Alors que beaucoup d'artistes français traversent l'Atlantique pour enregistrer à Nashville ou à Memphis, Kyle Eastwood fait le trajet inverse. Metropolitain a en effet été réalisé à Paris d'où le titre et celui de cinq pièces de l'album. La raison première est son envie de .../...

Alors que beaucoup d’artistes français traversent l’Atlantique pour enregistrer à Nashville ou à Memphis,
Kyle Eastwood fait le trajet inverse.
Metropolitain a en effet été réalisé à Paris d’où le titre et celui de cinq pièces de l’album. La raison première est son envie de collaborer avec des artistes français,
Manu Katché (batterie),
Eric Legnini (claviers),
Camille (chant) et le trompettiste allemand
Till Brönner. Il a déjà sorti trois albums avant celui-ci dont l’indispensable
Paris Blues en 2004. Depuis il a composé la musique de trois des films de son père :
Million Dollar Babies,
Lettres d’Iwo Jima et
Gran Torino.
Le son n’a rien à envier aux productions américaines. La contrebasse de
Kyle Eastwood est de plus en plus puissante au fil des albums. Elle survole davantage les débats que dans ses albums précédents où le saxophone (
Paris Blue) et l’association sax/claviers (
Now) étaient dominateurs. Sur
Metropolitain, point de saxo ou presque. Les dialogues ont lieu le plus souvent entre
Kyle Eastwood et
Till Brönner, certainement un des trompettistes actuels les plus influencés par
Miles Davis. Le fait que l’album soit co-produit par
Erin Davis (également un « fils de ») consolide cette sensation de mimétisme.
Une composition de Brönner,
Bold Changes, le sommet de l’album, laisse tout de même la parole à mon instrument préféré. La trompette et le saxo s’y bal(l)adent exquisément clés dessus pistons dessous. Le point de départ d’une pièce est souvent une ligne de basse bien groovy sur laquelle
Eric Legnini,
Till Brönner et
Manu Katché donnent libre cours à leur feeling. Les deux premiers s’entendent à merveille sur
Samba de Paris, le troisième s’éclate sur
Hot Box.
L’album a été enregistré en quatre jours et mixé en cinq sous la houlette de
Michael Stevens son complice de toujours, certains morceaux ayant fait l’objet d’une seule prise, ce qui laisse augurer des performances scéniques de qualité. L’album
Paris Blue est selon moi plus abouti et plus propice à la découverte de
Kyle Eastwood. Mais le titre
Bold Changes vaut à lui seul l’achat de
Metropolitain.
(Candid Reports, 2009)