre de voir une nana jouer de la gratte. Qui plus est lorsqu'elle est juchée sur des talons de 10 cm de haut et qu'elle porte une jolie et courte robe noire. Enfin, elle a de jolies jambes pour se faire pardonner, ça va. Côté voix, c'est moins séduisant. Il faut dire qu'elle est bien sous-mixée par rapport à un guitariste solo vraiment trop fort (je parle du volume, vous l'aurez compris) et un bassiste version gros bucheron (du style basses dans la fosse de Bercy, bourdonnantes et désagréables). Le batteur est correct sans plus, pas très imaginatif. Le clavier un peu limite.
Au niveau du style, c'est assez difficile à décrire mais plusieurs influences se font sentir. La plus importante est sans doute celle de Portishead, tant dans la diction de la chanteuse que dans le style des morceaux, souvent assez planants au début puis qui montent doucement jusqu'à terminer à donf. L'autre influence notable est celle de Piaf, même si elle est peut être plus visuelle - robe noire près du corps oblige - que sonore. Celà dit, une ou deux chansons tentent de se rapprocher des paroles et de l'atmosphère de l'illustre aïeule. Mais bon, le son était vraiment trop mauvais et la balance trop dégueulasse (à la fin, le gratteux couvrait tous les autres instruments avec ses solos pas terribles) pour que je leur donne un bon point. Bonne idée cependant : l'écran géant avec un montage de films collant à la musique en arrière plan.
Petite pause, le temps d'une Maes au bar du Bota, puis la miss Emilie Simon entre sur scène. Changement total de décor et d'ambiance, avec bougies sur scène et lumière tamisée, virage électronique aussi puisqu'un DJ remplace la batterie et trois requins de studio (dont un bassiste-contrebassiste-pianiste) nos apprentis sorciers de tout à l'heure. Robe rayée blanche et noire, voix de petite fille et un peu timide, Emilie arrrive sur scène et envoûte directement son public avec de jolies chansons aux textes en anglais ou en français. Electro-pop, ça a du bon ! Surtout quand elle part sur une fantastique reprise de I wanna be your dog des Stooges, dans une vieille ambiance mystique, pour terminer (ô bonne surprise) sous un déluge de décibels électro-rock grâce à la bienveillante disto du gros Marshall du squale n°1. Un vrai bonheur cette reprise, tellement inattendue qu'elle en est encore plus belle. Là, je suis en plein surréalisme, jamais je ne pensais un jour écouter du Stooges assis !!
Le reste du concert est dans la même veine, avec de très belles doubles voix (un des requins est une requine qui chante à merveille) et des ambiances subtiles, teintées de lumières vertes, rouges, jaunes, violettes... Le gratteux assure des arpèges compliqués et le contrebassiste joue de l'archet avec délectation. Deux rappels et une petite heure de show plus tard, le concert se termine mais je reste quand même un peu sur ma faim, surtout quand je vois ce que peux donner (je suis désolé d'insister) I wanna be your dog joué par ce groupe-là...
Conclusion : l'électro pop française c'est bien, mais assis, ça craint ! Et puis y'a encore du pain sur la planche...