Critique de concert L'Homme A Tête De Chou

Alain Bashung a enregistré une version inédite d’un des albums les plus cultes qui soit, L’Homme A Tête De Chou de Gainsbourg.
Une chaise de bureau comme seul élément de décor au centre de la scène. C’est la chaise de Bashung. Il aurait dû l’occuper et déambuler assis à travers la scène pendant les danses. La bande-son de sa voix était juste terminée lorsque Jean-Claude Gallotta apprit, un soir de mars 2009, que la chaise serait vide. Les quatorze membres de sa troupe défilent l’un après l’autre et rendent hommage en saluant, chacun à sa manière, au siège inoccupé.
Et puis on entend sa voix, qui resta merveilleuse jusqu’au bout. Va-t-elle rendre fidèlement le texte original ?
Ca commence mal : "Je suis l’homme à LA tête de chou". Ce sera le seul frisson négatif de la soirée avec plus tard "Festival DE Woodstock". C’est mon côté obsessionnel. On ne touche pas à un texte de Gainsbourg. Bashung y compris. Mais il fait bien claquer les [k] dont l’allitération est un ingrédient essentiel de la musicalité de l’œuvre.

Une chorégraphie sur ce texte ? Ma curiosité est grande. Comment illustrer par la danse des paroles aussi crues, aussi pornographiques ? Gainsbourg y fait rimer carlingue avec cunilingue, les couplets de Marilou Reggae vont du coquin (ci-dessous) au porno :
Quand Marilou danse reggae
Ouvrir braguette et prodiguer
Salutations distinguées
De petit serpent katangais
et l’apogée est atteint sur Flash Forward :
Elle était entre deux macaques
Du genre Festival à Woodstock
Et semblait une guitare rock
A deux jacks
L’un à son trou d’obus, l’autre à son trou de balle crac !
Jean-Claude Gallotta évite brillamment l’écueil. Il a choisi ce texte et l’assume, sans se dérober. De la nudité, oui, mais point de vulgarité.
On s’amuse au début à chercher qui parmi les danseuses campe Marilou, qui parmi les danseurs est l’Homme à Tête de Chou. La réponse apparaît vite : aucun en particulier et tous à la fois.
Lorsque Marilou arpente nue la scène, slip aux chevilles, on se dit que Gainsbarre aurait adoré ça. Comme il aurait apprécié la simplicité du décor, un fond noir, tout simplement.
Seule une nuance de rouge à la fin, une guitare, jouant symboliquement le rôle d’extincteur et accessoirement de cache-sexe à une Marilou titubant.
Gainsbourg aurait-il aimé la bande-son ? Probablement. Les plages écrites par Denis Clavaizolle pour permettre aux danseurs d’évoluer respectent la rythmique originale, l’instrumentalisation est brillante. Celle qui conclut Flash Forward est même surprenante d’intensité avec les aigus des guitares.
Les réorchestrations ne font pas crier au blasphème, loin de là. Elles sont influencées à la fois par le rock et le classique comme la musique de Gainsbourg, parfois même à la limite de la musique expérimentale pour Premiers Symptômes avec la trompette inventive d’Erik Truffaz.
C’est splendide sur la scène, c’est beau et émouvant dans les enceintes avec davantage de nostalgie encore lorsque Bashung dit le sublime texte de Variations Sur Marilou :
Là-dessus cette Narcisse
Se plonge avec délice
Dans la nuit bleu pétrole
De sa paire de Levi's
Bleu Pétrole était son dernier album. Ceci était sa dernière participation à une œuvre.

Une chaise de bureau comme seul élément de décor au centre de la scène. C’est la chaise de Bashung. Il aurait dû l’occuper et déambuler assis à travers la scène pendant les danses. La bande-son de sa voix était juste terminée lorsque Jean-Claude Gallotta apprit, un soir de mars 2009, que la chaise serait vide. Les quatorze membres de sa troupe défilent l’un après l’autre et rendent hommage en saluant, chacun à sa manière, au siège inoccupé.
Et puis on entend sa voix, qui resta merveilleuse jusqu’au bout. Va-t-elle rendre fidèlement le texte original ?
Ca commence mal : "Je suis l’homme à LA tête de chou". Ce sera le seul frisson négatif de la soirée avec plus tard "Festival DE Woodstock". C’est mon côté obsessionnel. On ne touche pas à un texte de Gainsbourg. Bashung y compris. Mais il fait bien claquer les [k] dont l’allitération est un ingrédient essentiel de la musicalité de l’œuvre.

Une chorégraphie sur ce texte ? Ma curiosité est grande. Comment illustrer par la danse des paroles aussi crues, aussi pornographiques ? Gainsbourg y fait rimer carlingue avec cunilingue, les couplets de Marilou Reggae vont du coquin (ci-dessous) au porno :
Ouvrir braguette et prodiguer
Salutations distinguées
De petit serpent katangais
et l’apogée est atteint sur Flash Forward :
Du genre Festival à Woodstock
Et semblait une guitare rock
A deux jacks
L’un à son trou d’obus, l’autre à son trou de balle crac !
Jean-Claude Gallotta évite brillamment l’écueil. Il a choisi ce texte et l’assume, sans se dérober. De la nudité, oui, mais point de vulgarité.
On s’amuse au début à chercher qui parmi les danseuses campe Marilou, qui parmi les danseurs est l’Homme à Tête de Chou. La réponse apparaît vite : aucun en particulier et tous à la fois.
Lorsque Marilou arpente nue la scène, slip aux chevilles, on se dit que Gainsbarre aurait adoré ça. Comme il aurait apprécié la simplicité du décor, un fond noir, tout simplement.
Seule une nuance de rouge à la fin, une guitare, jouant symboliquement le rôle d’extincteur et accessoirement de cache-sexe à une Marilou titubant.
Gainsbourg aurait-il aimé la bande-son ? Probablement. Les plages écrites par Denis Clavaizolle pour permettre aux danseurs d’évoluer respectent la rythmique originale, l’instrumentalisation est brillante. Celle qui conclut Flash Forward est même surprenante d’intensité avec les aigus des guitares.
Les réorchestrations ne font pas crier au blasphème, loin de là. Elles sont influencées à la fois par le rock et le classique comme la musique de Gainsbourg, parfois même à la limite de la musique expérimentale pour Premiers Symptômes avec la trompette inventive d’Erik Truffaz.
C’est splendide sur la scène, c’est beau et émouvant dans les enceintes avec davantage de nostalgie encore lorsque Bashung dit le sublime texte de Variations Sur Marilou :
Se plonge avec délice
Dans la nuit bleu pétrole
De sa paire de Levi's
Bleu Pétrole était son dernier album. Ceci était sa dernière participation à une œuvre.

Signature : mcyavellle 11/05/2011
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