Chronique de Concert
Angus & Julia Stone
Finalement et comme il est d'usage à Marseille la salle tarde à se remplir, au point qu'Isaac Gracie, en première partie, n'a pas bénéficié d'une ambiance détonante, c'est le moins que l'on puisse dire... De nombreuses places en gradins sont encore libres (elles se rempliront par la suite) et le chanteur entame son set dans un silence religieux, presque gênant. Il n'a pourtant pas encore eu l'occasion de bercer le public.

Parce que oui, s'il faut retenir quelque chose de cette prestation c'est qu'elle peine à faire monter l'ambiance. L'auditoire est attentif, peu participatif et Isaac Gracie s'en étonne, essayant sans trop de succès de faire taper dans les mains sur le très beau "Terrified", finissant par s'en amuser mais continuant, imperturbable, à tracer sa voie. Les morceaux s'enchainent et je ne saurai finalement pas dire ce qui différencie le premier du troisième. Il est donc écrit qu'avec 3 accords on peut faire autre chose que du punk rock... Le chanteur est branché sur courant alternatif, provoquant quelques soubresauts dans la foule. La tâche reste toujours rude pour une première partie. Il faut pourtant lui reconnaître une voix talentueuse qu'il pousse avec élégance dans ses derniers retranchements sur "Rêverie" sixième et dernier morceau plus énervé.

Changement de plateau et changement de décor. Le rideau qui coupait la scène à son premier tiers est relevé, laissant apparaître un immense totem au milieu des instruments et à l'avant d'un écran géant sur lequel seront projetés des vidéos du meilleur effet pendant le reste du concert. Le noir se fait et le groupe arrive dans la pénombre. Immédiatement les premières notes à la trompette de Julia résonnent et le public se réveille comme un seul homme. L'ambiance est montée d'un cran et, tout de suite, on comprend que l'énergie est là, que le concert sera bon.

Courte robe noire d'un côté, casquette et T-shirt débraillé de l'autre, la famille Stone ne s'embarrasse pas de l'étiquette. On est australiens, on est à la coule après tout. Et visiblement heureux de jouer ensemble, comme en témoignent les échanges et regards que frère et sur se jettent régulièrement, et dont l'apothéose sera la présentation que fera Julia d'Angus lors de l'introduction du groupe. Cette énergie positive transpire sur les morceaux qui s'enchaînent, alternant très naturellement la plupart des morceaux du dernier album et classiques du groupe tels que "Big jet plane". Sur "Nothing Else" les voix sont parfaitement à l'unisson et la sauce prend indéniablement. Julia Stone, qui ressemble parfois à June Carter, minaude sur scène, alternant graves et aigus de cette voix si particulière, tandis qu'Angus, un peu plus en retrait sait prendre sa part quand il le faut.

Il faut ici rendre hommage au quatre autres musiciens sur scène qui assurent aussi, passant tantôt au banjo, tantôt à la guitare slide, quand ce n'est pas au moog, voire à la trompette pour Angus, même si, dixit sa sur, "il ne sait pas en jouer".rnrnUn vrai bon moment donc, marqué par deux surprises réservées au public marseillais : la récitation (oui c'est bien le terme, étant donné quelques éclats de rire sur scène comme dans la salle et une diction particulière... un peu collégienne quoi) de "Enivrez-vous", en français s'il vous plaît, poème qui a donc inspiré "Baudelaire". Et puis il y aura ce dernier morceau du rappel, un chant de marin inspiré par leur présence à Marseille et très peu joué en concert. "Soldier", titre du premier album "A book like this" datant d'il y a exactement 10 ans termine un set de près d'une heure et demie sans temps mort, pour la plus grande joie d'un public qui finit debout.

Une dernière chose, puisque j'avais promis de parler encore de météo. Sur "Snow", dernier morceau avant le rappel, un rideau de neige s'abat sur le groupe. L'effet est facile, mais visuellement, avec la qualité des lights de la salle, l'illusion est bluffante !
Neige en octobre, Noël en décembre ? Vivement la suite...
Critique écrite le 26 octobre 2017 par Lb Photographie
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