Chronique de Concert
The Twilight Sad

Le 27 avril, The Twilight Sad ne venait pas simplement défendre un nouvel album au Trabendo : le duo écossais venait proposer quelque chose de brut, presque intime, devant une salle compacte et attentive. Cette date parisienne s'inscrivait dans sa tournée européenne commencée le 27 mars à Londres.
Le public, majoritairement composé de fans de The Cure à en croire les t-shirts, se masse tranquillement dans la salle alors que d'autres profitent des derniers rayons du soleil dans la cour pour siffler une pinte. Après la première partie (For Marcy) qui ne m'a pas bouleversé outre mesure, les roadies s'agitent pour préparer la suite, tandis qu'une musique d'ambiance résonne. C'est alors que passent les premières secondes de "Another Journey By Train", clin d'oeil à leurs amis les Cure. Le concert va commencer.
Dès les premières minutes, la marque de fabrique du groupe s'impose immédiatement. Ce concert ne sera pas léger : il y a un mur d'effets de guitare dense, saturé, presque physique, porté par Andy MacFarlane, qui booste la voix unique de James Graham. Pour l'occasion le duo s'est entouré d'une batteuse à la frappe lourde et maitrisée et d'une bassiste aussi discrète que précise. Sur scène, la différence avec le studio est frappante : la musique, déjà intense sur disque, devient ici quasi cathartique. Fidèle à sa réputation de concerts "ear-splitting" et viscéraux, The Twilight Sad tape fort, très fort. Le Trabendo, par sa proximité, accentue tout : les nappes de sons enveloppent le public, les silences deviennent lourds, chaque montée se termine en explosion.
Le revers de la médaille étant, quand on se trouve au plus près de la scène, que les effets de la guitare écrasent trop souvent la voix de James Graham. D'autant que la batterie frappe fort et que la basse, elle aussi, occupe une grande place du spectre sonore. Mais l'émotion est bien là, notamment du fait de la charge émotionnelle du dernier album. Qui est nourri par les thèmes du deuil, de la perte de l'être aimé et de la santé mentale. Ce n'est d'ailleurs pas moins de 9 titres tirés de ce merveilleux It's the Long goodbye qui seront joués ce soir, avec les tires "Waiting For The Phone Call" ou "Get Away From It All" qui résonnent puissamment. Des déflagrations shoegaze quasi industrielles s'entremêlent aux lignes d'une grande mélancolie. Parmi les 8 titres composant le reste de la set list, le superbe "VTr", tiré de l'incroyable It Won't Be Like This All The Time ou encore le sublime "There's A Girl In The Corner" (titre sur lequel un certain Robert Smith a posé sa voix) tiré de Nobody Wants To Be Here & Nobody Wants To Leave.
James Graham parle peu, mais quand il le fait, c'est simple, sincère, on le sent réellement heureux d'être là. Et c'est un poing victorieux qu'il lève à la fin du concert. Comme s'il avait gagné une compétition qu'il n'était pas sûr de remporter.
Critique écrite le 01 mai 2026 par Sébastien Lopez
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