Accueil Chronique de concert Manu Chao + Keny Arkana
Lundi 17 février 2020 : 10711 concerts, 25922 chroniques de concert, 5287 critiques d'album.

Chronique de Concert

Manu Chao + Keny Arkana

Manu Chao + Keny Arkana en concert

Le Dôme, Marseille 1er juin 2008

Critique écrite le par


Peu de gens pourraient nous faire sortir un dimanche soir de lendemain de mariage (aïe aïe), surtout pour aller au Dôme. Mais quand Son Excellence Manu Chao nous fait l'honneur de passer nous voir et de faire un concert officiel (c'est-à-dire pas juste un truc pour ses potes des MTP ou du Bar de la Plaine... ce qu'on apprend toujours après), eh bien on ne peut juste pas rechigner. Rien que par fidélité au bonhomme : après tout je lui dois mon tout premier concert en 1991, quand il animait les MJC avec un légendaire groupe de jeunes salopiots dont l'aventure fut récemment retracée en DVD. De plus ses disques nous accompagnent depuis l'adolescence avec des hauts et des bas - surtout des hauts quand même !


Mais attention, Mèfi... En première partie, on a d'abord rendez-vous, en un pétaradant préambule, avec la Pasionaria locale, la grande Keny Arkana ! Et autant le dire, après l'avoir revue je suis absolument ravi d'avoir écrit tant de mal de sa prestation précédente vue à l'Espace Julien... il faut croire que j'avais eu un bon pressentiment sur sa marge de progression. Car tout, mais vraiment ce qu'on pouvait lui reprocher a depuis disparu !


Voix cassée et diction limite ? Grosse voix limpide et d'une puissance effroyable. Chant approximatif ? Elle a nettement gagné en justesse (comme on dit à la Nouvelle Star). Acolytes omniprésents ? Ils la secondent juste au niveau où il faut, sans plus la masquer. Concert trop long et bavard ? Show resserré et archi-puissant, dès l'entrée sur Dis-Leur on est littéralement cogné au fond du bide, chair de poule en prime !


En plus c'est un bonheur de redécouvrir ses textes, plus guère réécoutées depuis l'autre fois... J'me barre, sa déclaration d'indépendance, doublée de la bouleversante Eh Connard, des larmes plein la voix... Je viens de l'incendie, terrifiante profession de foi où le son est juste ... énorme (il faut dire que l'installation a changé pour basculer enfin dans le 21 ième siècle dans cette salle).


Nettoyage au Kärcher, toujours un formidable pamphlet qui nous permet une catharsis collective contre la sarkolâtrie débilitante qui affecte le pays (les quelques électeurs de droite égarés ici où là ont du se sentir bien seuls dans cette forêt de doigts brandis bien haut...) La Rage du Peuple avec une guitare metal, ça pousse à mort : on pourrait lever une armée, déclencher une insurrection ou même renflouer le parti communiste et la LCR, avec un titre pareil...


Puis la demoiselle joue des titres issus de son dernier disque (que je ne connais pas encore), jolies balades accompagnées à la guitare sèche, au ton apaisé, avant Ils ont peur de la liberté. Elle finit sur 5e soleil, prêche pour redevenir plus humains... Toujours cette sincérité presque naïve mais si pure qu'elle force le respect et vous emporte. D'autant que sa pensée en plus d'être politique (au sens noble du terme) est toujours positive et souvent constructive (N'ayez pas peur de vos quartiers), parfois même écolo (... dernière génération à pouvoir faire quelque chose).


Et puis Keny Arkana, on l'a vue manifester au centre de rétention du Canet, alors on sait que c'est pas que des mots... On ne retombe sur terre qu'après les 55 minutes de cette première partie, totalement bluffé. Mademoiselle, certes dans un monde meilleur vous seriez Garde des Sceaux à la place de certaine radasse en Chanel, mais alors on n'aurait pas profité de votre rap... Alors excellente route à vous !


Manu Chao lui, pourrait carrément ne pas venir quand on voit la clameur que déclenche une de ses chansons, passée sur une scène vide - c'est déjà l'hystérie. Evidemment quand il arrive, c'est encore nettement pire - placés en pleine fosse, on constate avec dépit qu'on ne voit pas grand chose, même en faisant 187 cm de haut, et que ce type devant qui était déjà grand et frisé a en plus l'intention de lever les bras et de sauter tout le concert ... comme si c'était pas déjà le sauna dans la fosse ! Panik, panik, le son est d'abord horrible, El hoyo et l'émeute est quasi-instantanée, même parmi ceux qui se tenaient tranquilles pendant la première partie.


Casa Babylon, et en plus c'est parti pour durer, avec toutes ces chansons qui commencent généralement en reggae et finissent en pogo... Manu Chao pète la forme, les 6 gars de Radio Bemba aussi, ils enchaînent les morceaux sans s'arrêter dans un barnum furibard et par moments presque épuisant. Parmi eux, ceux que j'ai reconnus : Que Ora son mi Corazon (non je n'ai jamais fait d'espagnol, et vous ?), Me gustas tu, nos jambes sont hors de contrôle. Dédicacée à George W Bush, Politik Kills... Occasion de notre seule "bière" au bar (soit au Dôme, toujours de la pisse d'âne servie dans un verre à moitié plein par une harpie, c'est bon de savoir que certaines choses ne changent pas).


On s'aperçoit avec plaisir que de loin sur la partie latérale de la fosse, non seulement on peut danser sans ses voisins et réciproquement, quand on veut, mais en plus on voit plutôt très bien l'animal (certes de 3/4), d'autant que les nouveaux baffles suspendus ouvrent carrément la scène sur les côtés ! Et puis le son y est un poil plus ténu, juste bien pour mieux comprendre les paroles. Benvenida Mi Vida (au fait ce sont des titres retrouvés ou inventés au feeling, non contractuels !), jolie, La carretera plus calme (ça ne fait pas de mal) mais avec une fin qui tabasse quand même. 22 h 10, première sortie, genre c'est fini après 50 minutes, eh oh nous prend pas pour des cònò hein p'ti gars !


C'est en fait juste pour marquer la limite avec une partie plus calme, armée d'un guitariste flamenco de talent, où il va reprendre des titres du début du siècle, tous ô combien délicieux : Clandestino, El Desaparecido, Lacrimas de Oro, Niña (où des briquets s'allument - il y aurait donc des gens qui fumeraient dans la salle ? quelle surprise...). Plus récente mais dans le même esprit hispanique, Me Llaman Calle, où je me demande soudainement si c'est toujours Radio Bemba qui l'accompagne (est-ce qu'ils n'étaient pas franchement plus ... noirs aux Arènes de Nîmes ?) Moins reggae quand il jouaient Mentira ?! Mais vu comme Raining in Paradize déboîte, les doutes s'envolent vite - quoi qu'il en soit on a pas perdu au change ! On avait bien senti dès la première écoute que c'était le tube potentiel de La Radiolina et en effet, ça retourne la tête en live avé la grosse guitare...


Moins speed mais agréable, Que cosa voï di piu ? (au fait, j'ai jamais fait d'italien non plus) et plus pêchu, Tristeza Maleza - au fait ai-je dit quelque part que toute la fosse, toute la salle même, danse à ce stade du concert ? C'est impossible de faire autrement, personne ne contrôle plus ses pieds ni ses bras. Proxima Estacion, Esperanza !, suivie d'une chanson de balloche sud-américaine (Volver ?), et un salut chaleureux que je prendrai pour la fin avant rappel (quel naïveté quand on y repense...). Et puis ce riff qui ouvrait Patchanka et qui me rend dingue depuis l'âge de 14 ans : on l'appelle désormais Radio Bemba (bon, d'accord, c'est surement une partie des mêmes musiciens alors !), furieusement enchaîné avec un Qué Paso ? pied au plancher. 1 h 55, troisième sortie, on y croit de moins en moins.


Retour et solo de percu de l'historique Philippe Teboul, on a bien reconnu ce que je crois qu'on a reconnu ? Putain de dieu, est-ce que cette chanson va donc me faire cet effet toute ma vie ? Mala Vida même jouée (un peu) n'importe comment, j'en ai la chair de poule à l'introduction ! Mais à la réflexion, encore plus sur Sidi H'Bibi qui me foutrait presque la larme à l'oeil tellement elle est belle et bonne ! Et pour le prix, on nous remet une petite rasade de Ra ra ra ra ra ra Radio Bemba, je suis exsangue. Plus une pas identifiée pour présenter les zicos, et voilà encore King of Bongo, puis je ne sais quel reggae pogo pour finir, personnellement je suis mourant.


"A toujours, Marseille !" brâme Manu de sa voix toujours juvénile et claire (mais comment fait-il ?), en nous saluant longuement avant de sortir. Et là j'avoue qu'on a commencé à partir. 2 heures 30 qu'on était là à danser avec lui, on était en droit de penser qu'on avait eu un très beau concert et que c'était fini, en plus la chanson le disait, merde ! Mais la notion de longueur n'existe pas pour le diablotin quand il est lancé... il a fallu revenir en urgence pour écouter une splendide Señor Matanza (extraite de l'album maudit sur lequel il n'a jamais tourné, pour cause d'explosion en vol), ainsi que Maradona - on aurait du se douter qu'on allait pas y couper à celle-là, tiens, en plus y'a un film à vendre !


Après ce déluge de rappels, on pense en avoir fini et on se rappelle avec horreur que le Penguin a parlé de 1 heure du matin. Et en effet, le revoilà encore, le salopard, pourtant trempé de sueur, "Oh Marseille, vous êtes pas fatigués là ?". Et là j'avoue, c'est trop pour nous, petits slips si vous voulez, nous abandonnons Manu qui va encore chanter en français - peut-être des chansons de son époque Sibérienne sur laquelle il n'a jamais tourné ? En tout cas, nous sommes partis après plus de 2 h 30 de ce qui était déjà un très généreux concert, sans même compter son explosive première partie alors si quelqu'un veut raconter la fin, je la lirai avec plaisir !! Espérant en tout cas que Manu a éteint en partant...


PS : comme j'étais quand même un peu frustré de la distance qui nous séparait, j'ai un truc à t'avouer, cher Manuel : le lendemain, bien tuyauté, j'ai fait le gars qui venait boire un verre par hasard au Bar de la Plaine (après tout, ça m'arrive !), juste pour t'apercevoir de près. Mais comme je connaissais personne autrement que de vue, dès que ça a été fait (20 cm, qui dit mieux ?), je ne suis pas resté ! Ha ces chroniqueurs, de vraies midinettes, j'vous jure... capables de toutes les bassesses sous prétexte que le héros de leur adolescence est à 100 mètres de chez eux... Hasta la proxima, Desaparecido !!


Plus de photos par Pirlouiiiit en cliquant ici

Bonus vidéo :


et une petite de Keny Arkana :

> Réponse le 04 juin 2008, par Guillaume

Super Concert!! peut-être un peu moins bien que lors de son dernier passage en 2002 (je suis pas objectif c'était le jour des résultats du bac quelle soirée!!). On peut dire tout ce qu'on veut sur Manu Chao ( ses contradictions entre ses actes et ses paroles par exemple) mais il assure vraiment sur scène. Pour compléter la chronique il a effectivement continué à jouer après ton départ pendant presque 1h !! C'était pas forcément génial sur la fin mais 3h30 de concert pas grand monde en ferait autant donc Respect à Manu Chao !  Réagir

> Réponse le 04 juin 2008, par SilverHaze13

[Le dôme Marseille - 1er juin 2008] Concert complètement hallucinant, comme toujours, du radio bemba ! Une ambiance de folie, tout le monde en train de sauter, pogoter, danser ( j'en veux pour preuve le degrés de moiteur de toutes les personnes présentes dans la fosse ! ) + de 3h de concert sans compter la 1ere partie ( qui honnêtement ne m'a pas fait triper musicalement, histoire de gouts ^^ ), sur le coup on se dit qu'on en peut plus, que c'est trop long , mais mieux vaut trop que pas assez et en sortant on se dit on remets ça quand vous voulez :p. Ca fait vraiment plaisir de voir des artistes qui se lâchent, prennent du plaisir et nous en donnent autant et restent sur scène sans compter ! ( on est loin des 1h30 de certains !) Certes on peut reprocher la ressemblance des morceaux lorsque ça accélère ( un peu toujours le...  La suite | Réagir


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