Accueil Chronique de concert The Stranglers
Lundi 1er juin 2020 : 11352 concerts, 25885 chroniques de concert, 5284 critiques d'album.

Chronique de Concert

The Stranglers

The Stranglers en concert

Espace Julien - Marseille 26 janvier 2009

Critique écrite le par

" Un Noir Triumph... "


La traditionnelle valse - toute de noir revêtue - vient à peine de s'éclipser de l'accord, que déjà ils descendent (Get A) Grip (On Yourself) comme des Grands-Britons morts de faim, en perpétuel manque de riff. (Un) 5 Minutes et un Peaches moite et profond plus loin, l'Espace se restreint et manque de suffoquer du mollet, usé de la corde (vocale) du maintien. Lors, non, ce sera pour plus tard, voici Nice N' Sleazy et sa ligne de basse qui colle au plexus, plus " Streggae " que dame nature...


Bonne nouvelle, pour celles et ceux qui s'étaient déjà cogné le gang du noir à Istres (le 29/03/2007) le concert de ce soir sera foncièrement différent. Sur la route depuis plus de deux années, nos hommes ont peu à peu délaissé le dernier (et magnifique !) Suite XVI , pour n'en garder que le seul Spectre Of Love et se resserrer sur de plus noires époques, autrefois détonantes du verbe, de l'excès en tout genres. Hormis le toujours très polémique Always The Sun , l'incontournable duo de suavités millésimées - Strange Little Girl, Golden Brown - le reste oscillera durement entre, extraits de Black And White , Rattus Norvegicus , et No More Heroes (faces B compris). Autre bonne nouvelle, depuis le départ du très décrié Paul Roberts - comparé au mieux à Billy Idol , au pire, à... Billy Idol ! - le groupe semble s'être resserré, faire bloc face à l'adversité et fonctionner avant tout au plaisir partagé. Pour preuve, ce DVD sorti il y a peu où les Étrangleurs se sont amusés à rejouer l'intégralité du concert donné au Roundhouse de Londres, le 4 novembre 1977 - trente ans plus tard, jour pour jour ! - en respectant l'ordre des morceaux et leur séminale intensité.


Walk On By prouve par ailleurs, si d'aucuns en doutaient encore, que Baz Warne est désormais à l'étroit dans les frusques classieuses d'un Hugh Cornwell aujourd'hui dépassé de la maestria, égalé de furia originelle.
Hormis les habituelles blagues à la Burnell , les traductions limites (de " fuck ! " et " enculés ! ", emplies !) les provocations de saison " vous chantez moins bien que les Allemands ! " (Ok, mais Rama Yade est nettement plus bandante qu'Angela...) le quatuor est là pour casser de l'organisme Massilien, point barre !
Anywhere You Find Me traque donc le capiton revêche, Thrown Away le lacrymal, Duchess ou Something Better Change la nostalgie et les fameuses épingles, nourri(c)es d'époque Punkisante...
Fidèle aux claviers Dave Greenfield continue à tricoter du solo estampillé " Doors " , à rehausser Hanging Around de ses célèbres descentes d'Organ tant de fois vantées et détaillées. Lorsqu'ils s'invitent chez Ray Davies et les Kinks , c'est pour mieux se gausser de nos mièvres spécialités locales " Plus Belle La Ville ! " (en Burnell dans le texte !) avant que de se reprendre pour écraser toute rébellion à bord d'un lourd Tank d'époque...


Au creux de la vague au cours des 90's, sauvés par l'accouchement du rageur Norfolk Coast , le JJ's Band, aujourd'hui revenu sur le devant de la scène, accumule désormais de longues longues tournées " blindées " de monde, bordées de gratitude et compliments mêlés (public et médias enfin réunis en un même éloge à la noirceur revenue). Ravi de voir que le public se compose également de jeunes têtes chevelues, d'élastiques plastiques flirtant encore avec la puberté, l'homme aux quatre cordes fait appel à Big Thing Coming (unique rescapé de Norfolk Coast !) puis présente Ian Barnard aux têtes blondes en attente. Assis derrière les fûts de Jet Black depuis près de huit années - toujours prêt à suppléer le batteur d'origine du groupe, quand celui-ci accuse son âge, ou ses excès passés " On l'appelait l'aspirateur... "(dixit Burnell ! ) - il maintient la rythmique au niveau du maître barbu révéré, que demander de plus, en somme ?
Une fois le musée des terreurs atomiques réouvert d'urgence ( Nuclear Device ) le gang lustre ses instruments et s'éclipse momentanément, histoire de souscrire au fameux rituel " pête-quenouilles " du rappel orchestré !


Un dernier " shoot " bâti autour de deux acres de bois noueux glissés au sein d'un chaudron en fusion ( European Feline ) d'une dernière ligne de basse " planétaire " : Les Héros d'aujourd'hui font décidément bien pale figure comparés à ceux d'hier, continuons donc à les chanter longtemps et oublions ce " No More " castrateur, pour un temps...
Il y a peu encore, l'Angleterre se cherchait un Serial Killer pour succéder au trouble Jack The Ripper , à l'acide Ted Bundy ; se souvient-elle aujourd'hui - cette perfide Albion en manque de liquidités très " City " - que depuis plus de trente années, elle héberge en son sein un collectif d'étrangleurs imparables, d'assassins bien peu silencieux aux vertus exhilarantes, thérapeutiques, recommandés à chacun d'entre nous en ces temps de manque, d'humanité, et de crise, de... Créativité !


Setlist de l'Espace Julien (26/01/2009) :

Waltzinblack
(Get A Grip) On (Yourself)
5 Minutes
Peaches
Nice'n' Sleazy
Spectre Of Love
Skin Deep
No Mercy
Always The Sun
Strange Little Girl
Golden Brown
The Raven
Thrown Away
Walk On By
Hanging Around
Straighten'Out
Big Thing Coming
All Day and All Of The Night
Duchess
Tank

Rappel 1
Nuclear Device
Something Better Change

Rappel 2
European Feline
No More Heroes.

Plus de photos par Pirlouiiiit (ndP : dommage que cette jolie chronique ne fasse meme pas mention de la premiere partie Oh ! Tiger Mountain qui a veritablement conquis les premiers rangs ou je me trouvais) en cliquant ici

Bonus vidéo :


et une petite des Stranglers :

> Réponse le 29 janvier 2009, par Vero

Les Stranglers arrivent... nous mettent une bombe en pleine poire... et nous ne pouvons rester, qu'abasourdis par tant de générosité ! Ca m'a replongé 25 ans en arrière et je peux vous assurer qu'ils n'ont rien perdu de leur superbe. Quelle grandeur ! Et quelle délicatesse en même temps ! On sent en eux une telle volonté de donner, de jouer... et ils jouent si bien ! Il n'y a pas à dire... C'est d'une grande majesté ! A en faire pleurer. Des grands maitres de la musique ! Il en reste si peu... oui: Générosité et majesté: voila les deux termes qui me sont venus à l'esprit à la fin du concert.  Réagir

> Réponse le 29 janvier 2009, par Pirlouiiiit

Je développe ce que je disais a la fin de la première chronique ... comme les autres fois Oh ! Tiger Mountain a été éblouissant. Certes il été un peu impressionné par le public à la fois dissipé et réactif ou attentif selon les endroits, mais il est resté très naturel (et du coup touchant) ... J'ai déjà dit à plusieurs reprises (voir chroniques précédentes) tout le bien que je pense de sa musique sur disque et sur scène. Autour de moi les gens ont très vite été conquis : par sa voix, par ses chansons, par son attitude. Moment amusant : quand il s'apprêtait à chanter le dernier morceau sur le deuxième micro et que quelqu'un lui a crié "non sur le 1er !" et s'est exécute en soulevant son masque comme on soulève un chapeau et en disant "a votre service !" ... J'ai regretté...  La suite | Réagir

> Réponse le 30 janvier 2009, par Meltzger Bang

Ah! Je suis donc pas le seul à avoir entendu du Blur (période Modern Life/Parklife) chez les Stranglers!  Réagir

> Réponse le 30 janvier 2009, par Martgol

Vraiment ça fait plaisir de voir le combo renaitre de ses cendres,je les ai vu beaucoup de fois la première en 84 la dernière en 97(en très petite forme),a Marseille ils nous ont fait un très,très bon concert RESPECT A EUX,ET MERCI .... Merci aussi a BAZ qui a redonné les lettres de noblesse aux Stranglers!!!   Réagir

> Réponse le 30 janvier 2009, par Vero

Pour ceux qui était devant Burnel, j'étais la délurée qui n'arrêtait pas de faire la folle tellement le son m'avait transporté loin en arrière...A Nice précisément, en 1979, alors que j'avais 13 ans, et qu'on avait tout pété à la FAC de droit...Les Stranglers s'en souviennent aussi je pense. Alors évidemment, alors que je ne les avais pas revu depuis au moins 20 ans (à la sortie de "la sculpture auriculaire)", les revoir à Marseille m'a profondément émue. J'espère qu'il pourront encore jouer, car, si un batteur ou un guitariste peut être remplaçable chez "les stranglers", il n'en ai rien concernant Burnel ou Greenfield!Or,si j'ai trouvé mon JJ Burnel en pleine forme, il n'en ai rien concernant Dave Greenfield! Le teint qu'il avait m'inquiète (serait il malade?). Sans Dave, le son unique et...  La suite | Réagir


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