Accueil Chronique de concert Julie Doiron et Herman Düne
Vendredi 20 septembre 2019 : 14583 concerts, 25681 chroniques de concert, 5264 critiques d'album.

Chronique de Concert

Julie Doiron et Herman Düne

Cartonnerie - Reims 25 novembre 2005

Critique écrite le par

Il n'y a pas grand-chose à rajouter aux précédents comptes-rendus -publiés ici - de cette dernière tournée d'Herman Düne. Tout a déjà été dit. Alors il ne me reste qu'à répéter. Répéter que ces gars -et une fille- sont adorables et généreux. Qu'on ne perd jamais son temps à les voir jouer sur scène, même si c'est la xième fois, ou même, si au contraire vous n'avez jamais entendu leur musique, même si pire encore, vous êtes fan de métal ou bien de musette et totalement étranger au folk rock, le style dans lequel s'illustre ce groupe franco-suédois. Si on aime la musique, si on est du genre à siffler sous la douche, ou à vélo, on ne peut pas résister à Herman Düne.



Ces dernières semaines, nos troubadours étaient accompagnés de Julie Doiron, une de leurs nombreuses camarades, qu'ils ont accompagné comme backing-band sur son dernier disque Goodnight nobody. Julie est canadienne et maman tout à la fois. On retrouve dans ses chansons le même mélange de douceur et de tourment qui caractérise les mélodies de Low, d'autres musiciens à bébés. Elle commence seule avec une guitare. Elle est souriante. Elle propose au public, si par hasard il se trouverait parmi nous quelques-uns à connaître son répertoire, elle nous propose donc de choisir les titres qu'elle va chanter. J'aurais bien aimé Le piano, mais je n'ai pas osé. Le piano figure sur Désormais, un album chanté en français (le reste de sa discographie est en anglais). Pas de Piano ce soir, mais Ce charmant cœur, la première piste de Désormais. Cela a beau être en français, on ne comprend pas grand-chose. Les paroles sont susurrées, quelques mots se détachent en pointillé et c'est effectivement charmant. A un moment, elle nous explique l'origine d'un titre, un de ses premiers comme chanteuse solo. C'était après la naissance de son premier enfant, qui a 11 ans aujourd'hui. Trois semaines après l'accouchement, sa première sortie est un concert et sur scène elle découvre, stupéfaite, son ancien groupe (Eric's Trip probablement) avec une nouvelle bassiste. On l'a remplacé dans son dos, elle qui croyait toujours faire partie de ce groupe, elle qui pensait être leur amie. Elle s'interrompt plusieurs fois pendant la chanson pour nous expliquer le contexte. Ca date, la blessure aussi.



Après peut-être huit chansons, Julie convoque sur scène ses copains André, David et Néman pour jouer les titres qu'ils ont enregistré ensemble. Au-dessus de tous, une mélodie crèvecoeur de saison, Snowfalls in november :

When snowfalls this november
It's such a great place to be
And when the snow falls this November
I see you and me


Cette chanson est belle comme une amoureuse qui émerge du sommeil sous la couette et sous vos yeux. André dorlote la mélodie avec des mignardises de sa guitare. Et pour finir définitivement en beauté, Julie annonce un morceau qu'ils n'ont joué qu'une seule fois. Une, deux puis trois notes et c'est un nouveau petit bonheur quand je reconnais Shady Lane, une des chansons les plus difficiles à interpréter de Pavement (sur l'album Brighten the corners) et Julie de nous prouver ainsi qu'elle peut opérer en dehors du registre du murmure, essayez vous-même :

Blind date with a chancer
We had oysters and dry lancers
And the check when it arrived
We went dutch, dutch, dutch...




Après une pause, les mêmes, André, David, Julie, Néman, plus Professeur Schönberg (aka Lori Berg du duo instrumental Berg sans Nipple) reviennent sur la scène du cabaret de la Cartonnerie pour interpréter cette fois le répertoire d'Herman Düne. Le set précédent a été comme un échauffement et les musiciens ont les doigts qui les démangent quand ils retrouvent leurs instruments. David, en particulier, est gai comme un pinson. Il ébauche quelques pas de danse et accompagne au micro une chanson diffusée par les hauts-parleurs de la salle. Il nous informe gentiment que c'est une reprise de Patti Smith.



Ca n'a l'air de rien comme ça., mais cette petite improvisation illustre et résume l'esprit d'Herman Düne. C'est un gang de fous chantant, de toqués du ukulélé dont le sang contient autant de globules rouges que de ré mineurs.



On peut ne pas être emballé par l'intégralité de leurs chansons, mais il est difficile de rester insensible devant l'enthousiasme dont ils font preuve avec une constance désarmante. Je crois que c'est la cinquième fois que je les vois et c'est la cinquième fois que je reste bouche bée de plaisir.



Ce soir, à Reims, ils ont joué sans setlist, au feeling, explorant l'ancien, le nouveau et l'inédit (ensemble ou chacun de son côté, ils sont extrêmement prolifiques). J'entendais certains titres pour la troisième fois et chacun d'eux furent joués dans une nouvelle version, avec un André décidément inspiré à la guitare. On atteint ainsi des sommets sur les pépites de Not on top, leur dernier et meilleur album (attention les autres sont passionnants aussi), Good for no one, You could be a model et le bien mal nommé Not on Top qui contient les lignes suivantes :

I thought i'd never say
That I bought Nevermind and it changed my life
some fifteen years ago
Thought that my little sister
Would have never ever made it out of high school
and be looking for jobs




L'ensemble a duré un peu plus d'une heure et demi. Le public, tout aussi emballé que moi-même, a obtenu une flopée de rappels. Et après un Sunny, sunny, cold, cold day, de frère André, frère David conclut définitivement la soirée par une reprise des Flaming Lips, She don't use Jelly. Royal !

 Critique écrite le 28 novembre 2005 par Bertrand Lasseguette


Herman Dune : les dernières chroniques concerts

Herman Dune + This is The Kit en concert

Herman Dune + This is The Kit par Julyzz
Le Divan du Monde, Paris, le 19/02/2013
Le Divan du Monde est complet ce soir pour accueillir Herman Dune qui remplit l'Olympia habituellement. C'est This is The Kit qui rentre sur scène, ou plutôt Kate Stables... La suite

Herman Dune + Dick Turner en concert

Herman Dune + Dick Turner par mai-lan
Poste à Galène - Marseille, le 05/04/2012
C'était jeudi 5 avril au Poste à Galène. Pour les envies folles de folk, il y avait Herman Dune à l'affiche, çà tombait plutôt bien. Arrivée un peu en avance, dans une salle... La suite

Festival Want : Nevchehirlan + Herman Düne + The Bellrays + Stupeflip en concert

Festival Want : Nevchehirlan + Herman Düne + The Bellrays + Stupeflip par stephane
Etang des Aulnes - Saint-Martin de Crau, le 09/07/2011
Nevchehirlan, Herman Düne, The Bellrays, Stupeflip. Comme première affiche pour un festival qui démarre, on peut déjà se féliciter d'une programmation de qualité et varié. Quant, à... La suite

Herman Dune + Da Brasilians + Turner Cody + Stranded Horse (Festival Mo'Fo 2011)  en concert

Herman Dune + Da Brasilians + Turner Cody + Stranded Horse (Festival Mo'Fo 2011) par Pierre Andrieu
Mains d'Oeuvres, Saint-Ouen, le 30/01/2011
Après deux premières levées de fort bon aloi avec Heavy Trash, Cheveu, Crane Angels, Eldia, Yaya Tova, The Fishermen 3 et Oh! Tiger Mountain, le 28 janvier, puis The... La suite

Julie Doiron : les dernières chroniques concerts

Herman Düne & Julie Doiron (Interview) par Pierre Andrieu
L'Escapade, Clermont-Ferrand, le 28/11/2005
Profession : musiciens passionnés... En ce sinistre et pluvieux jour du mois de novembre, Herman Düne & Julie Doiron "traînent" un peu sur la longue route qui les mène à Clermont-Ferrand, leur arrivée en provenance de Nantes ne se fait donc qu'aux alentours de 19 h 30. On se dit alors que l'entretien (prévu à 19 h) est compromis,... La suite

Herman Düne + Julie Doiron + Labolduc  en concert

Herman Düne + Julie Doiron + Labolduc par Pirlouiiiit
Espace Doun - Rognes, le 11/11/2005
Je vais moi aussi ajouter la mienne au concert de louanges à propos de ce concert magique l'autre soir à Rognes. Apres avoir conduit sur les routes sombres et sinueuses qui... La suite

Julie Doiron par somnuck
point éphémère ( Paris ), le 29/03/2007
Julie Doiron, arrivée le jour même du Canada (un peu fatiguée mais dans un état plutôt euphorique sur l'ensemble du concert ), seule sur scène avec sa guitare, a conquis tout le public du point éphémère. Cela n'a pas été trop difficile dans un cadre aussi intimiste. Elle a enchainé ses morceaux ponctués par ses facéties (notamment quelques... La suite

Herman Düne + Julie Doiron + Labolduc par Guru
Espace Doun - Rognes (13), le 11/11/2005
La soirée se passe à Rognes, et non pas à Aix comme celà avait été annoncé sur le site d'Herman Düne ... Herman Düne à Rognes !!! Bon ok, les franco-suédois sont habitués aux petites salles et ont la réputation d'y être plus à l'aise que dans les grandes, alors va pour Rognes et l'heure de voiture à faire pour y arriver d'Avignon. L'affiche... La suite

Cartonnerie - Reims : les dernières chroniques concerts

Suicidal Tendencies + 22 Below en concert

Suicidal Tendencies + 22 Below par Fabrice Lmb
La Cartonnerie à Reims (51), le 16/04/2017
Un peu de douceur nous était proposée en ce dimanche de Pâques :) . Les légendaires Suicidal Tendencies faisaient escale à La Cartonnerie pour clôturer leur tournée française et... La suite

Ghost + Dead Soul en concert

Ghost + Dead Soul par Fanrem
Cartonnerie à Reims, 106 à Rouen, le 03/02/2016
Finalement, j'ai fait ces deux dates de concert du groupe Ghost qui personnellement succèdent a la Cigale en décembre dernier, et que j'avais adoré (chronique à lire ici). Les... La suite

Stuck In The Sound + Adam Kesher + The Elderberries en concert

Stuck In The Sound + Adam Kesher + The Elderberries par Pascal Power Mondaz
La Cartonnerie, Reims, le 28/03/2009
L'histoire de ce compte rendu du plateau FAIR (The Elderberries, Adam Kesher, Stuck In The Sound) à la Cartonnerie de Reims commence le jour du concert vers 19h30 quand un certain... La suite

Julien Doré par elo
Cartonnerie Reims, le 10/04/2009
Acheté les places sur un coup de tête, un peu stressée de me retrouver avec les jeunes groupies de cet artiste en herbe, mais vraiment pas déçue de ce concert de Julien Doré : tout le personnage était bien présent. L'humour décalé, les reprises, l'auto dérision face au peu d'enthousiasme de la salle et une sacrée présence sur scène quand... La suite