Critique de concert Zaj Quartet

Le Roll'Studio affirme sa tradition et sa pérennité : une fois de plus, il accueille une formation qui décoiffe, non pas d'une calebotte méchante, mais d'un vent frais et vivifiant. Ce soir, c’est Zaj Quartet.

René Perez Zapata : piano
Christian Brazier : contrebasse
Fabien Leroy : batterie
Dan Roth : saxophones, clarinette basse, percussions
L'immersion est lente, progressive, elle s'effectue par paliers tout au long d'un premier morceau qui prend son temps. Chacun des musiciens se place, puis cède sa place à l'autre, la cohabitation se profile, puis la cohésion, le dialogue. Un dialogue très singulier où nul ne peut augurer de la phrase à venir, de son intention ni de l'effet qu'elle aura. Les musiciens ne semblent asservis à aucune grille d'accords, au sens propre comme au figuré. Une musique inattendue, qui réserve des surprises au fil de chaque morceau.

La musique que nous écoutons est totalement affranchie et me rappelle sans que nous soyons dans le même domaine le courant naturaliste, ou Debussy dans ses morceaux les plus surprenants. C'est un support disponible pour vos impressions, vos états d'âme, un réceptacle qui propose, mais n'impose rien. Chacun pourra y mettre ce qu'il souhaite, au gré de son imagination. C'est une musique à fort potentiel illustratif. Et si l'un pourra s'adonner au jeu paresseux et contemplatif de ses propres images, l'autre pourra se contenter d'écouter, l’esprit vide et attentif, le riche catalogue de sons et de superpositions qui nous est offert.

Si à ce jeu-là, le piano de René Perez Zapata est plus prévisible –quant à la palette sonore- il aligne des ornementations surprenantes. Les trois autres rivalisent de créativité Christian Brazier fait tourner sa contrebasse ou lui fait face, la dispute d’une baguette en bois ou bien la fouette de son archet. Fabien Leroy frappe, fouette, frôle, caresse ses peaux et cymbales de mille façons. Dan Roth explore les multiples recoins millimétriques de ses embouchures, et il invente des sons.

A mi-parcours, le souffleur Dan Roth révèle la présence d’une sommité musicale : Famoudou Don Moye, illustre batteur de l’Art Ensemble Of Chicago. Et quand le jazz se conjugue avec l’aménité, chez certaines personnes, on s’autorise de courtois échanges : Fabien Leroy cède la place à Famoudou Don Moye pour quelques longues plages.

Celui-ci entre en scène avec une proposition : un phrasé où la ponctuation sera marquée plus fortement. Les autres musiciens écoutent. Son jeu est magnifique. Puis ils répondent et dialoguent à nouveau. Dan Roth ira même s’asseoir un moment parmi les spectateurs pour écouter lui aussi, et profiter de l’événement. Puis Fabien Leroy reprend sa place et termine le deuxième set de haute volée. A l’arrivée, une forte impression de ces cinq musiciens, tous excellents.

Plus de photos de McYavell ici, des extraits vidéos de Mardal là.

Christian Brazier : contrebasse
Fabien Leroy : batterie
Dan Roth : saxophones, clarinette basse, percussions
L'immersion est lente, progressive, elle s'effectue par paliers tout au long d'un premier morceau qui prend son temps. Chacun des musiciens se place, puis cède sa place à l'autre, la cohabitation se profile, puis la cohésion, le dialogue. Un dialogue très singulier où nul ne peut augurer de la phrase à venir, de son intention ni de l'effet qu'elle aura. Les musiciens ne semblent asservis à aucune grille d'accords, au sens propre comme au figuré. Une musique inattendue, qui réserve des surprises au fil de chaque morceau.

La musique que nous écoutons est totalement affranchie et me rappelle sans que nous soyons dans le même domaine le courant naturaliste, ou Debussy dans ses morceaux les plus surprenants. C'est un support disponible pour vos impressions, vos états d'âme, un réceptacle qui propose, mais n'impose rien. Chacun pourra y mettre ce qu'il souhaite, au gré de son imagination. C'est une musique à fort potentiel illustratif. Et si l'un pourra s'adonner au jeu paresseux et contemplatif de ses propres images, l'autre pourra se contenter d'écouter, l’esprit vide et attentif, le riche catalogue de sons et de superpositions qui nous est offert.

Si à ce jeu-là, le piano de René Perez Zapata est plus prévisible –quant à la palette sonore- il aligne des ornementations surprenantes. Les trois autres rivalisent de créativité Christian Brazier fait tourner sa contrebasse ou lui fait face, la dispute d’une baguette en bois ou bien la fouette de son archet. Fabien Leroy frappe, fouette, frôle, caresse ses peaux et cymbales de mille façons. Dan Roth explore les multiples recoins millimétriques de ses embouchures, et il invente des sons.

A mi-parcours, le souffleur Dan Roth révèle la présence d’une sommité musicale : Famoudou Don Moye, illustre batteur de l’Art Ensemble Of Chicago. Et quand le jazz se conjugue avec l’aménité, chez certaines personnes, on s’autorise de courtois échanges : Fabien Leroy cède la place à Famoudou Don Moye pour quelques longues plages.

Celui-ci entre en scène avec une proposition : un phrasé où la ponctuation sera marquée plus fortement. Les autres musiciens écoutent. Son jeu est magnifique. Puis ils répondent et dialoguent à nouveau. Dan Roth ira même s’asseoir un moment parmi les spectateurs pour écouter lui aussi, et profiter de l’événement. Puis Fabien Leroy reprend sa place et termine le deuxième set de haute volée. A l’arrivée, une forte impression de ces cinq musiciens, tous excellents.

Plus de photos de McYavell ici, des extraits vidéos de Mardal là.
Signature : mardalle 24/01/2012
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Photographe : mcyavell
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le 19 janvier 2012 - Art-Positions - Marseille (par Mardal)


le 19 juin 2011 - Kiosque Léon Blum - Marseille (par Pirlouiiiit)


le 10 avril 2011 - Cabaret Aléatoire - Marseille (par Mcyavell)

le 7 avril 2011 - Bar de la Plaine - Marseille (par Mystic Punk Pinguin)
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