S'il y a bien un rendez vous qui peut être qualifié de rendez-vous du peuple, il n'y a aucun doute qu'il s'agisse de la Fête de l'Humanité. Pour sa 74 éme édition la Fête était, une fois de plus, à la hauteur des espérances, tant sur le plan musical que sur le plan politique. Il faut dire qu'avec un prix ne dépassant pas les 20€, une .../...
S'il y a bien un rendez vous qui peut être qualifié de rendez-vous du peuple, il n'y a aucun doute qu'il s'agisse de la
Fête de l'Humanité. Pour sa 74 éme édition la Fête était, une fois de plus, à la hauteur des espérances, tant sur le plan musical que sur le plan politique. Il faut dire qu'avec un prix ne dépassant pas les 20€, une programmation regroupant des artistes internationaux ainsi que des débats au cœur des préoccupations actuelles, la
Fête de l'Huma est l'événement à marquer d'une croix rouge sur le calendrier.
"On va tous simuler un orgasme ensemble"
Il est 18h30 lorsqu'à la surprise générale
Cocoon débarque sur la grande scène, initialement prévu le samedi il semblerait que le duo français ait échangé de créneau avec les
Wampas. Ce n'est donc que partie remise pour Didier notre roi à tous.
Sur un simple bonjour le concert commence. Lui à la guitare, elle au piano, chacun dans son coin essaye d'occuper tant bien que mal la scène. Il n'est jamais évident d'ouvrir pour un festival, les gens sont peu attentifs, la plupart du temps mous et malheureusement ce ne sera pas
Cocoon qui fera monter l'ambiance malgré plusieurs tentatives vaines. On pourrait penser qu'au moment de
"Chupee" ou encore "
On my way " l'ambiance aurait pu remonter seulement le triste constat qui en est tiré, est que sur scène on bouge plus que dans le public à tel point que certaines personnes préfèrent trouver refuge dans le stand-bar le plus proche. Pour ma part, je laisse le temps à
Cocoon pour montrer l'étendue de leur talent, seulement, après tout juste 40 minutes de set le groupe se retire. Du coup pas de seconde chance pour le duo qui me laisse sur ma faim. Il est certain qu'en festival les sets ne sont pas programmés comme pour un concert anodin mais de là à jouer 40 minutes, c'est léger, trop léger.
"Rythme is Love
Changement radical d'ambiance au moment où
Keziah Jones, accompagné d'un bassiste et un batteur, rentre sur scène. Tout sourire
Mister Jones prend sa guitare et sans plus attendre entame son set. Presque étonné par la foule présente,
KJ n'en perd pas ses bonnes manières et accueille chaleureusement son public, et c'est peu dire, à la fin du troisième morceau
KJ enlève son haut suscitant les petits cris des demoiselles composant le public.
Au niveau de l'ambiance rien à voir avec
Cocoon, le public reprend fièrement les refrains. Entre deux chansons, le poing levé (
fête de l'Huma oblige),
Keziah Jones fait un discours en français assez incompréhensible parlant de liberté et d'amour.
S'en suit une douce ballade. En plus d'être bon guitariste,
Jones est un excellent bassiste, en quelques minutes il l'aura démontré à l'assemblée s'emparant d'une basse avant de se retirer de scène. Il n'aura pas fallu beaucoup d'effort de la part du public pour que ce dernier revienne. A l'image de
Ben Harper, Keziah prend sa guitare qu'il allonge afin de pouvoir jouer tout en faisant du tamtam. Comme un hommage à Hendrix le groupe reprend "
All Along The Watchtower","
Rythim is Love " s'en suit illico presto. Le titre dure et s'achève sur une òla dirigée par le batteur, devançant le départ du groupe.
"La vie est belle, le monde pourri"
Pour le dernier concert de la grande scène difficile d'accéder sur les lieux. Chose peu étonnante concernant
Manu Chao et la Radio Bemba. Le concert n'a pas encore commencé que le public est déjà compressé contre les barrières de sécurité. Il me semble ne jamais avoir vu la grande scène aussi noire de monde. Les lumières s'allument, tout le monde hurle, il faut dire que
Manu Chao n'est pas venu depuis longtemps à la
Fête de l'Huma et qu'il est très attendu.
Casquette sur la tête, guitare en main, le show commence fort avec "
Me Gusta " repris en cœur par l'ensemble du public et "
Politik Kills ". Avec l'énergie d'un môme de 10 ans,
Manu saute partout sur scène, légèrement surpris par le monde présent il ne cesse de remercier les personnes qui ont fait le déplacement. Avec la foule présente, impossible de rejoindre la fosse, le public ne forme plus qu'une masse compacte et homogène. Afin de dissimuler un problème technique
Manu remercie pour la énième fois le public et retire sa chemise avant d'entamer "
Clandestino".
Accueilli par des tonnerres d'applaudissements, il va sans dire que l'ambiance qui semblait déjà avoir atteint son apogée augmente encore un peu plus, lorsque ce n'est pas le public qui s'amuse à slammer c'est une tente qui se monte en deux secondes qui joue les acrobates. Bien que
Manu se produise avec la
Radio Bemba il n'en oublie pas pour autant la longue époque passée avec la
Mano Negra, micro sur le cœur qu'il tape de plus en plus fort simulant les battements de l'organe, ainsi commence "
Mala Vida ". Ce n'est un secret pour personne le
Manu Chao musicien est indissociable du
Manu Chao politicohumain, c'est donc comme tel que ce dernier interrompt le concert pour faire monter sur scène des représentants du peuple sahraouie brandissant fièrement un drapeau du Sahara Occidental, ainsi qu'une militante afin de sensibiliser le public à cette cause que peu connaissent (conflit mêlant le Maroc, l'Algerie, et le Sahara Occidental). S'ensuivent de vifs remerciements de la part des militants au groupe ; "
Merci à Manu, à sa solidarité, à vous Fête de l'Huma, Merci ". Laissant sur scène le drapeau, seul témoin du passage de ces militants, le concert reprend de plus belle avec "
Machine Gun ", un autre titre de la
Mano.
Même lorsque
Manu lâche sa guitare au profil d'une caisse claire les foules restent galvanisées, plus de 90 000 personnes s'entassent, se montent dessus, pour essayer de profiter au mieux d'un des plus merveilleux concerts qui ait été donné sur scène grande scène depuis des années. Entre chaque titre une petite dédicace de la part de l'ex leader de la
Mano Negra "
Merci Paris, avant de partir une petite dédicace à tous ces politiciens qui nous mentent !". Comble de l'ironie le groupe reprend à sa sauce le thème des Temps Modernes, avant de finalement se retirer en ajoutant "
La vie est belle, le monde pourri "
Malgré un début de soirée plutôt mou, à la façon d'un pyromane,
Manu Chao, accompagné de la
Radio Bemba, a su embraser la grande scène. Ce n'est pas que
Cocoon ou
Keziah Jones n'étaient pas à la hauteur, c'est juste que
Manu Chao est l'un des plus gros monuments du Rock français, et que cette réputation qui se confirme toujours un peu plus à chaque représentation. Néanmoins il est regrettable qu'une partie du public n'ait pas pu profiter pleinement du spectacle à cause du manque de place, la
Fête de l'Huma serait elle victime de son succès ?
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