Ce fut un pur moment de bonheur,un nectar d'autant plus précieux qu'éphémère, distillé autant par la voix de Brian Molko que par ses musiciens. Certains leur reprochent leur professionnalisme : c'est oublier que l'art ne s'improvise pas et que l'œuvre d'art qui possède le pouvoir magique d'ouvrir une parenthèse dans notre vie bien prosaïque, qui nous désincarne presque pour n'être plus qu'un être d'émotions pures, cette œuvre d'art ne peut être que le fruit d'un travail acharné. Placebo est un groupe accompli en ce sens. Reprocherait-on à un Karajan d'avoir été trop concentré sur son art lors de ses prestations ?
Je comprends néanmoins qu'on puisse être frustré que Brian Molko n'ait pas davantage tenté d'établir une relation plus personnelle avec le public : on aimerait tous avoir le privilège de croire qu'au delà du personnage, nous avons eu accès à la personne qui a chahuté notre âme et nos sens... mais cela reste accessoire.
|