Accueil Chronique de concert Kyle Eastwood & Band
Jeudi 21 janvier 2021 : 11352 concerts, 25885 chroniques de concert, 5284 critiques d'album.

Chronique de Concert

Kyle Eastwood & Band

Kyle Eastwood & Band en concert

Espace Julien, Marseille 20 novembre 2011

Critique écrite le par

Dimanche soir 18 heures, concert "en matinée" où je me pointe en pur touriste, voire en midinette, un peu en retard d'ailleurs, à une production du Poste à Galène, exilée à l'Espace Julien... Ce que je connais de mieux de Kyle Eastwood, c'est le rôle de gamin qu'il a joué dans l'inoubliable Honkytonk Man, magnifique ballade de loser country, ainsi que la musique qu'il a composé pour divers grands films familiaux (Gran Torino, par exemple). Bref ce que je connais de mieux de lui, c'est son Pôpa quoi, qui est mon idole cinématographique absolue, de l'autre côté de l'Atlantique...



Bien sûr, de pouvoir citer au moins 15 bons films qu'il a réalisé, déclamer l'intégralité de la scène de la tombe d'Arch Stanton avec Tuco la Brute, ou encore être allé visiter les endroits de San Francisco qu'il traverse au fil des Dirty Harries, ne me sera pas d'un grand secours ce soir. Mais au moins, je sais pourquoi son fiston joue du jazz : quand il était tout jeune, au début des années 70, les B.O. des films de flic-à-Magnum de son père étaient bourrés de cette musique, qui a donc sans doute bercé son enfance.



Serait-il né dans les 60's qu'il se serait peut-être d'ailleurs lancé, allez savoir, dans la musique cinématographique orchestrale de western spaghetti... Bref pour être clair et honnête, je veux surtout pouvoir dévisager tout à mon aise son grand fiston de 43 ans de Clint Eastwood, le fils de l'Homme, et voir s'il lui ressemble - assez rapidement j'en conclurai que non, pas beaucoup... A ma grande surprise (je suis un peu naïf des fois...), c'est un concert assis. Fort heureusement les retardataires peuvent s'asseoir sur les côtés, pour approcher au plus près du "fils de" qui les intéresse...



Voici donc un groupe de jazz "classique" dans sa formation : piano, 2 cuivres, batterie et un bassiste, un peu plus mis en avant que d'habitude et qui joue presque tout le temps : Mr Kyle lui-même. Cela étant et selon un principe presque immuable, à chaque morceau il y a un moment de soli, où chacun fait son petit (ou son grand) truc pendant que les autres l'écoutent ou l'accompagnent discrètement, avec quelques applaudissements à la fin de ces improvisations. Le leader a l'extrême amabilité d'annoncer les titres avant chaque morceau (le premier était : Marciac), ce qui est bien pratique pour un béotien comme moi ; il baragouine même un peu de français.



Pour Soul Captain, il lache sa contrebasse pour une basse électrique, lui permettant avec son groupe de sortir un son soul & groovy, pas loin des B.O. de Dirty Harry justement : ses doigts virevoltent discrètement sous la mélodie portée par la trompette et la clarinette. Tonic, même topo à peu près, également issue de son nouvel album ; je remarque à l'occasion de la superbe ligne de basse, que sa contrebasse est curieusement courte, comme écrasée du cul, avec une forme un peu zarbi donc.




Je note qu'une partie du public semble s'emmerder poliment, mais peut-être est-ce ainsi qu'on doit se comporter dans un concert de jâââzz ? Il y a en tout cas un type qui au contraire, kiffe à mort et s'agite, tout en filmant la moitié du concert : lui au moins s'éclate ! Moi selon les morceaux, je vais d'un état, à l'autre... Sur scène les soli s'enchaînent avec une belle cohésion, Kyle Eastwood fait par exemple rentrer tout le groupe dans la danse, d'un simple mot murmuré à la fin du sien... Impressionnant !



Cosmo est assez classe, avec basse électrique à nouveau, beaucoup de trompette déchaînée, et un super solo "uniquement au pouce" joué par le fils du héros (je sais, je sais, il doit y avoir un terme technique pour ça : tapping peut-être ?) ; je me surprends à taper du pied, je danserais bien même un peu... tant le mélange piano/basse groove de plus en plus haut. Forcément, avec un pianiste qui ressemble autant à Dexter, on ne peut pas s'ennuyer !



Marrakech a un début oriental assez fascinant, la basse étant jouée à l'archet, en volute autour de bruits de piano mystérieux émis par le pianiste qui trifouille les entrailles de sa bête... mais le titre continue de façon plus classique avec retour à la basse (à 5 cordes, quand même, gros son !). Très joli moment d'émotion du concert, le titre composé pour Letters from Iwo Jima, un splendide thème piano-basse tout simple, et rappelant en outre un film qui est un chef d'oeuvre total... ouaouh !

Andalucia est plus classique, avec une discrète tonalité hispano dans la basse mais un son jazz "normal" qui finit par me perdre... mon esprit vagabonde un peu ("pourquoi, mais pourquoi installe-t-on des vidéosurveillances partout dans mon quartier depuis 2 jours ?", ce genre...). Café Calypso ("composed by la Band") est plus intéressante, avec une louchée de funk dans la basse : très plaisante. Tout autant qu'un énorme solo au saxo alto, et un autre de "Dexter" au piano : ça envoie bien, sur le final !



Après 1 h 30 de concert, on est déjà pas volés (moi j'ai mon compte, disons) mais on aura encore 2 rappels (soit à 12 minutes le morceau, presque une demi-heure de plus !). D'abord un "oldie but goldie" qui s'appelle Big Noise (...something) : en plus de sa ligne de basse furibarde, Kyle sifflote, et le groupe dépote ! Vraiment pas mal du tout. Je n'ai pas saisi le nom du dernier morceau, dernière occasion d'un beau solo de contrebasse "à petit cul" et du trompettiste, quasiment apoplectique sur la fin.



Le groupe fait en tout cas habilement redescendre la pression, avant de nous quitter en douceur après un concert de presque 2 heures... Je sors de la salle en faisant la queue côte à côte avec Mr Eastwood, qui de près est également grand et beau (comme son papa), et qui devise tout simplement avec une dame en se rendant à son stand de dédicaces... Au final donc, un garçon doué et sympathique, qui n'usurpe de loin pas sa réputation, un concert d'intensité parfois inégale mais globalement très plaisant... et un retour à la maison à 20 h 05 : parfait pour un dimanche soir !



Kyle Eastwood : les dernières chroniques concerts

Kyle Eastwood en concert

Kyle Eastwood par Lionel Degiovanni
Salle de l'Etoile de Chateaurenard, le 25/10/2019
Ce soir, direction une salle de concert où je ne suis jamais allé, l'Etoile à Chateaurenard. C'est une salle qui est polyvalente puisqu'elle reçoit autant les concerts que les... La suite

Kyle Eastwood en concert

Kyle Eastwood par jerome
La Coopérative de mai, Clermont-Ferrand, le 03/02/2017
Pour celles et ceux qui seraient venus seulement pour cela, il n'y a pas de doute à avoir, il est bien le fils aîné de... Même allure physique, même nez, même regard, même... La suite

Erik Truffaz + Kyle Eastwood en concert

Erik Truffaz + Kyle Eastwood par Ysabel
Espace Culturel Andre Malraux - Six Fours, le 08/05/2011
Un accueil sur mesure et un concert à guichet fermé pour l'Espace Culturel André Malraux de Six-Fours. La scène est grande et tout est déjà installé en doublon, puisque vont se... La suite

Kyle Eastwood en concert

Kyle Eastwood par Mcyavell
Espace Julien - Marseille, le 08/10/2009
Suite logique d'un album enregistré en France, la tournée de Kyle Eastwood passe par chez nous. Mais les musiciens européens présents sur la galette Metropolitain ne sont pas là.... La suite

Espace Julien, Marseille : les dernières chroniques concerts

Skip The Use + Parade en concert

Skip The Use + Parade par Zulone
Espace Julien, Marseille, le 04/03/2020
Mercredi 4 Mars 2020, l'espace Julien est plein à craquer... Petits et grands de tous âges confondus sont là ce soir pour voir et re re revoir les Skip The Use. Le groupe a plus de... La suite

EPMD en concert

EPMD par Sami
Espace Julien, Marseille, le 26/02/2020
Les amateurs de rap US sont gâtés ces dernières semaines avec les passages de Havoc de Mobb Deep, Talib Kweli dans cette même salle, et à quelques jours d'intervalle Das Efx à... La suite

Charlélie Couture en concert

Charlélie Couture par G Borgogno
Espace Julien, Marseille, le 14/12/2019
C'était la troisième fois où je voyais CharlÉlie. Je l'avais vu à l'époque de "Comme un avion sans ailes" (Poèmes Rock, 1981, donc). Et au moment de la tournée "Solo Boys &... La suite

Toy Dolls en concert

Toy Dolls par Griffu
Espace Julien, Marseille, le 03/12/2019
"Marseille ville rock" ? ça fait doucement rigoler... Mercredi 3 décembre, à peine 500 métalleux se pressaient au Silo - pouvant en contenir plus de 2200 - pour accueillir... La suite