Accueil Chronique de concert Festival Jazz des Cinq Continents : Guillaume Perret & Electric Epic
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Chronique de Concert

Festival Jazz des Cinq Continents : Guillaume Perret & Electric Epic

Festival Jazz des Cinq Continents : Guillaume Perret & Electric Epic en concert

Jazz Club de la Criée - Marseille 18 Juillet 2013

Critique écrite le par

Avec le déluge qui s'était abattu en cette fin d'après-midi sur notre capitale culturelle, on se dit que cette deuxième soirée du Festival de Jazz des Cinq continents qui se tient sur le plateau du Parc Longchamp était plutôt compromise. Inévitablement, les concerts ont été annulés. L'orage est tombé pendant que la tête d'affiche, Chick Corea, faisait sa balance. Mais un communiqué du festival informe par la suite que le quartet qui devait jouer en première partie, Guillaume Perret & Electric Epic , donnera un concert un peu plus tard au Jazz Club du Théâtre de la Criée.


Photo : Pixxxo


Tant mieux, je n'aurais pas voulu louper ce jeune saxophoniste (d'origine savoyarde) à l'approche totalement novatrice et originale, et dont la carrière est en train de monter en flèche. Le quartet est sollicité par tous les festivals qui comptent (tout le monde s'accorde à dire que les concerts de l'Electric Epic sont incendiaires) et a été signé par John Zorn sur son label Tzadik, référence absolue en matière de Jazz avant-gardiste et de musique hors-norme. Ce premier album du quartet, qui malaxe jazz, funk, metal tout en transcendant ces différents genres, a été pour beaucoup un sacré choc et unanimement salué par la presse spécialisée. Pas trop de regret pour Chick Corea, j'étais avant tout tenté par cette première partie.

Donc, malgré les imprévus, on peut être sûr qu'on va assister à un set de haute volée. Nous arrivons à la Criée avec mon collègue photographe, la jam session qui se tient là-bas (et qui a lieu tous les soirs du festival après les concerts) vient de s'achever, l'Electric Epic est prêt à intervenir.


Photo : Pixxxo


Guillaume Peret arrive sur la scène, une lampe rougeoyant au fond du pavillon de son sax ténor, accompagné du guitariste Jim Grandcamp, du batteur Yoann Serra et du bassiste Philippe Bussonet (qui officie également dans Magma). Le quartet attaque avec un titre plutôt atmosphérique et la tension va rapidement monter. Le saxophoniste est équipé de multiples pédales d'effets qui lui permettent d'obtenir plusieurs tonalités. Son jeu est très percussif. Je reconnais le premier titre de l'album, Kakoum, qui commence par un groove et des riffs très funk pour exploser en une sorte de chaos metal.


Photo : Pixxxo


La section rythmique est à la fois souple, puissante et élastique. Le son est énorme. Les quatre musiciens ont une maîtrise instrumentale impressionnante mais ne sont jamais dans la démonstration gratuite. On sent une grande cohésion de groupe. La technique est ici totalement au service des morceaux qui ont un grand sens mélodique ; les thèmes développés sont toujours accrocheurs. Le public, au départ plutôt calme, voire même un peu coincé, devient peu à peu enthousiaste et commence à se dérider. Un admirateur venu se trémousser devant la scène voit ses ardeurs rapidement freinées par un gars du service d'ordre peu conciliant. Eh oui, ça ne rigole pas toujours dans les clubs de Jazz. Mais avec l'Electric Epic, on est à dix mille lieues d'un certain jazz (pratiqué dans notre pays), trop souvent convenu et scolaire (pour ne pas dire chiant).


Photo : Pixxxo


Au contraire, le quartet pratique une musique vitale, chaude, puissante et physique, qui s'affranchit des règles et dépasse les genres afin de créer quelque chose de totalement original et surprenant. Guillaume Perret joue ensuite le très beau chorus de Circé, plutôt planant, le morceau se barre ensuite en une espèce d'orgie jazz-metal totalement frénétique. Le saxophoniste et Jim Grandcamp jouent à l'unisson un chorus mutant d'une précision quasi inhumaine. Bref, la claque sur disque se confirme sur scène. Je suis resté impressionné par autant d'inventivité, de musicalité et de maîtrise technique.


Photo : Pixxxo


Le set dure une bonne heure et à la fin, Guillaume Perret invite un éventuel musicien dans la salle à se joindre à eux pour une impro. C'est la pianiste Perrine Mansuy, l'animatrice du Jazz Club qui monte sur scène, courageusement a-t-on envie de dire après une telle prestation. Mais ça fonctionne et ça reste court. Même si le Jazz Club est un lieu plutôt sympathique, on se dit que c'est quand même dommage que le quartet n'ait pas pu jouer dans un lieu un peu plus vaste (le plateau du parc Longchamp, par exemple) pour donner toute la mesure de son exceptionnel talent. Il aurait vraiment mérité un public plus large qui l'aurait davantage porté, et que lui même aurait sans doute totalement électrisé.


Photo : Pixxxo

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