Critique de concert Giedre + Têtes Raides

Exceptionnellement ce n’est pas à l’Usine mais au théâtre de la colonne de Miramas que s’est tenu l’un des gros concerts du trimestre organisés par l’association Scénes et Ciné. Ce vendredi 12 mars le temps était aux aboies et pourtant… Compte tenu de la dimension ubuesque de l’une et la grandeur théâtrale de l’autre, tout était au mieux dans le meilleur des mondes pour paraphraser Pangloss.

Mise en abyme avec Giedre. Jeune pousse printanière de la chanson française. Mais ne vous fiez pas à l’allure candide de la jeune midinette. En dessous de sa robe rouge à carreaux et de sa chevelure blonde se cache le minimoi (en l’occurrence le minielle) de Didier Super. Textes acerbes, tatous pulvérisés en trois rimes, mélodies aguicheuses tout est prévu pour provoquer rires, indignation et envoutement.

De la jeune fille qui se prostitue à la façon de ranger au mieux bébés et cornés de glace miko dans le congélateur. Giedre ne fait l’impasse sur aucune des images les plus ignobles de l’actualité du 21 éme siècle. Une catharsis jubilatoire qui laisse pourtant moult interrogations sur l’état mentale de la chanteuse. Au centre d’une pelouse garnie de champignons et autres canards, Giedre ne se démonte pas et récolte les applaudissements du succès d’une prose parfaitement régurgitée ! Un moment décalé, hors du temps et des mœurs, bien trop court mais tellement plaisant ! Giedre l’affirme, le chante et le provoque "mieux vaut en rire que s’en foutre".


Ambiance diamétralement opposée avec la seconde partie de la soirée. Les Têtes raides et le cœur mou. Si le public s’est enfin levé l’ambiance n’en reste pas moins réservée. Bien loin du punk dans le quel Christian Olivier et sa bande avait habitué le public quelques années auparavant, la chansonnette entraine mais ne défoule pas. Le théâtre de la colonne devra attendre plusieurs titres, avant, qu’enfin, ses spectateurs commencent à rentrer dans l’ambiance.

Les textes, pour le moins évocateurs, dressent un portrait factuel de la société contemporaine. Un côté engagé maintes fois évoqué et partagé avec " So Free", "Attention", " Les artistes". Malheureusement les Têtes Raides piétinent rarement mais piétinent quand même dans des paroles mielleuses. Qui s’estomperont rapidement avec la poignante reprise de "La vie c’est pas du gâteau" de Mano Solo.

Set classique oblige, 3 rappels rythmes plus de deux heures de show aux titres régulièrement entendus dont le fameux "Leçon n°6" et "Vincent ". Un concert sans grande surprise pour les connaisseurs des Têtes Raides. Néanmoins plaisant, divertissant et généreux. A l’image du groupe.

Signature : bobyle 25/03/2011
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