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Blue Oyster Cult + Uriah Heep

Blue Oyster Cult + Uriah Heep en concert
L'Olympia Paris   6 septembre 2009

4 étoiles, bon concert


Jaime



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    Reprise de la saison des pèlerinages en ce doux mois de septembre, et c’est en direction de Paris et de l’Olympia que la procession me mène, pour un concert initialement prévu au mois d’avril, mais reporté à ce dimanche 6 septembre en raison d’une sombre histoire de fruits de mer avariés ou d’escalier et de clavicule, je sais plus très bien, mais toujours est-il que nous voici à la soirée de gala Uriah Heep / Blue Oyster Cult organisée par, entre autre, le Harley Davidson Club.

    Bon, le terme de gala me semble également approprié vu le prix des places, mais au regard des tarifs pratiqués de manière générale pour l’ensemble des concerts, nous nous trouvons malheureusement dans la fourchette, certes haute, mais classique, des sommes à débourser pour un fugace instant de bonheur.
    Ceci dit, près de 14 ans que le B.O.C n’avait pas posé ses valises à Paris et 15 ans, si j’ai bien compris, pour Uriah Heep. Juste un rappel. Je suis fan invertébré, euh invétéré, du premier, raison pour laquelle le compte rendu de leur show sera largement plus complet que pour celui d’Uriah Heep, mais je laisse le soin à un fan de bonne volonté de ces dernier d’y apporter sa contribution.

    Le dernier passage de à Paris remontait au 14 décembre 1995 à l’Elysée Montmartre et un fort mécontentement populaire à l’encontre du gouvernement en place de l’époque m’avait alors fait rater le concert. Pas de train, pas d’Huître, comme dit le proverbe. Et les prestations du groupe, si elles sont nombreuses aux Etats Unis, restent plus qu’éparses dans nos contrés. Néanmoins, la tournée Française effectuée à l’automne dernier était venue réparer cette grande injustice en proposant quelques dates dans une partie du territoire, ce qui m’avais permis d’assister à un bon (bon) show à l’Usine d’Istres.



    Uriah Heep

    Et ce soir, ce sont deux co-head liners auxquels nous avons droit, jouissant chacun d’1h30 de jeu dans une salle de l’Olympia quasiment pleine, mais en configuration fauteuil. D’ailleurs, après plusieurs concert dans cette salle, et pas vraiment de musique de chambre à dire vrai, je n’ai toujours pas bien compris pourquoi les fauteuils étaient toujours de rigueur alors que, au bout de 45’ seconde de concert, le public se met généralement debout et s’agglutine devant la scène. Ça éviterait au moins d’avoir des mots avec la sécurité les premières minutes. Enfin, il doit sûrement y avoir une explication rationnelle mais elle m’échappe. Et ne me parlez pas de la moyenne d’âge, les vieux ça bougent encore… Mais si quelqu’un peut m’éclairer…

    Enfin. Bref.

    C’est donc Uriah Heep qui se voit donc débuter cette soirée. Je ne savais pas trop à quoi m’attendre, je l’avoue, ne connaissant que leurs premiers albums mais surtout en n’ayant aucunement suivi leur carrière ni m’être préoccupé de leur show, légèrement refroidi par le fait que, du groupe originel, ne subsistait qu’un seul membre, à savoir Michel Boîte, plus connu sous le nom de Mick Box. C’est vrai que j’ai tendance à être attentif aux line-up, considérant qu’il est nécessaire d’avoir quelques garanties pour que le nom, le son et l’esprit du groupe ne soient pas complètement trahis. Le Uriah Heep d’aujourd’hui n’a plus grand chose à voir avec celui du début, mais une partie de ses membres perpétue néanmoins sa musique depuis plus de 30 ans, alors, quand même, ouvrons nos oreilles. Et nos yeux. Le look tout droit sortie des 80’s du chanteur, Bernie Shaw, est un véritable régal : cheveux longs blond, bottines, pantalon cuir avec la petite poche pour le coutelas remplacé pour l’occasion par le micro et petit chemise près du corps moulant le petit ventre. Et un chant impeccable. Comme le dît une charmante dame juste à coté de moi : "il est encore mangeable". Moi, j’ai rien à rajouter à ça. Si ce n’est que j’ai vraiment apprécié leur prestation. Je met de coté leur style musical auquel on adhère ou pas selon les goûts, mais j’ai trouvé qu’ils dégageaient une bonne présence sur scène et que leur set était particulièrement énergique. Bien sur, Mick Box n’est pas vraiment un guitar-hero, mais ça n’enlève rien, pour ma part, à la qualité de l’interprétation. Le groupe a, à priori, joué une bonne partie de son dernier album ainsi que quelques incontournables tels que, Sunrise, July morning, Gypsy, Look at yourself, sans oublier Easy livin’ et Lady in Black en rappel, transformant la place en club med géant, le public reprenant à gorge déployée les "la lala lalala lalala, laaa lala la lala la". J’aime ces morceaux et j’ai passé un très bon moment, je le confesse.

    Mais je confesse aussi être venu pour la seconde partie de la célébration à laquelle je voue un culte sans modération, sans mauvais jeu de mot. Et c’est donc, après une petite demi heure d’entracte à discuter avec quelques collègues dans la place, l’entrée en scène de Blue Oyster Cult.

    Arrivée pépère.

    On vient, on branche les instruments, on fait quelques réglages.

    Petite surprise, pas de Rudy Sarzo à la basse ce soir mais le retour de Danny Miranda, venu dépanner le groupe pour quelques gigs. Pour le reste, la formule "classique" actuelle avec Jules Radino à la batterie, le fougueux Richie Castellano à la guitare et aux claviers et bien entendu les deux dépositaires du label d’origine contrôlé B.O.C, j’ai nommé Buck Dharma et Eric Bloom.




    Blue Oyster Cult


    "From New York city : BLUE OYSTER CULT !!" eructe le roadie...

    Et nous voilà plongé dans le son.
    The Red and the Black.
    Before the Kiss.
    Bon, première sensation après ces deux morceaux, j’ai du mal à rentrer dans le concert. Aïe. Je sais pas, je trouve que Buck n’est pas encore dedans, que ça manque un poil de fluidité, la sauce me semble avoir du mal à prendre. Je m’inquiète. Le garçon s’est il remis de sa mauvaise chute ?

    Mais la suite du show va rapidement dissiper mes appréhensions, et ce, dès Burnin’for you. Buck chante toujours aussi bien et ses doigts semblent avoir retrouvé leur dextérité. Je reconnais, avoir un énorme faible pour les chansons qu’il interprète. De fait, depuis plusieurs années, la voix de Bloom s’étant très largement dégradée, une grande place lui est laissé, équilibrant ainsi, voire soulageant, Eric dans les efforts que représente le chant.

    S’ensuit le traditionnel Cities on Flame with R’n’R, suivi par les deux première bonne surprise de la soirée dans la setlist, à savoir Harvest Moon issu d’Heaven Forbid, et The Vigil, de l’album tant décrié qu’est Mirrors.
    Harvest Moon, qui représente sans doute l’une des meilleures compositions de l’album sus nommé, va nous permettre d’admirer à nouveau le jeu de Richie Castellano dans un duel de guitare avec Buck de toute beauté. Il faut tout de même signaler que ce petit jeune apporte un souffle et une fraîcheur énorme au sein du groupe, tirant vers le haut l’ensemble de la troupe et, par son jeu de guitare assez époustouflant et son énergie communicative, oblige Buck à rester au niveau et surtout affûté dans ses solos.
    The Vigil représente une chanson que j’ai toujours profondément aimée, malgré une production sur album pas du tout à la hauteur de par sa platitude, ne la mettant vraiment pas en valeur. Mais en concert, mes amis, c’est une autre paire de fesses, je vous le dis. Quelle joie de pouvoir l’entendre et prendre sa pleine mesure, toute en beauté et en finesse.

    La messe reprend ensuite sa trame classique avec le Buck’s Boogie, occasion de voir, si cela s’avérait encore nécessaire, l’agilité de Buck sur son morceau de libre expression, puis ME 262 chanté par un Bloom qui me semble tout de même un petit peu usé. Bien sur, ce n’est en rien nouveau, mais je me dis que le poids des années, et des tournées commence à peser, et pas seulement sur la voix. Mais ne nous méprenons pas, car l’aspect "posé" de Bloom, qui peut parfois laisser penser à de la fatigue, n’est en rien de l’absence. Le Monsieur est là, et bien là, s’exprimant souvent au travers de petit trait d’humour entre les chansons, tout en introduisant la suivante.

    Troisième bonne surprise de la soirée : Stone of Love sortie du dernier album studio qui commence d’ailleurs à dater soit dit en passant, et que je n’avais bien entendu jamais eu l’occasion d’ouïr en live. Comme tout les morceaux de Buck, j’ai craqué sur celui-ci lors de la sortie de l’album et pouvoir en entendre une version en concert justifie amplement, avec les précédentes "surprises", le déplacement sur Paris.

    Ma joie se prolonge avec Black Blade, que je ne me lasse pas d’écouter et se poursuit avec Then Came the Last Day of May qui voit, là aussi, s’exprimer Richie Castellano au travers un superbe solo. Bon, je dois tout de même avouer que j’aurais bien apprécié, en lieu et place de cette dernière chanson, un petit I love the Night par exemple, parfois jouée sur cette tournée, histoire de varier les plaisirs. Tant pis, tant pis. Ça ne sera pas pour ce soir.

    Mais nous nous rapprochons de la fin de la cérémonie et c’est le tour de d’envahir nos oreilles, occasion pour moi de faire mon malin avec mon tee-shirt vert et rose de Godzilla/Praise the Lord sorti pour l’événement. C’est également le moment pour le groupe et Danny Miranda de rendre hommage à Queen dans lequel ce dernier a notamment joué, en proposant quelques uns des riffs les plus célèbres de la Reine, puis à Jules Radino de nous faire le traditionnel solo de batterie. Bon, j’ai déjà fais plusieurs aveux et confessions dans cette chronique mais, pour ne pas m’arrêter en si bon chemin sur la voie de la rédemption, je doit dire que Godzilla et son solo de batterie me fatiguent un peu à l’usage. Mais, c’est comme ça, un concert de B.O.C sans Godzilla, ça n’existe pas, c’est dans l’ordre des choses.

    Et comme l’ordre de l’univers est immuable, c’est ensuite un Don’t Fear The Reaper, introduit par un petit solo aérien de Buck, qui vient clore cette belle soirée musicale avant, bien entendu, l’inévitable et traditionnel rappel.

    Celui-ci sera d’ailleurs l’occasion de voir Eric Bloom, clin d’œil à l’organisation du concert oblige, arriver sur une Harley comme au bon vieux temps et enclencher sur un Born to be Wild du ‘Wolf toute en hargne. J’ai tout de même eu un sourire en entendant l’Olympia reprendre le refrain à plein poumon, ne pouvant m’empêcher de me demander si être né pour vivre libre était compatible avec des places de concert assises à 80 €… mais n’ayant pas le temps de me lancer dans un débat philosophique avec moi même, j’ai opté pour faire comme tout le monde, à savoir chanter, et profiter des petit pas de danse à la Chuck Berry exécutés de concert par Bloom et Dharma.

    Et comme le temps imparti à nos favoris n’était pas tout à fait écoulé, nous eûmes droit en unique cerise sur le gâteau, à un Hot Rails to Hell chanté par un Castellano tout électrifié et déchaîné, confirmant tout le bien que je pensais de lui. J’aimerais d’ailleurs beaucoup entendre un album studio du B.O.C où il apparaîtrait, histoire de voir si sa créativité et son énergie se traduisent également sur disque. A suivre, peut être…

    La sortie de l’Olympia s’est donc effectuée avec un large sourire, et nous pouvons tout de même remercier les organisateurs pour cette affiche qu’il est plus habituel de voir chez nos voisins Allemands que par chez nous. Deux grands groupes pour une soirée, la messe est dite.

    And the Joke’s on You

    Amen.


    Signature : jorma
    le 16/09/2009
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