Toute résistance est inutile, rendez vous ! Essayer de ne pas se laisser emporter par la déferlante heavy rock ourdie par les quatre (faux) frères Datsuns est tout simplement vain, on le savait déjà depuis leur premier passage à la Coopérative de .../...
...depuis leur premier passage à la Coopérative de Mai en mars 2003... Mais même en étant prévenu et parfaitement mis en condition par une bandes de jeunots franco Anglais Canadiens doués pour le heavy rock - les survoltés
The Elderberries,bénéficiant désormais d'un répertoire de compositions désireuses d'en découdre avec l'héritage de
Led Zep et
AC/DC -, dès l'arrivée des
Datsuns sur scène, on a la terrible impression qu'un troupeau de bisons néo-zélandais (çaexiste ?) nous piétine la tronche sans aucune précaution ! La troupe, hystérique dès sa sortie des loges, inflige un
Get Up ! de circonstance à un public nombreux, jeune et motivé ; si
Matt Datsun reste placide tout en cognant quandmême ses fût avec virulence, les deux guitaristes -
Phil et Christian Datsun - rivalisent de rapidité pour enchaîner riffs, solos et poses rock ‘n roll,
Dolf Datsun - le charismatique chanteur bassiste - se chargeant d'hurler comme unpunk électrocuté, à la grande joie de l'assistance.
Voilà le décor est planté, c'est parti pour une heure vingt à fond déclenchant cris, pogos et slams (auxquels participent d'ailleurs joyeusement les
Elderberries). Même sicertains solos sont un peu trop démonstratifs et si le seul titre lent (
What I've lost) vient comme un cheveu sur la soupe, les
Datsuns ont composé en à peine deux albums une sorte de best of absolument imparable de heavy punk rock :
Lady (furibard et violent),
Harmonic generator (tout simplement imparable),
MF from hell (qui donne envie d'aller pour de bon en enfer),
Blacken my thumb (le nouveau single, conçu pour réveiller les morts),
In love(ah, ces chœurs !),
Messin' around (et son riff très
AC/DC)
Transistor (une face B du niveau d'un single)... Chaque titre semble élaboré pour permettre à chacun d'avoir son moment de bravoure : riffs heavy (pour rendre dingue),solos titanesques (pour choquer le fans de garage punk un peu coincés), batterie survoltée (pour monter dans les tours) et bien sûr un chant gueulé avec conviction (pour achever les derniers survivants). La combinaison de tous ses éléments, auquelson pourrait ajouter un sens du spectacle inné et un enthousiasme communicatif, suffit à engendrer un show du Tonnerre de Dieu.
Celui-ci se termine avec un titre ultra rock au refrain fédérateur : un
Freeze Sucker d'anthologie, étiré aumaximum en solos (un peu trop virtuoses mais finalement assez drôles) et breaks bien placés. A la fin, Dolf et Phil se jettent dans la foule pour rejoindre leurs fans déchaînés, laissant une charmante blonde s'occuper de la basse. Les Datsuns sontdéfinitivement à éviter (sur disque et sur scène) si vous souffrez de tension artérielle élevée : votre cœur pourrait bien lâcher devant une telle incitation à l'hystérie collective...
A consulter également : une
interview de The Datsuns, les comptes-rendus de leurs concerts à la Coopérative de Mai et aux Eurockéennes de Belfort 2003, les chroniques des deux puissants disques des Datsuns, ainsi qu'une chronique d'un concert des Elderberries Aux quatre vents...
(Photo Jean-Pascal Blache, mars 2003)
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