|
|
|
Style :
Pop - Rock
Vitalic, outre un concert raté mais paraît-il enthousiasmant pour cause de grosse fatigue aux Eurockéennes, ce fut d'abord pour nous un clip phénoménal : My Friend Dario (visible sur vitalicokcowboy.com)... une grenade dégoupillée ! Rencontre au sommet entre une chanteuse lookée à la Kill Bill, 3 cheerleadeuses atomiquement sexy et 3 affreux métalleux pratiquant un air guitar/bass/drums à hurler... Instantanément décérébré par ce tube, on se retrouva malgré soi à faire pareil devant sa télé.
C'est donc animé du meilleur pressentiment que l'on écoute le premier LP de Pascal Arbez aka Vitalic, jeune DJ nantais fort doué qui a su efficacement rebondir sur la vague mollissante des Chemical Brothers (coincés dans une boucle répétitive depuis la fin du 20e siècle) et autres Daft Punk en pleine dégénérescence régressive.
Première surprise : My Friend Dario, délire électro-rock catchy et jouissif, n'est pas la meilleure chanson de l'album, loin s'en faut, ni même la plus énervée. Après Polkamatic qui démarre en douceur mélodique, on comprend à qui on a affaire dès Poney part 1 : Vitalic c'est d'abord de la techno aggressive et séminale, qui trouve son pic avec La rock 01, une tuerie à faire danser un CRS en faction, avec sans doute le vrombissement le plus addictif entendu depuis The sound of big babou de Laurent garnier. Constatant l'effet de ce morceau au casque et à jeun (on perd le contrôle de son corps dès la 2ème minute), on est comme pris de vertige en s'imaginant l'entendre en live (à Paris on a pu confirmer qu'en effet ça cogne du slip) et sous l'emprise de psychotropes...
Mais Vitalic est aussi un malin qui, à l'instar du bricoleur de génie qu'était Moby à sa première époque, a retrouvé la formule de l'électro "émouvante" : des titres évocateurs comme The Past ou Trahison, mixant habilement vieux sons de synthé old school et vrais instruments, qui déclenchent une réelle émotion, presque une mélancolie !
Si certaines chansons sont banales voire vaguement agaçantes (No fun ou wooo par exemple), elles sont largement compensées par des déferlantes sonores comme Newman, ses voix torturées au vocodeur et sa ligne de basse/guitare vrombissante, digne de la jilted generation de Prodigy, ou encore le bijou sonore poney part 2, ou même u and i qui ressemble à du Kraftwerk légèrement accéléré. En queue d'album, un dernier tintamarre de percussions de batucada, certes hors sujet mais assez phénoménal lui aussi.
On l'aura compris, entre ceux dont la techno se répète et ceux dont elle est devenue trop intello pour réellement déclencher l'enthousiasme, il y a un espace étroit mais incroyablement prometteur, qu'on pourrait appeler le futur de la techno, et c'est Vitalic qui s'y est glissé ! Chaudement recommandé pour mettre le feu à votre cerveau et à vos dance-floors : on a pu le confirmer après un énorme live à Rock en Seine 2005 !...
(Play It Again Sam 2005) Signature :
Philippe
Page Web Conseillée : www.vitalic.org |
 |
 |