Tiens quelle surprise : Eric et Jean-Phi sont venus voir Emilie Loizeau....ah ouhai? moi je ne connais pas, je venais juste voir Agnès Bihl!
La salle est en configuration "assise", arrivés parmis les premiers, on se choisit une super place au 3eme rang, face à la scène...
A 20h30 c'est parti!

Les musiciens d'Agnès Bihl rentrent en scène. Tous vétus de noir, un à l'accordéon, un autre à la guitare et le troisième à la contrebasse... Ils changeront d'instruments au fil du concert, jouant des percus, du violoncelle...

Agnès Bihl apparait, telle une petite lutine blonde, vétue de bottines rouges et d'une robe noire et rouge à fleurs : le ton est donné : ce soir ce sera textes engagés, percutant, dérangeants, mais avec bonne humeur s'il vous plait!
Agnès Bihl ne fait pas de prouesses vocales, elle chante-parle ses textes aux paroles bien trash, comme sur Viol au vent, sur des mélodies parfois légères.
Elle finira ce morceau en nous recitant les 5 premiers articles de la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme. Jean-Phi est conquis! Il faut dire que l'émotion d'Agnès transparait clairement.
Elle a l'art de chanter des vérités crues, voir des horreurs en souriant... elle semble pourtant parfois au bord des larmes.
Elle fait rire le public avec I'm a poor lonesome callgirl et La complainte de la mère parfaite.

Et puis elle recommence, elle envoie du bois qui écorche, plein d'échardes, avec Touche pas à mon corps, chanson sur l'inceste. La scène est obscure pendant ce morceau, juste une lumière venant de la scène et éclairant le public, un moyen de nous prendre à partie, de faire en sorte que le public se sente vraiment concerné par quelque chose qu'il ne faudrait plus caché... Avec Agnès Bihl, nous ne pouvons pas être d'innocents spectateurs! Cette femme veut réveiller en nous la fibre humaine, citoyenne, responsable dont nous sommes tous pouvus... plus ou moins!

Elle fait mine de partir, mais le public la rappelle, alors elle revient nous faire un morceau de son prochain album, a capella, le No flouze blues...Encore un beau programme en perspective!
Merci flag' pour les photos d'Agnès Bihl.
Emily se fait un peu attendre, les techniciens et les musiciens s'activent sur scène... Il faut dire qu'il y a du matos! Entre autres : 3 guitares, une batterie, un piano désossé et enrichit de pleins d'instruments de percussion, un violoncelle, une basse et des cages à oiseaux en bois...
La lumière sur scène s'éteind...les cages à oiseaux s'éclairent...
Les notes de Le coeur d'un géant retentissent et c'est le début de la plongée en apnée dans cet univers de contes et de légendes qu'est celui d'Emily.
Tour à tour elle monte sur une estrade, genre de scène réhaussée, dont elle se sert comme d'une percus à pieds, elle tape sur une peau tendue, elle joue du flutiau...
Une vrai femme orchestre entourée de 4 excellents musiciens qui forment un choeur majestieux.
Les voix occupent tout l'espace, on voit nettement la différence entre ces deux chanteuses présentes ce soir : Agnès Bihl dont la musique est surtout là pour servir des textes engagés, et Emily Loizeau chez laquelle les voix, les textes poétiques ne font qu'un avec la musique... Imaginez et ajoutez à celà des petites onomatopées à la Camille (en moins répétitives quand même...) et vous voilà à l'Espace Julien avec nous!!
Certains morceaux comme Coconut madam ne sont pas sans rappeler l'univers de certains albums de Tom Waits dont elle reprendra Come on up to the house.
Durant ce concert j'ai eu l'impression d'être à la fois dans un cabaret des années 40, à la cours des rois du Moyen age (ça c'était quand le guitariste a pris sa mandoline!) où elle était une princesse attendant son prince charmant-grenouille, sans parler de ces moments où on s'imagine dans une foire avec de gentils freaks et une musique fanfaronnante.
Malheureusement elle finit par s'en aller, aprés un rappel devant la salle qui s'est levée pour l'applaudir. Une véritable ovation pour ce talentueux volatile, qui l'a bien mérité!
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