Peter Von Poehl / Kid Francescoli - 1 juin 2007 - Poste à Galène Marseille L'an passé, on nous avait promis brièvement le beau et lunaire Peter Von Poehl en première partie d'Emilie Simon, avant de démentir. On s'est consolé depuis en écoutant régulièrement son très bel album, ainsi que le dernier Delerm, qui comporte 3 à 4 chansons superbes - précisément et comme par hasard, celles orchestrées par P von P... Très déçu .../...
L'an passé, on nous avait promis brièvement le beau et lunaire Peter Von Poehl en première partie d'Emilie Simon, avant de démentir. On s'est consolé depuis en écoutant régulièrement son très bel album, ainsi que le dernier Delerm, qui comporte 3 à 4 chansons superbes - précisément et comme par hasard, celles orchestrées par P von P... Très déçu par Cocorosie la veille (salle trop grande, mauvais son et public infect), on espère aussi se refaire plaisir et l'arrivée sur le splendide Illinoise de Sufjan Stevens (voire chronique par ailleurs), sonne comme un bon présage.
Kid Francescoli s'emploie fort bien à changer nos idées, en première partie, déployant sans son groupe une pop mélodieuse et raffinée. Avec de longues plages instrumentales, parfois pré-enregistrées, et des voix douces, il fait penser par moments à Grandaddy, et parfois même, mais oui, à Peter von Poehl et à ... Cocorosie. Il alterne le jeu de guitare (en boucles qu'il enregistre), mélodica, xylophone et Korg... rien de complètement fou mais de la bien belle ouvrage.
Tout seul et se disant très content d'être là, il semble toutefois trop concentré par l'enjeu pour vraiment prendre du plaisir. Il produit néanmoins du trip hop mélodique avec notamment un Final Team qui m'a fait penser à Archive. Une musique finalement très cinématographique, grâce à un vrai sens de la mélodie - j'ai beaucoup ce que vous faîtes, jeune homme ! D'ailleurs les autres gens aussi : il fera même un rappel avec une chanson de Troy Von Balthazar, qui évolue en effet dans la même veine, et quittera un public conquis. Qui a dit que les français ne savaient pas faire de la belle pop musique ?
La transition sera assurée par des bruitages doux et lents, pendant que les roadies (dont l'étoile montante Cabwaylingo !) installent la scène. Peter Von Poehl, un grand gaillard mince et aussi beau blond que prévu, ne laissera pourtant le soin à personne d'accorder ses guitares électriques, acoustiques et autres ukulele - bon point qui me permettra déjà de lui voler une photo avant son concert !
Le groupe composé de 4 personnes (dont un batteur flegmatique qui ressemble à Bowie dans sa période mod) commence par un air de pop-rock agréable, avec de l'harmonica. Puis déjà un beau moment : Travelers qui me fait penser à Air et sur laquelle la voix aérienne fait merveille, et Scorpion Grass et ses cuivres délicats.
Vient ensuite, après une intro baragouinée en plutôt bon français, l'histoire de la Fée des Dents (Tooth Fairy) qui commence étrangement ici par sa partie II, et au fil du concert, plusieurs chansons que je ne connais pas (peut-être des compositions plus anciennes ?). Le public est rapidement sous le charme et chante de bonne grâce quand le grand Peter le lui demande. Un air dont j'aurais aimé connaître le titre déploie un son un peu post-rock : grosse basse et guitare, du Sigur Rös dans le texte, j'adore !
C'est alors qu'il se lance seul dans une reprise d'une chanson "que nous connaissons sûrement" : la mélodie et le rythme étant recomposés totalement, il faudra toutefois écouter les paroles pour reconnaître le pourtant célébrissime HeartBreak Hotel - reprise riche et passionnante en somme. Le concert continue sur son nuage avec un air jazzy seul à la guitare et à l'harmonica (mes notes disent "superbe", au risque de me répéter), puis une exubérante musique sufjanesque, puis sur un autre air qui figure sur l'album, avec des cuivres en avant.
La chansons que j'attendais, comme beaucoup apparemment, était tout de même The Story of the impossible, très joliment exécutée même si (commme lors de passages télés que j'en avais vus), l'Himalaya vocal que représente le mot "impossible" est toujours ... impossible à passer (il avait pourtant réussi sur album !) La fin reprise en chorus par le public et en final très rock consacre ce qui est incontestablement le tube du groupe ! Peu importe alors que M. Von Poehl se sente obligé de raconter des histoires étranges de temps à autres en remuant ses grandes mains : nous sommes partis avec lui et prêt à le suivre où il nous emmènera !
Where the Tea Trees Are, autre tube et voix qui donne le frisson - ce mec est un cador, c'est bien volontiers qu'on partira se perdre dans l'espace avec lui (Lost in Space) : déjà 50 minutes de voyages et l'on ne les a pas vues passer, à regarder osciller ses belles mèches blondes : je suis très étonné quand il présente déjà ses musiciens, après un très beau moment a capella, pour faire mine de filer - le public lui fait rapidement comprendre qu'il n'en est évidemment pas question...
Voici donc en rappel la Tooth Fairy, Part I et ses choeurs mélancoliques - décidément cette dame est plus inquiétante que la petite souris qui, si je me rappelle bien, me glissait une pièce quand je perdais une dent il y a environ un quart de siècle. Autre reprise qu'on qualifiera d'intéressante (à partir d'une matière pourtant basique) : Can't get you out of my head, tube pop de sinistre mémoire, qui a squatté les radios au delà du raisonnable sur un refrain en onomatopées que même le plus crétin des staracadémiciens n'aurait pas osé chanter... Bref même ça, chanté par Peter von Poehl, et bien c'est chouette !
Nous ayant quittés presque comblés (quoi que ce fut trop court, comme tous les concerts un peu magiques), le grand blond nous laisse en pension son clavier qu'il a appellé Charlie O. et l'on comprendra rapidement pourquoi : il videra efficacement la salle en jouant, en totale autarcie, des mélodies rappelant incontestablement le mythique moustachu qui animait "Tournez Manèges" ...
Je ne sais pas combien de temps il a joué ni comment on a réussi à l'éteindre - pour ma part je n'ai tenu que 10 minutes, mais je suis rentré enchanté : voilà un grand artiste en studio (je parle de PvP bien sûr !), qui tient en outre toutes ses promesses en scène. A la réflexion il eut été dommage de ne le voir qu'en première partie ! Vivement les Eurockéennes où l'on espère bien recroiser sa route d'étoile montante des songwriters.
Devant un public beaucoup moins jeune et agité qu’au Parc des Expos, Marie Modiano débute le concert programmé à l’Aire Libre, un joli théâtre situé non loin du Parc des Expos, avec une belle série de chansons folk pop chantées en anglais. Rien d’extravagant ou de très original, mais une présence douce et séduisante, une joli voix grave (mais capable d’aller dans les aigus) et des titres qui tiennent la route. La belle et discrète jeune femme est très influencée par Marianne Faithfull, et donc par les morceaux folk des Rolling Stones… Sa voix rocailleuse évoque sa glorieuse aînée, et ses titres font souvent penser à ceux signés Jagger/Richards… Rien d’étonnant donc à se que la fille de l’écrivain cher à Vincent Delerm (cf le titre Le baiser Modiano) reprennent As tears go by, dans une version dépouillée…
Peter Von Poehl :
Quelques instants après, le Suédois blond comme les blés Peter Von Poehl a présenté son univers captivant dans une version luxuriante parfois un peu déconcertante… Accompagné par une section de cuivres, des chœurs, une section rythmique et un organiste (l’excellent Charly O), l’auteur compositeur interprète venu du froid propose une musique tranchant radicalement avec ses premières prestations live en solo. Les morceaux présents sur le très bon album Going to where the tea trees are restent excellents et poignants, mais l’on regrette parfois une batterie trop martelée… Toutefois, il est impossible de ne pas se laisser emporter par la vague de bonheur mélancolique déclenchée par le très drôle (entre les morceaux) Peter… Car ce personnage singulier et lunaire racontant des histoires un peu bizarres écrit des classiques intemporels, du genre de ceux qu’auraient pu écrire Nick Drake, John Lennon ou Paul Mc Cartney. En apparence, il n’y a souvent rien d’extraordinaire ; mais si l’on prend comme exemple The story of impossible, l’on se retrouve avec un morceau s’insinuant progressivement dans l’esprit, sans doute un titre promis à accompagner une vie entière. Une mélodie imparable et aisément sifflable, une atmosphère cotonneuse, une chant en apesanteur véritablement saisissant, il y a tout, absolument tout dans ce titre magique… Comme Travelers, Going to where the tea trees are, Tooth fairy et A broken skeleton key sont de cette trempe là, le public passe un moment délicieux couronné par de nombreux rappels. Le dernier d'entre eux permet d’assister à un très beau duo avec mademoiselle Modiano sur un classique de Phil Spector interprété jadis par les Righteous Brothers : I think you lost that loving feeling. Comme le dit lui même Mister Von Poehl : « C’est triste… mais c’est beau ! »
CSS :
Difficile de redescendre sur Terre après au Parc des Expos dans une ambiance hystérique et radicalement différente de celle de l’Aire Libre. Après un nécessaire temps d’adaptation, les Dj survoltés de The Glass DJ’s réussissent à mettre à température adéquate avec leur set composé de hit rock prévisibles, mais réjouissants : Girls and boys de Blur, Prodigy etc etc. Puis les furies brésiliennes de CSS montent sur scène et l’on se retrouve embringué dans une orgie électro punk totalement communicative. L7, Le Tigre, Joan Jett et Beyoncé participant à une partouze musicale, voilà à quoi l’on pense en écoutant Cansei de Ser Sexy. Ces jeunes personnes montées sur ressort et leur compositeur de batteur/guitariste délivrent une musique ultra festive, furieusement dansante et ultra rock ‘n roll. En un mot, détonante ! Les hit électronico rock mâtinés de pop se suivent et se ressemblent : on ne peut que céder aux volontés de cette troupe bigarrée formant ne machine de guerre scénique imparable. Fatiguées d’être sexy les CSS ? La traduction du nom de leur groupe est incompréhensible pour le commun des mortels : garçons ou filles, ils sont nombreux ceux qui aimeraient partager un moment à batifoler avec ces femmes dégageant une énergie et une joie de vivre hallucinantes. Comme le dit leur hit : Let’s make love and listen from death above… Une autre fois peut-être ? Ah oui !
Keny Arkana :
Juste à côté, Keny Arkana met en transe un Hall 4 rempli à ras bord, enthousiaste et suspendu à ses lèvres. Si l’on est content de voir une jeune femme d’origine étrangère reprendre le flambeau du rap revendicatif, on ne peut pas dire que la prestation de la jeune marseillaise nous ait convaincu. Les textes sont quand même très démago et cliché, et le passage reggae avec son acolyte rappeur passant à la guitare est à la limite du ridicule. Certains ont pensé à Tryo (rires). Reste le hit survolté et marquant - La rage - où l’intru est percutant… Sur ce titre, là aussi un peu convenu au niveau du texte, on pense à une version 2006 de NTM, en moins puissante toutefois. Mais Keny Arkana débute, et elle a le temps de s’aguerrir…
Kaiser Chiefs :
Dans la catégorie rock de stade idiot destiné à faire la bringue, les Kaiser Chiefs font référence… Et l’on comprend immédiatement pourquoi : leur rock à la limite du putassier est servi brûlant, avec un humour et une énergie que beaucoup doivent leur envier… Les grosses tanches insipides de Razorlight par exemple. « Bonsoir Paris, oups Rennnnes ! », le ton est donné, ce soir c’est parti pour la déconne avec les Kaiser Chiefs et leur inénarrable leader, provocateur et chauffeur de salle, Ricky Wilson. Une bronca joyeusement anti parigo après, les Kaiser Chiefs peuvent dérouler leur set aussi carré que branleur, à base d’hymnes aux textes volontairement crétins. Les tubes débiles, parodiques et irrésistibles se succèdent à un rythme effréné. Eveyday I love you less and less, I Predict a riot, Na na na na naa (un titre réussissant l’exploit d’être plus pauvre au niveau du texte que le déjà très au ras des pâquerettes De doo doo de da da de Police !) et Oh my god remettent en mémoire le très enlevé album Employment… Les nouveaux titres sont, quant à eux, du même acabit : synthés sirupeux et kitsch, guitares hurlantes, voix entre mielleux et vociféré, énergie high voltage… Un grand n’importe quoi évoquant parfois les très déjantés Art Brut (en moins bien quand même). Tout cela se finit par un monumental bain de foule pour le chanteur des Kaiser Chiefs, acclamé par un public en ébullition, ravi par la présence scénique et le charisme du leader du combo britannique.
Justice :
Présence scénique, charisme, voilà deux mots qu’on ne peut employer pour décrire le set du très branché duo de DJ parisiens Justice dans un hall 9 plein à craquer. La scène est vide, à part une immense croix blanche éclairée aux stroboscopes, les deux acolytes très influencés par Daft Punk (et coachés par le manager de… Daft Punk) font semblant de tourner des boutons en levant les bras sur l’avant scène… Et tout le monde danse en hurlant, c’est vraiment trop cool ! Sauf que la musique électronique teintée de rock et lacérée de larsens de Justice n’est pas excessivement originale… En tout cas, elle est souvent incroyablement dansante, c’est déjà ça… Mais à la longue, il faut avouer que l’ensemble se révèle un peu long et rébarbatif, si l’on n’est pas ivre mort et gavé de pilules d’ecstasy. Et puis c’est vrai que l’impression d’assister à une grand messe du Ku Klux Klan, avec 8000 ravers en extase devant une croix, n’est pas très excitante… Surtout si l’on compare avec le mirifique show best of de Daft Punk aux Eurockéennes de Belfort cette année. Fort d’un unique EP et d’une réputation sans doute un peu surfaite, Justice est capable de créer des titres renversants, mais il va falloir faire quelque chose pour la scène…
Malgré cette relative déception, on quitte les Trans Musicales de Rennes avec une belle provision de sons, et l’énergie nécessaire pour affronter les frimas de l’hiver 2006/2007. On devrait entendre parler l'année prochaine de nombre de groupes ayant illuminé ces Trans 2006. Comme tous les ans donc…
Peter Von Poehl + Phoenix - 13 octobre 2006 - Victoire 2, Montpellier Affiche alléchante et pourtant quelle ne fut pas notre déception !
Salle comble à guichets fermés, public jeune, très jeune, venu en grande partie pour les Versaillais de Phoenix, groupe rare sur scène en France, encore plus dans le Sud, ce concert était en soi un évennement, mais la sauce n'a pas pris, ce qui en fit (mais ce n'est que mon avis & .../...
Affiche alléchante et pourtant quelle ne fut pas notre déception !
Salle comble à guichets fermés, public jeune, très jeune, venu en grande partie pour les Versaillais de Phoenix, groupe rare sur scène en France, encore plus dans le Sud, ce concert était en soi un évennement, mais la sauce n'a pas pris, ce qui en fit (mais ce n'est que mon avis & celui de mon amie) une soirée à demi ratée...
Heureusement Peter Von Poehl a sauvé la mise, en tout cas la sienne et sans aucunes difficultés. Très à l'aise sur scène, seul avec sa guitare ou accompagné de ses 3 musiciens, l'ex AS DRAGON très convaiquant avec son premier album "Going to where the tea..." l'est encore plus face à un public. Douceur, émotions, mélodies touchantes, une voix décompléxée, mais le set fut trop court, pas de rappel malgré un public conquis, Peter très humble préférant laisser la place à Phoenix... Aïe !
Leur prestation fut horriblement décevante, le groupe préféra apparamment jouer la carte de l'énergie, enchainant de nombreux titres extraits du dernier album mêlés à quelques anciens dévoilant quelques moments (instants) de répis. Tout le charme mélodique des guitares et des voix qui font la qualité de ce groupe se retrouva noyé sous un rouleau compresseur déroulé par un batteur type "lapin Duracel" et un percu-clavier (inexistant le pauvre) qui finalement desservaient la formation au lieu d'y ajouter quelques couleurs ou finesses en plus, pour un volume sonore largement trop au dessus. A noter que Phoenix est un groupe à l'origine sans batteur, alors forcément quand il en embauche un pour le live, il s'en donnent à coeur joie, mais à quoi bon si c'est pour massacrer tout le charme de leur répertoire ? Réagir à cette critique
>> Réponse (le 20/05/2007 par laura) salle victoire 2 - 13 octobre 2006 je ne suis pa du tout d'accord, ce concert était génial, une très bonne ambiance qu'a mis le groupe phoenix et lui seul, .../...La suite
Thomas Dybdahl + Peter Von Poehl - 2 juin 2005 - La Boule Noire, Paris
Une soirée réservée à tous les amoureux de pop, folk, country, soul et rock...
Excellente soirée à la Boule Noire pour tous les amoureux de pop, folk, country, soul et rock avec Peter Von Poehl en première partie, puis Thomas Dybdahl et son épatant groupe en tête d'affiche... La soirée avait été placée dès le départ sous le signe de la .../...
Une soirée réservée à tous les amoureux de pop, folk, country, soul et rock...
Excellente soirée à la Boule Noire pour tous les amoureux de pop, folk, country, soul et rock avec Peter Von Poehl en première partie, puis Thomas Dybdahl et son épatant groupe en tête d’affiche… La soirée avait été placée dès le départ sous le signe de la classe puisque le Suédois Peter Von Poehl - un proche de Bertrand Burgalat et AS Dragon - avait charmé son auditoire avec ses morceaux de folk doux murmurés d’une voix cristalline et ses tentatives réussies de folk rock orageux. Avec une voix exceptionnelle (l’ombre de Nick Drake plane), de bons morceaux, sans oublier un contact à la fois drôle et touchant avec le public, Peter Von Poehl n’a pas besoin de « partenaires » autres que ses fidèles guitares (une acoustique, une électrique) et son harmonica. C’est dans le dépouillement le plus total qu’il séduit quasi immédiatement, et jusqu’à la fin de sa prestation…
La voie royale était donc toute tracée pour le très doué Norvégien Thomas Dybdahl et ses excellents musiciens... Comme ses chansons, légères comme l’air, sont superbement écrites, la musique du songwriter venu du froid ne tolérerait pas un groupe lourd ou énervé. En lieu et place d’un backing band disparate composé de professionnels absents, il a donc recruté de véritables modèles de finesse : chaque intervention de Pedal steel Guitar, d’harmonica, de vibraphone, de percussions, de basse, de batterie et d’orgue Hammond est un véritable ravissement pour les oreilles. Dans ces conditions (très favorables), le leader du groupe peut tout à loisir dévoiler l’énorme potentiel de sa voix en or (évoquant un Jeff Buckley sobre, avec énormément d’âme dans les cordes vocales) en croonant ses morceaux, ou en les susurrant avec une sensualité presque insupportable (demandez aux filles des premiers rangs ce qu’elles en pensent). Le classieux barbu (il porte un costard du meilleur effet, comme le reste de la troupe d'ailleurs) s’accompagne parcimonieusement et très finement avec sa fidèle Fender Telecaster. En face d’un tel étalage de talents divers et variés, le baromètre personnel du spectateur oscille donc entre le très beau, le sublime et le magnifique. Il n’y a rien en dessous… En plus, notre homme est manifestement ravi d’être là, de retour à Paris après un concert au Nouveau Casino qui lui laisse un souvenir impérissable, et ça se voit. Tout cela respire la passion et la joie de communier avec son auditoire ; celui-ci, très attentif pendant les morceaux, n’hésite pas à chanter en chœur à l’invitation des musiciens, et c’est un véritable bonheur à entendre. On en vient presque à croire que Thomas Dybdahl possède des pouvoirs surnaturels : son public chante divinement bien, au bon moment, en rythme et, ce qui ne gâche rien, juste… C’est très beau. Après avoir présenté les morceaux de folk rock mâtinés de country et gorgés de soul de ses deux excellents disques publiés en France, …that great october sound et Stray dogs, Mr Dybdahl accorde deux rappels, durant lesquels il joue, entre autres, une chanson magique, One day, you’ll dance for me New York City, qui laisse pantois d’admiration. Ne t'inquiète pas trop Thomas : après avoir envoûté Oslo, Paris et de nombreuses autres villes, il serait vraiment très étonnant que tes compositions laissent New York de marbre…