Accueil Chronique de concert Benjamin Biolay (+ Siméo)
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Chronique de Concert

Benjamin Biolay (+ Siméo)

Benjamin Biolay (+ Siméo) en concert

Espace Julien, Marseille 18 mars 2010

Critique écrite le par


Y'en a vraiment marre que l'entrée de l'Espace Julien soit gérée n'importe comment ! VOUS NOUS FAITES CHIER, L'ESPACE JULIEN ! C'est écrit assez gros ? A croire que ça vous amuse... CA FAIT DES ANNEES QU'ON RATE LES PREMIERES PARTIES A CAUSE DE VOTRE SYSTEME DEBILE ! Ca fait des années qu'on l'écrit aussi d'ailleurs (comme ici). Mais savez-vous seulement lire autre chose que Sortir-la Provence, on se demande... Avec votre stupide non-festival sans pass qu'on est obligé de subir chaque année puisque c'est la seule fenêtre d'ouverture annuelle ou presque sur les grands artistes de variété français, vous faites vraiment tout pour qu'on vous aime...


Maintenant que l'on sait que vous percevez plus de 420 000 euros de subventions Mairie/CG 13 par an, expliquez-nous pourquoi il n'est pas possible de faire appel aux service intérimaires d'une autre société de sécurité pour ouvrir une deuxième de vos putains de portes à la c... pour les quelques 10 ou 15 soirs dans l'année où le concert est complet ? Juste histoire qu'en arrivant à l'heure, on puisse voir UNE FOIS une première partie, dans votre salle ultra-subventionnée ? Vous avez, et de loin, le système d'entrée le plus nul et le plus inefficace de France (encore que, je reconnais que les videurs sont plus courtois qu'avant, où on avait l'impression de vouloir entrer en boîte avec des baskets. Incroyable mais vrai : il est plus long d'entrer à l'Espace Julien, qu'aux Eurockéennes ou à Rock en Seine. 2 paragraphes pour râler ? Ben ouais, fallait que ça sorte, j'espère juste avoir tapé bien sous la ceinture, là où ça fait le plus mal..


Quoi qu'il en soit à 27 euros, on peut estimer que Siméo en valait au moins 7 et qu'on en a spolié une bonne partie du public. Exemple, en arrivant à 20.35 (à l'heure, donc) j'ai pénétré dans la salle à 21.00 (après 25 minutes de queue, donc) et ainsi vu un peu moins de 10 minutes de Siméo ! Les gens sont peut-être prêts à tout accepter tant qu'ils voient celui qu'ils sont venus voir, il n'en reste pas moins que c'est AUSSI un manque de respect grossier pour l'artiste de première partie... Bref, 1 chanson et demi de ce jeune homme à chignon que je voulais sincèrement voir, c'est un peu court pour se faire un avis. Une fin de reggae, un titre avec des boucles enregistrées (il fait tout tout seul, percu, choeurs et même basse) assez charmant qui m'a fait penser à du Nosfell, un salut final amusant où tout ce qu'il disait était bouclé en écho : outre porter un joli prénom, le garçon semble faire de la jolie musique, à revoir... ailleurs !


Passons donc à la tête d'affiche du soir, Benjamin Biolay. Garçon que j'ai longtemps, comme beaucoup de gens je crois, détesté sans trop savoir pourquoi, le supposant prétentieux et méprisant, avec sa mèche et sa lippe boudeuse. Il est vrai qu'il n'est pas facile à aimer a priori, c'est un peu comme Vincent Delerm ou, toute proportions gardées, Julien Doré : c'est tellement plus confortable de les traiter de cons parisiens, de ne pas écouter ce qu'ils font pour ne pas risquer de trouver ça beau (parce que ça l'est souvent, qu'on se le dise)... C'était aussi le cas de Gainsbourg à ses débuts d'ailleurs. Bref il est venu ce soir accompagné d'un groupe discret mais impeccable : une harpe (c'est rare et c'est beau !), piano, synthé, 2 à 3 guitares, un batteur, et un bien chouette Theremin qu'on va pas mal entendre.


En costard noir impeccable, ce garçon qui est peint (et moche) sur le mur de la salle, est en réalité classieux, comme à l'accoutumée, et ses yeux cernés rappellent irrésistiblement (dixit Pirlouiiiit), ceux de Benicio del Toro ! La salle est à guichets (et à portes donc) fermés, et Benjamin Biolay semble toucher enfin à la reconnaissance populaire qu'il mérite pourtant depuis au moins 2 ou 3 albums... et qu'a salué la série de Victoires qu'il a raflé récemment. Tout arrive, ils ont bien décrété Daniel Darc révélation de l'année en 2008, alors...


Il commence par Tout ça me tourmente (désolé si tous les titres ne sont pas justes ni retrouvés, je me suis remis à niveau en accéléré), jolie et aux accents asiatiques. Continue avec un titre un peu à la Bashung, bien chanté et assez sonique, où l'on s'aperçoit qu'on a affaire, non pas à un bidouilleur comme souvent, mais à un vrai joueur de Theremin, doué et sensible (seulement le 2e de ma vie après celui qui accompagne Emilie Simon). Un roadie nous apprendra à la fin du concert qu'il en a une énorme collection, et celui-ci est un Moog, oui, la marque mythique de synthé, ouch, la jalousie nous pince...


Si tu suis mon regard est vraiment un tube potentiel, pêchu et bien torché, promis à un beau succès, au moins sur France Inter - dommage qu'il chante un peu trop près du micro au départ (ça s'arrangera, ou bien alors je l'oublierai ensuite). Premier moment d'émotion, Night Shop, magnifique titre mélancolique chanté d'une voix vibrante : il faut bien avouer que ce type, qu'on prenait encore pour une affreuse tête à claques il y a 2-3 ans, est éblouissant de classe... et même franchement sympathique, quoi qu'un peu timide. Lyon, Presqu'Ile, mêmes remarque qu'avant : c'est potentiellement un tube grand public, mais pas indigne du tout, le tube !


Chère Inconnue, que je découvre, commence seul au piano avant de monter loin en puissance (theremin puis harpe). Prenons le large est très pop, on dirait du Daho, idéalement suivie de la chansonnette Merco Benz dédiée à notre météo estivale (je ne sais pas où ils ont joué la veille, c'est pourtant pas encore l'été ici...). Il y joue quelques notes de trompette, comme ça, en passant. Et puis une chanson qui m'a secoué dès la première écoute, Ton Héritage, écrite pour sa fille qui est trop jeune pour s'en émouvoir, au piano très Delerm, digne de Tu seras un homme, mon fils, ce texte de Rudyard Kipling dont Lavilliers a tiré sa plus belle chanson. La montée émotionnelle est telle sur scène que je sens venir la trop rare sensation : le frisson au troisième couplet, quand le theremin entre dans la danse... Bref la chanson s'avère quasi bouleversante.


Il me faudra la chanson préférée de Françoise Hardy (titre pas retenu), puis Novembre toute l'année, pour m'en remettre. L'émotion remonte sur Bien Avant, un peu longue tout de même, et culmine sur la grandiloquente et grandiose, La Superbe, un de ces titres comme par exemple les Résidents de la République de Bashung, qui vous retournent l'occiput alors qu'il est impossible de savoir de quoi elles parlent, au juste. C'est peut-être ça, la poésie pure... Et la petite cigarette sur scène fait toujours plaisir à voir, dans une salle qui (faute de subventions sans doute ? hin hin...) n'a jamais fait l'effort de réaliser un fumoir. Plus rock, Qu'est-ce que ça peut faire que j'avais oubliée, s'avère assez dansante sur sa basse insistante. En tout cas il est manifeste que Benjamin Biolay, que ce soit en chanson, en pop ou en rock, est tout à fait parfait et même assez magnétique : même si on le soupçonnait, une petite révélation !


Retour sur la section pop de la Superbe avec L'espoir fait vivre (pas fan, mais elle est mieux en live que sur disque), puis la disco Assez Parlé de moi - quel dommage qu'on voie aussi mal la jolie choriste au fond de la scène ! On repense ensuite à Bashung sur 15 septembre (et sa fin à nouveau "superbe") : c'est déjà l'heure de remercier le public et présenter les musiciens et toute l'équipe. Puis il fait mine de conclure sur A l'Origine, vraiment classieuse et finie dans des hurlements (poignants mais toujours musicaux), où l'on se dit qu'on peut décidément être un excellent chanteur, même avec une amplitude d'une demi-octave... Déjà une heure et demi de concert d'assez haute intensité, on en espérait pas tant.


Le rappel se fait sur une chanson inconnue (de Négatif ?), piano et boîte à rythme, encore une fois des paroles sibyllines et belles, qui dérive sur un titre de Gorillaz, puis sur Padam qui a une dynamique très différente de l'album : elle est ici fait pour que "le monde entier l'acclame" (en jouant sur la lumière et l'excitation du public, ça marche pas mal !) et en effet, on se dit qu'il le mériterait bien, surtout qu'il offre un deuxième rappel avec son groupe. Je ne reconnais pas la première (qui sample un air de jazz vocal ancien), mais bien sûr arrive celle sans laquelle je serais reparti un peu frustré, le fascinant slam à deux de Brandt Rhapsodie, sans Jeanne Cherhal mais avec la jolie choriste/harpiste enfin dans la lumière. Elle est la première à quitter la scène, en phase avec la chanson, avant lui et peu à peu, ses musiciens.


Ils reviennent saluer et récolter un triomphe bien mérité, pour un concert généreux, carré et enchanteur. On s'attarde dans la salle, encore sous le charme de ce type dont le charisme de paratonnerre et le potentiel en tant que chansonnier, rappellent un peu ceux de Daniel Darc... Finalement on est pas trop mal armés pour l'avenir, même avec la disparition de ce brave Jean Ferrat... Au bar, trois des membres de la fanfare Samenakoa (enfin je crois) donnent un petit concert impromptu pour accompagner le verre bu avant de partir. En tout cas Benjamin Biolay, si on te demande, tu diras que c'est de la bombe, bébé. Allez le voir, c'est un ordre, et surtout si vous n'aimez pas sa gueule : je vous jure que ça va vous faire tout drôle !

> Réponse le 20 mars 2010, par Flag

Très très bien ces petits paragraphes d'introduction. Quand il faut que ça sorte, il faut que ça sorte.  Réagir

> Réponse le 21 mars 2010, par pixxxo

Y a pas que l' entrée qui soit gerée n'importe comment... La Direction de l' Espace Julien peut-elle nous expliquer pourquoi elle autorise un artiste (soirée concert du 27/02/2010)à fumer devant son public ?  Réagir

> Réponse le 22 mars 2010, par Boby

Bon aprés le fait qu'un artiste fume sur scène ce n'est pas le plus gênant. Ca peut faire parti du jeu de scène, de la description du personnage (cf Biolay). Là je pense que c'est un débat assez inutile et qui ne rime à pas grand chose ... NdPh tout à fait d'accord avec toi Boby ! En effet la fameuse "injustice de l'artiste qui a le droit de fumer" n'en est pas vraiment une : si un artiste a besoin de sa clope pour sa concentration et/ou pour sa détente, bref pour être au top de sa forme pendant son concert, ça ne me pose aucun problème même si moi je dois m'abstenir... Et une clope ou deux ne sont pas suffisantes pour réellement vicier l'atmosphère d'une salle de concert, surtout de la taille de l'Espace Julien. Sauf à être un membre actif et jusqu'au-boutiste de DNF... Après bien...  La suite | Réagir


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