Un samedi soir du mois de juillet, on profite enfin de l’été qui jusqu'à présent se faisait attendre. Être en place au Palio à 20h00 tient alors de la mission impossible. Dans notre région de tradition, l'apéro ne se plie pas facilement aux contraintes du temps. Aussi, programmer le début du concert à 20h00 speed le public inutilement et assure l’artiste de jouer devant une salle à moitié vide.
J’arrive à 21h00 en ayant fait de mon mieux et Brooklyn est sur scène pour son 1er titre. Ilene Barnes a déjà disparu, on ne rigole pas avec les horaires ici !
Je découvre les arènes du Palio plus adaptées évidemment à la corrida qu’aux concerts. Je ne mettrai pas longtemps à subir cette réalité. Pour découvrir le site, je monte dans les tribunes où l’on ne manque pas de place ce soir. La piste des arènes paraît immense et les quelques centaines de personnes qui se bougent devant la scène sont bien loin de remplir l’espace.
D’abord excentré sur la droite de la scène, le volume sonore est plutôt faible et peine à monter dans les tribunes. Le son est faible et médiocre. Les retours des musiciens semblent rebondir sur les gradins derrière la scène et revenir couvrir la façade. Brooklyn s’agite, se démène, mais difficile de rentrer dedans dans de pareilles conditions techniques.
Et il ne faut pas compter sur ton voisin pour te donner de l’énergie ce soir ! L’ambiance est fraiche malgré une programmation de haut niveau ….
Le temps de m’apercevoir que pour descendre dans la fosse, il n’y a qu’un seul accès et qu’il faut faire tout le tour des arènes, Brooklyn s’en est allé… Merci au revoir. Ce groupe qui, il y a quelques mois a enflammé le Cargo, s’est produit ce soir dans l’indifférence quasi générale. Changement de plateau, j’en profite pour poursuivre ma visite par le bar, ses consos à 3 € et les commodités équipés de seulement 3 toilettes pour des arènes de plusieurs milliers de personnes…
Prends ton ticket, il y a plus de queue qu’a la Poste un jour de paie du RMI.
Le tour du propriétaire est fait, j’attends maintenant Keziah Jones avec impatience. Il arrive en trio, basse-batterie.
Le concert commence, mais la magie n’est pas au rendez-vous. Tellement pas que je me trouve détourné par la conversation de mon voisin sur ses prochaines productions de disques. Voilà l’ambiance du soir, une écoute distraite, plutôt qu’une participation active!
Le concert glisse dans l’indifférence générale jusqu’à cette intro solo sur le thème de Water No Get Enemy de Féla où l’on retrouve l’énergie et le groove de Keziah. Ce pur moment de plaisir ne dure pas, un monumental buzz résonne dans l’arène.
Keziah pose la guitare, allume une clope l’air rageur pendant que les techniciens cherchent la panne. Au bout de quelques instants Keziah reprend le micro, nous parle de Lagos, délire sur « Istres » qu’il s’amuse a répéter, évoque « Emilie » avant de reprendre son show une fois la panne trouvée. Mais la magie est rompue, le show retombe dans sa léthargie. Keziah reviendra pour 2 titres le temps du rappel et finira sur Rythm is love de loin le titre le plus groove de la soirée.
00h04, l’agent de sécurité vient gentiment nous indiquer la sortie… On ne rigole pas avec les horaires, vous l’aviez compris. On sort du Palio avec un gros sentiment de gâchis. Une programmation alléchante sur un site 5 fois trop grand, un son pourri, des consos trop chères, des horaires inadaptées le tout pour le prix d’un pass trois jours sur un grand festival Marseillais. Dommage pour le public, dommage pour les artistes.
Les Estivales d'Istres : Christophe Maé 4 juillet 2008- Le Palio à Istres Aie aie aie... Que m'as tu fait Christophe hier soir au Palio de Istres ? Moi qui t'ait toujours défendu contre vents et marées les trois dernières fois où je t'ai vu (2 fois avec "Le roi soleil", une fois en solo)... Quand je relis mon compte rendu .../... La suite
Aie aie aie... Que m'as tu fait Christophe hier soir au Palio de Istres ? Moi qui t'ait toujours défendu contre vents et marées les trois dernières fois où je t'ai vu (2 fois avec "Le roi soleil", une fois en solo)... Quand je relis mon compte rendu passionné et droit au coeur de novembre dernier, je me dis que je n'ai pas assisté au même live...
Mais en fait, après réflexion, je constate que cela vient plus de moi que de l'artiste. Je n'ai tout simplement pas ressenti la magie, l'ambiance, le petit truc en plus qui m'avait scotché à l'Espace Julien il y a plus de six mois. Pourtant la setlist n'a guère changée, les zicos habituels sont bien présents, le public en majorité féminin (mais pas prépubère bien qu'on y trouve des jeunettes dans le tas) s'est assez vite enflammé, la sympathie et la sincèrité de Maé sont toujours de mise, tout comme sa passion musicale et son sens du rythme... Bref objectivement, il y avait de quoi être comblé, et en regardant autour de moi, c'etait le sentiment unanimement donné.
Alors quoi ? Qu'est ce qui m'a géné par rapport aux autres fois ?
Déjà Maé semblait plus fatigué que la normale, il a moins bougé globalement, et ses traits tirés etaient parfois moins souriants. Mais ca je peux le comprendre, il arrive en fin d'un long tour, où il s'est donné sans compter à lire tous les comptes rendus nationaux.
Mais moi ce qui m'a surtout géné, c'est l'orientation encore plus reggae qu'avant qu'il prend. Modifier des titres en live, les remanier, j'aime ca. Mais en dénaturer certains au point qu'il m'a fallu attendre le refrain pour les reconnaitre ("Parce qu'on sait jamais", "Mon père spirituel"...), je trouve ca dommage. J'avais fait la remarque que le reggae prenait une place importante dans ses lives en comparaison de son album, et je trouvais ca très sympa, mais là c'etait un peu trop pour pour moi. Il a aussi enquillé un morceau du style en anglais que je ne connaissais pas sur la fin. En plus de son coutumier "Could you be loved" et autres passages connus de Bob Marley, disséminés ici et là. De plus, allonger beaucoup de chansons au point de les faire durer neuf minutes ("Mon père spirituel", "C'est ma terre"...), ca me parait un peu fastidieux et ca fait retomber le soufflet pour ma part.
Et l'autre chose qui m'a "choqué", c'est sa tendance à parler ses paroles, et non plus les chanter. Alors peut être est ce là aussi une volonté de varier ses compos, mais honnêtement, sur "Mon Paradis" ou "Ma vie n'est qu'une larme", j'ai trouvé ca très moyen, ca sonnait pas. Je pense qu'il y avait de la fatigue vocale de temps à autres.
A coté de ca, je ne peux intrinsèquement pas lui reprocher grand chose. Il s'appuie toujours sur un groupe de zicos que je trouve fabuleux, par le feeling, la technique discrète, le toucher, avec en tête ce batteur qui m'electrise par sa bonne humeur et son sens du rythme. Je suis quasi certain que c'est le frappeur de fûts qui est sur le plateau de "La nouvelle star" chaque année. Maé a toujours cet allant naturel, cette sympathie communicative, cette joie de jouer sa musique, qui en fait un bon showman, et un excellent artiste complet. Il n'a pas fallu bien longtemps pour que toute l'arène soit debout ("On s'attache"), puis le reste à partir de "Belle demoiselle". A un moment il a demandé de montrer tous les portables à bouts de bras, pour communiquer la paix, la solidarité, envers tous les brothers and sisters (il a un accent anglais assez horrible par contre) avant d'entamer "C'est ma terre" il me semble, et ca donnait un joli choeur de lucioles dans la nuit istréenne. Sympa.
Sa setlist n'a guère varié, à part une chanson récente ecrite pour son enfant né recemment, et un titre reggae en plus, non plus que ses quelques discours et gimmicks comme l'effet "delay", la reprise de "On s'attache" en accoustique avec une jeune fille (qui a assuré sa mémé !) pour l'accompagner en dernier rappel, ses vocalises au public, etc... A noter par contre l'ajout de deux choristes (deux soeurs), qui donnait une note de fraicheur agréable sur certains morceaux, tant vocalement ("C'est ma terre"...) qu'en chorégraphies.
En résumé, deux heures de bon spectacle dans un endroit que je ne connaissais pas encore, le Palio, et que j'ai trouvé fort agréable. C'est une petite arène toute neuve (2002), qui doit faire dans les 4000 places, avec moitié des gradins couverts et une petite fosse. Hier soir c'etait complet, mais on aurait facilement pu rentrer des centaines de spectateurs supplémentaires tant on etait à l'aise dans cette dernière, au point que par endroits c'etait désert. Etrange comme choix, même pour des questions de sécurité je trouve.
Par contre, le prix du bar est assez exorbitant, avec du trois euros pour une petite pression ou une bouteille d'eau, trois cinquante pour des sodas, etc...:/ Et l'accés au Palio n'est pas le mieux pensé, surtout pour se garer, car un parking de 120 places c'est plus que light, du coup c'est garé n'importe comment tout le long des trottoirs et rues alentours...
Je n'ai pas retrouvé la magie de l'Espace Julien, ni du Christophe Maé en pile électrique de début de tournée, je n'etais pas mécontent que cela finisse, mais je maintiens qu'il a le potentiel pour faire une longue carrière s'il parvient à confirmer en tant que compositeur lors de son prochain album, et vocalement lors de ses prochaines tournées.
>> Réponse (le 07/07/2008 par c@roliiin£) Franchement j'ai trouvé son concert extraordinaire, entre sa façon de danser, sa voix exceptionnelle, toute son équipe, .../...La suite
>> Réponse (le 07/07/2008 par Marianne) La Pinède à Juans les Pins - 6 Juillet 2008 Je suis tout à fait d'accord avec la remarque du concert du 4 juillet à Istres. Attention, j'ai de suite adoré son .../...La suite
>> Réponse (le 03/09/2008 par aurelie) Désolé mais je vais vous contredire parce que moi j'y etais à istres et j'ai trouvé christophe magnifique ce qui ne m'as .../...La suite
Nous etions assez fières, July la photographe et moi, d'arriver à l'heure: 20h. Syd matters était déjà sur scène. Un public peu nombreux. Au bout d'un quart d'heure, vingt minutes voilà t-il pas qu'ils nous dise au revoir, content d'eux.
Ben dis donc ils ont pas joué longtemps! Ah le concert commencait à 19h30, oups! bon beh ils ont commencé à l'heure! Désolée pour ce groupe de rock. Les deux morceaux entendus étaient plutôt planant mais il m'est difficile d'en dire plus.
Puis une voix annonce à la petite assistance que le guitatriste d'Arno n'a pas pu prendre son avion mais que le bonhomme a quand même décidé de jouer "son répertoire" (evidement). Grande classe. Donc le pianiste et le batteur entrent en scène suivi d'Arno vêtu de noir, titubant remuant le nez tel ma sorcière bien aimée ( ce n'est qu'une hypothèse). Première chanson en anglais ainsi que la dizaine suivante avec des reprises surprenantes des Beatles, d'Abba me semble t il. Je cite "on est moche mais on s'amuse ", il est vrai! le bonhomme est plein d'humour (entre autre).
Trois chansons seront quand même en partie en français (ouf, on peut toujours classer Arno en chanson française, son accent anglais nous met quand même parfois la puce à l'oreille) : dans les yeux de ma mère, les filles du bord de mer et "nous sommes tous des européens". On applaudit quand même le guitariste absent, sa femme allait accoucher et il a raté son avion, "encore un bouche à nourrir". D'excellents musiciens, puis Arno plein de finesse, d'humour noir et surprenant par son répertoire.
La nuit apparaît, les réglages lumières se précisent et je sens le spectacle policé qui se met en place. Il est vrai que le peu de titres que j'avais entendu m'avait déplu, je partais avec un à priori négatif mais après tout, parfois, on est surpris. Cali arrive avec un mégaphone, il court partout invitant le public assis à entrer dans l'arène.
Il paraît qu'il est plein d'énergie, certes mais c'est bien aussi quand il y a un minimum de sens. Puis j'ai une idée comme ça l'énergie donnée à faire l'avion sur scène, courir partout, pourrait être "investie" à travailler les textes. C'est plein de naïveté, ça dégouline de bons sentiments. Et vas y que je surfe sur les sujets les plus consensuels: "une chanson pour les sans papiers: les enfants et les femmes enceintes en centre de rétention, dans des conditions inommables" les autres? (je suppose qu'on peut pas citer tout le monde, même s'il est vrai que l'asile politique a été cité,ça ferait désordre), "Ce soir est un soir de fête Ingrid a été libérée" (soit), "une chanson pour la jeunesse qui va dans la rue pour l'espoir...blabla" Mais nous avons (me semble t-il des arc enciel dans nos ventres, quand même, ce n'était pas un appel à la révolte, à la lutte...)
Alors après une heure de niaiseries, à chanter c'est quand le bonheur? Le public présent (il me semble que certain des fans d'Arno sont partis) est satisfait, les enfants ont dansé ainsi que la petite famille! Soit, le public semble heureux. Le Cali a a fait son concert, aucune fausse note! Quant à la faute de goût...
>> Réponse (le 17/07/2008 par Nanasr) Carro tu ne fais pas partie des personnes qui adorent Cali, tant pis, mes amis et moi-même l'avons trouvé exceptionnel, .../...La suite
Israel Vibration + Alpha blondy 5 Juillet 2007- Le Palio - Istres Voilà c’est énervant à force de toujours commencer une chronique en écrivant qu’on a raté le 1er groupe car on était en retard et pourtant c’est encore une fois vrai.
Mais là vraiment, déjà annoncer un concert à 20h, en juillet et le faire .../... La suite
Voilà c’est énervant à force de toujours commencer une chronique en écrivant qu’on a raté le 1er groupe car on était en retard et pourtant c’est encore une fois vrai.
Mais là vraiment, déjà annoncer un concert à 20h, en juillet et le faire commencer à l’heure en plus ? Je trouve cela dommage, surtout que je crois vraiment qu’une bonne majorité du public n’a pas vu du coup le 1er Groupe qui n’était autre que Sizzla. Mais là ça m’énerve particulièrement car sur les 3 groupes qui passaient ce soir le seul que je ne connaissais pas et bien je ne le connais toujours pas. Je profite de cette parenthèse pour faire une doléance aux organisateurs de Festivals, S’il vous plait ne commencez plus les concerts à l’heure, ou sinon merci de donner une heure plus tardive. Ou encore mieux, si vous pouviez voir les groupes qui passent le moins souvent et éviter de les programmer en 1er, mais plutôt en milieu ? Ca serait super sympa pour tous les retardataires.
Voilà merci !
Donc en dehors de ce petit aparté, le son était bon, le public bien présent, a apprécié la musique, tout le monde a bien bougé.
C’est parti les musiciens d’Israël Vibration montent sur scène pour mettre tout le monde dans l’ambiance, en rejouant leurs grands classiques, puis ensuite ils nous font un mix des fonds musicaux pour nous préparer à l’entrée en scènes des 2 derniers Israël Vibration
Ca y est les 2 chœurs montent sur scènes suivi des Papas en béquilles, ils ne changent pas depuis que je les connais, c’est les mêmes, à part peut-être encore des dreads plus longues ? Donc des dreads et des béquilles, mais la pèche toujours, et surtout deux voix qui sont restées les mêmes.
Les voir et les entendre nous rappelle que pour avoir un bon son reggae roots et bien c’est des Papas sur scènes.
Leurs vécus se ressentent dans leurs paroles et même dans leurs danses et à travers leurs grands classiques qu’ils enchaînent. Ce groupe jamaïcains est tout du moins pour l’Europe très connu, ils font des tournées régulières, et tout reggeaman qui se respecte les a déjà vu et revu sur scène, avec toujours ce plaisir que l’on peut ressentir en écoutant du reggae.
Pour finir leur set ils nous ont joués 2morceaux de leur dernier album. Ils nous ont régalé les oreilles pendant prés d’une heure avant de laisser la place à Alpha Blondy
Changement de plateau, l’avantage des arènes est que le son est bon, malgré leur petite taille, ceux qui veulent être assis le peuvent et ce qui préfère rester debout le peuvent aussi.
Voilà la clôture de la soirée s’entame par Jérusalem un grand tube. Le reggae d’Alpha blondy, est beaucoup plus tourné vers la libération de l’Afrique, c’est depuis toujours un fervent défenseur de son Pays d’origine la cote d’Ivoire. Il voudrait tellement que ce peuple brimé depuis toujours se réveille enfin por vivre comme il devrait ! En continent libre et surtout Heureux.
Les morceaux sont assez sympas et entrainant, il jouera entre autre boulevard de la Mort ; il terminera son concert par le titre connu de tous Opération coup de Poing. Presque toutes ces chansons sont écrites en Africains, mais souvent il chante le refrain en français pour que nous puissions comprendre sa douleur et la douleur de son peuple.
Le reggae africains est moins Roots que celui de la Jamaïque il s’écoute différemment je préfère le reggae roots et son air, plutôt que le reggae Africain. Mais les deux se laissent écouter. Mon seul regret pour ce concert et je me répète c’est de ne pas avoir Sizzla.
Merci à Istres pour ce festival.
A l’année Prochaine ??
Sonic Youth, Kaisers Chiefs, Elista 3 juillet 2007- Palio Istres Quand Sonic Youth fait la nique au « son pop rock »
Autoroute, doubles voies, ronds points, panneaux clairs, délestage facile, la route entre Marseille et Istres est d’une clarté rassurante… Ce qui l’est beaucoup moins à fur et à mesure qu’on .../... La suite
Quand Sonic Youth fait la nique au « son pop rock »
Autoroute, doubles voies, ronds points, panneaux clairs, délestage facile, la route entre Marseille et Istres est d’une clarté rassurante… Ce qui l’est beaucoup moins à fur et à mesure qu’on avale les kilomètres, c’est le nombre de voitures qui vont dans le même sens que nous… Bon, quand même, Sonic Youth… 25 ans d’activisme musical, une influence majeure pour bon nombre de groupes, Kim Gordon, New York, une authenticité jamais pris à défaut… un mythe quoi ? Et un mythe, ça se vénère, non ? Alors, on se dit qu’on découvrira, en arrivant, la petite ville d’Istres bloquée par toutes les bagnoles où s’entasse un public nombreux et excité... Kim Gordon, quand même, merde !
On arrive dans la ville, enfin, si on peut appeler ça une ville, puisque Istres, tel un escargot, semble uniquement composé de larges doubles voies rythmées par des ronds points et on tourne et on tourne… Un peu comme un morceau d’électro, vous voyez… une boucle, un scratch, une boucle, un break… Bon, sauf que là, on va plutôt voir et entendre des larsens, des distorsions, des trucs tordus, des angles obtus, des cheminements étroits…
On arrive au Palio, espèce d’arène top moderne tout en béton au milieu d’un quartier comme on les aime en Provence : immeubles compacts de 3 étages avec colonnes romaines et crépis jaune sale en façade…hum… A l’entrée, y a pas plus de monde qu’un samedi soir d’été au cinéma dans le sud… Bon, On se rassure comme on peut le parking est plein…
On s’approche de l’entrée et les mauvaises sensations perdurent… Aucun bruit à l’intérieur des arènes et un mec qui revend une place à 30 euros (tarif normal à 38,5 euros…)
D’après les pompiers sur place, quand c’est plein, les arènes peuvent contenir environ 3 000 personnes. Et bien, ce soir, ce sera concert intime, nous serons, au plus fort de la soirée, un petit millier à vibrer.
Petite parenthèse : Un parking de 120 places pour un espace qui peut contenir 3 000 personnes… ça fait 25 par voiture… faut leur acheter une calculatrice à la mairie ou est ce pour faire marcher la police municipale ?
La scène, impressionnante (10 mètres de haut, large de 15), occupe la moitié des arènes… heureusement… Quelques uns sont devant, la plupart des spectateurs sont montés dans les gradins pour siroter une bière et taper la discute… Derrière eux, des banderoles de pub pour Europe2 TV.
20h pétantes, quatre gars en chemise cravate montent sur scène. « Bonjour, nous sommes Elista et nous sommes très content d’être avec vous ce soir ». Dans les gradins, bien que l’on soit loin de la scène, on a forcément une vue imprenable et puis le son est plutôt bon. Le béton, c’est bien, ça renvoie bien les La et les Mi. Par contre en bas, c’est incroyablement fort.
Comme diras une amie « En bas, ça va trop fort et c’est trop déprimant, y a personne ». Bon, c’est vrai qu’on se sent bien petit dans cette grande arène vide… ça doit faire une drôle d’impression, vu de scène.
Premier morceau plaisant avec des guitares tranchantes et une batterie bien présente, chant en français ça sonne comme un bon morceau de pop rock qui met la pêche. Et puis surtout, ça remplit les arènes de sons, à défaut d’avoir du monde. Deuxième morceau (Folie douce), plaisant, troisième morceau (Perceval), plaisant, quatrième morceau…eh oh, c’est encore la même chose !
Durant une heure, Elista, ce sera ça : Variations sur le même thème : à la recherche du tube pop rock… M’est d’avis qu’ils sont pas prêts de trouver…
21h15. Les Kaisers Chiefs montent sur scène. A vrai dire, je ne connais pas leur album (et pour tout dire, c’est pas pour eux que je suis venu… mais les apéros peuvent être agréables…). Ils sont 5 sur scène et rameutent un peu plus de monde devant.
21h15. Les Kaisers Chiefs montent sur scène. A vrai dire, je ne connais pas leur album (et pour tout dire, c’est pas pour eux que je suis venu… mais les apéros peuvent être agréables…). Ils sont 5 sur scène et rameutent un peu plus de monde devant. Leur musique, c’est comme une bouteille de coca. Au début, ça fait pchiiiit, c’est sautillant, plein d’énergie, léger, on sent que les parents des gars ont fait tourner les Beatles sur la platine familiale plutôt que les Clash. C’est de la pop vitaminée par un zest de rock, et puis ils sont plutôt marrants… un petit quart d’heure…
Parce qu’on se lasse vite du coca, surtout quand il n’y a plus de bulle. Ça devient plat et puis on sent vachement plus le sucre, la canette, on la finit pas, elle nous écoeure… la bascule, dans leur concert, pas de chance, ça va être leur dernier sigle, Ruby.
Leur concert deviendra indigeste avec son « Rubyrubyrubyrubyrubyruby »… Leurs parents, ils ont du également passer en boucle Abba, c’est pas possible… Eh, les gars, faudrait se décider à faire votre crise d’adolescence, là…
Mais on n’est pas au bout de nos peines, car le morceau suivant, c’est leur premier single « na na na na na » (juré, c’est pas un mensonge, c’est vraiment leur titre, à un ou deux na na près).
Et là… mesdames, messieurs, j’ai entendu… un solo de guitare…ouais ouais… un solo de guitare. Merde, on ne leur a pas dit que les punks, à défaut d’abolir la monarchie dans leur pays, avaient au moins eu le mérite de renvoyer le solo de guitare dans le placard des ringardises absolues ?
Et puis, c’est pas tout, c’est pas seulement un solo de guitare. C’est le plus mauvais solo de guitare que j’ai jamais entendu, un truc d’apprenti pour cours du soir dans un MJC. Laborieux là où ça doit être aérien, lourdingue là ou ça devrait être félin. D’ailleurs, les gars du groupe doivent le savoir, parce que le solo est soutenu par le clavier…
Bon, ça n’a pas l’air de déranger les deux petites blondes, qui, sur le bord de la scène, continuent de pousser des cris stridents en sautillant… J’ai retrouvé Véronique et Davina… Mais oui, ça irait bien aux Kaiser Chiefs, ça, une reprise de Ah tout tout you tout…
Le chanteur, continuera à s’époumoner en balayant la scène en courant pour essayer de faire chanter son public et puis de le faire taper dans les mains en rythme et puis de lui tendre le micro pour qu’il hurle... Peut se reconvertir comme chauffeur de salle, lui…
Tiens, et puis à un moment, le son se durcit, ça commence à monter en puissance, le chanteur arrête de gesticuler… et pan, coupure électrique en plein milieu du morceau… Ah ben, en plus d’avoir un mauvais guitariste (je ne vous parle même pas de sa coupe de cheveux), ils n’ont pas de chance….
Bon, ça dure 5 minutes, ça pimente un peu le tout, on se dit que ça va foutre un peu d’intensité au concert… Mais quand ça repart… c’est toujours aussi mou du genou… Allez, à ranger définitivement avec Bloc Party et autres the Rakes, en seconde division.
Et là, à ce moment, je repense aux banderoles du pub en haut des gradins… « Europe 2 » et je me souviens de leur credo… «Europe 2, le son pop rock »… Pop rock, c’est un peu le centre quoi. Un peu de mélodie à droite, un peu d’énergie à gauche, c’est agréable à l’oreille, ce mélange, c’est plastique, on peut le malaxer à volonté, pas énervant, pas planant, musique d’ascenseur moderne.
Voilà, c’est une soirée pop rock. Pop rock à la française avec Elista, pop rock anglaise avec Kaiser Chiefs… Mais attends là… Qu’est ce que vient foutre Sonic Youth là dedans ? Un trou à combler dans leur tournée européenne entre Berlin et Rome ? Où vont-ils nous présenter la version américaine du « son pop rock » ? Et Pourquoi pas ? Après tout, leur dernier album Rather Ripped, est de loin le plus mélodique de leur longue discographie…
Hum, ça commence à m’inquiéter sérieusement là… Vite une bière…
23h. Les lumières s’éteignent. La moitié des gradins est descendue dans la fosse pendant que les roadies installaient les guitares. J’en compte une bonne vingtaine en tout… Dans une clameur jamais atteinte jusque-là (pas trop difficile non plus), le géant Thurston Moore, Kim Gordon, Lee Ranaldo , Steve Shelley et un 5e membre non identifié montent sur scène. Sonic Youth en concert pour 1 000 privilégiés.
Thurston Moore a toujours l’air d’un étudiant avec ses cheveux en bataille, son jean troué et sa chemise blanche, Kim Gordon en robe droite blanche courte et escarpins noires semblent être une gentille petite fille tranquille. Lee Ranaldo, qui aborde une belle chevelure plus sel que poivre se marre (pense-t-il au guitariste de Kaiser Chiefs ?).
Bon, ils ont l’air plutôt content d’être là. Ça branche les guitares et Thurston lève le poing et c’est parti avec Incinerate, l’un des morceaux du dernier album qui sera largement repris pendant ce concert que j’ai forcément appréhendé comme une petite leçon pop rock.
A savoir, une petite mélodie sympathique, dont on s’ingénue à tordre dans tous les sens, comme un morceau de pâte à modeler. Pour cela, il faut juste envisager sa guitare comme un petit laboratoire aux infinies possibilités. On n’est pas dans les accords folkeux, pas dans les solos à la Hendrix, pas dans les riffs des Stones.
Ici, on est dans la recherche du point de rupture entre la mélodie et le chaos. Ça change tout du « son pop rock », puisque là où certains cherchent l’équilibre (entre mélodie et rock), Sonic Youth cherche constamment le déséquilibre. Et dans le déséquilibre, eux, ils ont inventé leur équilibre, le son Sonic Youth.
Au second morceau, un pogo se déclare dans la fosse, et Moore finit de travailler sa guitare en la frottant sur l’ampli de droite.3e morceau, Reena toujours de Rather Ripped, voit pour la première fois Kim Gordon prendre le micro et Steve Shelley, l’incroyable batteur, transpercé à chaque coup de baguette sa caisse claire.
Et savez-vous que l’on peut danser élégamment au milieu d’un déluge sonique ? Kim Gordon nous montre : Au début, elle danse comme un hippie, vous voyez, avec de grands mouvements de bras et des balancements circulaires du bassin, comme ça jambes écartées et puis, on balance un peu les mains derrière et devant la tête, on dodeline de la tête d’avant et puis quand ça monte, quand ça prend aux tripes, on fait tout plus vite, comme une espèce de crise d’épilepsie.
Lee Ranaldo se met au chant sur Hey Joni, extirpé du Daydream Nation. Forcément moins pop, on entend siffler les acouphènes. Le public commence à être vraiment en osmose avec le groupe qui semble prendre pas mal de plaisir sur scène…
Forcément, entre chaque morceau, Moore et Ranalo changent de gratte… C’est que ça doit pas être facile, la vie d’une 6 cordes électriques chez Sonic Youth…
Et puis, d’un coup, on entend…Freddy Mercury… I want to break Free… l’une des pires de Queen, tout engoncés de claviers et de chababa… Mais qui passe très bien sur « Europe 2 le son pop rock »… Bon Moore s’amuse un peu en la scratchant avec une émission de radio… Evidemment, quand il rebranche sa guitare… on sent toute la différence.
S’ensuit 2 3 morceaux plus calmes, presque pop… Enfin, chassez le naturel, il revient au galop… Car, plus c’est calme au début, plus la fin de la chanson est noyée dans un déluge sonique maîtrisé. Sans blague, Luz a écrit un jour que si une bite pouvait parler, elle aurait la voix d’Iggy Pop… Moi, hier soir, je pensais que si l’électricité avait un jour un son, ce serait celui d’une guitare de Sonic Youth.
Car même quand Lee Ranaldo sort… une folk… C’est pas pour nous la jouer « la mi sol »…Les cordes ne l’intéressent pas, c’est plutôt la résonance de la caisse. Durant tout le morceau, il frappe dessus pour en sortir des sons toujours en contrepoint de la guitare de Moore.
1 heure de concert intense, trois rappels, une set liste à moitié composée du dernier album et des regrets éternels de ne pas avoir entendu les mythiques Kool Thing, Dirty boots, Sugar Kane ou Purr… sans parler de ma guitare que je regarde depuis avec un drôle d’air…
>> Réponse (le 04/07/2007 par Le Pinguin masqué) Tout pareil. L'attente a été longue avec Sonic Youth... Moi j'aurais préféré Nitwits ou Elektrolux en 1ere partie...La suite
>> Réponse (le 04/07/2007 par Néonoise) Je partage complètement la première analyse faite mais mon parcours fut moins épique! Sonic youth est parmi les groupes .../...La suite
>> Réponse (le 05/07/2007 par chepaki) Je voulais juste rajouter a la critique que "la 5eme personne non identifiée" avec sonic youth n'est autre que Mark .../...La suite
>> Réponse (le 06/07/2007 par Pascaloo) Arènes du Palio - Istres - 03 Juillet 2007 Pourquoi le son était-il si pourri ? certains disent que les guitares n'étaient pas assez fortes, d'autres m'ont dit que .../...La suite
>> Réponse (le 10/07/2007 par Paulo) Merci à Istres d'accueillir des groupes sympa et jeunes comme ELISTA et KAISER CHIEFS. Mention spéciale à KAISER CHIEFS .../...La suite
>> Réponse (le 17/07/2007 par jerome) istres - 17/07/2007 Pour info , je suis un ex Lillois devenu habitant de Chartres qui a fait 900 km pour venir voir les Sonic Youth en .../...La suite
Tracy Chapman 18 juillet 2006- Istres- le Palio Roholalala, que dire, je crois bien qu'on peut tous se mettre à genoux et remercier cette grande dame de nous avoir emporté dans son univers, c'était fabuleux. J'ai seulement 14 ans, je suis fan de Tracy depuis mes 11 ans, et je peux dire que ce soir .../... La suite
Roholalala, que dire, je crois bien qu'on peut tous se mettre à genoux et remercier cette grande dame de nous avoir emporté dans son univers, c'était fabuleux. J'ai seulement 14 ans, je suis fan de Tracy depuis mes 11 ans, et je peux dire que ce soir là du 18 juillet je m'en souviendrais toute ma vie ! Elle m'a fait trembler, et m'a enfin mis les larmes aux yeux, c'était exceptionnel, je n'aurais jamais cru vivre autant d'émotions fortes dans un concert.
J'ose demander à quelqu'un qui aurait réussi à prendre quelques photos du concert ou à enregistrer quelques morceaux d'avoir l'extrême gentillesse de me contacter.
>> Réponse (le 12/06/2009 par cha) Bruxelles, Bozar - 12 novembre 2008 Tu sais, c'était aussi le plus beau jour de ma vie de la voir en live mais j'ai aussi eu l'immense chance de lui avoir .../...La suite